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prostitution

  • PÉNALISER LES CLIENTS DES PROTITUÉES : LA LOI RETOQUÉE PAR LE SÉNAT

    Le samedi 26 octobre, quelque 300 personnes se prostituant ont manifesté à Paris contre la pénalisation des clients. DR

    News News News. Alors qu'en décembre dernier l'Assemblée nationale, par 268 voix contre 138, a voté la pénalisation des clients des prostituées, le Sénat a retoqué mardi 8 juillet cette mesure contestée. Par 16 voix pour, 14 voix contre et 2 abstentions, les 36 sénateurs de la commission se sont prononcés pour la suppression de l'article 16 de la loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel, qui prévoyait 1500 euros d'amende (3750 en cas de récidive, en remplacement d'une peine de prison). L'article 17, qui associait à l'amende un stage de sensibilisation, a également été supprimé. Par ailleurs, l'ensemble du nouveau texte, comprenant la suppression du délit de racolage institué par Nicolas Sarkozy, a été adopté.

    «Après de longs débats, et ce dans tous les groupes politiques, nous avons considéré que la pénalisation pouvait dégrader la situation de nombreuses prostituées», a déclaré la sénatrice de la Loire-Atlantique, Michelle Meunier. Elle a précisé : «Au fil de nos entretiens nous avons rencontré beaucoup de personnes sur le terrain qui s'alarmaient d'un possible danger.» Le nouveau texte de loi sera présenté en séance au Sénat d'ici quelques mois, puis à l'Assemblée nationale : son parcours parlementaire est loin d'être terminé. Ce blog analyse ici pourquoi les amendements du Sénat semblent salutaires tant pour les clients, que pour les prostituées.

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    Six mois de prison, 7 500 euros d’amende, c’est la sanction que réclamaient encore fin septembre les députés socialistes Maud Olivier (Essonne) et Catherine Coutelle (Vienne) pour tout client « récidiviste » d’une prostituée adulte et consentante. Une activité, rappelons-le, légale en France, qui n’est pas prohibitionniste.

    Ces dispositions faisaient partie de l’arsenal punitif de leur projet de loi qui entend « sanctionner le fait de solliciter, d'accepter ou d'obtenir des relations de nature sexuelle d'une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d'une rémunération ou d'une promesse de rémunération ».

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  • PROSTITUÉE OU TRAVAILLEUSE DU SEXE ?

    (DR)

    NEWS NEWS NEWS. Clients et prostituées, on en parle beaucoup depuis que Najat Vallaud-Belkacem, la ministre du droit des femmes, s’est prononcée en faveur de l’abolition de la prostitution et la pénalisation des clients. Ce faisant, elle a relancé un vieux débat clivant, où tous les arguments pour et contre ont été usé mille fois, trop souvent sans tenir compte des réalités du terrain :  de la vie même des prostituées et des clients. Il n'est pas inintéressant d'étudier comment ces polémiques se déploient dans les pays du Sud, où la prostitution est souvent plus brutale - et où, pourtant, les mêmes controverses éclatent entre partisans de l'abolition et les associations de "travailleurs du sexe".

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      Prenons les jeunes femmes qui travaillent à Paptpong, le quartier chaud de Bangkok avec ses salons de massages, ses shows sexuels, ses boîtes de nuit et ses milliers de touristes ? Sont-elles seulement des "prostituées", se pensent-elles ainsi ? Et les Occidentaux qui viennent là sont-ils juste leurs éphémères "clients" - ces beaufs pressés bien décrits par Michel Houellebecq dans "Plateforme" (qui prétendent les faire jouir).  Qu’en disent-elles, ces femmes ? Nous le savons un peu mieux grâce à la longue enquête menée par le sociologue Sébastien Roux  « No money, no honey. Économies intimes du tourisme sexuel en Thaïlande » (La Découverte 2011). Elles-mêmes - il parle ici des indépendantes, la majorité, non celles enrôlées de force dans les réseaux mafieux - ne se déclarent pas "prostituées", elles se disent plutôt « danseuses », « serveuses », « masseuses », ou se présentent encore comme des « étudiantes » venues s’amuser en discothèque. Elles emploient non plus jamais le terme « loukka », « client », qui les enfermerait dans le statut décrié de prostituée. Ce n’est pas seulement une question d’honneur et d’honorabilité - la société thaïlandaise reste très traditionnelle.

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  • PROSTITUEES CONTRE MAISONS CLOSES

    NEWS NEWS NEWS Canal + sort cette semaine son feuilleton « Maison close » qui montre la vie quotidienne d’un bordel de luxe à la fin du XIXe siècle. Pendant ce temps, un groupe de travail du gouvernement réfléchit à la proposition de la député UMP Chantal Brunel de rouvrir « les maisons ». Mais qu’en pensent les associations de prostituées ?

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     « Le Chabanais », 12 rue Chabanais, Paris IIe. « Un ministre des Affaires Etrangères de la IIIe République fréquentait assidûment cette maison close. Il se mettait nu et se laissait passer un collier à pointes autour du cou. À quatre pattes, promené en laisse, il présentait son postérieur à une ronde de filles nues, qui lui assénaient chacune des coups de fouet." Aujourd’hui, on trouve ce collier et ces fiches - les « blancs » - de la Brigade des Mœurs exposés dans la salle des archives de l’actuelle brigade « de répression du proxénétisme » (BRP). Le Chabanais, ouvert en 1878, fut un des bordels les plus luxueux de la fin du XIXe et la Belle Époque, on y trouvait une chambre « persane », « égyptienne », « mauresque », « russe », « nippone », et le prince Edouard VII y prenait avec les dames des bains de champagne dans une grande baignoire en cuivre. Un blanc daté du 28 mars 1899 rapporte que 25 femmes travaillaient là et que le « cabinet médical » comportait 15 spéculum, des « pommades prophylactiques » et du permanganate. Il concluait : « Le Chabanais est un des établissements les plus réputés de Paris. Il est fréquenté par une clientèle de marque. La tenancière peut-être consultée utilement. » C’est cet établissement, ainsi que les quelques autres bordels parisiens haut de gamme des « années folles » Le Sphinx, Le One Two Two, le Colbert, le Cardinet, le Montyon, véritables palais de la débauche, qui ont servi de modèle au feuilleton qui débute sur Canal + ce mois-ci, « Maisons Closes », huit épisodes.

    55761.jpegUne scène du feuilleton "Maison close" de Canal +

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