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  • ELECTION AMERICAINES. AL GORE : " GEORGE W BUSH NOUS A APPORTE UNE CALAMITE APRES L'AUTRE "

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    NEWS NEWS NEWS À deux semaines des élections américaines tous les sondages donnent le démocrate Barack Obama gagnant, même si beaucoup d'analystes s'interrogent sur les non-dits d'un "vote raciste" qui pourrait ressurgir dans le secret de l'isoloir. Pendant cette campagne, si Barack Obama est resté prudent dans ces jugements publics sur le bilan du gouvernement Bush, ce n'est pas le cas de l'ancien candidat à la présidence, Al Gore, co-prix Nobel de la Paix 2007. Dans son essai "La raison assiégée" (Seuil), tout juste sorti en France, il soutient que le gouvernement Bush a développé aux Etats-Unis des pratiques politiques qui mettaient en danger la démocratie américaine, doublé d'une politique internationale catastrophique qui a ruiné l'image de l'Occident et des Etats-Unis autour du monde - notamment en perpétrant l'invasion de l'Irak (décidée sur un mensonge), en encourageant l'usage de la torture et des camps de détention illégaux comme celui de Guantanamo.

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    Nous sommes à la convention démocrate de Denver, le 29 août dernier. Al Gore a pris la parole devant des milliers de sympathisants. Il explique, lui l’icône verte de l’Amérique, comment John McCain, le candidat républicain, va continuer la politique de George W. Bush  - qui selon lui a apporté au monde « une calamité après l’autre ». Il s’écrie « Oui, je crois au recyclage. Mais là, c’est franchement ridicule !» La salle explose de rire. Ici beaucoup pense qu’Al Gore s’est fait voler sa victoire aux dernières élections suite à des manœuvres électorales douteuses du parti républicain.

    Depuis son prix Nobel de la Paix, Al Gore est devenu une grande figure morale aux Etats-Unis. Des militants du parti démocrate ont même milité pour que Barak Obama le prenne comme vice-président. Mais l’Amérique n’aime pas les perdants. Alors Al Gore continue sa croisade pour l’écologie. Le 23 septembre, il a rallié la « Clinton Global Initiative » à New York avec plusieurs autres célébrités engagées - la reine Rania de Jordanie, la présidente du Liberia, ou le chanteur Bono. Les fonds récoltés doivent servir à soutenir des « solutions innovantes » dans les domaines de l’écologie, l’éducation et l’éradication de la faim. Al Gore a solennellement déclaré : « Depuis notre rencontre l’an dernier, le monde a encore perdu du terrain face au changement climatique. » Puis il s’en est pris avec force au front des entreprises qui minimisent le réchauffement planétaire par seul intérêt. « Une compagnie qui dépense beaucoup d’argent pour convaincre le public que les risques pesant sur climat mondial sont négligeables développent une forme de fraude. J’espère que les procureurs généraux agiront pour l’éviter». Ensuite, il a appelé au développement des centrales électriques au charbon équipées d’un système de confinement du dioxyde de carbone, rappelant que ces centrales – 28 doivent être construites aux Etats Unis ces prochaines années, des centaines en Inde et en Chine - contribuent beaucoup au changement climatique. Pour Al Gore le juste, l’Amérique doit désormais montrer la voie.

    Al_Gore_rgb_Ausschnitt_-_image_net.jpgL’autre actualité d’Al Gore pendant cette campagne électorale américaine, c’est la sortie mondiale de son essai « The assault on reason » (« La raison assiégée », Seuil), et sa publication en édition brochée aux Etats-Unis (Bloomsbury). Il faut lire ce livre pour comprendre l’ampleur du malaise politique suscité par le gouvernement républicain de George Bush aux Etats-Unis. En huit chapitres présentés comme programmatiques - La politique de la peur. Aveugler les fidèles. La commodité du mensonge. L’atteinte à l’individu. Insécurité nationale. La crise du carbone. La démocratie en danger - Al Gore lui reproche d’avoir bafoué les principes mêmes des « pères fondateurs » de la démocratie américaine : citant abondamment Thomas Jefferson, Abraham, Abraham Lincoln, Thomas Paine. Pour Al Gore, les républicains ont abandonné le terrain rationnel et le débat d’idées pour promouvoir une politique de l’affect, du lyrisme nationaliste et de l’invocation religieuse. Il montre aussi le rôle décérébrant de la télévision dans ce processus – quitte à être parfois caricatural -, inquiet que les campagnes électorales se réduisent désormais à des spots de trente secondes dignes des televolas. Avec ce livre étayé et féroce, Al Gore le prix Nobel « vert » revient comme un homme politique national décidé à réformer la démocratie américaine. Ci dessous, des extraits du livre publiés dans Le Monde 2 le 18 octobre 2008.

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  • NAPLES VILLE DE TRAFICS. A LA RECHERCHE DES USINES DE CASSETTES PIRATES

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    La baie de Naples (DR)

    NEWS NEWS NEWS. Le pape Benoît XVI est allé se recueillir le 21 octobre 2007 dans la cathédrale du martyr San Gennaro à Naples, mais cela n'a rien changé : Naples est restée la capitale européenne des ordures jamais ramassées, des services publics inutiles et de la camorra toute puissante. Depuis la situation s'est encore aggravée, et voilà maintenant que le nouveau gouvernement Berlusconi a décidé d'envoyer l'armée et de nettoyer Naples des ses montages de détritus - et de la mafia.

    Le journaliste de la Republicca et écrivain Giorgio Bocca, a publié l'année dernière une longue enquête sur la vieille ville italienne, "Napoli, siamo noi" (Feltrinelli, sept 2006), où il décrit dans le détail l'état de pauvreté chronique de Naples, et l'emprise de la Camorra sur la ville. "La criminalité a gagné, écrit Bocca. Naples a touché le fond. Elle est arrivée à la limite au-delà de laquelle toute cohabitation est impossible. Naples a quelque chose que la plupart des villes italiennes ne connaissent pas : la plèbe, comme Alexandrie, comme Calcutta, comme Bombay où un nombre sans fin de personnes survivent plutôt que vivent. Où chaque jour des foules énormes se mettent en marche cherchant la survie sans bien savoir où la trouver. A Milan, à Turin, il y a des pauvres, mais à Naples c'est la plèbe qui est l'alliée naturelle de la délinquance (...). La Camorra a dans cette ville une fonction décisive : assurer la survie des marginaux. Les formes de complicité avec la Camorra qui s'est appropriée l'immense majorité des biens publics napolitains, sont innombrables, infinies et surtout inconscientes."

    Enquêtant dans toute la ville, Giorgio Bocca montre que la vieille capitale du royaume des Deux-Siciles ne possède plus aucun service public digne de ce nom. Les transports en commun fonctionnent quand ils peuvent, régulièrement rançonnés par des bandes de gamins, les gens les plus démunis, estimés à plusieurs dizaines de milliers, ne reçoivent presque aucune allocation. Dans les quartiers, c'est souvent la Camorra qui maintient un semblant d'ordre, contrôlant les quartiers pauvres de la ville, louant les garnis, pratiquant l'usure, dirigeant la contrebande, le trafic de drogue, de faux accessoires de mode, de cassettes audio et video, de CD et de DVD, de viande clandestine. Elle tient aussi les marchés publics et le monopole de la production de béton, donc de la construction. Elle règne par la peur, la soumission, le chantage, l'assassinat. Vingt cinq ans auparavant, Naples ressemblait déjà à celle d'aujourd'hui, comme en témoigne une première version de ce reportage publié dans le magazine Actuel en avril 1983. Avec le photographe Daniel Lainé, nous avions tenté de remonter une filière de cassettes pirates - et l'enquête s'était terminée chez un "capo" de la Camorra plutôt sympathique, armé d'un pistolet à crosse plaquée or...

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