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  • DES STATISTIQUES ETHNIQUES, POUR MESURER QUOI, POUR QUOI FAIRE ?

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    NEWS NEWS NEWS Au moment où le président Nicolas Sarkozy déclare à la télévision qu' "il y a trop d'étrangers en France", une phrase à fort impact émotionnel et sans véritable contenu - de quel "étranger" parle-t-il, des immigrés venus travailler, des millions de Français d'origine immigrée, des Européens qui passent leur retraite en France, des travailleurs clandestins, de personnes de couleur, des bi-nationaux ? -, on oublié qu'en septembre 2008, le même Nicolas Sarkozy lançait un Commissariat à la diversité et à l'égalité des chances. Il en nommait président une des figures de la réussite pour un enfant d'immigré, Yazid Sabeg, fils d'un docker algérien, dirigeant d'une société d'informatique employant 4000 personnes, qui milite depuis des années pour une "discrimination positive" à la française et des "statistiques éthniques" capables de mesurer la diversité de la société française. Nous l'avons rencontré, alors que la campagne électorale s'enlise dans de douteux débats sur la viande halal et la dénonciation obsessionnelle de l'immigration.

    Yazid Sabeg, le commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances nommé par Nicolas Sarkozy, n’a pas le moral en cette période électorale. La course de la droite après l’extrême droite est « un crève-cœur » pour lui. Son engagement mérite d’être raconté. En 2004, il publie avec l’Institut Montaigne « Les oubliés de l’égalité des chances », puis « La discrimination positive. Pourquoi la France ne peut y échapper » (Calmann-Lévy) où il réclame l’usage de « statistiques ethniques » pour mesurer les discriminations subies par les enfants de l’immigration. En 2005, il rejoint l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine, travaille sur la déshérence des banlieues, qui vont s’enflammer en novembre. Patron d’une société informatique cotée en bourse, employant 4000 personnes, ce fils d’un docker algérien venu en France incarne l’exception de la règle qu’il dénonce. « Cinq millions de Français sont issus de l'immigration maghrébine, explique-t-il. Pour quelques centaines qui réussissent, l’immense majorité vit en banlieue, en marge de la République, renvoyés à leur origine, désespérant de jamais devenir des Français comme les autres. Pierre Bourdieu a raison. Dès l’école, tout est joué. 150,000 enfants en sortent chaque année sans qualification, souvent des enfants d’immigrés. » Quand décrochent-ils ? Combien passent le bac, font des études supérieures, se retrouvent chômeurs, ou délinquants ? Quelles matières scolaires sont sélectives ? Pour le savoir, il faut des mesures statistiques. Il sourit d’un air las (qui tranche avec la force que dégage cet homme de 60 ans, épais, solide et sûr de lui) : «On ne pouvait plus continuer à s’aveugler. »

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