dimanche, 23 août 2009

IMPUISSANCE MASCULINE. C'EST FINI.

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NEWS NEWS NEWS Un sujet d'été pour conserver la bonne humeur avant une rentrée difficile : cette enquête pour Le Monde où l'on apprend que la panne virile, passagère ou répétée, comme l'impuissance chronique, se voient désormais guéries. Entre médicaments érectiles, psychothérapie et prothèses, il est possible de rendre leur tonus aux homme les plus affaiblis. C'est une date historique. Enquête au tréfonds de la physiologie et de la psychologie masculines (paru dans Le Monde 2, 22 août 2009)

1- Où nous apprenons combien l’homme craint de « manquer de voix » depuis toujours.

La panne sexuelle et l’impuissance tourmentent l’homme depuis toujours. À Babylone déjà, en Mésopotamie, il y a 3700 ans, des plaquettes gravées trouvées dans le temple de la déesse Ishtar consistent en des incantations à la virilité : « Que le vent souffle, que frémisse la futaie ! Que ma puissance s’écoule comme l’eau de la rivière, que mon pénis soit bandé comme la corde d’une harpe ». Dans la mythologie égyptienne, le dieu destructeur Seth noie son frère Osiris, découpe son corps en quatorze morceaux et fait disparaître son sexe. Aidé par le dieu Anubis, sa femme Isis reconstitue le corps, lui façonne un pénis d’argile, et lui prodigue une fellation pour lui rendre vie. En souvenir, les femmes égyptiennes portaient chaque année un phallus géant dans les temples d’Isis afin qu’elle conserve la virilité de leur époux. Dans le « Satiricon », écrit sous Néron, le poète Pétrone décrit « la honte » d’Encolpe quand son désir « trahit » la jeune Circé. « Indignée », celle-ci revient avec une magicienne qui passe un fil coloré autour du défaillant, s’écriant « Ô Priape, aide nous de toute ta puissance ! ». Le dieu Priape affublé d’un phallus toujours en érection, nous le connaissons toujours : le terme médical « priapisme » vient de lui. Seulement, nous n’avons plus besoin de l’invoquer et porter des amulettes pour conjurer une panne sexuelle, ou l’impuissance. Aujourd’hui, à écouter les médecins spécialistes de la sexualité masculine, qu’ils soient psychiatres, urologues, andrologues ou sexologues, toutes les faiblesses viriles ou presque peuvent être soignées. L’antique malédiction des hommes est levée. Nous disposons désormais d’une palette de traitements permettant de soigner presque toutes les formes d’affection virile, de l’éjaculation rapide qui affectait Cesare Pavese à celle du paraplégique. Et les recherches continuent. Nous ne mourrons plus, comme dit l’argot, au cul de la princesse.

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vendredi, 08 mai 2009

"NOUS SOMMES TOUS DES VOYAGEURS MASQUéS". CINQUIEME ROMAN D'ISABELLE SORENTE (GRASSET), SA PIECE "HARD COPY" (ACTES SUD) JOUEE A PARIS, LA REVUE "RAVAGES" EN LIBRAIRIE FIN MAI

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(Photo Patrice Flora Praxo)

NEWS NEWS NEWS C'est une amie, certains me reprocheront de n'être pas objectif, et pourtant. Isabelle Sorente, 36 ans, revient dans l'actualité avec un cinquième roman dérangeant "Transformations d'une femme" (Grasset, mars 2009), une reprise de "Hard Copy" (Actes Sud) sa pièce dérangeante - et drôle - sur le harcélement moral (au Lucernaire fin mai, après deux mois salle comble au Lumen à Bruxelles - 250 places ), et une nouvelle dérangeante - "Infanticide" - dans le prochain numéro dérangeant de la revue RAVAGES (qu'elle co-dirige, thème "Infantilisation générale", sortie le 20 mai, éditions Descartes&Cnie, 01.42.22.29.02 ) autour de laquelle se prépare un spectacle avec le théâtre du Rond Point. Avec Isabelle Sorente, la littérature n'est jamais tiède. J'ai lu "Transformations d'une femme" deux fois, voici pourquoi.

(Interview télévisée d'Isabelle Sorente et d'autres écrivains par J.P Elkabach sur Bibliothèque Médicis : target="_blank">iframe> )

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Au débat sur le féminisme organisé par le magazine Elle au Salon du livre, où participait une Benoise Groult en grande forme - « Les hommes n’ont pas assez changé ! » a-t-elle lancé, faisant crouler la salle -, Isabelle Sorente a raconté qu’elle prenait des cours de self-défense. Nous savions déjà que cette polytechnicienne avait fait de la voltige aérienne, et que son bi-moteur était tombé dans le golfe de Gènes. Mais pourquoi de la self-défense ? Pour se défendre des hommes ? « D’abord pour éviter de se penser en victime pendant une agression ». Plusieurs fois suivie, embêtée, au cours d’un voyage solitaire en Grèce, elle a voulu rompre avec la peur qu’elle sentait déposée en elle. « Ces cours ont agi comme une sorte de psychanalyse physique, D’un seul coup, je me suis souvenu qu’à l’école, on me disait « Ne te bas pas ! », « Une fille ne se bagarre pas ! ».

Dans le débat ringard organisé par Elle - « Le féminisme est-il ringard ? » -, l’anecdote venait rappeler combien la fabrication du genre « femme », de l'idéologie "femme" continue aujourd’hui dès les cours de récréation. Aujoud'hui encore, un code invisible s’installe dans la manière de se défendre, se battre, utiliser ses poings, sa rage, éviter ou accepter la violence. Dans sa façon de se penser en fille, pas en garçon, physiquement. Un jeune mec apprend jeune la bagarre, elle fait profondément partie de sa vie, ses relations à ses copains, sa manière de se comporter, dès les premères années - de plus en plus aujourd’hui, en banlieue, dans les lycées surpeuplés. D’innombrables « études sur le genre » françaises ont analysé ces phénomènes. Ils ne se sont pas tant ringardisés. Le processus de fabrication des archétypes n'a pas cessé. Isabelle Sorente s’amusait, au Salon du livre : « On devrait proposer des cours de self-défense aux filles dans tous les lycées.

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lundi, 17 novembre 2008

JUDITH BUTLER. "LA CONFUSION DU GENRE"

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NEWS NEWS NEWS La philosophe américaine Judith Butler, considérée comme une figure de la "Queer theory", auteur du livre fondateur des "gender studies" américaines (les études sur le genre sexuel) avec "Trouble dans le genre " (La découverte), était de passage à Paris ce 13 novembre, invitée par l'Université Paris VIII. Judith Butler, qui occupe la chaire Maxine Elliot de rhétorique et littérature comparée à Berkeley (University of California), a donné une conférence sur le thème “Genre, Psychanalyse, Politique”, qui fut suivie d'un débat passionné et passionnant auxquels participaient de nombreux(ses) étudiant(es) et professeur(e)s - notamment Anne E. Berger, professeur de littérature, études féminines et genre ( Paris VIII), Elsa Dorlin, maître de conférences de philosophie ( Paris I), Françoise Duroux, professeur de philosophie et d'études féminines (Paris VIII), Michèle Riot-Sarcey, professeur d'Histoire et d'études de genre (Paris VIII), Nadia Setti, Directrice de Recherches, Littérature comparée et études féminines (Paris VIII). LE DERNIER ESSAI DE JUDITH BUTLER "DÉFAIRE LE GENRE" EST SORTI AUX EDITIONS AMSTERDAM EN JANVIER 2006. LA PHILOSOPHE AMÉRICAINE Y PARLE DU GENRE SEXUEL COMME UN "RITUEL QUOTIDIEN", S'INTERROGE SUR L'ÉTHIQUE DE CEUX QUI REJETTENT L'HOMOPARENTALITÉ, ET RÉFLÉCHIT À UNE SOCIÉTÉ PLUS "RESPIRABLE" POUR TOUS ET POUR TOUTES LES MINORITÉS. Je l'ai rencontrée à cette époque pour un portrait paru dans Le Monde 2 en mars 2006.

ESSAIS SUR LE FEMINISME

BIBLIOGRAPHIE

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RENCONTRE AVEC JUDITH BUTLER AU CAFE ROSTAND...

...Peut-être ce perpétuel sourire contenu, ce regard scrutateur viennent-ils de là ? Judith Butler voit les promeneurs des jardins du Luxembourg, les clients du café Rostand – et vous-même –, leur manière d’être féminins, masculins, comme aucun philosophe avant elle. Elle les voit comme des acteurs malgré eux. Les comédiens d’une performance répétée chaque jour, presque à leur insu. Des interprètes plus ou moins conscients d’un rôle écrit d’avance, plein de citations obligatoires : incarner une femme, paraître un homme. " Chacun d’entre nous fait l’homme, mime la femme, à sa manière, explique-t-elle. Voyez ces hommes, ils déclinent le "dress code" des employés mâles, le costume, la cravate, les cheveux courts. Ce garçon, plus loin, porte des bijoux, les cheveux plus longs, mais il reste habillé en homme. Il ne porte pas des hauts talons ou une perruque, comme un homme de cour au xviiie siècle. Ils sont en représentation sans le savoir, ils jouent l’homme contemporain, cela se répercute jusque dans les détails, leur parfum pour homme, la montre d’homme. Devenir un homme est une performance quotidienne, répétitive. Et une femme aussi."...

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dimanche, 06 juillet 2008

JOSEPH FRITZL: "UN HOMME ABOMINABLEMENT NORMAL"

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NEWS NEWS NEWS. Deux mois après la découverte d’Elizabeth Fritzl, séquestrée et incestuée pendant 24 ans par son père à Amstetten (Autriche), avec qui elle a eu sept enfants – eux-mêmes incestués - le psychiatre expert judiciaire chargé d’enquêté sur la personnalité de Jospeh Fritzl le décrit comme un « despote régnant par le terreur sur plusieurs générations de sa famille ». Il se refuse à parler d’un psychotique, comme plaide son avocat et lui-même, mais d'un homme très bien organisé, construisant des mensonges crédibles, menant une double vie discrète, ayant construit lui-même le studio où il enfermait ses victimes : « Il ne s’agit pas d’un malade, explique le psychiatre, car s’il l’était il n’aurait jamais pu imaginer et réaliser des plans aussi sophistiqués ».
Il arrive assez souvent que les affaires d’inceste révèlent des personnalités masculines autoritaires et violentes, des pères puissants faisant ployer leur entourage, comme l'a montré "Festen" (1998), le cruel film du danois Thomas Vinterberg. Ces hommes se prennent pour des chefs de famille, ou de tribu, à qui tout est dû, l’obéissance des femmes, des enfants, et le droit de cuissage – en quelque sorte l’archétype de l’homme dominateur poussé à l’extrême, du "maître" forçant les autres à le servir, jusqu’à remettre en cause un tabou social primordial, l’inceste.
Voici en éclairage, un reportage sur un fait divers incestueux survenu en France profonde, qui enrichira cette analyse sur la dimension « machiste » et « phallocratique » - pour parler comme les premières féministes – des personnalités masculines au coeur de ces affaires. À l’époque, au magazine Actuel, nous l’avions titré « Un monstre absolument normal ». Cette malheureuse histoire s’était déroulée dans un petit village de la Sarthe, au début de l’été 1986.

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mardi, 20 mai 2008

L'HOMOPHOBIE CONDAMNEE PAR RAMA YADE, SECRETAIRE D'ETAT. LES AMBIGUITéS DE NICOLAS SARKOZY SUR CES QUESTIONS

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NEWS NEWS NEWS. Ce samedi 17 mai, la secrétaire d'État aux droits de l'homme, Rama Yade, recevait plusieurs associations gays. Elle s'est engagée au nom de la France et du gouvernement à reconnaître la Journée internationale contre l'homophobie (Idaho) à laquelle appellent depuis des années la plupart des associations homosexuelles mondiales. Autre grande avancée de cette réunion avec les groupes LGBT (Lesbiennes-gays-bisexuelles-trans), la France luttera contre l'homophobie - toujours très répandue, (voir la carte ci-dessous) - sur la scène internationale. Autre promesse allant dans le même sens de tolérance : une déclaration pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité devrait être rédigée rédigée par le gouvernement avec les associations.
Rappelons qu'aujourd'hui encore, en France, l'homophobie n'est pas un mythe ou un fantasme victimaire d'associations gays. Souvenons-nous qu'en janvier 2007, la ville de Béziers a été pendant plusieurs mois le théâtre d'agressions homophobes très violentes. Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 janvier, un homme de 45 ans fréquentant le lieu de drague du parking de la Poste a été attaqué dans son véhicule par un partenaire qu'il venait de rencontrer, un jeune homme de 21 ans. La victime souffre de traumatisme du genou droit, d blessures faciales d'une fracture du nez et de la main gauche - 21 jours d'incapacité temporaire de travail (ITT). L'agresseur a été formellement identifié par un homme de 41 ans chez qui il s'était rendu en automne, après l'avoir croisé sur le même lieu de rencontre. Bilan: sept points de suture et des brûlures sur le corps. Un complice l'a aidé.

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lundi, 11 février 2008

CATHERINE MILLET NOUS PARLE DU VOILE

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NEWS NEWS NEWS. 100 000 personnes ont manifesté samedi dernier à Ankara contre le projet de loi du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan qui vise à réautoriser le voile islamique dans les universités. Le port du foulard est aujourd'hui interdit dans les administrations et les écoles turques. Scandant « La Turquie est laïque, elle le restera », « Nous sommes tous des soldats d'Atatürk », les manifestants se sont rassemblés au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, le père fondateur de la Turquie moderne et laïque, qui interdît le port de symboles religieux dans la vie quotidienne... en 1923. Des dâtes qui rappellent combien les batailles d'idées sur le voile et la liberté des femmes ne sont pas l'apanage des odieux athées et républicains occidentaux - comme disent les fondamentalistes - mais qu'il secoue le monde musulman depuis le début du siècle. En Tunisie dans les années 1960, Habib Bourguiba dévoila lui-même des centaines de femmes au cours de grandes cérémonies, les encourageant à travailler et prendre des responsabilités publiques. En Algérie, le FLN a ouvert les universités et l'administration aux femmes.
En France, la loi promulguée par le gouvernement Chirac interdisant le port de signes religieux ostensibles dans les écoles a confirmé l'engagement républicain et laïc du pays - hélas remis en cause par les récents et  multiples signes de soutien au confessionalisme du président Sarkozy.
En regard de tous ces événements, que nous dit Catherine Millet, critique d'art et directrice de la revue Art Press, auteur d'un livre best-seller témoignant d'une liberté amoureuse et sexuelle revendiquée et gourmande ? Une rencontre faite à l'époque où les polémiques sur le voile faisaient rage en France.
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09:40 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voile, sexe

vendredi, 25 janvier 2008

ENFANTS D'HOMOSEXUELS, ENFANTS INVISIBLES

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(Claire Breton, 28 ans, revendique son statut illégal d’”enfant d’homosexuel” et défend ses parents)

NEWS. NEWS NEWS Le 24 janvier, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a condamné la France pour avoir refusé l’agrément d’adoption à une femme pour le seul motif de son orientation sexuelle. Ce jugement devrait faire jurisprudence et ouvrir la voie à la suppression, dans la France sarkozienne, de la discrimination en raison de l’orientation sexuelle sur les questions d’adoption par les départements. Une date historique. L’Europe joue enfin un rôle actif pour le respect des droits des minorités sexuelles. Rappelons qu’en France pourtant plus de 100.000 enfants, sans doute 200.000 ou plus, vivent avec des parents homosexuels - leur non-reconnaissance soulève de lourds problèmes à la fois juridiques et humains.
En regard, cette enquête publiée dans Le Monde 2 (juin 2005) qui présente les témoignages de trois enfants élevés par des parents homosexuels, et les enquêtes de chercheurs et sociologues travaillant depuis des années sur ces questions sensibles.

BIBLIOGRAPHIE HOMO

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20:15 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : bébés, sexe

vendredi, 23 novembre 2007

MARIE-FRANCE HIRIGOYEN. "LA SOLITUDE N'EST PLUS CE QU'ELLE ETAIT"

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(Toutes les photos : Gaelic photographe / gaelic@rugama.co)

News News News. L'essayiste et psychanalyste Marie-france Hirigoyen, qui s'est faite connaître en analysant les effets dévastateurs du "harcélement moral" dans les couples et en entreprise (Ed Syros), publie une intéressante enquête consacrée aux "nouvelles solitudes" (Ed La Découverte). L'ouvrage révèle comment la solitude est devenue beaucoup plus commune et mieux acceptée qu'au siècle dernier (même si elle reste douloureuse et parfois décriée ou moquée), comment la figure de la "vieille fille" et du "vieux garçon" disparait au profit d'une solitude vécue comme une étape, un passage obligé, parfois un choix, sinon un moment de retrouvailles avec soi et d'initiation, dans nos vies amoureuses beaucoup plus longues et agitées qu'au cours du XIXe sicèle, ou de la première moitié du XXe siècle.

Enquête auprès de ces "nouveaux solitaires" et entretien avec Marie-france Hirigoyen

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Grande, rousse, teint de porcelaine, appelons la Cécile.  Elle défend sa solitude becs et ongles.
A-t-elle vingt-cinq ans - chez elle, démaquillée ? Trente-cinq - au retour d’une réunion de direction ? Difficile aujourd’hui d’évaluer l’âge des personnes tant les corps et les visages rajeunissent, la vie s’allonge – cela a un rapport à notre sujet. En fait, Cécile vient d’avoir 30 ans. Elle est ingénieur financier, spécialisée dans la communication d’une banque européenne. Elle vit seule, et sait pourquoi. Cécile : « Pendant mes études à Toulouse, déjà j’adorais être seule. J’avais une « turne » d’étudiant. Je travaillais la nuit, vivais dans un capharnaüm, sortais beaucoup, concerts, expos. Les mecs ne restaient pas plus d’une nuit. J’en garde un très bon souvenir.» À 25 ans, employée par une grande banque française, Cécile tombe amoureuse d’un collègue de 30 ans. Ils s’installent à Levallois, aux portes de Paris.
Deux ans plus tard, ils rompent d’« un commun accord » - enfin, c’est ce qu’elle dit. Pourquoi ? Cécile : « J’ai vite compris que la vie en couple n’était pas faite pour moi. Il travaillait énormément, rentrait tard. Normal que je m’occupe des repas, des courses, je ne lui reproche rien. Mais je ne pouvais jamais m’isoler, souffler. » Elle a besoin de s’isoler, d’avoir du temps à elle, hors tout horaire. Louer une chambre en plus coûte trop cher.  Cécile : « Que m’apportait la vie à deux ? Je ne voyais plus mes amies, je ne profitais même pas de Paris, des musées, des spectacles. Le soir, j’étais enfermée chez moi à l’attendre, ou à regarder la télé avec lui, fatigué. Moi qui déteste la télévision ! » Elle avoue encore : « J’étais beaucoup plus heureuse quand nous étions amants."

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lundi, 23 mai 2005

QUAND LES HOMOS SORTAIENT DES TOILETTES (2)

JANVIER 1981. LES HOMOS SONT SORTIS DES TOILETTES

(suite du reportage publié dans ACTUEL en janvier 1981)
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WHO KILLS GAY ?

A peine sortis du Ramrod, le vent glacial de West Street mord les tibias et nous nous précipitons chez Underground, la boutique sado-maso toute proche. Robinson Torres, un géant gros bonhomme de quarante ans, coiffé d’un chapeau de cow boy blanc, nous reçoit. Deux pinces d'argent reliées par une chaîne agrippent ses énormes tétons. Il lit le dernier Soho News, le journal branché de New York, qui titre: " Who kills gays ? " Qui tue les pédés ?
Un client interrompt Robinson. C'est un homme de soixante ans, cheveux blancs, le costard banal. Style vieux fonctionnaire. Il hésite au milieu des somptueux harnachements de cuir : fouets aux lanières tressées, cravaches garnies de fourrure, liens de toutes sortes, ceintures cloutées d'argent, slips ornés de têtes de mort. Il s’arrête devant la vitrine des cagoules. Robinson intervient :
" Je peux vous aider ? Vous voulez un masque de bourreau : les yeux, dégagés, la bouche fermée. Ou celui de l’esclave : la bouche ouverte, mais aveuglé. "
Le vieil homme s'esclaffe : " Les deux. "
Robinson lui fait un paquet et le type se tire. Robinson nous jette un oeil ironique. Il a repéré notre surprise :
"Ne vous affolez pas. Vous autres les Français vous n'êtes pas très habitués au théâtre cuir. On se pince, on se fouette, on simule de terribles scènes de torture mais tout ça n'est pas méchant. C'est une affaire de cinéma mental. Pure imagination. "
Très fier de la leçon, Robinson commence à nous faire la réclame :
"Vous ne trouverez jamais des gadgets comme ceux-ci à Paris, nous assure-t-il. Chacun a une utilité précise. Voici un inhalateur de poppers parfaitement étanche. Et une ceinture de chasteté gay, en forme de cœur. Regardez, le plastique colle exactement à l’anus. On voit a travers, mais on ne touche pas ! Ce slip est tout nouveau. Un zip par derrière. Un anneau par devant pour bloquer l’éjaculation et limer des heures durant. "
Nous l'arrêtons avant qu'il ne déballe son magasin. Il réussit quand même à sortir une petite brochure :
" Vous connaissez le manuel du " fist-fucking " ? Tous les Européens l'achètent. "
Si tout le déploiement sado-maso, les fouets, le bondage sont répandus depuis longtemps, aucune civilisation a pratiqué le " fist-fucking ", la baise par le poing pratiquée comme un art - absolument moderne. Le manuel vante l'art du lavement à l’eau parfumée et préconise de lubrifier l'anus avec de la gelée anglaise fruitée. Je demande à Robinson Torres.
" Vous avez déjà essayé ?
-Je suis trop vieux. J'aurais trop peur de m’esquinter. Imaginez seulement qu’in vous caresse les organes par l'intérieur. Miam...
-Beaucoup le font ?
-Au Mineshaft, la boîte cuir des quais de l'Hudson, j'ai vu des mecs se faire mettre deux poings.
-Sans dommage ?
-On risque un relâchement du sphincter. Une belle bite après ça ne vous fait pas plus d’effet qu'une allumette. "
Robinson glousse. Il se verse un cinquième bourbon et commence à reluquer Alain, notre photographe, d'un oeil trouble. Le voilà qui s’emporte :
" Tu as un mignon petit cul toi, le photographe, laisse-moi voir ça. "
Gêné, Alain ricane. Sans prévenir, Robinson lance sa gigantesque pogne poilue et lui agrippe le fessier .
" Allons, allons, se défend Alain, un peu de tenue. "
La trogne épanouie, Robinson n'insiste pas. On trisse. Dans la rue Alain m'avoue :
-J'ai compris ce que pouvaient ressentir les femmes quand on les drague sans arrêt, leur mate le cul, les vanne... "

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06:35 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : homophobie, sexe