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  • OLIVER SACKS EST DÉCÉDÉ, PIONNIER DE LA NEUROPSYCHOLOGIE ET ÉCRIVAIN ROMANTIQUE

    (DR)

    NEWS NEWS NEWS. Le 19 février 2015, l’écrivain et neurologue Oliver Sacks, qui a fait connaître au monde entier les plus singulières affections du cerveau, avait prévenu le New York Times. Il était condamné. «Je vois la mort en face, écrivait-il. Le cancer occupe un tiers de mon foie, et bien que son avance puisse être ralentie, ce type de cancer ne peut-être arrêté.» La maladie a eu raison de lui dimanche. Il avait 82 ans.

    Depuis le début des années 1980, avec son témoignage Sur une jambe (Seuil, 1987), Sacks s’est attaché à décrire avec précision et empathie les troubles neuropsychologiques liés aux lésions et aux accidents cérébraux. Influencé par ce qu’il appelait «la psychiatrie littéraire» de la fin du XIXe – Jean-Martin Charcot, Jacques-Joseph Moreau de Tours, Gaëtan Gatian de Clérambault – comme par les récits de l’école russe de neurologie – notamment ceux d’Alexandre Romanovich Louria (1902-1977) - il a fait revivre dans ses ouvrages «l’expérience intérieure» des malades. Voilà pourquoi, plutôt que d’études de cas, il préférait parler de «contes cliniques». Certains d’entre eux, comme L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau (Seuil - 1985), ont été des best-sellers mondiaux.

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    Dans  l'article qui suit, publié en partie en janvier 2009 dans le Monde Magazine, j'ai tenté de dresser le portrait de l'aventure intellectuelle d'Oliver Sacks et de ce qu'il appelle "la neurologie existentielle". J'ai mené ce travail avec son aide directe, au cours d'"échanges de mails et suite à deux entretiens.

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    Un taureau en colère a changé la vie du docteur Oliver Sacks. C’était en Norvège, en montagne. Il se retrouve face à un énorme animal « aux yeux globuleux ». Pris de panique, il s’enfuit, tombe. Genou traumatisé, rupture du tendon du quadriceps, un muscle de la cuisse. Oliver Sacks le médecin se retrouve un patient hospitalisé. « C’était la première fois. Ce fut pour moi une révélation, écrit-il au Monde,  se prêtant au jeu de reconstituer l’itinéraire intellectuel de sa vie. Cet accident m’a fait violemment ressentir l’épreuve que traversent des patients impuissants et désespérés. »

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  • QUAND UN PHILOSOPHE INDIEN CRITIQUE DESCARTES ET NOS DANGEREUX RÊVES DE LIBERTÉ ET D' INDÉPENDANCE

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    NEWS NEWS NEWS. Satish Kumar a été moine jaïn, il a marché avec les proches de Gandhi pour redistribuer les terres, traversé le monde pour dénoncer les armes nucléaires, rencontrer Martin Luther King. Il vient de publier « Tu es donc je suis. Une déclaration de dépendance » (Belfond), un livre où il critique les fondements de la « philosophie égotique » des Occidentaux qui, selon lui, mène le monde à sa perte. Rencontre (article publié en partie dans Le Monde Magazine,  janvier 2011)

    Il semblait ravi de vouloir en découdre. Philosophiquement, bien sûr. D’exposer ses critiques à un journaliste du pays de Descartes, d’une capitale où « Liberté, Égalité, Fraternité » est écrit au fronton des mairies. Il espérait la contradiction, entendait bien discuter pied à pied les fondements mêmes de la pensée française, occidentale, que ce soit le « cogito » cartésien comme les principes de notre République. La veille déjà, au Café de l’Amour, invité à expliquer le titre de son livre « Tu es donc je suis » (Belfond), ses yeux noirs étincelaient, son visage taillé à la serpe s’animait. Tout de suite, m’offrant un thé, il a attaqué fort. « Vous remarquerez que Descartes dit deux fois « Je » dans son « Je pense donc, je suis », il fonde tout seul sa vérité. Tout ce qui vit autour de lui n’existe plus D’ailleurs, il a eu cette révélation en méditant enfermé dans une petite chambre, s’il avait réfléchi dans la nature, entouré d’arbres, d’animaux, caressé par le vent comme Bouddha, il n’aurait pas conclu à une prise de conscience solitaire.»

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  • DERRIERE LE FILM "INCEPTION", LES RÊVE LUCIDES. UNE TRADITION ANCIENNE EN ASIE OU CHEZ LES AMERINDIENS... OU COMMENT INTERVENIR DANS SES RÊVES...

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    NEWS NEWS NEWS Dans le film fantastique "INCEPTION", réalisé" par Christopher Nolan, le héros Dom Cobb (Di caprio) est un « extracteur », un rêveur lucide qui , tout en dormant, pénètre dans les rêves d'industriels importants pour leur soutirer des informations secrètes. Eux subissent leur rêve, lui les pénêtre, se montrant capable d'agir à l'intérieur comme un personnage onirique. Mais ses employeurs le chargent de procéder cette fois à une "inception", c'est-à-dire d'implanter une idée négative dans le subconscient du fils d'un grand patron, afin de  couler l'entreprise familiale quand il en prendra les rènes. Une tâche qui va s'avérer diffficile, car l'inconscient du jeune héritier va se défendre en inventant d'innombrables protecteurs. Le film présente d'extraordinaires scènes où les intrus arrivent à infléchir l'univers du rêve, et ce faisant à réaliser d'extraordinaires prouesses pourtant vécues au premier degré, comme possibles, par le rêveur. En effet, tout est possible en songe, comme par exemple de tordre les rues d'une ville jusqu'à ce qu'elles s'élèvent devant vous comme une montagne : ce qu'une apprentie rêveuse lucide fait devant nous, les spectateurs ravis du film, à Paris, grâce à d'incroyables effets spéciaux.

    Beaucoup de critiques se sont perdus dans l'interprétation du film, décrit comme un jeu sans fin avec la réalité, en se demandant si toutes les scènes extravagantes ne racontaient pas le rêve d'un mégalomane, ou encore un jeu de miroirs délirant entre les rêves et la réalité, enfermé dans un pardoxe à l'infini d'où le héros ne sortirait plus. Mais peu de gens ont vu que la pratique du rêve lucide et de la déformation comme de l'exploration de ses propres rêves existe depuis des millénaires, et que plusieurs traditions oniriques l'ont développé. - ce qui  interpella beaucoup Freud et la tradition analytique. Ainsi les bouddhistes thibétains pratiquent toujours un "yoga des rêves" très élaboré ou "svapna yoga", où le méditant s'entraîne à s'éveiller pendant ses rêves, à en prendre conscience, pour ensuite observer comment son esprit élabore ses illusions, les questionner, intervenir dans ses cauchemars, apprendre à les dérouter et en tirer un enseignement.  Les Senoï de Malaisie sont aussi connus par avoir développé un art d'intervenir à l'intérieur de leurs rêves, d'y mener des expériences érotiques, et de chercher à  entremêler les rêves et la réalité pour mener une existence plus intense, plus riche, plus heureuse. Les guerriers amérindiens comme les Cheyennes et les Iroquois pratiquaient eux des sortes de répétitions oniriques de leurs combats, et s'entraînaient à vaincre la peur en rêve.

    J'ai mené pendant quelques mois plusieurs expériences de rêve lucide, et même des rêves érotique plus ou moins dirigés, avec l'aide d'un maître en onirisme. Je les raconte ci-dessous. C'était à l'époque du magazine Actuel. Rien d'aussi extraordinaire que dans le film INCEPTION, mais j'en garde le souvenir de quelques moments proprement fantastiques malgré tout...

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    Premier rêve lucide. Je remonte d’un pas vif le quai du Talgo, le train-couchette pour Barcelone, dans le brouhaha des départs de la gare de Lyon. La foule dense se bouscule, les mamans braillent, les valises passent par les fenêtres, quand je L’aperçois. Elle ressemble beaucoup à L., cette avocate qui m’a ensorcelé quelques jours auparavant et qui ne daigne pas répondre à mes messages. Mais ce n’est pas vraiment elle. Ce serait plutôt une image sublimée, parachevée de LA femme pour moi ces temps-ci.
    Je la veux.
    Je monte dans le sleeping à sa suite. Mais je perds un temps fou. Les marches du wagon se déboîtent bizarrement sous mes pas. Je pose le pied, un déclic se produit et la marche cède. Je recommence cinq, dix fois. Je commence alors à comprendre que je rêve. Je viens de reconnaître ces répétitions insistantes et absurdes, les blocages imbéciles de l’action qui accompagnent souvent mes états d’excitation oniriques.
    Me voici dans le couloir des wagons-lits. Je constate que je n’ai plus de valise. Je m’en moque. Ce qui me confirme que je rêve bien. Je me dis alors, comme souvent dans cette situation de chasse érotique en rêve : « Retrouve-la. Jette-toi à ses genoux. Prends la dans sa couchette ! »
    Je remonte le couloir. A mon passage les portes des sleepings s’ouvrent comme par enchantement et je jette un œil rapide. Les gens s’installent. Troisième porte : c’est ELLE. Je rentre...

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  • "INFANTILISATION DES ADULTES, PUERILISATION DES ENFANTS". UN ENTRETIEN AVEC BERNARD STIEGLER

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    NEWS NEWS NEWS. La pensée est aussi une activité de scène, de confrontation avec un public, d'échanges animés et parfois polémiques. Le philosophe Bernard Stiegler en un de ces batailleurs de pleine salle, qui intervient sur plusieurs fronts en ce mois d'octobre. Il développait une critique de la "perte actuelle du savoir", mais aussi du stalinisme, à la Maison de la Poésie, invité par le journal L'Humanité. Il défendait les amateurs d'art contre les consommateurs de culture à la soirée lancée par l'association Libre Accès consacrée au logiciel libre. Il sera le 13 à Lille pour le nouveau cycle de conférences l'Espace Culturel de la ville. Voici un entretien que j'ai fait avec Bernard Stiegler, en otant les questions,  pour la revue RAVAGES, dont le thème est "l'infantilisation générale" - ce qui a constitué le thème de nos discussions, qui ont ensuite été regroupées en un texte cohérent.

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    « L’infantilisation des adultes, la puérilisation des enfants, la destruction des rapports de générations, tout cela revient à réfléchir au pouvoir immense du marketing sur une société devenue un troupeau de consommateurs. Permettez-moi un détour… Le capitalisme a muté au début du vingtième siècle, avec le fordisme. Nous sommes alors sortis de l’époque productiviste du capitalisme, celle de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle et début du XXe siécle qui a transformé nos vies – des chemins de fer à l’électricité alimentant l’usine et les nouvelles concentrations urbaines. Ce capitalisme a transformé les ouvriers, les artisans, les paysans en prolétaires. Grâce aux avancées techniques, aux nouvelles machines, la productivité s’est trouvée multipliée par dix, cent, parfois par mille… Ces énormes gains de production ont assuré la prospérité de la la petite bourgeoisie intellectuelle, de la moyenne bourgeoisie des entrepreneurs et des commerçants, et de la grande bourgeoisie industrielle, de la finance et du capital. Henri Ford invente la voiture bon marché et le consommateur Au début du siècle, de nouvelles méthodes de travail vont être expérimentées pour accroître encore la productivité. C’est d’abord le taylorisme, imaginée par l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor (1856-1915). On cherche à organiser scientifiquement le travail, « The One Best Way », la meilleure façon de produire, le rendement maximum grâce à l'analyse des techniques de production (gestes, cadences). C’est aussi le  passage du salaire à la tâche au salaire à l'heure. La méthode de Taylor prouvera son efficacité dans la sidérurgie, qu’il formalisa en 1911 dans « Les principes du management scientifique ».

    C’est alors que Henri Ford, fondateur de la Ford Motor Company, apparaît. Pour produire la fameuse Ford T, il va encore perfectionner le travail à la chaîne - que Charlot met en scène dans les « Temps modernes ». En même temps, il se dit : On peut encore augmenter considérablement la productivité. Pour cela, il faut inventer une nouvelle logique de distribution et de vente. En conséquence, il installe des concessionnaires Ford dans le monde entier, vend des voitures par centaines de milliers. Il développe encore l’idée que le peuple doit consommer, profiter des nouvelles inventions techniques - c’est selon lui la seule façon de développer l’industrie, mais aussi la bonne manière d’obtenir la paix sociale et civile. Ce faisant, il invente le concept de « consommateur ».

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  • IMPUISSANCE MASCULINE. C'EST FINI.

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    NEWS NEWS NEWS Un sujet d'été pour conserver la bonne humeur avant une rentrée difficile : cette enquête pour Le Monde où l'on apprend que la panne virile, passagère ou répétée, comme l'impuissance chronique, se voient désormais guéries. Entre médicaments érectiles, psychothérapie et prothèses, il est possible de rendre leur tonus aux homme les plus affaiblis. C'est une date historique. Enquête au tréfonds de la physiologie et de la psychologie masculines (parue partiellement dans Le Monde Magazine, 22 août 2009)

    1- Où nous apprenons combien l’homme craint de « manquer de voix » depuis toujours.

    La panne sexuelle et l’impuissance tourmentent l’homme depuis toujours. À Babylone déjà, en Mésopotamie, il y a 3700 ans, des plaquettes gravées trouvées dans le temple de la déesse Ishtar consistent en des incantations à la virilité : « Que le vent souffle, que frémisse la futaie ! Que ma puissance s’écoule comme l’eau de la rivière, que mon pénis soit bandé comme la corde d’une harpe ». Dans la mythologie égyptienne, le dieu destructeur Seth noie son frère Osiris, découpe son corps en quatorze morceaux et fait disparaître son sexe. Aidé par le dieu Anubis, sa femme Isis reconstitue le corps, lui façonne un pénis d’argile, et lui prodigue une fellation pour lui rendre vie. En souvenir, les femmes égyptiennes portaient chaque année un phallus géant dans les temples d’Isis afin qu’elle conserve la virilité de leur époux. Dans le « Satiricon », écrit sous Néron, le poète Pétrone décrit « la honte » d’Encolpe quand son désir « trahit » la jeune Circé. « Indignée », celle-ci revient avec une magicienne qui passe un fil coloré autour du défaillant, s’écriant « Ô Priape, aide nous de toute ta puissance ! ». Le dieu Priape affublé d’un phallus toujours en érection, nous le connaissons toujours : le terme médical « priapisme » vient de lui. Seulement, nous n’avons plus besoin de l’invoquer et porter des amulettes pour conjurer une panne sexuelle, ou l’impuissance. Aujourd’hui, à écouter les médecins spécialistes de la sexualité masculine, qu’ils soient psychiatres, urologues, andrologues ou sexologues, toutes les faiblesses viriles ou presque peuvent être soignées. L’antique malédiction des hommes est levée. Nous disposons désormais d’une palette de traitements permettant de soigner presque toutes les formes d’affection virile, de l’éjaculation rapide qui affectait Cesare Pavese à celle du paraplégique. Et les recherches continuent. Nous ne mourrons plus, comme dit l’argot, au cul de la princesse.

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  • INSOMNIE, MAL DORMIR, OUBLIER SES RÊVES. NOS SOCIETES MEPRISENT LE SOMMEIL, LE REPOS ET LES MONDES INTERIEURS.

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    NEWS NEWS NEWS. Dormez mieux, vous vivrez vieux. Ce sont les conclusions d'une enquête publiée la veille de Noël, le mardi 23 décembre, dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), qui conclut que dormir une heure de plus réduit  notablement le risque de maladies cardiovasculaires. Les auteurs insistent sur les bienfaits du sommeil et soulignent que des études récentes montrent que le manque de repos nocturne apporte d’autres risques comme la prise de poids, le diabète ou l’hypertension.

    Pendant ce temps, l'insomnie gagne. En effet, la Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil, associé à la faculté de médecine de Lyon, réunie en congrès à Albi fin novembre 2006, avançait des chiffres saisissants - qui défraient toujours les chroniques médicales. 6 millions de personnes souffrent d’insomnie en France. Or le mauvais sommeil continue à être considéré comme un désagrément plus qu'une maladie par le grand public - voire une partie du corps médical. Beaucoup le voient comme la rançon de notre époque pressée, l'embêtement de gens stressés, travaillant trop, qui plus est fascinés par la télévision, ou alors tombés en apnée dans les écrans d'Internet. Or le mauvais sommeil EST une maladie. Parfois grave. Aux effets secondaires dangereux. Il nous faut réapprendre à dormir... et plus encore, à rêver. Enquête et grand entretien.

     

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    ... Nous, les humains, ne sommes pas seulement des activistes lucides et rationnels.

    ... Nous passons un tiers de notre vie à dormir, entre 25 et 30 années en moyenne, dont 5 à 6 ans à rêver, c’est dire l’importance physiologique du sommeil, la place qu’il occupe dans notre existence...

    ... Pourtant, notre société dort mal, trop peu, et surtout, ne s’en préoccupe pas. Selon les enquêtes de santé, les troubles du sommeil et ses effets adjacents ne sont pas considérés par les Français comme des maladies sérieuses, tant et si bien que le gouvernement prépare un « plan sommeil ». Des études montrent que 30% des personnes atteintes d’affections du sommeil ne donnent pas suite à l’avis médical. La plupart d’entre elles attendent 50 jours avant de consulter. Les phénomènes de somnolence et de baisse de vigilance touche, selon les enquêtes, de plus en plus d’adolescents et de scolaires. La Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil, associé à la faculté de médecine de Lyon, réunie en congrès à Albi fin novembre, avance des chiffres saisissants. 6 millions de personnes souffrent d’insomnies en France. Cela va de l’endormissement difficile à la nuit blanche, avec une forme sévère – 3 insomnies par semaines – chez 10% d’entre elles. Les conséquences sont nombreuses, souvent inattendues. Il y a la somnolence diurne, forme de « rattrapage » du sommeil. Elle affecte la vigilance au travail, la réussite scolaire, les accidents de la route. Dans les secteurs à responsabilité – le contrôle aérien, les vols longs courriers, la surveillance des travaux, etc. -, dans les transports routiers, ou encore aux commandes de machines dangereuses, elle peut mener à des fautes d’attention mortelles. La somnolence multiplie par 8 le risque de catastrophe : 30% des accidents sur autoroute, 20% sur route ont été attribués à des assoupissements. Une revue (Sommeil Vigilance), un institut, de nombreux sites médicaux se consacrent aujourd’hui à la chute de la vigilance, maladie moderne.

    IMPACT DU MAUVAIS SOMMEIL

    L’impact négatif de l’insomnie retentit dans beaucoup d’autres pathologies. Elle agit comme facteur aggravant dans l’hypertension artérielle. Dans l’accroissement des processus inflammatoires, et donc l’athérosclérose. Dans le diabète, en favorisant l’intolérance au glucose. Dans l’obésité, le manque de sommeil s’accompagnant souvent d’une majoration de l’appétit pour les sucres. Dans la dépression, dont « elle fait le lit » (Docteur Joëlle Adrien, La Pitié). L’insomnie est au cœur de nos maladies d’époque. Pourtant, l’insomnie se voit généralement traitée par la prise d’un somnifère, parfois sans même une consultation médicale.  
    L’insomnie n’est pas la seule maladie du sommeil. Certaines sont très connues, comme le ronflement, qui touche 10 millions de personnes en France. C’est bénin, mais cela empêche l’autre de dormir. L’« apnée du sommeil », un trouble moins connu, touche officiellement 4% de la population (mais sans doute 10%, tous ronfleurs). Elle se traduit par des séries de courts arrêts respiratoires durant le sommeil. Certaines personnes en font des centaines par nuit, accompagnées d’un éveil très court. La journée, fatiguées, elles connaissent des somnolences. Ce sont des affections sérieuses. Non traitées, les apnées du sommeil mènent à des problèmes cardiorespiratoires.
    Autre trouble méconnu du sommeil, le « syndrome des jambes sans repos » ou « impatience ». Il se manifeste à l’état chronique et intense chez 1 personne sur 10, de façon irrégulière, mais s’aggravant avec l’âge chez 3 personnes sur 10. « L’impatience » se traduit par des fourmillements, des tressaillements, des pincements, des envies d’extension irrépressibles dans les jambes, ce qui entraîne des insomnies pénibles. Il faut se lever, marcher, s’étirer pour combattre ces sensations, qui reprennent aussitôt vous êtes couché.  Ces pathologies sont sous-estimées, les patients ne donnant souvent pas suite aux consultations. Il y a encore la narcolepsie, qui affecte 1 personne sur 2000, soit autant que la sclérose en plaque. La personne est saisie dans la journée par d’irrépressibles envies de dormir, surtout après le repas, comme dans le film « Drugstore cowboy » de Gus Van Sant. Des crises de cataplexie – relâchement musculaire complet – l’accompagnent. La narcolepsie est sous-diagnostiquée.

    SACRIFIER SES NUITS A UNE VIE DE STRESS

    Nous les modernes considérons les troubles du sommeil comme une conséquence inévitable de la vie moderne. Nous sacrifions le sommeil au travail, nous sommes convaincus que travailler doit fatiguer, qu’il est normal de dormir peu. Le travail «  à feu continu », les services « 24H sur 24 H », la réduction des effectifs, la continuation des taches à domicile, le stress comme mode de gestion nous amènent à considérer le sommeil comme une sorte d’obligation improductive, un temps compressible. Nous ne savons plus nous reposer, nous trouvons le sommeil secondaire, presque du « temps perdu » (docteur Alain Muzet, CNRS Strasbourg). Ajoutez la télévision et les DVD, les jeux vidéos, le surf internet, le téléphone portable, autant d’activités ludiques qui achèvent de  mordre sur le sommeil.
    A la faculté Laennec de Lyon, le laboratoire du CNRS consacré à « la physiopathologie du cycle éveil-sommeil », dirigé par le neurobiologiste Pierre-Hervé Luppi, poursuit des travaux de pointe sur l’apprentissage du cerveau pendant le sommeil et la mise au point de somnifères s’approchant au plus près du sommeil naturel. Créateur d’un des plus importants sites web mondiaux consacrés au rêve, les chercheurs poursuivent les travaux de Michel Jouvet, grand précurseur de la science du sommeil, découvreur du « sommeil paradoxal ». Que pense Pierre Hervé Luppi du mépris avec lequel on traite le sommeil dans nos sociétés ? Que nous apprend aujourd’hui la recherche sur l’importance du sommeil et des rêves pour l’homme ? Grand entretien.

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  • STANLEY MILGRAM. DE LA SOUMISSION À L'AUTORITE

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    NEWS. NEWS NEWS. Dégringolade historique, l'action de la banque Citigroup, le premier groupe banquaire américain, est tombé sous la barre de 4 dollars le 21 novembre - elle était à 52 $ en 2000. L'Etat fédéral a du annoncer un plan de sauvetage d'urgence, à hauteur de 25 milliards de dollars - il n'a pas été aussi généreux avec les milliers de familles délogées par la crise des suprimes. Au même moment, le nouveau pdg, Vikram Pandit, annonçait un plan social sévère : la suppression de plus de 50.000 emplois, s'ajoutant aux 23.000 suppressions décidées fin 2007 - n'oublions jamais, ce sont toujours les petits qui trinquent. Rappelons que les dirigeants renfloués de Citigroup se sont trouvés associés à la plupart des scandales financiers de ces 15 dernières années - notamment  aux faillites du courtier en énergie Enron (2001) et de l'opérateur de télécoms WorldCom, suite  à des malversations comptables colossales - cautionnées par l'agence Arthur Andersen, contre des émoluments de 25 millions de dollars. À l'époque, une dizaine de courtiers de Citigroup, dont la "star" de Wall Street Jack Grubman, furent sanctionnés pour avoir volontairement passé sous silence les déficits de ces groupes. En 2005, les équipes financières de Citigroup et le pdg d'alors, Charles Prince, se faisaient à nouveau prendre en flagrant délit de transactions douteuses à Londres sur les marchés obligataires européens, puis au Japon - où la banque fut bannie de toute activité de gestion de patrimoine, ce qui obligea Charles Prince à présenter des excuses publiques. Sa prime de fin d'année ne fut pas réduite pour autant.

    COMMENT UNE TELLE PERSEVERANCE DANS LA MALVERSATION, L'ABSENCE DE TOUT RESPECT DES REGLES ECONOMIQUES ET LE MEPRIS DE LA CHOSE PUBLIQUE A-T-ELLE ETE POSSIBLE ? LE "GREED", L'AVIDITE DES DIRIGEANTS DES  ENTREPRISES ET DES ORGANISMES DE CONTRôLE - LA FAMEUSE "MAIN INVISIBLE" SI VISIBLE  - N'EXPLIQUE  CERTAINEMENT PAS TOUT. COMMENT DES EQUIPES ENTIERES, DES MILLIERS DE CADRES ONT-ILS PU PARTICIPER, LAISSER FAIRE ? COMMENT DES EQUIPES ENTIERES, DES MILLIERS DE CADRES ONT-ILS PU PARTICIPER, LAISSER FAIRE ? UN DOCUMENTAIRE D'ALEX GIBNAY SUR LA FAILLITE D' ENRON, "THE SMARTEST GUYS IN THE ROOM" (METROPOLITAN) PROPOSE DES REPONSES. LE FILM MONTRE COMMENT LES DIRIGEANTS ET LES CADRES DE L'ENTREPRISE, PRÉSENTÉS À L'ÉPOQUE COMME DES GÉNIES FINANCIERS PAR TOUTE LA PRESSE ECONOMIQUE, ÉTAIENT EN RÉALITE DES CALCULATEURS FROIDS, CYNIQUES, DÉPOUVUS DE TOUTE ÉTHIQUE ET PREOCCUPATION SOCIALE, ET QUI PLUS EST SANS TALENT. ILS ONT RANCONNÉ L'ÉTAT DE CALIFORNIE EN LUI VENDANT DE L'ÉLECTRICITÉ HORS DE PRIX, MULTIPLIANT LES COUPURES POUR LE FAIRE CEDER, CERTES MOTIVéS PAR UN INTÉRESSEMENT AUX BÉNÉFICES, MAIS AUSSI ENRÔLES PAR UNE CULTURE D'ENTREPRISE D'Où TOUTE MORALE PUBLIQUE ÉTAIT ABSENTE, Où LE PROFIT IMMEDIAT ETAIT VALORISE COMME LA SEULE VALEUR POSITIVE. PLUS GRAVEMENT ENCORE, LE DOCUMENTAIRE MONTRE COMMENT CES MILLIERS DE CADRES ONT OBEI À LEUR CHEFFERIE, SE SONT SOUMIS A ELLE SANS REFLECHIR, SANS POSER DE QUESTIONS, SANS REFLECHIR A LEURS ACTIONS ET LEURS MALVERSATIONS. ILS  SE SONT COMPORTES EN PERSONNES SERVILES, EN EMPLOYES DOCILES ET DEFERENTS, CONFIRMANT L'ÉTUDE FAMEUSE DU SOCIOLOGUE AMÉRICAIN STANLEY MILGRAM SUR LA "SOUMISSION À L'AUTORITÉ".
    EN SOUVENIR DES TRAVAUX DE STANLEY MILGRAM, VOICI LE RÉCIT D'UNE VISITE À SON LABORATOIRE DE NEW YORK, DEUX ANS AVANT SA DISPARITION, ALORS QU'IL MENAIT PLUSIEURS EXPÉRIENCES DE PSYCHOLOGIE SOCIALE SUR "LE POIDS DES APPARENCES" (publié dans Actuel en avril 1982, réactualisé en 1998) BIBLIOGRAPHIE STANLEY MILGRAM

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    " AAAAAAAAH ! ARRÊTEZ ! JE VOUS EN SUPPLIE ! JE VEUX PARTIR !"
    Le jeune homme est attaché sur une chaise face à un micro. Des électrodes sont fixées à ses poignets. II hurle et tente en vain de se libérer.
    Dans la pièce attenante, un type d'une quarantaine d'années l'interroge d'une voix solennelle en présence d'un personnage silencieux en blouse blanche :

    " Voici la liste des mots : lent, pas, camion, esprit, débit. Lequel choisissez-vous ? Répon-dez s'il vous plaît. "
    L'homme attaché répond : " Camion ".
    - Faux! déclare l'interrogateur. Le mot juste était esprit. La punition sera de 195 volts.
    II abaisse une manette électrique. Aussitôt, le jeune homme hurle à nouveau.
    " Arrêtez ! Mon cœur va lâcher ! Laissez--moi partir, laissez-moi partir ! " L'interrogateur retient à peine un éclat de rire nerveux et se cache le visage entre les mains. Puis il se reprend et dit d'un ton grave :
    " Je vous lis la nouvelle liste : profond, puits, décolleté, mystère, sommeil. Répondez s'il vous plaît. "
    Aucune réponse. L'homme insiste sur un ton sentencieux:
    " Répondez s'il vous plaît. Je vous préviens, Monsieur Wallace. Je dois interpréter votre silence comme une erreur. "
    Aucune réponse. L'interrogateur se tourne vers son complice en blouse blanche.
    " Dois-je suivre vos instructions à la lettre ?
    - Bien sûr, M. Braverman. "
    Aussitôt, l'air ravi, Braverman abaisse la manette électrique. Tarif : 315 volts. Les cris reprennent.
    " Arrêtez, je n'en peux plus, je vais claquer ! Je vous en supplie. "
    M. Braverman rit pour de bon cette fois, une espèce de hennissement.
    Cette scène odieuse s'est déroulée en jan-vier 1980 au département de psychologie de l'Université de Yale à New Heaven dans le Connecticut. M. Braverman n'avait pourtant rien d'un officier SS. C'était un tranquille assistant social marié père de famille, à qui le jeune psycho-sociologue Stanley Milgram avait demandé de participer à une étude sur la mémoire et l'apprentissage.
    Il s'agissait de punir à chaque fois qu'il se trompait un certain Monsieur Wallace supposé avoir appris par cœur des listes de mots couplés. Le tarif : des décharges électriques croissantes, jusqu'à des chocs presque mortels de 500 watts. Rassurez-vous, le Monsieur Wallace en question n'était pas du tout électrocuté : excellent acteur, il mimait à chaque décharge une douleur insoutenable. L'expérience de Stanley Milgram transformait les honorables Monsieur Braverman en purs et simples bourreaux.

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  • LA MULTIPERSONNALITE, PHENOMENE D'EPOQUE ?

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    NEWS NEWS NEWS Le dernier film d'Agnes Merlet "Dorothy" et son actrice Jean Murray (photo) - jouant son personnage de 7 à 17 ans, incroyable - resteront comme une des sombres surprises de cet été 2008. Découvert grâce au bouche et oreille, "Dorothy" met un scène un cas de multipersonnalité au coeur d'une société sclérosée et religieuse - une île au large de l'Irlande. La psychiatre ­ qui découvre Dorothy est interprétée par Carice Van Houten, la révélation du Black Book, de Verhoven. Suspense et angoisse se voient distillés avec une économie et un sadismes consommés - parfois on pense à "L'exorciste" - jusqu'à la révélation finale.
    n22865.jpgUn cas fameux de multipersonnalité a été longuement décrit dans un ouvrage-document, c'est celui de Billy Milligan, surnommé "L'homme aux vingt-quatre personnalités" : vingt quatre personnages en effet, parmi lesquels plusieurs enfants, et plusieurs femmes, se disputaient son esprit. Son cinéma intérieur - le dictionnaire de la psychiatrie américaine parle de "trouble dissociatif de l'identité - a été formellement découvert et reconnu par plusieurs psychiatres suite à son arrestation, dans le cadre d'un faits divers.

    Au cours d'un reportage aux Etats-Unis, j'ai rencontré son biographe, l'écrivain de science-fiction, Daniel Keynes, ses proches, et le médecin psychiatre qui l'a suivi. J'ai même parlé à Billy Milligan au téléphone. Auquel ? Je ne suis pas encore sûr...

    Ce reportage a été publié dans ACTUEL en 1989 et cette histoire a inspiré mon roman "Avatars" (Flammarion, 2004).

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  • ALBERT HOFMANN. LE PÈRE DU LSD DISPARAIT À 102 ANS, APRES AVOIR ETE FETE AU WORLD PSYCHEDELIC FORUM (BÂLE)

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    NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. LE CHIMISTE ALBERT HOFMANN, L'INVENTEUR DU LSD EST DECEDE LE 29 AVRIL D'UNE CRISE CARDIAQUE À BÂLE (SUISSE). IL AVAIT FAIT UNE BREVE APPARITION AU WORLD PYSCHEDELIC FORUM LE 21 MARS 2008 (BÂLE), Où SE RETROUVAIENT L'AVANT-GARDE DES CHERCHEURS SUR LES PSYCHOTROPES, QU'ILS SOIENT ANTHROPOLOGUES (RELIGIONS, CHAMANISME), MYTHOLOGUES, BOTANISTES, CHIMISTES, PSYCHOLOGUES OU PHILOSOPHES. En écho à cette disparition, voici un reportage au "LSD Symposium" de février 2006 à Bâle, où Albert Hofmann avait fêté ses 100 ans entouré de plusieurs miliers d'amateurs de psychotropes, jeunes de la génération techno comme anciennes figures du mouvements psychédélique, mais aussi de chercheurs en sciences humaines, de musiciens et d'artistes, ou de chimistes spécialisés dans les "design drugs". Une cérémonie émouvante, haute en personnages allumés. Albert Hofmann nous a raconté ce jour là comment il avait pris une dernière fois du LSD à 97 ans - et pourquoi. (publié dans Le Monde 2, mai 2006)
    BIBLIOGRAPHIE HOFMANN

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    (Portrait de Albert Hofmann sur le site MAPS, l'association des études psychédéliques)

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    REPORTAGE AU LSD SYMPOSIUM, BÂLE, SUISSE...

    -J’ai repris du LSD il y a trois ans. Une petite quantité… Albert Hofman parle, du haut de ses 100 ans, la voix claire.
    -Il a bien dit " il y a trois ans " ? Il a pris du LSD à 97 ans ? C’est bien cela ?" La jeune journaliste de TF1 s'étonne, rieuse. Nous sommes avec Albert Hofmann dans la salle de presse du symposium " LSD. Problem child and wonder drug " (LSD. Enfant terrible et drogue prodige).
    Albert Hofmann, continue en allemand, le plus sérieusement du monde, : " Je voulais tester une faible dose, elle pourrait donner un antidépresseur à base de LSD. Je pense qu’à notre époque où l’humanité devient toute urbaine, l’homme perd le contact avec la nature. Il ne ressent plus qu’il fait partie du monde, il n’éprouve plus son unité avec le vivant, il ne voit plus la splendeur de l’univers, alors il désespère..."
    À 100 ans, Albert Hofmann réfléchit encore à un usage bénéfique du diéthylamide de l’acide lysergique, un alcaloïde tiré de l’ergot du seigle, le fameux "acide" de l’époque psychédélique chanté par les Beatles (Lucy in the Sky with Diamonds), aujourd’hui consommé pendant les "raves " et les festivals de musique techno - toujours complètement illégal. Le LSD qui vous emmène pour plusieurs heures " en voyage " dans votre psyché. En " trip ". Et parfois en " horror trip ", comme le rappelle à chaque fois Albert Hofmann - qui a raconté le sien dans son libre LSD, mon enfant terrible (éditions du Lézard, 1997).
    E
    n son honneur, ce 14 janvier 2006, quatre-vingts intervenants se succèdent dans les salles du palais des congrès de Bâle, des neuropsychiatres, des psychologues, des ethnobotanistes, des chimistes, des mythologues, des pharmacologistes, tous les chercheurs es-psychotropes de la planète, mais aussi des musiciens, des peintres, des éditeurs et quelques anciennes figures du mouvement psychédélique comme John Dunbar, le galeriste londonien chez qui Yoko Ono et John Lennon se sont rencontrés, ou Ralph Metzner, le pionnier de la recherche sur le LSD à Harvard avec Timothy Leary. Ils sont tous venus fêter le centième anniversaire d’Albert Hofmann, et discuter trois jours durant des dernières découvertes sur les plantes psycho-actives, les " drogues de synthèse", les " états modifiés de conscience " et les nouveaux médicaments anti-dépresseurs.

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  • PROCRASTINATION, MAL D'EPOQUE.


    NEWS NEWS NEWS NEWS Aujourd'hui encore et comme hier, alors que nous devons rendre un travail urgent, nous avons étés des centaines de milliers de par le monde à procrastiner ardemment. Procrastiner ?
    Vous remettez tout au lendemain.
    Vous retardez chaque matin une tâche urgente - avant de l'achever comme un cinglé en trois nuits blanches hallucinées.
    Vous remettez à chaque fois un rendez-vous capital, une entrevue décisive - avant de vous y rendre en état panique avancé.
    L'échéance vous rend malade, le "dead line" vous semble mortel, vous mutipliez les ruses pour éviter de rendre à l'heure.
    Vous êtes un procrastinateur de nos temps pressés.
    Un maniaque de la panique.
    Vous êtes un PANIAQUE.
    Dites "PANIAC", ce fera plus court.
    Ci dessous une tentative d'auto-analyse de la procrastination par un procrastinateur invétéré, votre serviteur
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    Le procrastinateur repousse tout au dernier moment : boulot, rupture sentimentale, impôts, décisions graves. Tenez pour ce texte. Il est 16 heures. Je dois le rendre ce soir à 22 heures. C’est le dernier papier du numéro du journal ou je travaille (cet article a été publié dans Actuel, l'été 1992). L’imprimerie, la maquette, la compo m’attendent. Si je n’ai pas fini, ça va être un drame. La sortie du journal en retard. Cette fois, je ne peux plus reculer. Je vais une fois de plus éprouver l’angoissante sensation : est-ce que je vais tomber ou traverser ? Je n’ai pas mangé. Je ne me suis pas lavé. J’ai mal à la tête. Je suis d’une humeur de chien. Ma fiancée, qui me connaît bien, a quitté prudemment la maison. Hier, j’ai fait la foire au lieu de bosser. Je n’y arrivais pas. Je m’inventais tous les arguments pour reculer. Impossible de savoir par où je vais commencer. De faire un plan qui me permette de me lancer...
    Maintenant, je suis nu, pas rasé, je me suis remis à fumer, je jette des notes sur une feuille dans un état halluciné. J’ai ressorti le paquet de notes que j’ai ramassées sur la question depuis dix jours. J’y suis ?

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