Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

darwin

  • LA BIOMÉDECINE VA-T’ELLE NOUS RENDRE AMORTEL ? ALLONS-NOUS VIVRE DEMAIN 120 ANS OU PLUS ? DANS QUEL ÉTAT ? ENQUÊTE

    (DR)

    NEWS NEWS NEWS Deux nouveaux essais nous parlent du vieillissement général de la population - elle a doublé en deux siècles - et des possibilités offertes par la médecine génomique d'intervenir sur les processus mêmes de la sénescence : «  Au-delà de nos limites biologiques » du généticien (fameux) Miroslav Radman et « La mort de la mort. Comment la biomédecine va bouleverser l’humanité » du fondateur de Doctissimo, le docteur Laurent Alexandre. Allons-nous vivre bientôt - demain - 120 ans comme Jeanne Calment comme l'annoncent ces auteurs ? Probablement : le nombre de centenaires s’accroît chaque année, la médecine de confort et prophylactique fait des progrès considérables. la lutte contre le cancer progresse, quant à la recherche sur le vieillissement, elle commence à identifier pourquoi nos cellules vieillissent ? Alors, allons-nous tous devenir des « amortels », des créatures qui refusent de vieillir, équipés de pacemakers et truffés de nanorobots ? Allons-nous sortir de la nature, défier tous les processus physiologiques ? Où sont les limites ? Et si nous allons vire très longtemps, dans quel état ?  Enquête

    1 – Où nous découvrons les Amortels, ceux qui veulent ignorer le vieillissement et la mort - nous tous ?

    Vous connaissez les mantras des Amortels. L’oxydation cellulaire tu combattras. Ton système cardio-vasculaire tu épargneras. Ton capital musculaire tu préserveras. Les faiblesses osseuses tu contiendras. Les Amortels ne veulent pas vieillir. Ils ont changé les aliments en alicaments, transformé la diététique en éthique et l’éthique en esthétique. Ils se font combler les rides à l’acide hyaluronique, enlever les taches brunes, dresser les seins, affiner la silhouette. Les Amortels connaissent la dernière médecine réparatrice, la cosmétique anti-âge, pratiquent musculation et exercice, prennent les toniques sexuels. Ils sont amortels comme on dit agnostiques : ils ignorent la mort et le déclin,défient les lois de la nature comme d’autres Dieu. Les Amortels... Le concept a été lancé au printemps par la journaliste Catherine Meyer à la Une de Time. « La première caractéristique des Amortels, écrit-elle, consiste à vivre selon le même scénario, en réalisant les mêmes activités et consommant les mêmes produits de la fin de l’adolescence jusqu’à la lisière de la mort.» Les Amortels veulent être jeunes à perpétuité. Ils détestent l’inactivité, se remarient sur le tard, s’entretiennent durement. À la retraite, ils continuent : bénévolats, associations, voyages.

    Lire la suite

  • LE "HOBBIT" VIEUX DE 90 000 ANS DECOUVERT DANS L'ÎLE DE FLORES, INDONESIE, EST-IL LE TROISIEME HOMME : HOMO FLORESIENSIS ?

    H.flores_reconstruction.jpg

    (Reconstitution faciale de l'homme de Flores, National Geographic)

    NEW NEWS NEWS Début février 2009, une nouvelle étude américaine en 3 D du crâne du petit hominidé d’un mètre de haut découvert en 2003 dans l'île de Flores, Indonésie, conforte la thèse  d’une espèce différente d’Homo sapiens : Homo floresiensis. Ce « hobbit », comme l'a surnommé l'équipe australienne de fouille, qui a vécu de 90 000 à 12 000 ans fut donc notre contemporain. Ce serait le troisième homme. Voici l’histoire de sa découverte – et des innombrables querelles qu’il a suscitées chez les préhistoriens.

    Avec ses éléphants nains et ses varans géants, l’île de Flores – « l’île aux fleurs » des navigateurs portugais – offrait déjà à rêver, avant que l’on parle du « hobbit », l’extraordinaire petit homme découvert dans ses grottes. Latitudes 8°4 et 8°58, Flores s’étire sur 360 kilomètres au nord-ouest de l’Australie, loin au sud oriental de l’Indonésie, à la lisière du grand écrasement géologique provoqué par la rencontre de la plaque continentale australienne et l’eurasienne. D’où ses 13 volcans fonctionnels, et ses tremblements de terre - dernier en date, 1997. Achevant le dispositif de la Sonde avec les îles de Sumatra, Java, Bali, Lombok et Sumbawa, Flores abrite une vaste réserve naturelle où les voyageurs tremblent devant les derniers « dragons de Komodo », le Varanus komodoensis, monstrueux lézard de 2 à 3 mètres de long, 70 kilos, présent sur plusieurs îles de l’archipel. Charognard, ce varan très rapide à la course chasse les oiseaux et les petits mammifères, et autrefois les petits enfants des villages - ces dragons cruels peuplent les légendes indonésiennes. Grand classique des cas de gigantisme insulaire, ce Varanidae carnivore a grandi tandis que les herbivores de l’île réduisaient. En effet, selon la règle de Bergmann, une taille plus grande offre bien des avantages à ces reptiles en l’absence d’autre grand prédateur. Aussi le varan, privé de toute contrainte locale, a pu s’épanouir au fil des millénaires, jusqu’à dominer son écosystème. Certains rats, comme le Papagomys, ont beaucoup grossi aussi, jusqu’à atteindre un bon demi mètre. Pendant ce temps, les herbivores et en particulier les Stegodon (un groupe frère des éléphants) rapetissaient, comme les éléphants l’ont fait en Sicile – où leur crâne a sans doute nourri les légendes sur les Cyclopes. Pas besoin d’être énorme quand les grands fauves font défaut : d’où le Stegodon nain de Flores, 1,65 mètre au garrot, dont on a retrouvé d’incroyables ossements.

    crane-et-reconstitution-faciale-d-h-floresiensis_1445_h140.jpg

    C’est dans cette île digne du film King Kong qu’en septembre 2003 une équipe internationale de préhistoriens trouve dans la grotte de Liang Bua plusieurs éléments de 7 squelettes incomplets d’homininés, dont un bizarre petit crâne de 380 cm3, tous semblant appartenir à des petits homininés de… un mètre de haut. Sept curieux nains plutôt Homo au vu de leurs petites canines et la forme du crâne, mais minuscules, et à petite tête. Le plus vieil ossement remonte à 90 000 ans, le plus grand nombre à 18 000. Ces nains, ou ces lilliputiens, auraient été anéantis pendant l’explosion volcanique de 12 000, qui a fait disparaître plusieurs espèces animales de l’île. Mais rien n’est avéré.

    Lire la suite

  • CREATIONISME VERSUS DARWIN. "L'EVOLUTION N'EST PAS LE RECIT D'UNE GENESE PARMI D'AUTRES, MAIS UN SOCLE SCIENTIFIQUE". ENTRETIEN AVEC LE PHILODOPHE DES SCIENCES, DOMINIQUE LECOURT

    darwin213.jpg

    NEWS NEWS NEWS Pour le 150e anniversaire de la publication de "L'origine des espèces", Charles Darwin, longtemps décrié, encore attaqué, considéré par certains comme le père de l'eugénisme ou d'une sociobiologie inquiétante justifiant la loi du plus fort, par d'autres comme le premier penseur du progrès et de l'athéisme, est revenu au coeur des grands débats philosophiques et scientifiques actuels. Difficile de faire la part des interprétations biaisées de l'oeuvre darwinienne de son véritable socle théorique, de recenser tous les domaines - de la paléontologie à la biologie en passant par l'éthologie ou la psychologie - où la théorie de l'évolution, combinant "la descendance avec modification" avec "la persistance des plus aptes", nourrit les travaux les plus en pointe. Pour démêler cette constellation d'idées et ces polémiques savantes ou religieuses, que votre serviter a rencontré l'épistémologue Dominique Lecourt, professeur de philosophie à l’Université Paris Diderot (Paris 7) où il dirige le Centre Georges Canguilhem. Epistémologue, auteur d’une trentaine d’ouvrages dont "L’Amérique entre la Bible et Darwin" (PUF, 3ème éd., 2007), il a dirigé l’édition française de "Charles Darwin. Origines. Lettres choisies 1822-1859 -Bayard, 2009", préfacée par Stephen Jay Gould. Cet entretien vient d'être publié dans le numéro spécial du Monde consacré à Darwin, magnifiquement illustré.


    ENTRETIEN AVEC DOMINIQUE LECOURT, PHILOSOPHE DES SCIENCES

    Cent cinquante ans après « L’origine des espèces » de Charles Darwin, le darwinisme est partout salué comme la théorie majeure de l’évolution, et son auteur partout consacré. Comment l’expliquer ?
    Dominique Lecourt : Le grand public a redécouvert Darwin suite aux débats américains autour du « créationnisme scientifique », présenté depuis plus d’un demi-siècle par certains courants fondamentalistes chrétiens comme théorie rivale de celle de l’évolution ; une alternative qu’il faudrait présenter dans les écoles en laissant aux élèves et à leurs parents la liberté de choix. En Europe et au Moyen-Orient, des mouvements musulmans proclament aujourd’hui que le darwinisme est incompatible avec le Coran. La diffusion massive du premier volume de l’imposant Atlas de la Création, en décembre 2006, de Harun Yahya richement imprimé en Turquie en témoigne. Cet auteur n’hésite pas à dénoncer dans le darwinisme la source du stalinisme autant que de l’hitlérisme. La théorie du « dessein intelligent » qui se manifesterait dans l’irréductible complexité des êtres vivants constitue la forme la plus actuelle et la plus sophistiquée de ce créationnisme, même si ses promoteurs se gardent de prononcer le nom de Dieu. On en entend des échos jusqu’au Vatican. En juillet 2005, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et proche de Benoît XVI, a fait sensation en prenant position en faveur de l’« Intelligent design » dans le New-York Times, à contre-pied de la position de Jean-Paul II. Cette offensive suscite des réactions indignées chez les scientifiques et les professeurs de biologie, des polémiques dans les médias, d’où la popularité nouvelle de Charles Darwin.

    Lire la suite