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islam

  • MASSACRER AU NOM DE LA FOI

    4511303_6_7e00_des-recrues-de-l-etat-islamique-image-extraite_d7ae90cb2646dadf6d2993d805c88091Des recrues de l'Etat islamique. Image extraite d'une vidéo postée sur YouTube, le 23 septembre. | HO / AFP

    NEWS NEWS NEWS Depuis juillet, la liste des massacres, des viols, des exécutions sommaires, des tortures, des brutalités associées à l’imposition de la charia (mains coupées, flagellations publiques) que commettent les combattants du groupe armé Etat islamique (EI), que ce soit à Tikrit, à Rakka, à Mossoul, ne cesse de s’allonger. Ses partisans tournent et diffusent eux-mêmes les vidéos de leurs exactions : égorgements, crucifixions, têtes plantées sur des grilles, balles dans la tête, charniers. A quoi pensent-ils quand ils commettent ces crimes, comment les justifient-ils ? Ils se réclament de Dieu, mais cela explique-t-il qu'ils violent, rackettent, exécutent des civils, enlèvent des femmes et des enfants ? Enquête.

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    Sur certains des films de l'E.I, on voit de jeunes hommes frapper, humilier et tuer des civils par dizaines, à l’arme blanche ou d’une rafale de mitraillette. Sans hésiter, avec détermination. Ces photos de meurtriers de masse en rappellent d’autres, de terrible mémoire et de tous les temps : celles de la Shoah, celles du génocide des Tutsi au Rwanda, et tant d’images de guerres civiles, de guerres de religion où des tueurs dressés devant des fosses achèvent en souriant une victime désarmée – non coupable, non combattante.

    Comment des hommes en arrivent-ils à tuer des vieillards, à enlever des enfants, à torturer des gens qui parfois sont d’anciens voisins ? A quoi pensent-ils à cet instant ? Où est passée leur humanité ? Qu’en disent les historiens, les psychosociologues, les théoriciens des idéologies, les philosophes et les anthropologues qui travaillent sur ces questions de la barbarie, du meurtre de masse et du passage à l’acte ?

    L’éclipse de la compassion serait la cause première. Le philosophe Marc Crépon, auteur d’un essai sur Le Consentement meurtrier (Cerf, 2012), avance qu’« il n’y a pas de guerre, pas de génocide, pas d’abandon de populations entières à leur errance entre des frontières meurtrières qui ne soit possible sans une “suspension” de la relation à la mort d’autrui, un déni des gestes de secours, des paroles de réconfort, du partage qu’elle appelle». Pour décapiter au couteau des hommes attachés, pour violer des femmes, il faut que soit étouffé le savoir que chaque humain possède sur la souffrance de l’autre, sur sa fragilité et sa mortalité. Et la première explication à cette « suspension » est autant psychologique qu’idéologique : seule une force supérieure, et donc un Dieu, pourrait l’autoriser.

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  • UNE FRANCE POUR MOITIE CATHOLIQUE, MAIS NE PRATIQUANT PLUS, 63% D'ATHÉES CHEZ LES 18-24 ANS, ET DE PLUS EN PLUS DE JEUNES MUSULMANS. UN PAYS MULTICULTUREL.

    (DR)

    NEWS NEWS NEWS. Les années passent et les Français se montrent de plus en plus irréligieux. Ils étaient 80% à se dire catholiques en 1966, ils ne sont plus que 51% en 2007, et à peine 5% vont régulièrement à la messe – surtout des gens âgés. Si le protestantisme reste stable, revendiqué par 2,1% des Français, comme la religion juive, 0,6%, l’athéisme progresse. En 2012, 35 % de la population et 63% des 18-24 ans se disent « sans religion ». Pendant ce temps, en quinze ans, seconde religion de France, l’islam a doublé ses fidèles en France avec 2,1 millions de musulmans « déclarés » (3,2% de la population) et 800000 pratiquants, soit un tiers des immigrés et leurs descendants venus de pays musulmans - ce qui, rappelle le sociologue des religions Claude Dargent, casse le poncif qu’ils sont tous pratiquants (16% se disent « sans religion »). Beaucoup de ces musulmans sont français. Et les plus pratiquants sont les plus jeunes. Pourquoi ? Enquête.

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    Des études de Sciences Po (Cevipof) en 2005 et du Pew Center en 2006 l’annonçaient, on compte en France de plus en plus de jeunes musulmans. À l'inverse de la «population majoritaire», dont la jeunesse se sécularise, l'islam attire la nouvelle génération issue de l'immigration. Le rapport de 2011 « Les banlieues de la République » (Gallimard), publié par Gilles Kepel, une enquête sur la jeunesse de Clichy et Montfermeil, haut lieu les émeutes massives de l’automne 2005, le confirme. « Dans ces banlieues, nous dit Kepel, le grand récit fondateur de la France moderne, selon lequel la nation était toujours capable d’intégrer a été mis à mal. La colère et l’islam se sont développés partout où la République a échoué.» Bien sûr, le Clichy musulman décrit par Kepel n’est pas toute la banlieue, et des enquêtes nuancent le radicalisme de cette islamisation. La grande majorité de ces jeunes espèrent réussir en France, s’inscrivent sur les listes électorales, surfent sur Internet, baignent dans la culture mondialisée, développent des « sous-cultures » originales et des personnalités étoffées. À rebours de leurs parents marqués par la « double absence » de l’immigré (bien décrite par le sociologue algérien Abdelmalek Sayad), ils s’intègrent à notre société, mais sans se dissoudre. Beaucoup revendiquent leur religion. L’étude Pew Center de 2006 remarque cependant que 72 % des Français musulmans ne ressentent pas « un conflit naturel entre le fait de pratiquer l'islam et le fait de vivre dans une société moderne ». Cela a fait dire aux alarmistes que 28 % voient peut-être une contradiction entre leur religion et les lois de la République. Ils ajoutent que ce sondage a déjà six ans et date sans doute - selon Gilles Kepel en effet, l’islamisation des jeunes est récente et rapide.

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  • ISLAMOPHOBIE. RÉALISME, IDÉOLOGIE OU PARANOÏA ?

    NEWS NEWS NEWS. Nous sommes sur le plateau de France 2, le 22 avril, au soir du premier tour de la présidentielle. Les résultats tombent. Les Français ont crédité Marine Le Pen de 17,9 %. Exalté, le porte-parole du Front national, Gilbert Collard, annonce la couleur : « On est la nouvelle droite ! C'est vrai que Nicolas Sarkozy, ça paraît bien fini. » Justifié dans ses prises de position par la surenchère du président sortant sur l'immigration et l'islam, réunissant 6,4 millions de voix, le FN se pose en parti d'alternance. Il se prépare à affronter l'UMP en multipliant les triangulaires aux législatives. Il en a les forces. Marine Le Pen est arrivée première ou deuxième dans 116 circonscriptions sur 577, dépassant les 25 % dans 59 d'entre elles.

    Ce succès de l'extrême droite, sa conversion en une « droite nationale » rejetant, au moins en paroles, « les formes de xénophobie, de racisme et d'antisémitisme », tout en faisant de la lutte contre l'immigration musulmane son cheval de bataille, fait écho à la percée dans toute l'Europe de formations politiques similaires. Citons le Parti du peuple danois, le Parti pour la liberté néerlandais, le FPÖ et le BZÖ autrichiens, les Vrais Finlandais, le Parti du progrès norvégien, le flamand Vlaams Belang, Droit et Justice en Pologne, Ataka en Bulgarie, la Ligue du Nord en Italie, les Démocrates en Suède, l'Union démocratique du centre (UDC) en Suisse. Tous ces partis dépassent aujourd'hui les 5 % des suffrages, quand ils n'atteignent pas 25 %.
    Selon le spécialiste de l'extrême droite Jean-Yves Camus, ces formations incarnent l'émergence d'une « nouvelle droite radicalisée ». Leurs programmes oscillent entre deux philosophies très différentes qui s'opposent sur l'économie et les moeurs. Certains, comme le FN, prônent un "nationalisme social" explique Dominique Reynié, de la Fondation pour l'innovation politique. Ils sont eurosceptiques, contre la monnaie unique, ils critiquent la mondialisation, s'en prennent au capital, disent défendre les sans-grade. D'autres, comme le Parti pour la liberté de Geert Wilders, aux Pays-Bas, défendent un « libéral populisme », constate Jean-Yves Camus. Ils défendent l'Europe, le libéralisme, la laïcité et la liberté des moeurs.

    Tous ces partis, cependant, comme le constate le politologue autrichien Anton Pelinka, se retrouvent sur un point : une critique virulente de la pratique de l'islam sur le continent et une dénonciation systématique de l'immigration venant des pays musulmans, associée à une "invasion" menaçant les modes de vie européen - et visant selon eux au remplacement de sa population, en vue d'établir la "charia" de la Méditerranée à la Norvège. Les partis républicains classiques parlent d'une dérive "islamophobe" pour signifier que ces courants politiques exagèrent le danger de l'islam en Europe, se polarisent sur les mouvements salafistes extrémistes, oublient les principes et la solidité de la laïcité républicaine, quand ne font pas preuve de démagogie électoraliste. Ils « jouent démagogiquement la carte qui consiste à dénoncer l'immigration musulmane pour rallier les perdants de la mondialisation » avance Anton Pelinka. Mais est-ce aussi simple ? N'y-a-t-il pas un réel danger a laisser toutes les composantes de l'islam prendre ses quartiers dans la communauté européenne ?

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