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  • POLITIQUE DE LA PEUR EN EUROPE. UN FILM COMIQUE ANGLAIS LA DÉDRAMATISE. UN ESSAI DE LA ROMANCIÈRE ALLEMANDE JULI ZEH LA CRITIQUE

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    (DR)

    NEWS NEWS NEWS  Le cinéaste anglais Chris Morris a présenté au festival de Sundance 2010 un film comique se moquant des terroristes islamistes. Le héros s'appelle Omar, c'est un illuminé doublé d'un crétin gratiné qui veut devenir un grand moudjahidine, mériter les Cent Mille Vierges du paradis d'Allah et réussir un attentat  bien sanglant en Grande-Bretagne. Le problème, Omar et ses trois associés se révèlent particulièrement stupides et maladroits, croient tous les discours obtus des mollahs fondamentalistes et échouent dans toutes leurs entreprises - ils rappellent assez, en plus idéologisés, les casseurs amateurs du "Pigeon" de Mario Monicelli.

    Le film s'appelle "We Are Four Lions", et cela fait du bien de rire sur le terrorisme,  de présenter ses militants sous l'angle de la farce et du grotesque - n'est-ce pas beaucoup plus proche de la vérité ? Surtout, cela nous change de la surenchère permanente dans l'alarmisme et de la politique de la peur auxquelles nous assistons depuis des années, toutes deux menées tant par nos gouvernements que dans la plupart des médias, entretenant une ambiance permanente de "guerre au terrorisme" - quand nous y serons pour de bon, nous le saurons : la guerre, hélas, nous la connaissons en Europe...

    Un essai intéressant décryptant cette ambiance de peur, sciemment menée depuis dix ans en Europe comme aux Etats-Unis en vue de faire passer des lois anti-terroristes sévères, vient de sortir chez Actes Sud "Atteinte à la liberté", signé par deux écrivains de langue allemande, Juli Zeh et Ilija Trojanov. Entretien et décryptage ci-dessous (publié dans le Monde Magazine, novembre 2010).

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  • MINCE POUR TOUJOURS.

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    NEWS NEWS NEWS L'Assemblée nationale a approuvé mardi 15 avril, en première lecture, une proposition de loi UMP réprimant l'incitation à l'anorexie, y compris sur internet, en fixant une peine pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. Le texte a été approuvé avec les seules voix UMP, auxquelles s'est jointe la députée PS de Gironde Michèle Delaunay. Les groupes PS et GDR (PCF-Verts) se sont abstenus sur ce texte qu'ils ont qualifié "d'affichage", dont la "seule approche est celle de la répression" - sans doute, mais ne fallait-il pas agir vite ?
    Depuis la mort par anorexie de la top-modèle Ana Carolina Reston, en novembre 2006, à l'âge de 21 ans, suivie de plusieurs cas de malaises survenus pendant des défilés en Italie et aux Etats-Unis, suite à la décision du festival Moda Barcelona de refuser des mannequins trop maigres, le ministre de la santé Xavier Bertrand avait diligenté début 2007 un groupe de travail sur l'« image du corps » dans la mode et la publicité pour évaluer son impact - réel ou supposé - sur la population jeune. Celui-ci a tenu une première réunion en mars 2007 en présence de représentants d'agences de mannequins, des consommateurs, des professionnels de la mode, des associations de personnes obèses et anoréxiques, des médecins ainsi que des publicitaires, dont Hervé Brossard, président de l'Association des agences conseils en communication (AACC) et vice-président de DDB Worldwide. Présidé par le pédopsychiatre Marcel Rufo, le groupe d'étude devait proposer des propositions portant sur l'image du corps, jugée excessivement "mince" voire pathologiquement maigre. Suite aux travaux de cette commission, "une charte d'engagement volontaire sur l'image du corps et contre l'anorexie" a été signée, mercredi 9 avril 2008, par des professionnels de la mode, de la publicité et des médias, et la ministre de la santé, Roselyne Bachelot. Ainsi le Bureau de vérification de la publicité, la Fédération française de prêt-à-porter féminin ou encore le Syndicat des agences de mannequins s'engagent "à ne pas accepter la diffusion d'images de personnes, notamment si elles sont jeunes, pouvant contribuer à promouvoir un modèle d'extrême maigreur". Ils se proposent encore de "sensibiliser le public à l'acceptation de la diversité corporelle (...) en évitant toute forme de stéréotypie qui peut favoriser la constitution d'un archétype esthétique potentiellement dangereux pour les populations fragiles".

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    (Campagne publicitaire d'Oliviero Toscani contre l'anorexie)

    En regard de ces tentatives pour réfléchir à la puissance des normes culturelles et alimentaire régentant l'actuelle "girl culture", comme à l'image univoque de la femme mis en avant par la vogue de l'extrême minceur, voici une enquête sur l'angoisse de grossir et la peur de manger telles qu'elle sont véhiculées par les innombrables ouvrages consacrés aux régimes et la diététique, certaines campagnes publicitaires vantant les vertus du "light" et l'allégé - sans oublier beaucoup de journaux féminins. (enquête publiée dans le Monde 2 - 18 mars 2007)

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    Le printemps approche, ouvrons un magazine féminin fameux aux pages «diététiques». Le régime de restriction est décrété d’emblée. D’autorité. Femme, il faut se méfier de tout plaisir, et même des plus anodins. « Attention, on repère les faux-amis ! » prévient l’article diététique du numéro. Les faux-amis ? Le champagne doux (sucré), les bulots (plus caloriques que les huîtres) et les petites gaufrettes (trop minces pour être honnètes). Suivent 35 injonctions à la méfiance alimentaire, assortis d’impératifs catégoriques : « On zappe le riz et les pâtes », « On désamorce l’apéro », « On mange et on boit froid », « On se méfie du light », « On allège la fracture fromagère ».

    "ON" c'est qui ? C'est toutes les femmes.

    « On traque le sucre », « On croque des carottes crues », « On s’entraîne au forking », c’est-à-dire qu’on mange à la fourchette en écartant … le pain, les saucissons, les biscuits, les fruits (pris avec les doigts), les laitages, la soupe, la compote (prise à la cuiller), le beurre, le pâté, les pizzas et les fruits à écorcer (traités au couteau).

    Et surtout : « On ne se prive de rien.»

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