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  • CONFERENCE DE NAGOYA. ENTRETIEN AVEC PAVAN SUDKHEV, ECONOMISTE INDIEN, RAPPORTEUR SUR LA VALEUR ECONOMIQUE DE LA NATURE.

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    NEWS NEWS NEWS L'accord adopté ce vendredi 29 octobre à Nagoya (Japon) a été qualifié d’«historique» par de nombreux acteurs politiques et écologiques.  Il  comporte 20 objectifs majeurs visant à stopper la perte de biodiversité d'ici à 2020. À cette date, au moins 17% des aires terrestres et des eaux intérieures, ainsi que 10% des aires marines et côtières devront être protégées - contre respectivement 12,5% de la surface terrestre et moins de 1% des océans aujourd’hui. Par ailleurs, au moins 15% des écosystèmes dégradés devront être restaurés. Un autre objectif prévoit « de supprimer, de réduire progressivement ou de réformer » les subventions néfastes à la biodiversité d’ici à 2020 au plus tard. Le taux de perte de tous les habitats naturels, dont la forêt, devra être réduit d’au moins 50% voire annulé, lorsque c’est possible. Toutes les espèces connues et menacées d'extinction devront également être sauvées d'ici à 2020. Un dernier objectif concerne la protection des récifs coralliens.

    On regrettera que ces choix stratégiques ne constituent qu’un engagement « moral » et ne soient pas contraignant juridiquement, mais c’est là un premier pas décisif dans la reconnaissance de l’urgence de protéger les écosystèmes – le fondement même de notre survie terrestre... Quelque jours avant l’ouverture de la conférence de Nagoya, j’ai interviewé l’économiste indien Pavan Sudkhev, qui a été le rapporteur attendu d’une enquête de trois années sur les valeurs économiques des écosystèmes – l’équivalent du "rapport Stern", mais pour la biodiversité. Selon Pavan Sudkhev, il nous faut d’urgence, partout, comme il l’a déjà fait en Inde, évaluer le « capital naturel » pour mieux en faire comprendre les enjeux au monde capitaliste ? Sans reconsidérer la "valeur ", jusqu'ici reniée et invisible, des services rendus par la  nature et les coûts colossaux de sa dégradation, comment la protéger et fonder une nouvelle économie - un developpement fondé sur le renforcement de la biodiversité et son obligatoire durabilité. Une question se pose aussitôt : n’y-a-t-il pas dans ces "éconoimcs of biodiversity" un risque d'une financiarisation de la nature, se faisant au détriment des pays pauvres, et plus généralement de l’humanité entière et la biodiversité elle-même. ? Le capital de la nature n’est-il pas inestimable, et toute évaluation dangereuse ? Entretien (publié dans le Monde Magazine, octobre 2010)

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  • UNE PLANÈTE EN PLASTIQUE

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    (Oiseaux de mer décédes d'avoir ingurgité des débris de plastique. DR)

    NEWS NEWS NEWS En cinquante ans, le plastique a envahi le monde depuis nos cuisines jusqu’au fond des océans. Un documentaire à sortir en salle en février prochain, un grand reportage publié ce mois-ci chez Actes Sud, nous racontent cette extraordinaire invasion : « Plastic Planet ». Tous deux signés par le journaliste Werner Boote, surnommé le « Michael Moore autrichien ». Après avoir fait analyser le taux de plastique contenu dans son sang, il nous raconte comment le plastique a fini par l’obséder et les effrayantes découvertes faites sur l’indestructible « man made material » (article paru dans Le Monde Magazine, septembre 2010)

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    « -Je voudrais te dire juste un mot. Plastique !

    -Comment dois-je comprendre ça ?

    -Le plastique, c’est l’avenir. Penses-y !

    -Je le ferai.

    -Chut. Assez parlé. »

    Cette brève scène comique se passe dans The Graduate, le film de 1967 avec Dustin Hoffman qui annonce la révolution des mœurs… et l’arrivée du plastique dans nos vies. Car en ces années 1960, le plastique est pop, à la mode, conquérant, il représente autant l’avenir que la modernité. Les bas nylon étincelants, les dentelles en perlon, les brillantes robes de polyester embellissent les femmes. Dans les cuisines, une vaisselle en plastique multicolore remplace la fragile et coûteuse porcelaine, le formica rivalise avec le bois et la pierre, dans les salons les réunions Tupperware font fureur et le téléphone en bakélite nous relie avec le monde entier. Avec la popularisation du plastique, événement tant industriel que métaphysique, l’homme transcende la matière connue, invente une substance chimique qui ne doit rien à la nature, un « man made material » plus résistant que le bois, léger que l’acier, résistant que le caoutchouc, et qu’il peut, tel un démiurge, modeler à sa guise. Dans ses Mythologies de 1957, Roland Barthes s’enthousiasme pour la nouvelle « substance alchimique » qui permet de créer mille objets, sans être coûteux. « Pour la première fois, écrit-il, l’artifice vise au commun, non au rare (…) Le monde entier peut-être plastifié ».

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  • LE COFFRE-FORT DE L'APOCALYPSE

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    (L'entrée de la salle forte, avec son dispositif lumineux. DR)
     
    News New News. Certains écologistes l’appellent « La chambre forte de l’Apocalypse » d’autres « L’Arche de Noé ». C’est le coffre-fort construit sous une île norvégienne où l’humanité commence à conserver toutes les semences agricoles du monde - une bonne nouvelle en cette année 2010, déclarée année de la biodiversité par l’ONU ? Ou l'annonce que nous en approchons... de la fin des haricots ?

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    Avec son entrée lumineuse visible la nuit à plusieurs kilomètres, enchâssée dans la roche dure de l’archipel du Spitzberg, en Norvège arctique, à 1120 kms du Pôle Nord, la chambre forte se veut une sentinelle qui défie le temps. Elle a été construite à 130 mètres au-dessus du niveau de la mer, pour éviter une éventuelle montée des eaux, à l’écart de la zone sismique arctique, sous une montagne. Après la première porte blindée, un tunnel bétonné long de 120 mètres s’enfonce dans le grès. Il a été conçu pour renvoyer l’onde de choc d’une roquette. Au bout, deux épaisses portes d’acier. Derrière, une grande salle, trois nouvelles portes blindées. Elles protègent trois caves glacées, réfrigérées à -20°, où s’empilent des caisses noires...

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