mercredi, 23 juillet 2008
UN ENTRETIEN AVEC VICTOR HUGO SUR NICOLAS SARKOZY : “ON SENT TOUJOURS EN LUI LE PAUVRE PRINCE D’INDUSTRIE ”
News News News. On trouve dans le premier exemplaire du livre-magazine "RAVAGES" (tout juste sorti en librairie, auquel votre serviteur a participé) un entretien désopilant et assez édiifiant de Victor Hugo ... sur Nicolas Sarkozy. Comment est-ce possible ? Un auteur de la revue, le romancier Georges Marbeck (Hautefaye, Laffont), relevant à la suite d'un autre romancier, Patrick Rambaud, certaines ressemblances frappantes entre le régime de Napoléon III et celui de notre président - par exemple la thématique de "l'enrichissement de tous", ou encore la puissante connivence des hommes d'affaires et du chef de l'Etat, ou bien le goût du tape-à-l'oeil et des pages mondaines des journaux - a procédé à un spectaculaire montage de textes tirés du pamplet "Napoléon le petit" de Victor Hugo. À les lire, montés comme une interview consacrée à notre "omniprésident", l'effet est du plus haut comique - mais surtout d'une modernité qui fait sursauter l'esprit républicain. En voici des extraits.
Puisque nous sommes dans la grande littérature, on remarquera en passant que Victor Hugo, s'amusant du prince et de tous ceux qui ont viré de bord pour l'aider dans son entreprise, parle de leur facilité à "enjamber la honte". Une formule que Ségolène Royal vient d'employer, l'attribuant à François Mitterrand, pour parler de l'extraordinaire et fatal retournement de veste de Jack Lang (un geste tragique digne de Shakespeare !). Victor Hugo écrit : " Il (le prince) a pour lui tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte."
Pour le reste, vous trouverez la revue-livre RAVAGES (publié avec les éditions Panama) dans toutes les bonnes librairies. Ce premier numéro, à la fois féroce et moqueur, mélant essais, caricatures et nouvelles, est consacré aux nouvelles "pathologies de la République" : la carcéromanie, la cacophonie, la pédopobie (la peur de la jeunesse), la berlusconite, l'ADN-mania, etc. On y trouve des textes des philosophes Ruwen Ogien et Cynthia Fleury, des analyses du regime actuel par Christian Salmon (auteur de "Story Telling. La machine à formater les esprits", La Découverte) et de Catherine Vidal (de l'institut Pasteur), des textes des romancières Isabelle Sorente (auteur de "L" (poche), rédactrice-en-chef) et Wendy Delorme (auteur du "Quatrième génération" (Grasset).
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ENTRETIEN AVEC VICTOR HUGO
Cela fait plus d’un an que le nouveau président est en fonction. Je sais que vous vous tenez régulièrement informé de notre actualité politique, quel regard portez-vous aujourd’hui sur le personnage ?
Victor Hugo : Depuis sept mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il aime la gloriole, le pompon, l’aigrette, la broderie, les paillettes, les grands mots, les grands titres, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là (…) Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
Derrière cette folle ambition personnelle de l’homme, n’y a-t-il pas une vision du devenir politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?
Victor Hugo : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier (…) On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent (…) Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.
Succès comptable, en somme ! Homme d’affaires déguisé en homme d’Etat ?
Victor Hugo : Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte (…) S’amuser et s’enrichir, tel est leur « socialisme ». Ils ont arrêté le budget sur la grand route ; les coffres sont là ouverts ; ils emplissent leurs sacoches, ils ont de l’argent en veux-tu en voilà. Tous les traitements sont doublés ou triplés (…) Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités (…) Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte, (…) une foule de dévouements intrépides assiègent l’Elysée et se groupent autour de l’homme (…)
Comment le définiriez-vous ?
C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie (…) Le tyran est cet homme qui, sorti de la tradition comme Nicolas de Russie, ou de la ruse comme Louis Bonaparte, s’empare à son profit et dispose à son gré de la force collective d’un peuple.
Et la liberté de la presse dans tout çà ?
Victor Hugo (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?(...) Tout peut se résumer en une ligne : je permets que tu parles, mais j’exige que tu te taises.
Cette confiscation de tous les pouvoirs par un homme supposé providentiel, on a déjà vu, et vous le premier, où cela mène le pays...
Victor Hugo : Les grands penseurs se plaisent à châtier les grands despotes, et quelquefois même les grandissent un peu pour les rendre dignes de leur furie ; mais que voulez-vous que l’historien fasse de ce personnage (…) Napoléon–le-petit : rien de plus, rien de moins (…) Les sceptiques sourient et insistent ; ils disent : « N’espérez rien. Ce régime, selon vous, est la honte de la France. Soit, cette honte est cotée en bourse, n’espérez rien. Vous êtes des poètes et des rêveurs si vous espérez (…) On est content, on s’accommode de cette pétrification, on en tire parti, on y fait des affaires, on vit là-dessus comme à l’ordinaire. La société continue et force honnêtes gens trouvent les choses bien ainsi. Pourquoi voulez-vous que cette situation change ? Pourquoi voulez-vous que cette situation finisse ? Ne vous faites pas illusion, ceci est solide, ceci est stable, ceci est le présent et l’avenir."
Comment vous-même voyez-vous l’avenir ?
Victor Hugo : La situation présente, qui semble calme à qui ne pense pas, est violente, qu’on ne s’y méprenne point. Quand la moralité publique s’éclipse, il se fait dans l’ordre social une ombre qui épouvante.*
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*Toutes les réponses de Victor Hugo proviennent de son ouvrage « Napoléon le Petit », le pamphlet républicain contre Napoléon III.
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mardi, 20 mai 2008
L'HOMOPHOBIE CONDAMNEE PAR RAMA YADE, SECRETAIRE D'ETAT. LES AMBIGUITéS DE NICOLAS SARKOZY SUR CES QUESTIONS

NEWS NEWS NEWS. Ce samedi 17 mai, la secrétaire d'État aux droits de l'homme, Rama Yade, recevait plusieurs associations gays. Elle s'est engagée au nom de la France et du gouvernement à reconnaître la Journée internationale contre l'homophobie (Idaho) à laquelle appellent depuis des années la plupart des associations homosexuelles mondiales. Autre grande avancée de cette réunion avec les groupes LGBT (Lesbiennes-gays-bisexuelles-trans), la France luttera contre l'homophobie - toujours très répandue, (voir la carte ci-dessous) - sur la scène internationale. Autre promesse allant dans le même sens de tolérance : une déclaration pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité devrait être rédigée rédigée par le gouvernement avec les associations.
Rappelons qu'aujourd'hui encore, en France, l'homophobie n'est pas un mythe ou un fantasme victimaire d'associations gays. Souvenons-nous qu'en janvier 2007, la ville de Béziers a été pendant plusieurs mois le théâtre d'agressions homophobes très violentes. Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 janvier, un homme de 45 ans fréquentant le lieu de drague du parking de la Poste a été attaqué dans son véhicule par un partenaire qu'il venait de rencontrer, un jeune homme de 21 ans. La victime souffre de traumatisme du genou droit, d blessures faciales d'une fracture du nez et de la main gauche - 21 jours d'incapacité temporaire de travail (ITT). L'agresseur a été formellement identifié par un homme de 41 ans chez qui il s'était rendu en automne, après l'avoir croisé sur le même lieu de rencontre. Bilan: sept points de suture et des brûlures sur le corps. Un complice l'a aidé.
12:07 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : homophobie, sexe, sarkozy
vendredi, 02 mai 2008
LA TUNISIE DE CE BON GENERAL BEN ALI FELICITEE PAR NICOLAS SARKOZY
(Photo officielle des présidents Ben Ali et Sarkozy, aéroport de Tunis )
NEWS NEWS NEWS. Au cours de sa visite officielle en Tunisie Nicolas Sarkozy, quoique très critiqué par les organisations des droits de l'Homme pour avoir déclaré "Je ne vois pas au nom de quoi je vais m'ériger en donneur de leçons" - autrement dit émettre des critiques sur les usages démocratiques en vigueur au nom de ses valeurs politiques -, le chef de l'Etat a réitéré des propos de soutien au régime policier et despotique de Zine El-Abidine Ben Ali devant un parterre d'étudiants à l'université de Tunis : "Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?" a ainsi déclamé notre président. Il a ajouté avec élan, oubliant que le président tunisien avait été élu avec un score faramineux, 95,49% des voix, aux élections de 2004 : "C'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sorte (...), sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme". Il a encore cité, comme pour dédouaner le président tunisien, l'histoire de ces fanatiques qui ont coupé la main d'une femme qui s'était mis du rouge à ongle. Or ce récit a déjà circulé en Afghanistan pendant les années Taliban. Il ressort régulièrement, comme une rumeur, alors qu'aucun journaliste ne l'a confirmée. Ce qui a été reconnu, c'est que des Talibans zélés ont sans doute coupé, à Kaboul, la phalange d'une femme aux ongles faits. Cet horrible détail est depuis devenue "l'histoire de la main coupée" que Nicolas Sarkozy a reprise sans sourciller, ni citer aucune source - juste pour justifier son soutien au régime de fer de ce bon général Ben Ali.
Faut-il le croire, quand on sait qu'un journaliste de Libération a reçu début 2007 un coup de couteau en pleine rue alors qu'il cherchait à rencontrer des opposants ? On lisait d'ailleurs dans Libération, qui avait dépéché un correspondant dans la délégation de presse accompagnant M. Nicolas Sarkozy lors de son précédent voyageen juillet dernier, ce témoignage : " Un peu plus tôt (avant la rencontre Ben Ali-Sarkozy), l’avocate Radhia Nasraoui, présidente de l’association (non reconnue) de lutte contre la torture en Tunisie, confiait dans un hôtel de Carthage que «le régime policier en place avait profité de la lutte contre le terrorisme pour réprimer davantage encore toute forme d’opposition». Elle faisait état de cas «de tortures abominables pratiquées sur les parties génitales de prisonniers», dont elle avait recueilli les témoignages et pu constater les séquelles. Selon elle, la visite de Nicolas Sarkozy «passe inaperçue (en Tunisie), n’apportera rien à la société civile tunisienne et conforte les pratiques du pouvoir». Elle jugeait par ailleurs «très significatif» que Rama Yade (la secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme) n’ait eu aucun contact avec les défenseurs des libertés en Tunisie.
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En regard de cette actualité, voici un reportage réalisé pour la magazine Actuel en septembre 1987, quelques mois avant que le général Ben Ali destitue Habib Bourguiba, le héros de l’indépendance tunisienne, et s’empare du pouvoir avec l'appui de l’armée. Cette enquête sur une fin de règne tragique, publiée par la rédaction-en-chef d'Actuel avec un titre regrettable (« La cour du roi gaga ») a circulé à l’époque sous le manteau en Tunisie, photocopié, comme un « samizdat ». Il a valu à votre serviteur d’être arrêté à l’aéroport de Tunis 12 ans plus tard, au printemps 1999, d'être interrogé par la sécurité, gardé une journée entière, menacé, puis expulsé du pays - une fiche conservée pendant ces 12 ans par la police politique l’accusait d’être « un ennemi de la Tunisie ».
20:15 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy
vendredi, 04 avril 2008
LA PROTESTATION MASSIVE DES MILIEUX JUDICIAIRES CONTRE LA LOI SUR LA "RETENTION DE SURETE" ET L'INQUIETANTE DERIVE GENETIQUE DE M. SARKOZY
L'inquiétante loi sur "la rétention de sureté", votée par l'Assemblée Nationale le 6 février 2007, adoptée par le Sénat, remise en cause par le Conseil Constitutionnel - que le président de la République, pourtant gardien de la constitution, a tenté de contourner - soulève une opposition de plus en plus déterminée dans les milieux judiciaires. Rappelons que cette loi, telle qu'elle apparaît dans le projet de loi du 28 novembre 2007 constitue selon l'ancien ministre la justice Robert Badinter « un changement profond d’orientation de notre justice (...) Après un siècle, nous voyons réapparaître le spectre de « l’homme dangereux » des positivistes italiens Lombroso et Ferri, et la conception d’un appareil judiciaire voué à diagnostiquer et traiter la dangerosité pénale. On sait à quelles dérives funestes cette approche a conduit le système répressif des Etats totalitaires. » ( La prison après la peine, Le Monde du 27/11/2007).
Cette loi, défendue avec hargne pour de tristes raisons électoralistes - flatter le vote d'extrême-droite et l'opinion ultra-sécruritaire (les personnes âgées, fond de commerce du vote sarkozyste) avant les élections régionales - revient sur le principe même de "non rétro-activité" du droit français : ce qui explique la censure du Conseil Constitutionnel. Elle permet d'élargir les pouvoirs discrétionnaires de la police - déjà très importants -, de durcir les sanctions et renforcer les moyens de contrainte, mais encore de procéder à "des enfermements préventifs" sur la base d’une présomption d’infraction future. Ce faisant, elle installe une logique d’élimination permanente des décrétés "délinquants", les condamnant à une véritable mort sociale : le fichage à vie, l'impossibilité du rachat, autant dire le déni de Jean Valjean. L’appréciation de la "dangerosité" n’est elle-même fondée sur aucune évaluation solide, faisant appel à la seule expertise psychiatrique, entretenant une grave confusion entre délinquance et maladie mentale : l'évaluation de la dangerosité d'une personne relève désormais du "diagnostic". Avec ce texte de loi, la France de M. Nicolas Sarkozy s'est dotée d’un dispositif sans équivalent dans nos démocraties (aucune loi comparable existe en Europe, quoiqu'en dise le gouvernement) - aux Pays Bas et en Belgique, ce type d’enfermement n’intervient qu’en substitution à la peine. Aujourd’hui, c'est la Russie de M. Poutine qui enferme des journalistes dans des établissements psychiatriques, prétextant de leur "dangerosité sociale".
Indignés par cette "loi de rétention" - à ajouter aux annales de ce régime -, le Syndicat National de l'ensemble des personnels de l'Administration (SNEPAP-FSU), le Syndicat de la Magistrature et quarante associations médicales, judiciaires et humanitaires (dont La Ligue des droits de l'Homme, le Syndicat de la Medecine Générale, l'Union Syndicale de la psychiatrie, etc) lançaient le 20 mars 2008 un appel demandant son abolition. 15.500 personnes l'ont signé en une semaine (pour signer : www.contrelaretentiondesurete.fr/). Que dit ce texte ?
" Malgré l’opposition de très nombreux professionnels et citoyens, la loi instaurant une « rétention de sureté" qui permet, après l’exécution de la peine de prison, de prolonger - sans limitation de duŕee et sans infraction - l’enfermement des personnes considéŕees comme d’une «particulière dangerosité" est entŕee en vigueur.
La mise en place d’un tel dispositif relève d’une philosophie de l’enfermement qui dénie à l’homme toute possibilité d’amendement.
La présomption d'innocence devient secondaire et la justice de sureté prend le pas sur la justice de responsabilité.
NOUS NE POUVONS ACCEPTER UN TEL MODELE DE SOCIETE
- parce que la rétention de sureté, comparable dans sa philosophie à la peine de mort, est une peine d’élimination préventive susceptible de graves dérives ;
- parce que la rétention de sureté ajoute de l’enfermement à la peine de prison, déjà anormalement longue en France au regard des standards européens, et constitue en conséquence un traitement inhumain et dégradant ;
- parce que la rétention de sureté implique un pronostic arbitraire de la «dangerosité», dont les contours ne peuvent être clairement définis, ni par les psychiatres, ni par les juristes ;
- parce que la rétention de sureté crée l’illusion du « risque zéro » de récidive par l’exploitation démagogique de la douleur des victimes ;
- parce que la rétention de sureté témoigne du renoncement des pouvoirs publics à faire de la prison un temps utile à la prévention de la récidive et à la réinsertion ;
- parce que la rétention de sureté, malgré l’accomplissement de la peine, n’autorise plus l’oubli du crime, réduisant ainsi la personne à son acte criminel passé avec le risque de l’y enfermer à jamais ;
- parce que la rétention de sureté est une violence institutionnelle inacceptable qui prive les détenus de tout espoir de liberté;
Pour toutes ces raisons, la rétention de sureté n’est en aucun cas un instrument
de prévention de la récidive et de protection des citoyens."
13:35 Publié dans MAUVAIS ESPRIT | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, génétique
vendredi, 15 février 2008
CONCOURS INTERNATIONAL DES AFFREUX MICKEY SARKOZY, TF1 ET LA PUBLICITE
NEWS NEWS NEWS La grève de France Télévision a été très fortement suivie - une première depuis 1974 - suite à l'annonce surprise de Nicolas Sarkozy de supprimer la publicité sur le service public. Résultat net : une perte de 1, 2 milliards d'euros, selon son président Patrick de Carolis - qui est apparu anéanti, tout comme le d'habitude si souriant Michel Drucker. À ce jour, aucun plan de financement sérieux n'a été annoncé, et les annonces floues et contradictoires se multiplient - ce qui est devenu la méthode Sarkozy. Beaucoup de commentateurs pointent que TF1, la grande chaîne privée, qui accapare déjà 55 % du marché publicitaire télévisuel, va surtout profiter de la situation - et pas du tout la presse écrite, comme certains idéalistes en rêvaient. En retirant la publicité aux chaînes publiques, TF1 obtiendrait automatiquement à 70 % d part du gâteau. Sans compter la disparition immédiate et absurde de tout une petite publicité de petites marques, très attachée au tarifs doux du service public à certaines heures (selon Libération, le p.d.g. d'Universal aurait été trouvé la ministre de la Culture pour lui demander où il va désormais pouvoir annoncer les disques de Cecilia Bartoli?).
Un groupe d'étude a été diligenté par le président de la République - une autre de ses méthodes favorites, frapper avant, beaucoup de blabla après - après une intervention télévisée qui est restée dans le vague, agrémentée de généralités culturelles "gauchisées" - une autre paillette de la poudre-aux-yeux sarkoziste. Déjà, plusieurs analystes soupçonnent le président de vouloir venir en aide à ses amis du secteur privé, qui auraient bien besoin d'un afflux de nouveaux capitaux, à voir l'effritement de son influence. L'audience de TF1 était de 41 % en 1989. Sa part de marché est tombée aujourd'hui à 29 %, selon les chiffres de "Complément d'enquête". Cette nouvelle manne publicitaire serait un cadeau des dieux pour la chaîne.
On comprendra pourquoi sur le NET les "jammers" multiplient les images détournées raillant une collusion TF1-Nicolas Sarkozy. Quelques perles trouvées sur les sites "sarkostique" et "Résistance"...
09:40 Publié dans MAUVAIS ESPRIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jam, sarkozy
dimanche, 25 novembre 2007
NICOLAS SARKOZY, l'EGOCRATE

NEWS NEWS NEWS. Les répétés «Moi je n’ai pas peur de dire que je…», les continus «Je veux… » («la rupture», « la croissance à 3%», «les test ADN », "la fin des régimes spéciaux"), les récurrents «J’ai dit la vérité» ou les « J’irais les chercher moi-même » (les six responsables de l’Arche de Zoë emprisonnés au Tchad), cela frappe, la première personne du singulier envahit la parole présidentielle depuis les élections.
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Cette omniprésence de l'ego présidentiel étonne dès la première « allocution aux parlementaires de la majorité » (juin 2007), où le « Je » apparaît pas moins de ... 126 fois. M. Nicolas Sarkozy prévient « Tout ce que je ferai, je le ferai avec…», s’indigne « Je ferme la porte au reniement », rassure « Quand je dis "nous réussirons", je ne veux pas dire que mon but… ». Dans le discours devant le Medef (fin août), on trouve 134 « Je » et, martelés, 55 « Je veux.. ». Le Roi lui-même pourtant disait "Nous voulons". On repère ce « Je » héroïque tout au long des discours importants et des apparitions télévisées : 224 en quatre mois selon l’Ina (Institut National de l’Audiovisuel). À Dakar (fin juillet) : « J’aime l’Afrique, je respecte et j’aime les Africains », « Je ne suis pas venu, Jeune d’Afrique… » (« pour pleurer… m’apitoyer… effacer… nier »). Pendant le discours à la mémoire des victimes du terrorisme (mi-septembre) : « Et je n'ai pas attendu d'être Président de la République pour dire que la priorité c'était pour moi les victimes ». A propos de la lecture de la « Lettre de Guy Moquet » dans les écoles : « Je veux que chacun comprenne que pour moi, cette lecture, c’est un grand symbole. » Concernant tests ADN pour les familles immigrées : « Si vous me posez la question de savoir si ça me choque, la réponse est « Non ». » (sur TF1).

Nous avons interrogé trois spécialistes du discours, le linguiste Alain Rey (des dictionnaires le Robert), le médialogue Christian Salmon (auteur de « Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et formater les esprits » - Ed La Découverte), un psychanalyste et philosophe de l’esprit (Pierre Henri Castel, auteur de « À quoi résiste la psychnalyse », PUF), pour analyser trois allocutions programmatiques du président (discours au Medef, au parlementaires de la majorité, aux étudiants de Dakar) ainsi que quelques unes de ses apparitions innombrables télévisées.
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