dimanche, 08 février 2009
PEDRO ALMODOVAR : NOUVEAU FILM AVEC PENELOPE CRUZ DEBUT MARS, “LES ETREINTES BRISEES”. UNE HISTOIRE DE MULTIPERSONNALITE ET D'AMOUR FOU
NEWS NEWS NEWS “Les Etreintes brisées”, "Los abrazos rotos", le nouveau film de Pedro Almodovar, sortira le 18 mars prochain en Espagne. À proros de ces "Abrazos rotos", Pedro Almodovar a déclaré la presse : "Ce film est né dans l’obscurité ". En effet, contraint de rester de longues heures dans le noir suite à des migraines persistantes, le cinéaste a encore expliqué : « Il fallait que mon esprit se concentre sur un autre lieu, loin de ma chambre. Comme je ne pouvais ni parler ni lire ni regarder la télévision, je serais celui qui converserait avec moi-même. Ce serait à moi de me raconter des histoires. J’ai découvert que c’était possible, que je pouvais enchaîner une action à l'autre. » C'est ainsi qu'il a imaginé le héros du film "Les étreintes brisées", un personnage a la personnalité double.
Synopsis : Après un violent accident, le cinéaste Mateo Blanco perdu perd la vue et sa femme adorée, Lena (Peneope Cruz). Cet homme possède un deuxième nom, Harry Caine, sous lequel il signe ses travaux littéraires et ses scénarios. Après l'accident, Mateo Blanco, désespéré, incapable de survivre à la disparition de Léna, disparait pour laisser sa place à Harry Caine. Il ne tournera donc plus de film…
En regard de ce nouvel opus du grand cinéaste espagnol, voici un récit souvenir sur les débuts de Pedro Almodvar pendant la “movida madrilène”, dans les années 1980, alors qu’il lançait son groupe de rock déjanté “Almodovar et Mc Namara”.
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samedi, 29 novembre 2008
DANS SON NOUVEAU ROMAN, UNE TÊTE COUPEE PARLE. ENTRETIEN AVEC CARLOS FUENTES : "LE MEXIQUE, DEMOCRATIE FRAGILE"
NEWS NEWS NEWS. La tête coupée de Josué refuse de se mordre la langue, elle veut encore parler, parler, pour nous raconter l'histoire tragique du Mexique moderne. Josué est l’un des deux héros de "La Voluntad y la Fortuna", le nouveau roman du mexicain Carlos Fuentes, qui décrit comment son pays a sombré dans la corruption, l'assassinat politique, les affrontements de gangs, sur fond de guerre des narcotrafiquants. Un roman politique où s'affrontent Josué et Jericó, deux amis d’enfance devenus des ennemis implacables. « Trahisons, morts, décapitations, crimes et vengeances tissent la trame d’un discours qui se veut la voix de la conscience nationale. La Voluntad y la Fortuna est une œuvre réflexive et critique sur la terreur criminelle qui va de pair avec le narcotrafic » lit-on dans quotidien mexicain Excelsior. « C’est le roman d’un pays dont le corps n’a plus de tête, plus de cerveau qui contrôle ses mouvements.».
Que se passe-t-il au Mexique, où pendant plusieurs mois Lopez Obrador, le leader de la gauche, a contesté les résultats des élections présidentielles, mobilisant d’immenses manifestations, au risque de rendre le pays ingouvernable ? Où les gangs montés d'Amérique Latine sèment la terreur dans les banlieues de Mexico, jusque dans le Chiapas ? Où les leaders politiques se voient décribilisés par la corruption, les coups de main de leurs milices, les tripotages des urnes ? Profitant du passage à Paris en novembre 2006 du grand écrivain mexicain Carlos Fuentes, ancien ambassadeur du Mexique en France, prix Cervantès, auteur du pamphlet récent "Contre Georges W Bush", je me suis entretenu avec lui sur la situation de la grave crise politique et sociale que traverse son pays, de la victoire des partis de gauche dans toute l'Amérique Latine - mais aussi du prodigieux métissage à l'oeuvre dans l'art mexicain, qui a tant fasciné les surréalistes ou Antonin Artaud. À l'époque de l'entretien, Carlos Fuentes travaillait déjà au roman qu'il vient de publier au Mexique.
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RENCONTRE AVEC CARLOS FUENTES À PARIS
Costume sombre, élégant, toujours bel homme à 78 ans, l’esprit rapide, une courte moustache taillée de près, Carlos Fuentes vous accueille avec amabilité, pressé de parler, de donner quelques éclaircissements sur la chaotique situation mexicaine dont il voit bien que nous ne comprenons pas grand chose, d’ici, à Paris. Rappelons que l’homme fut ambassadeur du Mexique de 1974 à 1977 à Paris, et qu’il connaît les « fausses idées » lyriques ou misérabilistes, ou encore « les utopies » que les intellectuels français se sont faites sur l’Amérique Latine. Nous étions convenus de parler politique, quoique avec Carlos Fuentes, à la fois romancier, essayiste, tête politique, ancien diplomate, le choix d’un sujet d’entretien s’avère toujours difficile. Nous aurions aussi bien parlé de la politique internationale américaine : Fuentes a rencontré Théodore Roosevelt, Bill Clinton, et a écrit en 2004 un récit intitulé « Contre Georges W. Bush » (Gallimard), où il critiquait l’invasion de l’Irak et réfutait avec force les thèses conservatrices sur le « péril métis » et les affrontements entre civilisations du professeur de Harvard, Samuel P. Huttington. Deux ans plus tard, les analyses de ce court texte frappent par leur pertinence. « Bush et Cie, par leurs actions atrabilaires et destructrices de l'ordre international, déclarait-il alors, vont transformer le monde en une pépinière de terroristes.»
Nous aurions pu aussi discuter littérature, du « réalisme magique » des grands romans latino-américains, de ses rencontres avec les plus fameux écrivains du continent, Gabriel Garcia Marquez, Octavio Paz, Alejo Carpentier, Julio Cortazar ou Pablo Neruda. Ou encore de ses propres livres, romans, essais, nouvelles, recueils d’articles, scénarios, pièces, cette œuvre riche et puissante qui lui a valu en 1987 l’attribution de la plus haute récompense des lettres hispaniques, le prix Cervantès. Carlos Fuentes semble ne pas vieillir, ne s’arrête jamais d’écrire, de voyager, de polémiquer. Il vit aujourd’hui entre Mexico (« J’y rencontre tous mes amis, sort au restaurant, discute politique ») et Londres (« Là-bas, au calme, j’écris »). Un Cahier de l’Herne lui a été consacré fin 2006,, mis en scène par son traducteur Claude Fell. Des écrivains comme Milan Kundera, Gabriel Garcia Marquez, Nadine Gordimer ou Jorge Volpi vous présentent le personnage, ses passions et ses combats. Lui-même a fait cadeau de quelques-unes de ses correspondances avec Luis Buñuel, William Styron, Günter Grass, Norman Mailer ou Henri Miller. Un énorme cahier à lire comme un jeu de pistes, où l’histoire tourmentée du Mexique et de l’Amérique Latine font la musique de fond.
Cahier de l’Herne Carlos Fuentes (2006). 330 p. 36€.Des textes de Garcia Marquez, Nadine Gordimer, Milan Kundera et beaucoup d’autres réunis par le traducteur de Fuentes, Claude Fell, et l’écrivain mexicain Jorge Volpi. Les éditions de L’Herne republient « Cervantès ou la critique de la lecture » (Carlos Fuentes, coll Glose, 190p, 18€) et l’extraordinaire roman d’Elena Garro, femme d’Octavio Paz, « La maitresse d’Ixtepec » (350p, 19€), le livre pionnier du « réalisme magique ».
12:18 Publié dans ENTRETIENS À VIF | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : latino
dimanche, 25 mai 2008
ZOOT SUIT... L'HISTOIRE D'UN COSTUME DEMESURE, SYMBOLE DE LA FIERTE DES MEXICAINS ET DES PACHUCOS EN AMERIQUE
NEWS NEWS NEWS D’après une étude publiée début mai 2008 par le Wall Street Journal, la population d’origine espagnole aux Etats-Unis – majoritairement mexicaine – atteint désormais 15% de la population américaine. Le gouvernement fédéral, qui recensait 35,7 millions d’« hispaniques » en 2000, en décompte aujourd’hui 45,5 millions. Cette augmentation d'importance vient des naissances, non de l’immigration. Elle révèle combien les « brown » - les "marrons", comme les appellent avec mépris certains californiens - deviennent une minorité puissante, nombreuse et influente. Et pas seulement électoralement ou politiquement. Leur présence active dans la culture, le style de vie en témoignent : depuis les chaînes de télévision en espagnol, qui se multiplient, jusqu'aux musiques « latines » - hip hop, jazz latino, salsa... - qui gagnent en influence.
Sur la difficile et longue histoire de l’intégration des Mexicains et des « Latinos » aux Etats-Unis, voici un reportage stylistique. Il tente de remonter aux origines du « zoot suit », le costume extravagant des « pachucos » californiens des années 1940, ces jeunes Mexicains de deuxième génération qui furent les premiers à se révolter contre le racisme américain et les violences policières … lors des célèbres « zoot suit riots » de l'été 1942.
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REPORTAGE.
TOUT COMMENCE À LONDRES, EN JANVIER 1982, AVEC UN GROUPE DE ROCK PARADANT SUR SCENE EN COSTARD CINGLé…
«- Zoouut Siouute ! Zoouut Siouute ! »
Chris Sullivan, le chanteur des Blue rondo a la turk, hullule en chaussettes, caleçon court et chemise rose, tout en repassant son invraisemblable pantalon rayé, un truc assez large pour servir de short à un rhinocéros adulte.
« Quoi ? Zoouut Siouute ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Ce costard démesuré, c’est un zoot suit, frenchie, m’a-t-il rétorqué en me montrant son gigantesque falzar. Suit égale costume, tu comprends ?
- Alors ce fute pour catcheur japonais obèse, cette veste de lanceur de poids atteint d’éléphantiasis s’appelle un zoot suit ?
- Exactement frenchie. Le zoot suit a toujours quatre à cinq tailles de plus qu’un costume sur mesure. La veste frôle les genoux, les épaules tremblotent à dix centimètres des clavicules, les poches du pantalon sont profondes comme des sacs de golf. C’est la règle.
- Et d’où connais-tu ces grands principes ?
- Des chicanos de Californie, frenchie, a repris Chris, balayant du revers une mèche effondrée de sa courte banane. Le zoot suit vient des pires faubourgs de Los Angeles.
- Tu veux dire qu’à L.A, les chicanos se trimballent dans les rues dans ce costard extravagant ?
- Oui. Aujourd'hui comme il y a quarante ans. Les jeunes latinos ont même fait leurs premières émeutes en zoot suit, si tu veux tout savoir...
- Quoi, quoi, quoi ? »
18:10 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jam, latino
mercredi, 06 juin 2007
CARLOS LISCANO PARLE DE L'IMPUNITE DES BOURREAUX
NEWS NEWS NEWS Difficile pour un pouvoir politique, dans un pays longtemps soumis par une dictature, de se déshabituer des habitudes autoritaires quand la démocratie revient. Il y a quatre mois, le militant urugayen anti-mondialiste FERNANDO MASSEILOT, sans casier judiciaire ni antécédent judiciaire, était arrêté chez lui, dans sa maison, comme un assassin, et accusé de "sédition", pour avoir manifesté contre la venue du président américain Georges Bush en Uruguay. Aujourd'hui, le jeune homme est toujours emprisonné, ce qui étonne beaucoup tous ceux qui soutiennent le nouveau gouvernement de l'Uruguay, le "Front Elargi" de la gauche. Assiste-t-on a un durcissement du régime, qui peine à mener des réformes sociales dans un pays où les traditions démocratiques restent fragiles ? Pour mieux comprendre la situation de l'Uruguay aujourd'hui, son passé dictatorial, et les difficultés à mettre en place des usages et des institutions démocratiques dans une Amérique Latine habituée aux "caudillos", aux classes dirigeantes avides et aux "golpes" à répétition, écoutez l'histoire noire et magnifique racontée par le grand écrivain urugayen Carlos Liscano dans son dernier livre "L'impunité des bourreaux" (Bourin Editeurs, mai 2007).
Rencontré à Barcelone, où il présentait son livre, il nous a raconté la vie de Maria Macarena, l'enfant enlevée à sa naissance par des soldats de la dictature argentine qui ont tué ses parents, puis l'ont exilée à Montevideo, capitale de l'Uruguay, où elle a été élevée par un chef de la police urugayenne - avant de découvrir, à 20 ans, qu'elle était la petite fille du plus grand poète argentin vivant, Juan Gelman, une des voix libres de la gauche argentine persécutée, dont le fils et la belle fille avaient été assassinés. Juan Gelman, qui n'a jamais renoncé, vingt ans durant, à la retrouver - et dont voici l'histoire...
Maria Macarena, l’enfant volée
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« Dans six mois, tu auras 19 ans.
Tu as du naître un jour d’octobre 1976 dans une prison. Peu avant, ou peu après ta naissance, le même mois de la même année, ton père a été tué d’une balle dans la nuque tirée à bout portant. Ton père était prisonnier et sans défense, un commando militaire l’a assassiné. Peut-être est-ce le même commando qui l’a enlevé avec ta mère le 24 août à Buenos-Aires, et les ont conduits dans le camp de détention du « Garage Orletti », en plein quartier Floresta, que les militaires avaient baptisé « Le jardin ». Ton père s’appelait Marcelo. Ta mère, Maria Claudia.
Ils avaient tous deux 20 ans. Et toi, dans le ventre maternel, tu avais sept mois.
Je ne sais pas si tu es un garçon ou une fille. Je sais seulement que tu es né(e) (…) Maintenant tu as presque l’âge de tes parents quand ils les ont tués. »
Le grand poète argentin Juan Gelman fait publier cette lettre le 12 avril 1995 dans Pagina 12, un quotidien de Buenos-Aires. Vingt ans après l’assassinat de son fils et de sa belle fille, arrêtée enceinte par des soldats de la dictature, il ignore le sort réservé à l’enfant, et s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon. Il a juste appris en février 1978, que les militaires argentins avait fait passer un message succin au Vatican : « The child was born ». Sans préciser son sexe, ni où il vivait...
20:25 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : latino, terreur, philosophie








