jeudi, 27 août 2009

L'AMERIQUE A TORTURE METHODIQUEMENT PENDANT LA GUERRE ANTI-TERRORISTE SOUS LE GOUVERNEMENT BUSH. L'EX GENERALE AMERICAINE JANIS KARPINSKI, RESPONSABLE DE LA PRISON D'ABU GHRAIB, RACONTE...

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NEWS NEWS NEWS. Les tortures, les détentions illégales, les retentions et les déplacements forcées d'un pays à l'autre, tous les comportements indignes commis par les forcées armées et la CIA sous le gouvernement de Georges W. Bush, de par sa volonté affichée, commencent à sortir de l'ombre. Un rapport du Sénat américain, rendu public le 11 décembre 2008, affirme que la torture a été délibérément développée à Guantanamo puis dans plusieurs camps d'internement de l'armée américaine, notamment en Irak dans la prison d'Abu Ghraib. Le rapport explique et détaille comment, contrairement aux dénégations de l’administration Bush, les sévices subis par les prisonniers à Abou Graib «n’étaient pas simplement le fait de quelques soldats agissants de leurs propre initiative», mais relevaient de directives fixées par la direction militaire, le Secrétaire d'Etat à la Défense Donald Rumsfeld pour commencer - c'est lui, précise le rapport, qui "a transmis le message selon lequel les détenus devaient être soumis à des pressions physiques et des humiliations". Ce rapport du Sénat américain fait suite à une enquête de 18 mois, initiée par le sénateur démocrate du Michigan Carl Levin et le sénateur républicain, ancien candidat à la présidence John McCain - ancien prisonnier de guerre au Vietnam, torturé, il s’est toujours élevé contre les méthodes préconisées par Donald Rumsfeld et le président Bush. Rappellons que le 8 mars 2008, George W. Bush lui-même a opposé son veto présidentiel - personnel - à un texte de loi, voté par le Congrès, interdisant aux agents des services de renseignement de recourir au "waterboarding", le supplice de la noyade, et plusieurs autres méthodes d'interrogatoire assimiliées à la torture. "Le danger persiste, il faut nous assurer que les responsables de nos services de renseignement puissent disposer de tous les instruments nécessaires pour arrêter les terroristes", avait alors expliqué le président américain lors d'une allocution à la radio - prenant acte devant l'histoire.

Ces affaires de torture ont été dénoncé par le nouveau  président américain, Barack Obama, juste après son élection. Il a solennellement déclaré qu'il y mettrait fin, et qu'il allait fermer le camp de Guantanamo. Depuis le mois de juillet 2009, le reproche d'avoir encouragé la torture  a été officiellement adressé par une commission d'enquête à la direction de la CIA et d'anciens membres du gouvernement Bush, dont son vice-président, Dick Cheney. Si Barack Obama a annoncé qu'il préférait "aller de l'avant", estimant que "regarder en arrière n'est pas dans le meilleur intérêt" des Etats-Unis, le "Bureau de responsabilité personnelle" du département de la justice américain a recommandé la semaine dernière la réouverture de nombreux dossiers consacrés aux mauvais traitements des prsonniers, notamment le simulacre d'exécution et le "waterboarding". Cette décision pourrait mener à la mise en examen de certains responsables de la CIA.

En complément du rapport du Sénat américain, voici un enquête réalisée en janvier 2008 sur les tortures infligées sur plusieurs dizaines de prisonniers à la prison d'Abu Graib en Irak. Elle faisait suite à la plainte pour "crime contre l'humanité" déposée - à l'appui d'un dossier solide ( et effrayant) - par plusieurs associations des Droits de l'Homme contre Donald Rumsfeld, alors qu'il se préparait à se rendre à Paris pour participer à un débat public. Elle m'a mené à rencontrer l'ancienne générale de l'armée américaine Janis Karpinski, dégradée au rang de colonelle par son administration quand l'affaire des tortures d'Abu Ghraib avait été rendue publique  - suite à la publication des photos de sévices sur Internet. Janis Karpinski, comme d'autres officiers, a servi de bouc émissaire dans ce drame.  Ses supérieurs lui ont reproché  de n'avoir pas été avertie que des soldats et des officiers torturaient des prisonniers dans cellules 1A et 1B de la prison d'Abu Ghraib - dont elle avait la responsabilité administrative.

Aujourd'hui, témoin de premier plan, Janis Karpinski porte plainte contre l'ancien Secrétaire d'Etat à la Défense américain, Donald Rumsfeld pour avoir promulgué en Irak des méthodes d'interrogatoires contraires aux règles de l'armée américaine et à la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Elle l'accuse d'avoir généralisé au Moyen-Orient, en dépéchant le général Miller à Bagdad puis à Bagram en Afghanistan, des techniques de renseignement s'apparentant à la torture mises au point au camp de détention de Guantanamo - consignées dans des "mémorandums" aujourd'hui connus (publiés ci-dessous). Elle refuse la thèse officielle des quelques soldats irresponsables s'adonnant à des actes sadiques dans la prison d'Abu Ghraib. La torture, affirme-t-elle, a été méthodiquement employée contre des prisonniers accusés d'être des "terroristes" - souvent des  Bagdadis ramassés dans la rue la veille, qui avaient le tort de se trouver là, explique-t-elle. (enquête publiée en partie dans Le Monde 2, janvier 08)

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(Janis Karpinski avec Donald Rumsfeld en tournée d'inspection en Irak, hiver 2003)

REPORTAGE...

... Cette enquête a commençé comme ça. Le 25 octobre 2007 Donald Rumsfeld arrive à Paris sans se douter de rien. L’ancien Secrétaire américain à la Défense doit prendre la parole à une conférence du Club Interallié. À peine sa présence sur le territoire français est-elle confirmée, quatre associations humanitaires réclament l’ouverture d’une information judiciaire contre lui auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris - la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), la Ligue française des Droits de l’Homme (LDH), le Center for Constitutional Rights (CCR, New York), le European Center For Constitutional and Human Rights (ECCHR, Berlin). J'en suis prévenu. À quel titre Donald Rumsfeld est- il poursuivi ? De l’article 6 de la Convention internationale contre « la torture, et autres traitements cruels, inhumains et dégradants ». Ses dispositions, intégrées au droit interne français, autorisent de prendre « toutes mesures conservatoires au fin d’assurer la détention » de toute personne responsable de tels traitements présente sur le territoire Français. S’appuyant sur la « compétence universelle » d’un tribunal français, les associations de Droits de l’homme veulent réitérer contre Donald Rumsfeld une action juridique semblable à celle lancée par le juge espagnol Garzòn, qui avait fait assigner à résidence en Angleterre le dictateur chilien Augusto Pinochet – pour torture encore. Pourquoi les associations des Droits de l’Homme lancent-elle cette procédure depuis la France, non des Etats-Unis ? Ce n’est pas faute d’avoir essayer. Human Rights First, l’American Civil Liberties Union (ACLU) le CCR ont attaqué Donald Rumsfeld au civil. Pour « abus de détenus ». Pour avoir bafoué la Convention de Genève sur les droits des prisonniers. A chaque fois, l’affaire a été rejeté pour « immunité » du Secrétaire à la Défense.
Au pénal, même échec. Pourquoi ? Aux Etats-Unis les procureurs seuls décident d’ouvrir une procédure, et les dossiers sensibles dépendent de la volonté du Procureur Général, l’équivalent du Garde des Sceaux, nommé par le président Georges Bush.Voilà pourquoi les associations humanitaires tentent début octobre de faire ouvrir une information judiciaire depuis la France. La même démarche avait permis de faire arrêter en juillet 1999, à Montpellier, l’officier mauritanien Ely Ould Dah suspecté d’avoir été un des tortionnaires du « camp de la mort » de Jreïda.
Sur quels griefs repose la plainte pour torture contre Donald Rumsfeld ?

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vendredi, 26 décembre 2008

NEANDERTHAL, L'AUTRE HUMANITÉ. ELLE AURAIT ETE ANEANTIE PAR HOMO SAPIENS VOICI 40 000 ANS

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NEWS NEWS NEWS NEWS C'est un conte de Noël assez sombre qu'une équipe multidisciplinaire franco-américaine (CNRS Bordeaux, Université du Kansas), réunissant archéologues, modélisateurs du climat du passé, paléoclimatologues et écologues, a publié ce 24 décembre. Elle montre qu'une détérioration climatique brutale ne serait pas responsable de l'extinction des hommes de Neanderthal, mais bien l'affrontement avec les homos Sapiens. Pour le montrer, les chercheurs ont utilisé un algorithme réservé jusqu'à présent à la prévision de l'impact des changements climatiques sur la biodiversité. Selon ces travaux, quand Homo Sapiens arrive en Europeil y a quelques 40 000 ans ,  Homo Neanderthalensis y prospère depuis des milliers d'années - enterrant ses morts, connaissant le feu. Les deux populations se partagent alors ces territoires.  En quelques milliers d'années Néanderthal disparaît.  Définitivement. Une des hypothèses envisagées jusqu'alors l'expliquait par l'inadaptation de Néanderthal aux détériorations climatiques survenues à cette époque - un refroidissement de toute l'Europe appelé "événement Heinrich 4" ou "H4". Les résultats de l'équipe multidisciplinaire l'écartent... Les néanderthaliens était tout à fait capables, physiquement, de résister à cette vague de grand froid, mais pas à l'envahisseur Homo Sapiens. Une preuve avancée par l'étude : Néanderthal résiste seulement dans les territoires, refroidis, où Homo sapiens ne prend pas pied, notamment le Sud de l'Espagne. La probabilité d'une compétition mortelle entre les deux espèces humaines - les deux civilisations - en sort renforcée.

Un laboratoire de l'ENS de Lyon confirmait  juin 2006, après l'étude d'une mâchoire de Néanderthalien vieille de 50.000 ans, que Neanderthal et Sapiens appartiennent à deux espèces "homo" très proches, quoique différentes - ne pouvant se reproduire entre elles. La plupart des découvertes récentes de la génétique racontent la même histoire : Homo Neanderthalensis est bien un autre "homme". Il a vécu sur Terre pendant 300.000 ans -  vivrons nous autant  ? Il construisait des tombes, maîtrisait le feu, travaillait la pierre, le bois et l’os. célébrait les ours et les animaux sauvages, portait des parures. Plus les recherches avancent, plus nous découvrons son intelligence - sa civilisation. C'est une découverte d'importance - dérangeante. Homo Sapiens n’est plus le seul " humain ", l'exception, le fils unique de Dieu. Il faut désormais imaginer une humanité plurielle.. Voici une enquête sur cet homme longtemps méprisé, traité en sous-homme, réalisée avec l'aide de Marylène Pathou-Mathis, docteur d’état en préhistoire, qui a consacré vingt ans à étudier "Néanderthal" (publié dans LE MONDE 2, O7/06)

 

BIBLIOGRAPHIE NEANDERTHAL Hominides_-_Homme_en_evol_2.url

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ET VOICI NOTRE FRERE, "HOMO NEANDERTHALENSIS"...

... C’est un drôle de bonhomme. Sa tête oblongue jaillit d’un puissant cou de taureau. Ses muscles saillent, noueux, autour d’une poitrine large, un véritable tonneau. Il a les hanches larges, de fortes épaules, des bras longs et épais, capables de gestes plus amples que nous, les autres hommes. Il possède des mains fortes, à la prise du pouce solide. Ses jambes courtes, ses cuisses arquées, ses grosses rotules, ses orteils imposants et musclés sont taillés pour les longues marches. Une solide musculature l’enveloppe, plus puissante que celle d’un homme, une charpente adaptée à tous les terrains, tous les climats. C’est un râblé, costaud, un endurant, qui a supporté une glaciation et conquis des terres froides. Il vous dévisage avec une sacrée gueule. La face large, aux pommettes saillantes, au grand nez surmonté, au front traversé d’un long bourrelet, aux yeux intelligents s’agitant au creux d’orbites profondes se projette vers vous comme un museau. Car le front est aplati, les arêtes du nez tirées à l’horizontale, le menton fuyant, la tête allongée vers l’arrière. Dedans, un gros cerveau pense, plus développé que le nôtre, atteignant jusqu’à 1750 cm3. Sa peau est blanche. Il est peu velu. L’homme pèse facilement quatre-vingts kilos. La femme, soixante-dix. Lui mesure entre 1,60 et 1,70 mètre ; elle, entre 1,56 et 1,60 mètre...

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mardi, 16 décembre 2008

ATTENTAT À LA GODASSE CONTRE GEORGE W BUSH A BAGDAD. LA GUERRE d'IRAK, CINQ ANS APRES, EST DEVENUE UN VERITABLE "PIEGE ABSCONS"

(Le film de l'attentat à la godasse pendant la conférence de presse de George W Bush à Bagdad)

NEWS NEWS NEWS Avant de quitter la Maison Blanche, laissant derrière lui un pays en pleine récession, une crise économique majeure, le droit de torturer, un pays enlisé dans une guerre sans fin, le camp illégal de Guantanamo, l'Amérique déconsidérée, un parti républicain défait comme jamais, George W. Bush espérait  retourner une dernière fois en Irak, pour laisser croire que le pays allait mieux après cinq années d'occupation américaine. Une sorte de dernier tour de piste honorable, pour montrer que le pays était sécurisé, et l'accueillait. Au lieu de cela, il a reçu deux chaussures, évitées de justesse par un bond sous le pupitre de la conférence de presse. Elle lui ont été lancées à la figure par un journaliste irakien, Muntadar al-Zaïdi. "Tiens, voilà ton cadeau d'adieu, espèce de chien !", a hurlé l'homme, dont une partie de la famille a été tuée pendant la guerre. "De la part des veuves, des orphelins et de tous ceux qui sont morts en Irak !", a -t-il eu le temps de crier, avant d'être terrassé par la sécurité et tabassé. Cette image restera comme une humiliation de plus pour Georges W Bush, après la victoire écrasante de Barack Obama aux élections américaines. Elle restera comme le symbole de ce que d'innombrables Irakiens pensent du président américain, mais aussi que ce pays ne sera jamais sécurisé par les forces armées américaines, qu'il y aura toujours, même dans les endroits les plus protégés, des résistants, de l'indignation, de la haine, et des attentats... fut-ce à la godasse.

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Rappelons qu'en mars dernier, le dernier voyage éclair du vice-président américain en Irak, Dick Cheney, qui se félicitait de "l'amélioration de la sécurité dans le pays" suite à l'arrivée de renforts américains, a été accompagné d'une puissante explosion en plein Bagdad et d'un tir de mortier sur la "zone verte" et l'ambassade des Etats-Unis. N'oublions pas que les violences politiques et interconfessionnelles ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts parmi les civils depuis l'invasion américaine de mars 2003. Auxquels il faut ajouter les dizaines de milliers de morts - soldats et civils - du fait de la guerre elle-même.
A l'heure de son bilan après 5 années de cet affrontement, le gouvernement Bush assure depuis plusieurs semaines que la présence de 160.000 soldats américains en Irak a permis de créer les conditions sociales nécessaires à une entente politique entre Irakiens. Dans les faits, rien n'est assuré. Le processus traîne en longueur, émaillé d'une guerre des chefs, tandis que les attentats n'ont jamais cessé. Dick Cheney vient d'ailleurs à Bagdad, selon les observateurs américains, pour exhorter les responsables irakiens à s'entendre.
A ce jour, le conflit a coûté la vie à quelques 4000 soldats américains. Plusieurs analystes économistes sérieux, comme Joeseph Stiglitz, parlent aux Etats-Unis d'un coût de 1000 milliards de dollars. Le montant total (en tenant compte des suites du conflit, le retour des soldats blessés, l'aide aux familles, etc) pourrait dépasser cette somme - ce, alors que l'Amérique entre en récession suite à la désastreuse politique économique de Georges W Bush, qui a laissé filer le crédit toutes ces années. Le bilan global est terrifiant. Ces cinq années de guerre laissent un pays entièrement dévasté, en proie à la guerre civile et la misère, où l'emprise religieuse des shiites n'a jamais été aussi forte.  sans compter ses conséquences  ruineuses pour l'Amérique et le camp occidental et ses prétentions à se présenter comme  le "monde libre", défendant partout la démocratie. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) estime, dans un rapport de six pages publié le 17 mars, que la situation humanitaire en Irak est «l'une des plus critiques au monde ». Selon cette enquête, le système de santé du pays se délite tragiquement. 2200 médecins et infirmières ont été tués, plus de 250 ont été enlevés. Sur les 34.000 médecins que comptait le pays en 1990 - parmi lesquels des femmes, dévoilées et poussées vers les universités sous Saddam - 20.000 ont quitté le pays. Les hôpitaux manquent de médicaments. Les blocs opératoires ne suffisent plus pour faire face à l'afflux de blessés graves. Il y a actuellement 30.000 lits disponibles. Il en faudrait 80.000.Le problème de l'eau est critique. Des millions d'Irakiens n'ont pas accès à l'eau. Les infrastructures de distribution sont dans un état de délabrement avancé. L'avenir ? Les responsables du CICR ne cachent pas leur scepticisme : «En Irak, dit le rapport de la Croix Rouge, on a atteint des niveaux de cruauté et de perversion jamais égalés dans l'usage de la violence.»

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mardi, 11 novembre 2008

SALMAN RUSHDIE SANS GARDE DU CORPS

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NEWS NEWS NEWS. De passage à Paris fin octobre à l'occasion de la parution de son nouveau roman, "L'Enchanteresse de Florence" (Plon), Salman Rushdie se déplace désormais sans garde du corps. Invité par France-info, il a dénoncé les menaces qui pèsent sur l'écrivain italien Roberto Saviano, l'auteur de "Gomorra" (Gallimard), une longue enquête sur les méfaits de la mafia napolitaine. Selon Salman Rushdie, « Saviano court un danger terrible et devra choisir très prudemment son lieu de destination » s'il quitte l'Italie. « J'ai rencontré Roberto Saviano à New York au mois d'avril, a-t-il ajouté. C'est un homme extrêmement agréable, très intelligent, mais il court un danger terrible. En avril à New York, le FBI estimait qu'il était déjà en danger... La mafia pose un problème bien plus grave que celui que j'ai rencontré moi-même...". Salman Rushdie lui-même n'est plus inquiété aux Etats-Unis depuis plusieurs années, aux dires même du FBI - même si, en février 2005,  Jomhouri Eslami, le quotidien des ultra-conservateurs iraniens a réaffirmé "l'ordre divin" de mort contre lui.

 

BIBLIOGRAPHIE SALMAN RUSHDIE
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PORTRAIT-ENTRETIEN, SALMAN RUSHDIE

"Qui est blonde, a des gros seins, et vit en Tasmanie ?

-Salman Rushdie.

Cette blague, inventée par Rushdie lui-même, n'est jamais devenue réelle. Depuis 1989, l'année de la fatwa lancée contre lui, l'écrivain a toujours refusé de recourir à la chirurgie esthétique. Il ne s'est jamais exilé au bout du monde. Il n'a pas changé de nom. En février 1993, en dépit des menaces, il écrivait depuis une de ses caches en Angleterre : "C'est la seule solution que je n'ai jamais envisagée. Ce serait pire que la mort. Je ne veux pas la vie d'un autre. Je veux la mienne." Quand je le rencontre pour Le Monde le 20 avril 2004, Salman Rushdie vit librement à New York, presque. Il ne change plus d'appartement tous les mois. Il se promène sans garde du corps. Il va aux vernissages et aux premières. Il rentre d'Inde, où il a circulé sans être inquiété. Il va épouser le mois prochain Padma Lakshmi, une actrice de Bollywood. Au cours de notre entretien, en dépit des attentats d'Al Qaida autour du monde, il affirmera que le fondamentalisme islamiste connaît désormais sa dernière "poussée de fièvre". Selon lui, dans 20 ans il sera défait, et le "grand corps de l'humanité" s'en remettra.

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dimanche, 06 juillet 2008

JOSEPH FRITZL: "UN HOMME ABOMINABLEMENT NORMAL"

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NEWS NEWS NEWS. Deux mois après la découverte d’Elizabeth Fritzl, séquestrée et incestuée pendant 24 ans par son père à Amstetten (Autriche), avec qui elle a eu sept enfants – eux-mêmes incestués - le psychiatre expert judiciaire chargé d’enquêté sur la personnalité de Jospeh Fritzl le décrit comme un « despote régnant par le terreur sur plusieurs générations de sa famille ». Il se refuse à parler d’un psychotique, comme plaide son avocat et lui-même, mais d'un homme très bien organisé, construisant des mensonges crédibles, menant une double vie discrète, ayant construit lui-même le studio où il enfermait ses victimes : « Il ne s’agit pas d’un malade, explique le psychiatre, car s’il l’était il n’aurait jamais pu imaginer et réaliser des plans aussi sophistiqués ».
Il arrive assez souvent que les affaires d’inceste révèlent des personnalités masculines autoritaires et violentes, des pères puissants faisant ployer leur entourage, comme l'a montré "Festen" (1998), le cruel film du danois Thomas Vinterberg. Ces hommes se prennent pour des chefs de famille, ou de tribu, à qui tout est dû, l’obéissance des femmes, des enfants, et le droit de cuissage – en quelque sorte l’archétype de l’homme dominateur poussé à l’extrême, du "maître" forçant les autres à le servir, jusqu’à remettre en cause un tabou social primordial, l’inceste.
Voici en éclairage, un reportage sur un fait divers incestueux survenu en France profonde, qui enrichira cette analyse sur la dimension « machiste » et « phallocratique » - pour parler comme les premières féministes – des personnalités masculines au coeur de ces affaires. À l’époque, au magazine Actuel, nous l’avions titré « Un monstre absolument normal ». Cette malheureuse histoire s’était déroulée dans un petit village de la Sarthe, au début de l’été 1986.

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mardi, 25 mars 2008

ARGENTINE. COMMENT EN FINIR AVEC UNE DICTATURE ?

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(L'armée défile dans Buenos Aires après le putch militaire de 1976)
NEWS NEWS NEWS NEWS NEWS. María Eugenia Sampallo Barragán, 30 ans, fait partie de ces centaines d’enfants argentins enlevés à leurs parents assassinés pendant la dictature militaire (1976-1982), et offerts à des familles proches des putchistes. À ce jour, aucun de ces enfants n’avait osé porter plainte contre ses "parents", devenu adulte, comme elle l'a fait le 19 février dernier devant le Tribunal fédéral de Buenos Aires. C'est dire combien la peur règne encore longtemps, après une dictature, combien il demeure difficile, douloureux, de se retourner sur un passé sanglant - que beaucoup veulent oublier, cacher. Maria Barragan a montré beaucoup de courage au tribulal. Elle a aussi porté plainté contre Enrique Berthier, le tortionnaire qui l'a enlevée à l’âge de 3 mois, après avoir tué sa famille.
L’Argentine semble aujourd'hui sortir lentement de la crise économique et sociale sans précédent qui la secoue depuis six ans - une chute libre commencée à la fin de la dictature militaire, affaiblie par sa défaite face à l'Angleterre dans les îles Malouines toutes proches, défaite en 1982 par d’immenses manifestations à travers le pays. Depuis deux ans, le processus de la convertion de la dette argentine - estimée à plus de 150 milliards de dollars - a commencé. Le FMI et les créanciers ont accepté de voir leurs créances abaissées de 50% à 75%. Cette ré-oxygénation d’un pays moribond, survivant de troc, où 14 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté, qui a vu en 2001 trois gouvernements abandonner leur fonction après 10 jours, accompagne une timide reprise.
Pour éclairer d’où vient cet effondrement économique et moral, et mieux comprendre le procès intenté par María Eugenia Sampallo Barragán contre ses parents d'adoption, voici un reportage réalisé à Buenos Aires en janvier 1985 pour le magazine Actuel.
Nous sommes trois ans après la chute de la dictature, sous le régime du président Raul Ricardo Alfonsin, largement élu. Après deux années d’état de grâce, parfois de liesse, lié à la liberté retrouvée, le pays déchante. L’inflation galope dans un pays trop longtemps pillé et étouffé par la junte, les groupes d’extrême-droite complotent, et le président Alfonsin vient de faire passer la loi dite du “Punto final” qui met un coup d’arrêt au procés des militaires impliqué dans les assassinats d’opposants et des anciens tortionnaires. Ce qui indigne la gauche, et toutes les familles des 30.000 victimes de la dictatures.
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AVANT DE LIRE CET ARTICLE, il faut savoir que la loi d'amnistie des militaires, dite du “Punto final” fut abrogée quinze ans après cette enquête - voir ci-joint le texte de l’écrivain Luis Sepulveda sur cette abolition tant attendue: Pleure_Argentine_par_Luis.url. Il faut savoir auss que le président Ricardo Alfonsin, qui succéda à ola junte militaire, dut abandonner le pouvoir en 1989, cinq mois avant la fin de son mandat : l’inflation atteignait 343% en 1988, 3000% en 1989.
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À BUENOS AIRES, LA NUIT EST JEUNE... Charlie Garcia, trente ans, le rocker le plus populaire d'Argentine, fait sa virée du soir. Nous tournons en taxi dans la ville.  Le chauffeur n'arrive pas à y croire : c'est bien Charlie Garcia qui fume des joints à l'arrière. S'il lui donne un autographe, la course sera gratis.
Hilare, enveloppé de grands gestes fous et théâtraux, Charlie, le tellement sympa Charlie Garcia montre la longue enfilade glauque de l'Avenida Santa Fe.
"- Regarde, Buenos Aires ressemble à New York ! Les rues à angles droits, des escadrons de taxis, les petits magasins ouverts toute la nuit, des mecs qui rôdent à tous les carrefours, assis sur des marches à discuter, à trafiquer je ne sais quoi ! Enfin, plutôt je sais, Ah Ah Ah !
"Buenos " défile à la fenêtre. Charlie le rocker, 35 ans, écume les avenidas depuis quinze ans. L'herbe fraîche nous met en phase avec les ondes surgies des blocs, la ville nous encercle et nous enlace. Envapé, je me récite la " Ferveur de Buenos Aires ", le premier grand poème de Borges, qui commence ainsi... "Les rues de Buenos Aires sont devenues mes entrailles."

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13:35 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : terreur, audace

mardi, 15 janvier 2008

TASLIMA NASREEN. NI DIEU, NI MAÎTRE

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NEWS NEWS NEWS. Taslima Nasreen, écrivaine bengladeshi, a reçu le 9 janvier le premier prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes. À cette occasion, elle a présenté un texte où elle décrit la situation d'isolement et de mépris où elle est maintenue aujourd'hui en Inde, où elle s'est refugiée (Le Monde du 11 janvier). À la fin novembre 2005, déjà en exil, condamnée à mort dans son pays par une fatwa, Taslima Nasreen recevait à Paris le Prix Madenjeet Sing consacré à une personnalité luttant pour la tolérance (attribué aussi à l'opposante birmane Aung San Suu Kyi).
Voici un entretien avec Taslima Nasreen, médecin et écrivaine se revendiquant "athée", matérialiste, refusant tout compromis avec ceux qui l'ont attaquée, défendant envers et contre tous les plaisirs et la liberté des femmes, comme la liberté de critiquer toute religion et tout prophète (publié dans Le Monde 2, mars 2005)

BIBLIOGRAPHIE TASLIMA NASREEN
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"ATHÉE, ATHÉE, ATHÉE !"

-Le dernier volet de votre biographie, "Dwikhandita", "Coupée en deux", a été interdit en Inde, après le Bangladesh. Quelles sont les raisons invoquées par le gouvernement indien ?

-Ils disent que les pages 39 et 40 heurteraient la sensibilité religieuse des minorités musulmanes. Qu'il y aurait des émeutes chez les musulmans indiens, et que cela dérangerait l'ordre public. Je ne peux pas croire que les Musulmans se sentent assez faibles, ou alors ne soient pas assez puissants, cultivés et civilisés pour que deux pages d'un livre écrit par une femme les menacent !

-Qu'écrivez-vous dans ces deux pages ?

-Je reprends quelques idées que j'avais déjà avancées lorsque le gouvernement bengladeshi a fait de l’islam la religion d’Etat. J'affirme qu'il n'a aucun besoin d’une religion d’Etat dans notre pays, et nulle part, car la religion est une affaire personnelle. Ensuite, je rappelais quelques histoires assez drôles, et très connues, concernant le prophète Muhammed. Cet homme était viril, il a épousé de nombreuses vierges, et il avait l’habitude d'avoir une femme différente chaque nuit. Or un jour que sa cinquième épouse, Hassa, était chez ses parents, Muhammed entraîna une servante dans sa chambre. Mais Hassa rentra chez elle, et constata l'inconduite de Muhammed. Elle rameuta alors les autres femmes pour leur dire que Muhammed avait mal agi. Mécontent, le prophète lui dit que si elle continuait à se comporter ainsi, il allait la répudier et prendre une épouse plus dévouée. Puis il ajouta qu’il n'allait pas voir la servante pour lui-même, mais parce que Allah lui demandait d’agir ainsi. Autrement dit, à chaque fois que Muhammed a des problèmes, Allah le commande. Voilà comment se comporte le messager de dieu ! J’ai juste rappelé cette histoire, je ne l’ai pas inventée, vous pouvez la retrouver dans tout livre sur le prophète. C'est trop facile d'agir mal en se réclamant de dieu ! Le gouvernement indien a interdit le livre à cause de cette histoire, craignant que les fondamentalistes musulmans attaquent les librairies, comme ils l'ont déjà fait quand j'ai publié "La Honte".

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mercredi, 06 juin 2007

CARLOS LISCANO PARLE DE L'IMPUNITE DES BOURREAUX

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NEWS NEWS NEWS Difficile pour un pouvoir politique, dans un pays longtemps soumis par une dictature, de se déshabituer des habitudes autoritaires quand la démocratie revient. Il y a quatre mois, le militant urugayen anti-mondialiste FERNANDO MASSEILOT, sans casier judiciaire ni antécédent judiciaire, était arrêté chez lui, dans sa maison, comme un assassin, et accusé de "sédition", pour avoir manifesté contre la venue du président américain Georges Bush en Uruguay. Aujourd'hui, le jeune homme est toujours emprisonné, ce qui étonne beaucoup tous ceux qui soutiennent le nouveau gouvernement de l'Uruguay, le "Front Elargi" de la gauche. Assiste-t-on a un durcissement du régime, qui peine à mener des réformes sociales dans un pays où les traditions démocratiques restent fragiles ? Pour mieux comprendre la situation de l'Uruguay aujourd'hui, son passé dictatorial, et les difficultés à mettre en place des usages et des institutions démocratiques dans une Amérique Latine habituée aux "caudillos", aux classes dirigeantes avides et aux "golpes" à répétition, écoutez l'histoire noire et magnifique racontée par le grand écrivain urugayen Carlos Liscano dans son dernier livre "L'impunité des bourreaux" (Bourin Editeurs, mai 2007).

Rencontré à Barcelone, où il présentait son livre, il nous a raconté la vie de Maria Macarena, l'enfant enlevée à sa naissance par des soldats de la dictature argentine qui ont tué ses parents, puis l'ont exilée à Montevideo, capitale de l'Uruguay, où elle a été élevée par un chef de la police urugayenne - avant de découvrir, à 20 ans, qu'elle était la petite fille du plus grand poète argentin vivant, Juan Gelman, une des voix libres de la gauche argentine persécutée, dont le fils et la belle fille avaient été assassinés. Juan Gelman, qui n'a jamais renoncé, vingt ans durant, à la retrouver - et dont voici l'histoire...

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De Buenos-Aires à Montevideo :
Maria Macarena, l’enfant volée
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« Lettre à mon petit-fils ou à ma petite-fille »
« Dans six mois, tu auras 19 ans.
Tu as du naître un jour d’octobre 1976 dans une prison. Peu avant, ou peu après ta naissance, le même mois de la même année, ton père a été tué d’une balle dans la nuque tirée à bout portant. Ton père était prisonnier et sans défense, un commando militaire l’a assassiné. Peut-être est-ce le même commando qui l’a enlevé avec ta mère le 24 août à Buenos-Aires, et les ont conduits dans le camp de détention du « Garage Orletti », en plein quartier Floresta, que les militaires avaient baptisé « Le jardin ». Ton père s’appelait Marcelo. Ta mère, Maria Claudia.
Ils avaient tous deux 20 ans. Et toi, dans le ventre maternel, tu avais sept mois.
Je ne sais pas si tu es un garçon ou une fille. Je sais seulement que tu es né(e) (…) Maintenant tu as presque l’âge de tes parents quand ils les ont tués. »

Le grand poète argentin Juan Gelman fait publier cette lettre le 12 avril 1995 dans Pagina 12, un quotidien de Buenos-Aires. Vingt ans après l’assassinat de son fils et de sa belle fille, arrêtée enceinte par des soldats de la dictature, il ignore le sort réservé à l’enfant, et s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon. Il a juste appris en février 1978, que les militaires argentins avait fait passer un message succin au Vatican : « The child was born ». Sans préciser son sexe, ni où il vivait...

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(Photo de Juan Gelman)

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