samedi, 03 octobre 2009
L'EXTRAORDINAIRE HISTOIRE DE L'ECRIVAIN CHINOIS MO YAN - CE QUI SIGNIFIE "NE PAS PARLER"
NEWS NEWS NEWS. Alors que la Chine fête avec une pompe grandiose le soixantième anniversaire de la révolution chinoise, voici le récit d'une rencontre avec Mo Yan, un des écrivains les plus talentueux et les plus prolifiques de Chine, l'auteur du vertigineux "Beaux seins, belles fesses" - où défilent les 6O années d'histoire chinoise aujourd'hui à la fête à Pekin. Mo Yan nous livre sa vision à la fois très critique, et haute en colère et en couleur, de l'histoire chinoise récente. Son dernier roman, tout juste sorti aux editions du Seuil, "La dure loi du karma" raconte dans le détail la vie d'un gros bourg pendant les exactions et les délires collectivistes du "Grand Bond en Avant", puis de la "Grande Révolution Culturelle".
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« Mo Yan » signifie « Ne pas parler ». Un paradoxe quand on connaît ses romans torrentiels. De son véritable nom, Moye Guan, l’écrivain a conservé les deux caractères chinois de son prénom, la négation « Mo ! » et « Yan », la parole. Pourquoi ce surnom ? Il s’en explique dans un petit hôtel du sixième arrondissement, impassible, un visage rond comme la lune. En Chine communiste, pendant toute la période maoïste, il fallait mieux ne pas s’exprimer en public. Ses parents lui répétaient : Moye, proteste à la maison, mais ment en public. En changeant de nom, le jeune écrivain s’adressait un avertissement : retiens ta langue. De dramatiques événements d’enfance ont beaucoup joué dans ce choix. À dix ans, né dans une famille de huit enfants, le petit Moye fut renvoyé de l’école comme « mauvais élément » au début de la « grande révolution culturelle prolétarienne » (1965-1976). Ses grands parents et un de ses oncles étaient considérés comme des « droitiers » et des « paysans aisés » - « mon grand père possédait quelques acres et quelques vaches, cela suffisait pour être dénoncé comme ennemi de classe à l’époque » - mais aussi, ajoute-t-il, imperturbable : « J’avais mon franc-parler. C’est ce qui m’a valu d’être chassé.» Difficile de douter du franc-parler de « Mo Yan - Ne parle pas ». Depuis, l’écrivain a libéré une langue sarcastique, iconoclaste, rabelaisienne, haute en verve, dans dix gros romans, vingt courts et plusieurs dizaines de nouvelles - si bien qu’aujourd’hui, après qu’il ait obtenu en 1997 le China's Annual Writer's Award, beaucoup d’écrivains et critiques lui prédisent le prix Nobel.
11:40 Publié dans ENTRETIENS À VIF | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : audace, mauvais esprit, chine
mercredi, 02 septembre 2009
L'HISTOIRE DE TEHELKA, JOURNAL INDEPENDANT INDIEN, QUI FAILLIT FAIRE TOMBER DEUX FOIS LE GOUVERNEMENT, RACONTEE PAR SON REDACTEUR EN CHEF, TARUN S.TEJPAL
(Tarun Tejpan en pleine campagne pour relancer Tehelka son journal à New Delhi)
NEWS NEWS NEWS "L'histoire de mes assassins" (Buchet Chastel) le second roman de Tarun J. Tejpal, rédacteur en chef de l'hebdomadaire d'investigation indien TEHELKA, sort en France cette semaine. Un livre fascinant, qui raconte la vie de cinq hommes de main payés pour assassiner un journaliste. À travers eux, on découvre l'Inde des basses castes et des bidonvilles, l'Inde de "Slumdog Millionaire" et des misérables, d'hommes qui tentent de sortir de la pauvreté par tous les moyens, même le crime. Rencontré au festival des Etonnants Voyageurs, Tarun Tejpal raconte ici sa vie de journaliste et l'histoire de la chute et la renaissance de TEHELKA, un des rares journaux indépendants indiens, qui par deux fois a failli faire tomber le gouvernement par ses enquêtes sur la corruption politique. Récit de première main (paru dans Le Monde 2, août 2009).
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(Bangaru Laxman, le président du Parti du Peuple Indien (BJP, nationaliste hindou) reçoit un pot de vin en direct, filmé par une caméra espion de Tehelka)
L’image est un peu floue, le son brouillé. Mais on entend distinctement « Un cadeau pour le nouvel an ». Une main tend une épaisse liasse de roupies à Bangaru Laxman, on le reconnaît bien, le président du Parti du Peuple Indien au pouvoir (BJP, nationaliste hindou). Il s’empare des billets et les range dans un tiroir sans dire un mot. Cette courte séquence vidéo, filmée par une caméra espion, a failli faire tomber le gouvernement indien cette année 2001. Elle n’est pas la seule, ce qui explique l’énorme scandale qui a suivi : 34 autres personnalités politiques et militaires, plusieurs hauts fonctionnaires, ont encore été filmés acceptant des pots-de-vin. Pour la première fois, la terrible corruption indienne était montrée. En direct. En flagrant délit. Dans ses gestes simples : les billets qui changent de main, les petites phrases cyniques, les silences. Comment ces images ont-elles pu être filmées, rendues publiques ? Elles ont été prises par une équipe de jeunes journalistes d’un site d’information Tehelka.com (Sensation.com) consacré à l’investigation et au grand reportage, qui s’était fait connaître en révélant les pots de vin en usage dans les matchs de cricket, le sport national indien. Il leur a fallu sept mois d’enquête, beaucoup de courage, pour aborder les militaires, les officiels, pénétrer les bureaux où tout se décide. Pour ce faire, les reporters ont créé une entreprise fictive d’armement, Westend International, prétendument spécialisée dans les jumelles thermiques. Ensuite, ils se sont présentés auprès des membres du gouvernement chargés des affaires militaires, pour leur proposer leurs services. Leur vendre des armes. Une fois en contact, après des discussions sur les contrats, ils ont vite compris qu’il fallait graisser des pattes. Au plus haut niveau. Ils ont joué le jeu - avec une caméra cachée.
17:51 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : audace, mauvais esprit, crime
dimanche, 24 mai 2009
LA REVUE "RAVAGES" EST DE RETOUR
NEWS NEWS NEWS Le numéro 2 de la revue RAVAGES, dont le numéro 1 a été épuisé en quelques jours, fondée par votre serviteur et l'écrivaine Isabelle Sorente, est en vente dans toutes les bonnes librairies depuis hier. Thème du numéro : "INFANTILISATION GENERALE". Un petit cut up du numéro vous en dira un peu plus :
«L'infantilisation des adultes est en marche dans un monde… où, pendant 20 ans, politiques et économistes nous ont fait croire que le capitalisme financier, le banquier enchaînant le pauvre à crédit et le trader de Wall Street représentaient le summum de l’humain…
… où les philosophes et les penseurs serviles ont vendu la soupe de la fin de l’Histoire et du renoncement…
… où on glorifie le corps teenager pour tous et à tout âge, la « girl culture » pour les femmes adultes, la culture « ado » dans toute la culture, le positive thinking et la psychologie de bazar comme philosophie de vie
… où la gauche a capitulé sur le terrain des luttes, des droits, du projet social et républicain, de la défense des libertés individuelles
… où la consommation est devenue le seul mode de vie, la superficialité l’idéal, la révolte une folie…
Un monde qui préfère…… le simplisme à la réflexion … le sentimentalisme à la raison … les certitudes à l’incertitude … la pensée unique à la recherche … le paternalisme à la liberté … le voir au penser… le désir au plaisir … le narcissisme à l’amour … l’instantané au durable… l’ignorance à la connaissance … l’enfant-roi à l’adulte … le salariat au travail indépendant."
On rencontre dans RAVAGES 2 :
• FRÉDÉRIC NIETZSCHE, dont l’œuvre est interviewée ;
• Les philosophes BENJAMIN BARBER, (auteur de « Comment le capitalisme nous infantilise »), RUWEN OGIEN (sur le paternalisme), BERNARD STIEGLER (sur l’infantilisation des enfants), PAUL VIRILIO (sur la virtualisation du monde), MICHAELA MARZANO (sur le coaching des moutons)...
• Les économistes MUHAMMAD YUNUS (prix Nobel), JOSEPH STIGLITZ (prix nobel)...
• Les chercheurs CATHERINE VIDAL (neurobiologiste) et JEAN-FRANÇOIS TERNAY (éthicien) ;
• Les écrivains ARAVIND ADIGA, WENDY DELORME, DOROTA MASLOVSKA, ISABELLE SORENTE. PATRICK PIET
Par ailleurs, la revue RAVAGES et le FORUM D'ACTION MODERNITE organisent le 3 juin, de 19 H à 21 H, avec le théâtre du Rond Point une soirée ravageuse, où les auteurs de la revue viendront s'expliquer, Frederic Nietzsche (joué par Jean-Michel Ribbes) sera interviewé en direct, et plusieurs spectacles et humoristes seront présentés
13:42 Publié dans MAUVAIS ESPRIT | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : audace, wall street, mauvais esprit








