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wall street

  • "LES MARCHÉS FINANCIERS GOUVERNENT". ENTRETIEN AVEC ANDRÉ ORLÉAN, ÉCONOMISTE "ATTERRÉ"

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    NEWS NEWS NEWS L'agence de notation  Standard & Poor's a dégradé la note de la France, lui reprochant de perdre en solvabilité du fait d'une politique publique jugée laxiste par les financiers. Depuis, le gouvernement a perdu sa crédibilité économique - il faut dire que le président Sarkozy avait hasardeusement associé le succès de sa politique à la note "triple A" -, tandis que la gauche s'inquiète pour l'avenir du pays et les économistes craignent une spirale défaitiste. Faut-il rappeler que « la politique ne se fait pas à la corbeille », comme disait le général de Gaulle le 28 octobre 1966, quand la bourse plongeait, après avoir exagérément monté en 1962 ? L’ « économiste atterré » André Orléan, directeur de recherche au CNRS, cite cette formule gaullienne dans l'entretien qui suit. Il y critique les politiques français et européens, qu'il trouve par trop assujettis aux décisions des marchés financiers. Il appelle au retour du volontarisme en politique, à l'unité européenne pour soutenir les pays endettés, aux solutions keynésiennes pour réguler les dérives financières.

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  • ENTRETIEN AVEC JOSEPH STIGLITZ. SON ESSAI "LE TRIOMPHE DE LA CUPIDITE" PUBLIÉ EN FRANCE EN POCHE.

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    ( Le dg de la banque Lehman, Dick Fuld à la sortie du tribunal de New York en octobre 2008. Il était alors poursuivi pour ses émoluments de 2007, juste avant la faillite de la banque, estimés à 100 millions de dollars. Ajoutez 460 millions pour les 3 années précédentes et sa prime de départ :  62 millions de dollars. Des manifestants l'attendaient à la sortie du Palais de Justice, on lit sur les panneaux "Escroc", "Capitaine Cupide")

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    NEWS NEWS NEWS. "Le triomphe de la cupidité" ("Freefall" en anglais, "Chute libre") de Joseph Stiglitz, est publié en poche (BABEL) début janvier chez Actes Sud. Prix Nobel d'économie 2001, ancien  conseiller économique de Bill Clinton (les années prospères de l'Amérique), ancien vice-président de la Banque Mondiale (dont il a démissionné, dénonçant déjà ceux qu'il appelait les "fondamentalistes du marché"), il s'est montré un des économistes les plus clairvoyants de la décennie en annonçant dès 2003 les dangers des crises chroniques du capitalisme financier - il publiait  alors "Quand le capitalisme perd la tête" (Fayard). Je l'avais rencontré  en février 2004 pour Le Monde Magazine, alors qu'il revenait du "Forum Social" de Bombay (altermondialiste) après avoir été invité par le "Forum Economique Mondial" de Davos - où se retrouvent les plus grands dirigeants d'entreprise et les leaders politiques. À l'époque déjà, il tenait des propos qui allaient s'avérer prophétiques au regard du tsunami qui a dévasté la planète financière et ébranlé gravement l'économie mondiale (voir ci-dessous l'entretien de 2004 pour Le Monde Magazine)

    Quatre ans plus tard, interrogé le 18 septembre 2008 par le site d'idées américain Big Think, le lendemain de la faillite de la banque d'investissements Lehman Brothers, considérée comme un des fleurons de Wall Street et des banques d'affaires, Joseph Stiglitz donnait son analyse de la crise des subprimes. Il ne cachait pas sa colère contre les dirigeants incompétents et cupides de la planète financière espérant avant sauver leurs parachutes dorées et leurs bonus après l'annonce du plan de sauvetage de l'Etat américain, financé par les particuliers, estimé à 1000 milliards de dollars - voir ci-dessous l'entretien donné à Big Think, publié dans la Revue RAVAGES en mai 2009.

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  • PAUL VIRILIO, PHILOSOPHE, VEUT OUVRIR UNE UNIVERSITE DES DESASTRES

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    (Un trader de Wall Street apprenant la chute de la banque Lehman Brothers en septembre)

    NEWS NEWS NEWS À la dernière exposition de la Fondation Cartier pour l'art contemporain, impressionnante, l’un montre l’enracinement, l’autre le déracinement. L’un expose ses images et ses films de gens attachés à leur terroir, des paysans et des villageois effrayés de perdre  leurs origines, les paysages qui les entourent, leurs terres. L’autre dresse des cartes des migrations contemporaines, émigrés de la pauvreté, refugiés climatiques, exode rural, ouvriers cherchant du travail. Le premier est photographe et cinéaste, il s’appelle Raymond Depardon. Le second est urbaniste et essayiste - son nom, Paul Virilio. Son dernier ouvrage s'intitule « L’université du désastre » (Galilée, 2008). Rencontre avec un philosophe original, un des rares à réfléchir sur le crucial et l'époque, qui étudie depuis trente ans un phénomène excessivement moderne, qui a bouleverse à jamais notre monde : la vitesse.

    Fondation Cartier pour l'art contemporain. 261 Boulevard Raspail, Paris 75014. Jusqu'au 15 mars 2009.

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    À LA ROCHELLE, AVEC PAUL VIRILIO

    Casquette sur l’œil, Paul Virilio vous reçoit devant les grandes baies de la médiathèque de La Rochelle, où il vit. Cela fait trente ans que l’homme réfléchit à un phénomène excessivement industriel, aujourd’hui électronique, médiatique, boursier - universel : la vitesse, qui a bouleversé notre époque. « Entendez l’extraordinaire accélération que connaissent les transports terrestres, aériens, spatiaux, qui rapetissent notre Terre, mais aussi les communications et les télécommunications à travers les ondes électromagnétiques, qui abolissent le temps et les distances pour nous faire vivre dans l’instantané. » Réfléchir à la vitesse emballée du monde a mené Paul Virilio à s’interroger à la possibilité de « la perte de contrôle » - de l’accident à grande vitesse aux conséquences incontrôlables, qu’il soit « informatique, ferroviaire, ou nucléaire ». Etudier les rythmes précipités des médias, des écrans omniprésents, de l’information « en temps réel », des cotations financières immédiates lui a révélé « la dictature du présent » - au profit de l’analyse critique, de la mémoire, du recul. Mais aussi ses effets dévastateurs directs : virus informatiques, panique boursière, rumeurs faisant le tour du monde … à toute vitesse. « Nous vivons tous en ubiquité, continue Paul Virilio, réagissant à coups d’affects collectifs, selon des rythmes inconnus qui n’ont plus rien à voir avec les rythmes terrestres, diurnes ou saisonniers ».

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  • CRISE ECONOMIQUE. HERNANDO DE SOTO, ECONOMISTE PERUVIEN, AUTEUR DU CLASSIQUE "LE MYSTERE DU CAPITAL" (2000) : "LES PAUVRES NE SONT PAS LE PROBLEME, ILS SONT LA SOLUTION"

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    NEWS NEWS NEWS "Les conséquences économiques de la crise financière seront beaucoup plus graves pour les pays en développement que pour les pays riches", déclarait au Monde fin octobre Kemal Dervis, le dirigeant du Programme des Nations unis pour le développement (PNUD). Ancien ministre des finances du gouvernement turc, defenseur du multilatéralisme, il plaidait jusqu'à ce jour - "dans le désert" selon Le Monde - pour que les pays du G7 tiennent enfin leur promesse d'augmenter leurs aides.  Ce qui semblerait juste, la récession en cours de l'économie mondiale provenant de la vie à crédit des Etats-Unis et des égarements financiers des pays riches. Quelques jours plus tard, j'interrogeais l'économiste péruvien Hernando de Soto, spécialiste de la question de la pauvreté et des droits économiques des pauvres, en vue  d'un "grand entretien" sur la crise actuelle. Il s'étonnait à son tour de la "coupure d'avec la réalité" de l'Occcident et plaidait pour la reconnaisance juridique des biens des pauvres - un combat qu'il mène à l'ONU avec l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright (paru dans Le Monde 2, le 8 nov 2008)

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    « Les pauvres ne sont pas le problème, ils sont la solution » écrit l’économiste péruvien Hernando de Soto dans son ouvrage devenu un classique « Le mystère du capital » (Champs, Flammarion, 2005). « Pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et échoue partout ailleurs ? » interroge-t-il en ouverture de l’ouvrage. Les habitants des pays du Sud sont donc arriérés et stupides, comme le proclament les racistes ? Ils n’ont pas développé une culture appropriée, comme le prétend le conservateur Samuel Huntington, professeur en sciences politiques à Harvard ? La pauvreté les étouffe et les handicape ? Alors, demande l’économiste, pourquoi les pays du Sud regorgent-ils de commerçants, de vendeurs, d’entrepreneurs ? Qu’est-ce qui les empêche de se développer, faire fructifier leur capital, leurs talents ? Après des années d’études de terrain dans les pays pauvres, Hernando de Soto croit connaître une partie de la réponse. Dans les pays pauvres, les trois quarts des habitants n’existent pas légalement. Ils ne possèdent pas d’extraits de naissance, leurs maisons et leurs bidonvilles n’ont aucun titre de propriété, leurs entreprises, leurs commerces tournent sans responsabilité juridique, sans vraie comptabilité, les contrats se font à l’amiable. Les pauvres sont illégaux dans notre monde, voilà le problème. Plus exactement « extralégaux ». Ils ne peuvent passer contrat avec le centre ville, encore moins entrer dans l’économie mondialisée. Toutes leurs richesses constituent un immense « capital mort » : par exemple le capital immobilier extralégal des pays émergents et l’ancien bloc communiste représenterait deux fois la masse monétaire en circulation Etats-Unis, soit 9300 milliards de dollars.
    « Les pauvres sont plus riches qu’on ne le pense » affirme Hernando de Soto. Voilà pourquoi il se démène depuis des années pour lancer la « révolution juridique » qui donne droits et titres de propriétés aux extralégaux des villes, aux paysans pauvres - ce qui lui a voulu d’être condamné à mort par les guérilleros du Sentier Lumineux au Pérou. Il commence d’être entendu. L’ONU soutient désormais la « commission de démarginalisation des pauvres par le droit » qu’il a fondé avec l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright. Entretien sur la crise actuelle avec un économiste du Sud, étonné que l’Occident ait pu à ce point oublier la réalité, et renier les fondements juridiques et réalistes du capitalisme.

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  • 600 MILLIONS D'EUROS PERDUS EN "DERIVéS ACTIONS" PAR DES TRADERS DE "L'ECUREUIL". L'ECONOMISTE DANIEL COHEN EXPLIQUE LES DERIVES DU CAPITALISME FINANCIER DEPUIS LES ANNEES 1980

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    (publicité pour la Caisse d'Epargne, la banque "écureuil" qui protège les économies populaires)

    News News News. La découverte avant-hier d’une perte de… 600 millions d’euros à la Caisse d’Epargne sur le marché des « dérivés actions », suite aux opérations à haut risque faites la semaine dernière par trois traders, a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Donc, à la tête de la plus grande banque d’épargne populaire, le fameux Ecureuil qui fait fructifier les livrets A des Français - partout présentés comme le seul placement sûr aujourd’hui -, des traders, des contrôleurs de gestion et des dirigeants continuent de tenter des coups douteux avec l’argent des épargnants. Cela, alors que plusieurs grandes banques européennes ont frôlé la faillite ou ont du être nationalisées en urgence au début du mois, tandis qu’en France un plan de... 360 milliards d’euros pour sauver le secteur bancaire vient d’être annoncé par le gouvernement – lui qui nous disait que les caisses étaient vides suite au « paquet fiscal », que le smig ne devait pas être revalorisé, etc. Suite à cette  immature opération de la Caisse d’Epargne, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Ce n’est pas acceptable » - il est vrai  qu’il assurait sollenellement en début de semaine que « les économies des Français » allaient être « protégées ». La ministre de l’économie, Christine Lagarde, s’est dite de son côté « frustrée et découragée » par la nouvelle, alors que des milliers de petits épargnants se rendaient chez l’Ecureuil pour savoir ce qu’il advenait de leurs noisettes. Cette affaire révèle jusqu’où l’idéologie affairiste d’un capitalisme financier dérégulé où des traders de génie créeraient de la valeur en jonglant avec des actions dérivées, tandis que le marché se corrigerait de lui-même, reste dominante dans les milieux bancaires. En pleine débâcle, à la première occasion, emportés par ce qu’on a appelé « la pensée unique » - au fond, la cupidité ? - les hommes en place reprennent leurs vieilles habitudes. Il faudra une véritable refonte des mentalités et de la philosophie économique - du fondamentalisme du marché et de l’idéologie néolibérale apparus pendant les années 1980 – pour que le cycle chronique de la spéculation ne recommence pas.

    Pour éclairer cette actualité inquiétante, voici un grand entretien sur l’histoire économique des 25 dernières années avec l’économiste Daniel Cohen, auteur de « Trois leçons sur la société post-industrielle » (La République des idées, Seuil, 2006), professeur d’économie à l’Ecole Normale supérieure – une figure de ce qu’on a appelé « l’école française » (paru dans Le Monde 2, 18 octobre)

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