jeudi, 11 décembre 2008
TELEVISION PUBLIQUE, LE FAIT DU PRINCE. LE PRESIDENT DE FRANCE TELEVISION NOMME PAR LE CHEF DE L'ETAT. LA LOI DE SUPPRESSION DE PUBLICITEE SERA IMPOSEE "PAR DECRET"
NEWS NEWS NEWS Alors que le députés socialistes, enfin réveillés et déterminés, mènent une véritable fronde parlementaire pour s'opposer à la supression de la publicité sur les chaînes de France Télévison, nous apprenons que l'artice de loi le plus contesté - la désignation du directeur de France Télévision par le président de la République, non plus par le CSA - a été voté par le parlement. On entérine donc le fait du prince. Au même moment, la ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel, a laissé entendre que le texte de loi serait adopté "par décret", si l'opposition persiste faire du tapage et de "l'obstruction". Par Décret... encore une habitude princière. Cette loi, dont l'effet d'annonce a déjà enrichi les caisses de TF1 et M6, apparait d'autant plus révoltante que la plupart des professionnels du cinéma la jugent contre-productive et dangereuse pour le Septième Art français. Ils y voient l'asséchement immédiat des ressources de France Télévisions - donc de nombreuses productions cinématographiques -, et dénoncent l'abscence de tout projet cohérent visant à garantir des "revenus pérennes" aux cinq chaînes - en effet dans le projet de loi l'apport financier de l'Etat se trouve limité... à trois années. Et ensuite ? "Nous n'avons aucune garantie de financement pérenne, expliquait le 10 décembre, très inquiète, Juliette Prissard-Eltejaye, du Syndicat des producteurs indépendants (SPI). Encore moins depuis l'adoption des amendements." En effet, l'un d'entre eux prévoit de diminuer de moitié la taxation des ressources publicitaires des chaînes privées - une des invraisemblables méthodes imaginées pour financer un groupe France Télévision sans publicité - l'a convaincue que "c'est la mort du service public qui est annoncée." (Le Monde.fr, 10/12/08) Pourtant, pendant la catastrophique crise financière du mois dernier, nous croyions avoir compris qu'il fallait mieux les préserver et les renforcer pour résister à l'effondrement des valeurs, les services publics ?
Menacés, écoeurés, las de manifester pour rien, le personnel de France Télévision a réagi hier en lançant en ligne une pétition de protestation - concoctée par des journalistes de FR3 - tandis que des salariés de FR3 Alsace réalisaient pour le Net (sur You Tube) trois clips moqueurs, bien dans l'esprit "jamming". Sur le premier, on voit Madame Carla Bruni-Sarkozy pousser la chansonnette sur toutes les chaînes de télévision, de TF1 à France 2 en passant par Canal + et Mickey Channel. Une charge pas si surchargée quand on voit les interventions répétées, sur toutes les chaînes publiques et privées, de Sylvio Berlusconi - qui nomme le président de la RAI - en Italie; ou encore le nombre de couvertures que la presse magazine a consacré au couple présidentiel depuis deux mois (Match, L'express, VSD, etc) ; on se souvient aussi que le président de la République française a distribué le dernier disque de sa femme à la sortie du conseil des ministres. À la fin du clip de FR3, un texte vous prévient : "Quand le service public aura disparu, vous verrez la différence". Puis un autre, sur fond du battement d'un coeur : "Et vous ? Où étiez-vous quand le service public était en danger ?" Oui, où étiez-vous ? Bein, devant ma télévision !
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samedi, 21 juin 2008
BANKSY GRAFFEUR ANARCHISTE ET CLANDESTIN DEVIENT UNE VALEUR MONTANTE DES GALERIES LONDONIENNES. SES POCHOIRS SE VENDENT 150.000 LIVRES.
Un graphe effacé
News News News. En avril dernier, le célèbre graffeur inconnu Banksy a réalisé son oeuvre urbaine la plus monumentale, "ONE NATION UNDER CCTV", "Une nation sous vidéo-surveillance" (Ci-dessus), où il dénonce l'inquiétante généralisation des caméras de surveillance dans toute l'Angleterre. Du 29 février au 29 mars, Banksy exposait ses sérigraphies et peintures, inspirées de ses graphes et pochoirs, dans l'antique galerie londonienne Andipa.
Aujourd'hui, les sérigraphies et peintures de Banksy connaissent une envolée de prix phénoménale (Angelina Jolie, Brad Pitt, Christine Aguilera figurent parmi ses collectionneurs). Un graphe intitulée "Riot green" acquis pour 300 livres il y a huit ans par un étudiant a été mis en vente 150.000 livres pendant l'exposition londonienne. Durant l'exposition présentée à la gaelrie Andipa, la cote de Banksy a encore monté - le stencil ci-dessus se serait vendu 100.000 livres. Rien n'arrête le marché. Bientôt les rue graffitées par Banksy deviendront sans doute les plus chères de Londres. (Ci-dessous, une enquête sur Banksy et le mouvement grandissant des artistes de rue publiée dans Le Monde 2).
14:25 Publié dans MAUVAIS ESPRIT | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : jam, audace |
dimanche, 25 mai 2008
ZOOT SUIT... L'HISTOIRE D'UN COSTUME DEMESURE, SYMBOLE DE LA FIERTE DES MEXICAINS ET DES PACHUCOS EN AMERIQUE
NEWS NEWS NEWS D’après une étude publiée début mai 2008 par le Wall Street Journal, la population d’origine espagnole aux Etats-Unis – majoritairement mexicaine – atteint désormais 15% de la population américaine. Le gouvernement fédéral, qui recensait 35,7 millions d’« hispaniques » en 2000, en décompte aujourd’hui 45,5 millions. Cette augmentation d'importance vient des naissances, non de l’immigration. Elle révèle combien les « brown » - les "marrons", comme les appellent avec mépris certains californiens - deviennent une minorité puissante, nombreuse et influente. Et pas seulement électoralement ou politiquement. Leur présence active dans la culture, le style de vie en témoignent : depuis les chaînes de télévision en espagnol, qui se multiplient, jusqu'aux musiques « latines » - hip hop, jazz latino, salsa... - qui gagnent en influence.
Sur la difficile et longue histoire de l’intégration des Mexicains et des « Latinos » aux Etats-Unis, voici un reportage stylistique. Il tente de remonter aux origines du « zoot suit », le costume extravagant des « pachucos » californiens des années 1940, ces jeunes Mexicains de deuxième génération qui furent les premiers à se révolter contre le racisme américain et les violences policières … lors des célèbres « zoot suit riots » de l'été 1942.
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REPORTAGE.
TOUT COMMENCE À LONDRES, EN JANVIER 1982, AVEC UN GROUPE DE ROCK PARADANT SUR SCENE EN COSTARD CINGLé…
«- Zoouut Siouute ! Zoouut Siouute ! »
Chris Sullivan, le chanteur des Blue rondo a la turk, hullule en chaussettes, caleçon court et chemise rose, tout en repassant son invraisemblable pantalon rayé, un truc assez large pour servir de short à un rhinocéros adulte.
« Quoi ? Zoouut Siouute ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Ce costard démesuré, c’est un zoot suit, frenchie, m’a-t-il rétorqué en me montrant son gigantesque falzar. Suit égale costume, tu comprends ?
- Alors ce fute pour catcheur japonais obèse, cette veste de lanceur de poids atteint d’éléphantiasis s’appelle un zoot suit ?
- Exactement frenchie. Le zoot suit a toujours quatre à cinq tailles de plus qu’un costume sur mesure. La veste frôle les genoux, les épaules tremblotent à dix centimètres des clavicules, les poches du pantalon sont profondes comme des sacs de golf. C’est la règle.
- Et d’où connais-tu ces grands principes ?
- Des chicanos de Californie, frenchie, a repris Chris, balayant du revers une mèche effondrée de sa courte banane. Le zoot suit vient des pires faubourgs de Los Angeles.
- Tu veux dire qu’à L.A, les chicanos se trimballent dans les rues dans ce costard extravagant ?
- Oui. Aujourd'hui comme il y a quarante ans. Les jeunes latinos ont même fait leurs premières émeutes en zoot suit, si tu veux tout savoir...
- Quoi, quoi, quoi ? »
18:10 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jam, latino |
jeudi, 15 mai 2008
MICHEL LE BRIS. ETONNANT BAROUDEUR
Un festival voulu et imaginé quelques vingt années plus tôt par Michel Le Bris. Dont voici un portrait réalisé pour le Monde 2 en mai 2006. Aujourd'hui Michel Le Bris préparé déjà le XXe festival des Etonnants voyageurs, et publie fin juin un énorme roman chez Grasset - sujet, le Harlem des années 1920 et le Kenya de la même époque...
Michel Le Bris ou le pionnier perpétuel.
Peu de gens connaissent l'itinéraire intellectuel de ce barbu toujours pressé (sauf lorsqu'il se tape la cloche), passionné de littérature mondiale et spécialiste de l'histoire de la piraterie, féroce dans ses jugements sur «les pissous maigrelets des anorexiques claustrophobes de la littérature française», qui a réussi à monter et faire prospérer l'un des plus enrichissants festivals littéraires d'Europe, les Etonnants Voyageurs - et ses équivalent épisodiques à Sarajevo, Dublin, Missoula (Etats-Unis, pour deux printemps) et depuis peu, Bamako et Port-au-Prince (Haïti). Peu de gens savent par exemple que l'homme a fait huit mois de prison en 1971 parce qu'il avait pris la direction du journal d'extrême gauche interdit La Cause du peuple, juste avant Jean-Paul Sartre - qui, lui, ne fut jamais emprisonné bien qu’il ait vendu le journal sur un tonneau, devant les usines Renault de Billancourt.
18:00 Publié dans ENTRETIENS À VIF | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : audace, jam |
jeudi, 13 mars 2008
JURER EST FORTIFIANT, MILLIARD !
NEWS. NEWS.NEWS. "Vingt de diousse !", "Quelle boubousse", "C'est un babache", " Tu cherches des carabistouilles", "Heiiiiiiiin !", on aura redécouvert les formidables jurons du Nord dans le film de Dany Boon " Bienvenue chez les Ch'tis" - un hommage à l'ambiance chaleureuse des rades sous la drache et des matchs du RC-Lens, aux bonheurs de la camaraderie. Grâce aux jurons, à la langue déliée et railleuse, il fait beau dans le Nord. Eloge du juron, de l'injure et des joutes langagières.
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La vache ! Sainte Vierge ! Vingt de diousse ! Macarelle ! "Du brun !", Milladiou ! Du Nord au Sud, nous avons tous nos jurons préférés. Ou personnels. Souvent spontanés. Ou bien placés. Ce ne sont pas toujours des gros mots. Mince ! Non d'un petit bonhomme ! Flûte ! sont de gentils jurons. D'autres fleurent le sacrilège. Sacristi ! Pute borgne ! D'autres manifestent l'admiration, Dingue ! Merde alors ! Les jurons expriment des sentiments immédiats et puissants, très variés, allant de la colère - Misère ! Les salops ! - à l'incompréhension - Putain !, Milliard ! De la surprise à l'indifférence - Bof ! Mouais ! Nous sommes parfois comme saisis par le juron, parfois grâce à lui le corps parle, se libère, se défoule, d'où ses vertus stomachiques et fortifiantes : C'est à dégueuler ! Fais chier ! Plein le dos ! Quelquefois la mystique et le sens tragique se manifestent - Dieu de merde ! Misère ! Rimbaud, Flaubert, Céline, Pennac adorent les jurons. La presse aussi s'y adonne. Belzebuth ! a osé Le Figaro. Boljemoî ! risque le Progrès. Caca boudin ! dit La Croix. Caramba ! fait Libération. Le juron, parfois, accompagne l'injure.
Injurier n'est pas jurer, encore moins insulter. Injurier est un une joute, un duel moucheté. L'insulte veut détruire, l'injure et le juron s'amusent… Ils provoquent la rencontre désopilante d'un personnage - hey grand dadais !- et d'une formule - Et ça veut péter plus haut que son cul ! L'injure et ses tombereaux, les jurons sur tous les tons méritent un "traité d'injurologie", comme en a réalisé le linguiste Robert Edouard - tout l'esprit de Michel Audiard, San Antonio, Cavanna est dans le dictionnaire des injures de Robert Edouard. Cet art d'injurier, riche en registres ( animaliers - putois ! cochon ! , physiques - mat de misaine, grand serin !, médicaux - taré, dingo, phychotique !, etc), associe l'expression verbale à des mimiques et gestes moqueurs - se vriller la tempe de l'index, secouer fort sa main sous son menton, etc. Il pratique l'interjection - Va donc espède de…, Tu t'es vu… - et la répartie qui fait mouche. L'injure est un art sans violence physique, un théâtre verbal, un révélateur de personnalité. L'injure fait partie du registre de l'éros, elle se retourne, se transforme alors en salissure tendre, en juron salace : Ha, ma salope... etc. Un injure savoureuse déclenche souvent en retour des cascades de jurons incontrôlés et d'insultes incontrôlées, trop souvent empruntés à la petite enfance scatologique. Enculé ! Spèce de merde ! Le vernis craque damned.
A lire
Le dictionnaire des jurons. 750 entrées. Pierre Enckel. Puf. Nov 2004. 800 p. 30 e. Traité d'injurologie. Robert Edouard. 10/18. 334 pages. Réédition oct 2004.
00:15 Publié dans MAUVAIS ESPRIT | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : jam |
vendredi, 15 février 2008
CONCOURS INTERNATIONAL DES AFFREUX MICKEY SARKOZY, TF1 ET LA PUBLICITE
NEWS NEWS NEWS La grève de France Télévision a été très fortement suivie - une première depuis 1974 - suite à l'annonce surprise de Nicolas Sarkozy de supprimer la publicité sur le service public. Résultat net : une perte de 1, 2 milliards d'euros, selon son président Patrick de Carolis - qui est apparu anéanti, tout comme le d'habitude si souriant Michel Drucker. À ce jour, aucun plan de financement sérieux n'a été annoncé, et les annonces floues et contradictoires se multiplient - ce qui est devenu la méthode Sarkozy. Beaucoup de commentateurs pointent que TF1, la grande chaîne privée, qui accapare déjà 55 % du marché publicitaire télévisuel, va surtout profiter de la situation - et pas du tout la presse écrite, comme certains idéalistes en rêvaient. En retirant la publicité aux chaînes publiques, TF1 obtiendrait automatiquement à 70 % d part du gâteau. Sans compter la disparition immédiate et absurde de tout une petite publicité de petites marques, très attachée au tarifs doux du service public à certaines heures (selon Libération, le p.d.g. d'Universal aurait été trouvé la ministre de la Culture pour lui demander où il va désormais pouvoir annoncer les disques de Cecilia Bartoli?).
Un groupe d'étude a été diligenté par le président de la République - une autre de ses méthodes favorites, frapper avant, beaucoup de blabla après - après une intervention télévisée qui est restée dans le vague, agrémentée de généralités culturelles "gauchisées" - une autre paillette de la poudre-aux-yeux sarkoziste. Déjà, plusieurs analystes soupçonnent le président de vouloir venir en aide à ses amis du secteur privé, qui auraient bien besoin d'un afflux de nouveaux capitaux, à voir l'effritement de son influence. L'audience de TF1 était de 41 % en 1989. Sa part de marché est tombée aujourd'hui à 29 %, selon les chiffres de "Complément d'enquête". Cette nouvelle manne publicitaire serait un cadeau des dieux pour la chaîne.
On comprendra pourquoi sur le NET les "jammers" multiplient les images détournées raillant une collusion TF1-Nicolas Sarkozy. Quelques perles trouvées sur les sites "sarkostique" et "Résistance"...
09:40 Publié dans MAUVAIS ESPRIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jam, sarkozy |
dimanche, 03 février 2008
QUAND JOE JACKSON CRITIQUE LA ROCK CULTURE
NEWS. NEWS NEWS NEWS JOE JACKSON, UNE DES FIGURES DE LA NEW WAVE, ANNONCé LE 4 MARS A LA CIGALE (PARIS)
"Le rock est fait par des paresseux pour des paresseux. Le rock ne change jamais. Le rock rend imbécile. Le rock est infantile." Joe Jackson le rocker élégant et inventif des années 1980, avec son "look sharp" et son désespoir, ne s’est jamais gêné pour balancer ses quatre vérités à sa génération, comme dans l'article ci-dessous. Dans les années 1980, énervé par l'énorme machinerie marchande qu'est devenu le rock, ses concerts géants où l'on entend à peine le chanteur, sa mythologie "abrutissante", son inventivité en berne, il devient une des figures de la "new wave" - plus raffinée, plus éclectique, moins "hard rock". Joe Jackson essaie de nouvelles couleurs, sensuelles, intimistes, tout en restant groove et roll, se réappropriant la salsa et le jump. Il concocte courant 1982 un des meilleurs disques de l'année, "Night and Day" avec ses deux faces "sol" et "sombra".
Voici un entretien d'époque avec un jeune rocker en colère, au plus haut de sa créativité, très remonté contre la mercantilisation de la culture rock (paru dans le magazine Actuel, janvier 1983).
12:30 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : audace, jam |
jeudi, 29 novembre 2007
ADIEU FRED CHICHIN, LA MOITIE DU DUO DES RITA MITSOUKO. C'EST LA MORT QUI T'A ASSASSINé.
NEWS NEWS NEWS. Nous apprenons le décés brutal de Fred Chichin, l'auteur-compositeur des Rita Mitsouko, qui était un ami. Avec Catherine Ringer, sa compagne, leur duo restera sans doute comme le foyer de création le plus novateur, le plus explorateur de la chanson française depuis Serge Gainsbourg. Il faut les avoir vus et entendus en action dans les studios de Radio Nova, à la fin des années 1980, multipliant les recherches et les audaces, alliant le rock et l'électro, la gouaille de la chanson française et le groove, toujours - eux, ces grands pionniers du "home studio". Adieu Fred, tu as vécu tant de vies en une seule, tu restes un modèle pour tous ceux qui cherchent inlassablement.
Ci-dessous, une rencontre avec les "Rita" trois ans auparavant, quand ils reprenaient avec l'orchestre symphonique L'Amoureux des chansons de Léo ferré, Trenet, Gainsbourg et quelques unes des leurs. Un disque a suivi, et une soirée mémorable au Cirque d'Hiver de Paris. C'était un an avant la sortie de "Variety" paru en avril 2005 chez Because Music. L'album, était produit par les Rita Mitsouko et Mark Plati, le réalisateur New Yorkais des albums de David Bowie, Brazilian Girls, Louise Attaque. Un album international : 12 titres en anglais dont "Terminal Beauty" en duo avec Serj Tankian, le chanteur du groupe américain System of Down - ajoutez plusieurs morceaux en français, et l'un en mandarin. Rock, "Variety" l'est : rock français même, façon "Noir désir" quand l’harmonica s’invite sur le roll . Des mélodies, des trouvailles, l'énergie, et la Ringer toujours lyrique, grinçante - inimitable.
À l'époque Fred Chichin m'avait confié qu'il avait été très malade - un cancer - et failli y passer. Il en parlait calmement, courageusement, avec ce regard lumineux, fraternel, tellement plein d'humour et de chaleur qu'avait Fred Chichin. Il disait : "Je n'ai pas peur, je me suis rendu compte que je m'en foutais, que j'avais déjà bien vécu. Je n'ai tenu le coup que pour les enfants, pour eux d'abord, pour les enfants et pour Catherine..." Et puis Sa Saloperie le Cancer est revenu, "foudroyant" disent les dépèches. J'embrasse ici, affreusement triste, Catherine et les enfants.
LA VOILA, CATHERINE RINGER...
...La voilà, la hanche nonchalante, une étincelle de gaieté dans l'œil, la voix moqueuse tout de suite, cette voix qui explore les basses profondes, puis en une seconde monte haut, très haut. La voix tordue de Catherine Ringer. La voilà... Elle porte un pantalon et un pull prune pas trop accordés, aucun maquillage, les cheveux tirés en arrière, une dégaine hésitant entre les Deschiens et la rockeuse grunge. Sur le col du pull, une longue tache de graisse. Elle se fiche des fringues, de la présentation, même pour un entretien, Catherine Ringer. Les marques, le look, l'ostentation, la girl culture tout ça n'a jamais été son truc. Elle est trop femme, trop créature, trop apache. L'allure, la force, le sexy, le théâtre, elle les possède à l'intérieur pas besoin de frimer...
08:40 Publié dans ENTRETIENS À VIF | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : audace, jam |



















