Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

fn

  • MARINE LE PEN EST-ELLE PLUS RÉPUBLICAINE QUE SON PÈRE ? DÉCRYPTAGE A LA LETTRE

    (Marine le Pen le 1er mai 2013. AFP)

    NEWS NEWS NEWS « Liberté », « laïcité », « Etat protecteur », «parole au peuple », « argent roi », Marine Le Pen emploie souvent dans les médias des mots et des concepts qui semblent venir de l’extrême-gauche. Dans le même temps, elle tient des discours de  droite extrême : elle réclame un référendum sur la peine de mort, veut le retour de l’uniforme à l’école, associe en permanence immigration et terrorisme et veut sortir de la zone euro. Tout en se proclamant républicaine, décidée à rompre avec les provocations anti-républicaines de son père, elle demande la limitation du contrôle du Conseil Constitutionnel, la renégociation de la Convention Européenne des droits de l’homme, l’inscription du principe de la « préférence nationale » dans le préambule de la Constitution et la modification du scrutin électoral. Difficile de la suivre.

     Pour mieux la comprendre, Cécile Alduy, professeur de français à l’université de Stanford, et Stéphane Wahnich, professeur de communication politique à Paris-Est Créteil, se sont livrés à une analyse lexicale, littéraire et statistique de 500 de ses discours, textes et déclarations (Marine Le Pen prise aux mots. Seuil, 2015) Ce travail pionnier permet de décrypter comment la présidente du Front National réussit, par différents glissements sémantiques, à donner un sens biaisé ou détourné à des mots démocratiques et républicains. Nous avons demandé à Cécile Alduy de décrypter l’usage de 5 mots revenus de façon récurrente dans la dernière conférence de presse de Me Le Pen et ses récents débats télévisés.

    Lire la suite

  • UNE RÉFLEXION SUR LA THÉORIE DU REMPLACEMENT DÉMOGRAPHIQUE DU PEUPLE FRANÇAIS THÉORISÉ PAR L'EXTRÊME-DROITE

     (Peinture de Guillaume Bresson. Sans Titre (2008). Galerie Nathalie Obadia)

    NEWS NEWS NEWS « Le Grand Remplacement est le choc le plus grave qu’ait connu notre patrie depuis le début de son histoire puisque, si le changement de peuple et de civilisation, déjà tellement avancé, est mené jusqu’à son terme, l’histoire qui continuera ne sera plus la sienne, ni la nôtre. » C’est en ces termes alarmistes que l’écrivain Renaud Camus, proche du Front National, a lancé en septembre 2013 un manifeste intitulé : « Non au changement de peuple et de civilisation ».

    Depuis deux ans, cette « théorie du remplacement » du peuple français « de souche» par d’autres peuples, principalement venus du Maghreb et d’Afrique, connaît une popularité grandissante dans les milieux d’extrême droite, voire de droite. Cet écho mérite qu’on s’y arrête car cette théorie cristallise des peurs profondes et des discours de plus en plus radicaux.

    -------------------------------------

    Dans son livre autoédité Le Changement de peuple, paru en 2013, l'écrivain Renaud Camus détaille cette « théorie du remplacement ». Attristé par la mondialisation, l’écrivain affiche une grande mélancolie pour le passé : il affirme que les « maîtres du commerce international » et les « chevaliers de l'industrie globalisée » ont transformé chaque Français en un « pion désoriginé échangeable à merci, sans aspérités d’appartenance, délocalisable ». Ce faisant, ajoute-t-il, ils ont façonné un« homme remplaçable, débarrassé de toute spécificité nationale, ethnique et culturelle ».

    Selon Renaud Camus, cet « économisme pur », relayé par le patronat français et par des hommes politiques inconscients, nous a fait perdre le sens de la patrie et de « l’épaisseur des siècles » : il a dissous la mémoire de notre histoire et de notre littérature, diluant les individus dans une « Grande Déculturation ». C’est cette « hébétude » généralisée qui a permis aux élites corrompues d’orchestrer sans résistance une véritable « colonisation de peuplement » du pays par l’immigration maghrébo-africaine. A la fin du texte, Renaud Camus affirme qu’en France « la proportion d’indigènes est encore assez haute parmi les personnes les plus âgées, mais elle va s’amenuisant spectaculairement à mesure qu’on descend dans l’échelle des âges. Tendantiellement (…), les nourrissons sont arabes ou noirs, et volontiers musulmans ».

    Lire la suite