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  • ROMS ET BOHEMIENS, LA CHASSE CONTINUE

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    (DR)

    NEWS NEWS NEWS. Le séjour des « minorités Roms ne saurait se traduire par la multiplication de campements insalubres et dangereux » déclarait déjà il  y a un an, le 14 août 2012, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, avant d’autoriser le démantèlement de plusieurs lieux de vie misérables - invariablement appelés des "campements" alors que les Roms ne sont pas nomades - poursuivant en cela la politique de refoulement inaugurée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Il continue aujourd'hui cette politique, la ponctuant de propos alarmistes, déclarant que "Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie " (France Inter le 24 septembre), ou encore que seule "une minorité"  veut s'intégrer, insistant sur le fait que "leurs modes de vie sont extrêmement différents des nôtres."

    Les associations qui soutiennent les Roms, et cherchent des solutions à leur hébergement et leur intégration dans la communauté européenne, ne comprennent pas cet acharnement contre des populations très défavorisées, déjà maltraitées en Hongrie et Roumanie - qui représentent, faut-il le rappeler, environ 20.000 personnes en France. La réponse à cette interrogation est à chercher, d'après Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la justice et des droits fondamentaux, dans l'approche des élections municipales en France : "Si je ne me trompe, il y a de l'élection dans l'air en France, et à chaque fois qu'on ne veut pas parler de choses importantes, comme le budget ou les dettes, on trouve les Roms". Pour elle, une fois de plus, les Roms sont instrumentalisés à des fins électoralistes : très peu mais très visibles, misérables et sans droit, incapables de se défendre et s'organiser, ils sont le bouc émissaire idéal, le symbole de l'étranger haïssable.

    Mais qui sont les « Roms », d’où vient ce terme devenu infamant qui court les journaux ? Quelle réalité humaine recouvre-t-elle en Europe de l’Est ? Est-il vrai qu'ils ne vivent pas comme les autres Européens, restent rétifs à toute intégration, comme le prétend le ministre de l'Intérieur, tout en s'acharnant à rendre leur vie plus précaire, les poussant de plus en plus vers la mendicité - et donc une visibilité inquiétante - et pour certains, vers une délinquance de survie. D'après Marion Cadier d'Amnesty International, 11 000 personnes ont été évacuées de leurs lieux de vie en France pendant l'année 2012,10 000 personnes au cours du premier semestre 2013, 3 700 personnes l'été 2013. Cela sans rien régler quant à leur hébergement, tout en les précarisant plus encore.

    A-t-on oublié que les Roms furent mis en esclavage en Roumanie et en Hongrie du XIVe au XIXe siècle, puis déportés en camp de concentration et exterminés entre 1939 et 1945 ? Ethnologue parlant le romanès, la langue des Roms, docteur de l’université de Paris X, Martin Olivera, qui a dirigé le numéro d’« Etudes tsiganes » consacré à l’histoire des Roms de Roumanie, a répondu à nos questions sur la douloureuse destinée de ces populations.

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     Quand les Roms ou Tsiganes arrivent-ils en Europe de l’Est ?

    On trouve le terme « Tigan » pour la première fois dans les archives de Valachie en 1385. Le terme provient du turc « cingene », probablement dérivé en grec « Atisgani », qui donne « Cigàny » en Hongrois, « Zigeuner » en allemand et « tsigane » en Français. À l’époque (fin du Moyen-âge, début de l’époque moderne) on assiste à d’importantes migrations dans l’Europe balkanique et l’Anatolie, du fait de la désagrégation de l’empire byzantin et de l’expansion ottomane notamment. Ceux qu’on appellera Tigani arrivent alors dans ces territoires qui sont aujourd’hui la Roumanie et la Hongrie…

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