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travail du sexe

  • PEUT-ON CONSENTIR À SE PROSTITUER?

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    Manifestation contre la pénalisation des clients de prostituées à Paris, le 17 septembre | Denis ALLARD/REA

     

    NEWS NEWS NEWS Alors que la loi sur la pénalisation des clients des prostituées fait toujours débat dans la classe politique, les philosophes s'emparent d'un sujet sensible...

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    Appelons-la Claudine. Elle a trente ans de rue, et la rage : « Je ne supporte plus d'entendre ces dames patronnesses socialistes m'expliquer que je n'ai pas choisi ma vie. » Gérard, 28 ans, devient « Maîtresse S » la nuit. Il proteste : « Ce qui se passe dans un lit entre deux personnes adultes et consentantes ne regarde personne. La rétribution est d'ordre privé. Nous surveiller et nous pénaliser est une atteinte aux libertés. » Michelle, 34 ans, deux enfants, a perdu son travail il y a quatre ans. Elle se prostitue – un client par soir. « J'ai commencé par hasard, je continue par choix, même si c'est rude parfois. »

    Ces personnes affirment avoir choisi de se prostituer et elles se déclarent libres et consentantes. Elles refusent d'être traitées en victimes, même si certaines admettent que la prostitution n'est pas un travail comme les autres. « Ce n'est pas un métier choisi, comme artiste ou ingénieur, reconnaît Claudine. C'est une activité qui survient sur les chemins de traverse d'une vie, fatigante souvent, physiquement, psychologiquement, mais comme beaucoup d'autres activités. »

    Gérard, lui, reconnaît qu'il rencontre parfois des clients « tordus » ou menaçants : dans ces moments-là, consentir est compliqué. Michelle explique qu'elle compte arrêter bientôt, de crainte, en vieillissant, d'en arriver à accepter des prestations sexuelles qu'elle a toujours refusées.

    Le consentement, qui implique l'autonomie de la volonté de chacun, est un principe éthique et juridique central dans nos démocraties. En droit civil français, tout contrat suppose le consentement des parties. Dans la common law anglo-saxonne, consentir signifie accepter sa responsabilité selon le principe du Volenti non fit injuria : « On ne fait pas tort à celui qui a consenti. » L'éthique moderne de la liberté rejette l'idée d'une morale extérieure, qu'elle soit religieuse ou étatique : on ne saurait imposer ses valeurs à autrui malgré lui, ni le priver de sa liberté d'action et de conscience, s'il n'y consent.

     

    La manifestation annuelle des travailleuses du sexe a rassemblé dimanche 2 juin à Paris entre 150 et 200 personnes. © Max PPP

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  • PROSTITUÉE OU TRAVAILLEUSE DU SEXE ?

    (DR)

    NEWS NEWS NEWS. Clients et prostituées, on en parle beaucoup depuis que Najat Vallaud-Belkacem, la ministre du droit des femmes, s’est prononcée en faveur de l’abolition de la prostitution et la pénalisation des clients. Ce faisant, elle a relancé un vieux débat clivant, où tous les arguments pour et contre ont été usé mille fois, trop souvent sans tenir compte des réalités du terrain :  de la vie même des prostituées et des clients. Il n'est pas inintéressant d'étudier comment ces polémiques se déploient dans les pays du Sud, où la prostitution est souvent plus brutale - et où, pourtant, les mêmes controverses éclatent entre partisans de l'abolition et les associations de "travailleurs du sexe".

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      Prenons les jeunes femmes qui travaillent à Paptpong, le quartier chaud de Bangkok avec ses salons de massages, ses shows sexuels, ses boîtes de nuit et ses milliers de touristes ? Sont-elles seulement des "prostituées", se pensent-elles ainsi ? Et les Occidentaux qui viennent là sont-ils juste leurs éphémères "clients" - ces beaufs pressés bien décrits par Michel Houellebecq dans "Plateforme" (qui prétendent les faire jouir).  Qu’en disent-elles, ces femmes ? Nous le savons un peu mieux grâce à la longue enquête menée par le sociologue Sébastien Roux  « No money, no honey. Économies intimes du tourisme sexuel en Thaïlande » (La Découverte 2011). Elles-mêmes - il parle ici des indépendantes, la majorité, non celles enrôlées de force dans les réseaux mafieux - ne se déclarent pas "prostituées", elles se disent plutôt « danseuses », « serveuses », « masseuses », ou se présentent encore comme des « étudiantes » venues s’amuser en discothèque. Elles emploient non plus jamais le terme « loukka », « client », qui les enfermerait dans le statut décrié de prostituée. Ce n’est pas seulement une question d’honneur et d’honorabilité - la société thaïlandaise reste très traditionnelle.

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