vendredi, 13 novembre 2009

NOUS ADULONS LES CHATS DEPUIS 9500 ANS, ET MANGEONS ET MASSACRONS LES AUTRES ANIMAUX. L'ELITE D'UN CÔTE, LA PLEBE DE L'AUTRE

9662acce085b8acb65e173f5b5b68975.jpg

NEWS NEWS NEWS NEWS Les études faites pendant l'année 2007 le confirment, 9,9  millions de chats domestiques ont été recensés en France pour 8,5 millions de chiens. Cet énorme engouement pour les félins s'expliquerait par l'urbanisation (le chat d'appartement est plus facile à  élever que le chien d'appartement), ou encore par un intérêt nouveau pour la personnalité du chat (plus autonome, moins servile), ou bien par notre fascination grandissante pour les animaux à l'heure où de plus en plus d'espèces disparaissent - il nous reste cette élite domestiquée (et privilégiée) pour conserver une relation riche avec des êtres vivants non-humains (nous massacrons et mangeons les autres).

Cela constaté, notre passion pour les petits félins que sont les chats ne dâte pas d'aujourd'hui. La revue Science nous apprenait en avril 2004 qu'un chat "felis silvestris", proche du chat sauvage oriental actuel, a été retrouvé dans la sépulture d'un personnage important, entouré de haches polies, de silex taillés, d'une pierre ponce, et d'une parure comprenant 24 coquillages et une pyrolite verte. Cela à Shilourokambos, Chypre. Cette découverte révèle que le chat serait vassalisé, voire adulé depuis... 9500 ans. Ci dessous, un reportage auprès d'un des "inventeurs" du chat chypriote - Jean-Denis Vigne, archéozoologue du CNRS-Muséum - et plusieurs sociologues travaillant sur la passionnante "domestication" dont Jean Pierre Digard. On retrouve cet article dans la revue RAVAGES, dont le numéro 3, "ADIEU BEL ANIMAL", vient de sortir dans les bonnes librairies. Pour le commander : Editions Descartes&Cnie. 32 rue Cassette. 01.42.22.29.02 avec des textes de l'éthologue Franz de Waal, le Capitaine Watson, le géographe Jared Diamond, le journaliste Fabrice Nicolino, le philosophe Dominique Lestel, la biologiste Catherine Vidal.

-------------------------------------------------------------------------------------------

(Photo : la sépulture du chat retrouvée à Chypre, 9500 ans d'âge)
... Mon dernier chat m'attendait sous l'escalier. Un vrai gouttière parisien, rayures grises et ventre jaune, un jeunot efflanqué. Aussitôt, il m'a couru dessus, miaulant à fendre cœur, me fixant de ses gros yeux verts. Il m'a suivi jusqu'à l'étage, sans cesser de couiner. Quand j'ai ouvert la porte, il a filé à l'intérieur de la maison. J'étais fait. Un mois plus tard, j'habitais chez lui. Je préparais ses repas, nettoyais sa litière et son bol. Il participait à chaque dîner. Il dormait sur le lit conjugal. Il épongeait mes états d'âme et mes élans d'affection.
Aujourd'hui, j'éprouve la confuse sensation de travailler pour que Chat se la coule toute la journée, traînant de son panier au radiateur, avant de filer courir la femelle.
Comment expliquer cette rapidité à s'installer ensemble sous un même toit, nous et les felis catus ? Les hommes et les chats et la domestication des uns par les autres, cette histoire vient de loin, nous savons bien. Mais de quand ? De 7500 ans avant J.C au moins, soit 9500 ans. C'est ce qu'établirait une découverte publiée au printemps 2004 dans la revue Science faite par une équipe de chercheurs français sur le site néolithique de Shilourokambos à Chypre. Un chat felis silvestris, proche du chat sauvage oriental actuel, a été retrouvé dans la sépulture d'un personnage entouré de haches polies, de silex taillés, d'une pierre ponce, et d'une parure comprenant 24 coquillages et une pyrolite verte. Comment être sûr que le chat n'est pas venu mourir là, quelques siècles après, avant d'être retrouvé enterré au même endroit 9000 ans plus tard ?

Lire la suite

22:16 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : animal, philosophie, chat

lundi, 12 octobre 2009

ALAIN CORBIN, "HISTORIEN DU SENSIBLE", AUX RENDEZ-VOUS DE BLOIS. "LE XVIIIe FUT LE GRAND SIECLE DU CORPS"

NEWS NEWS NEWS Dès la première conférence des douzièmes "Rendez-Vous de l'histoire", réunis dans le magnifique chateau de Blois et consacrés au « Corps dans tous ses états », il a fallu refuser du monde. Le public s'est bousculé, parfois à corps éperdu, pour écouter plusieurs dizaines d'historiens et personnalités des sciences humaines sur des sujets différents que "les anormaux", le sport spectacle, le bronzage ou la chirurgie esthétique.  On y croisait ... Sylviane Agacinski, Fabrice d’Almeida, Jean-Pierre Azéma,  Georges Balandier, Antoine de Baecque, Pascal Blanchard, Pascal Boniface, Alain Corbin, Joël Cornette, Arlette Farge, Antoinette Fouque, Françoise Héritier, Jean-Noël Jeanneney, Claude Lanzmann, Henry Laurens, Bruno Laurioux, David Le Breton, Amin Maalouf, Adelwahab Meddeb, Pascal Ory, Mona Ozouf, Michelle Perrot, Pascal Picq, Yves Pouliguen, Anne Rasmussen, Daniel Roche,  Michel Winock, et d'autres encore…« Tous ces corps pour voir le corps, c'est formidable », a lancé Jean-Jacques Courtine, professeur à la Sorbonne, tandis que la philosophe Françoise Gaillard et l'historien Georges Vigarello présentaient "100 000 ans de beauté", un pavé en cinq tomes publiés par les éditions Gallimard, à l'initiative de la fondation L'oréal. Une somme colossale, commanditée par Béatrice Dautresme, la directrice, qui a voulu lancé une sorte de recherche à ciel ouvert sur la beauté, à laquelle ont contribué 300 chercheurs, beaucoup d'historiens du corps, des crtiiques d'art, des philosophes, des écrivains de S.F, des couturiers,  pour écrire 355 articles, trop courts souvent tant on aimerait aprendre plus, ajoutez autant d'images fortes,  photographes, plasticiens - le tome 5 sur "le corps du futur" passionnera  (125 € en souscription).  En regard de cet événement, qui fait la part belle à l'histoire des moeurs, voici un entretien avec Alain Corbin, fameux historien présent à Blois, l'auteur du "Miasme et la jonquille", l'historien de la fascination pour les bords de mer, qui a par ailleurs co-dirigé et publié en 2005-2006 la monumentale "Histoire du Corps" des éditions du Seuil - où les textes sont très étoffés.

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

L'historien des mentalités Alain Corbin s'en penché, dans l'ouvrage publié au Seuil, sur l'histoire et les évolutions de notre conception de la sexualité entre 1770 et 1960 - qui se révèle passionnate, et riche de surprises. Alain Corbin a été surnommé par ceux qui apprécient ses travaux, "l'historien du sensible" car il s'est intéressé à l'histoire des représentations et du vécu de la sensibilité physique, que ce soit l'évolution de l'odorat et du dégoût olfactif depuis le Moyen Age - dans "Les miasme et la jonquille" -,  ou  encore à la fascination des Européens pour les bords de mer. Cet observateur d'une histoire sensitive et vécue de nos moeurs raconte ici pourquoi la période qui s’étend entre le milieu du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe fut " le grand siècle " du corps (entretien publié dans le Monde 2, avril 2005)

BIBLIOGRAPHIE ALAIN CORBIN

Lire la suite

dimanche, 30 août 2009

LA REVOLUTION LUDIQUE, SOCIALE ET ECONOMIQUE DES RESEAUX LES SOCIALNOMICS

NEWS NEWS NEWS Considérablement, quotidiennement, les réseaux sociaux bouleversent notre manière de se rencontrer, vivre, travailler, consommer. Si les usages massifs d’Internet dessinent une géographie mentale des grandes quêtes et obsessions humaines, nous pensions que le sexe était le continent dominant au regard de l’activité N%1 du web : le visionnage de films pornos. Cependant un humain peut jouer aux échecs dans un bordel, il ne se réduit pas au pulsionnel, et nous découvrons aujourd’hui que la passion pour les réseaux sociaux l’emportent désormais. Tout dépendait de l’offre, du possible, de l’invention. La recherche d’amis, les échanges d’informations et d’images captivantes, déployer la connaissance, l’entraide, le jeux collectifs, toutes ces pratiques ludiques ont débordé ces dernières années. Les chiffres parlent, tout juste collectés dans un clip mondialisé en quelques heures, Socialnomics (You tube), par un spécialiste de l’éducation en ligne, Erik Qualman. Selon lui, l’usage massif des réseaux sociaux est en train de bouleverser l’économie et la publicité. 74% des personnes croient plus la recommandation d’un ami sur Facebook, leur expérience d’un produit qu’à une publicité. La grande évaluation critique des marques par un public actif, interconnecté en permanence, a commencé. Un monde de bouche à oreille rapide, marchant au coup de cœur comme à l’expérience collective s’étend, bouleversant la consommation, mais encore la production de connaissances (wikipedia), l'entraide sociale  (voyez les réseaux pour échanger des maisons de vacances, trouver un appartement ou un "bon plan",  se rencontrer (meetic), où dormir en voyages, garder les enfants, ou encore le micro-crédit, etc), mais encore la gestion publique.( voyez les nouvelles expériences de démocratie locale...). Une nouvelle économie sociale se développe.  On parle désormais sur le Net de “socialnomics”, l'économie des réseaux sociaux - d'ailleurs, l'essai d'Erik Qualman ,"Socialnomics",  écrit pour convaincre les grandes marques et le marketing de s'adapter à la nouvelle donne, porte comme sous-titre : "How Social Media Transforms the Way We Live and Do Business" (ed John Willey & sons, 288 pages). Il a été lancé sur le WEB par une vidéo spectaculaire, sorte de bande-annonce de son livre, qui a déjà fait le tour monde. Son écriture ludique, à haut impact didactique, révolutionne la manière d'écrire sur le Web, et de transformer le texte et l'analyse tant en lecture cinéma qu'en image. Ci dessous, la traduction de la vidéo ci-dessus.

Lire la suite

vendredi, 08 mai 2009

"NOUS SOMMES TOUS DES VOYAGEURS MASQUéS". CINQUIEME ROMAN D'ISABELLE SORENTE (GRASSET), SA PIECE "HARD COPY" (ACTES SUD) JOUEE A PARIS, LA REVUE "RAVAGES" EN LIBRAIRIE FIN MAI

medium_sorrente©praxo.jpg

(Photo Patrice Flora Praxo)

NEWS NEWS NEWS C'est une amie, certains me reprocheront de n'être pas objectif, et pourtant. Isabelle Sorente, 36 ans, revient dans l'actualité avec un cinquième roman dérangeant "Transformations d'une femme" (Grasset, mars 2009), une reprise de "Hard Copy" (Actes Sud) sa pièce dérangeante - et drôle - sur le harcélement moral (au Lucernaire fin mai, après deux mois salle comble au Lumen à Bruxelles - 250 places ), et une nouvelle dérangeante - "Infanticide" - dans le prochain numéro dérangeant de la revue RAVAGES (qu'elle co-dirige, thème "Infantilisation générale", sortie le 20 mai, éditions Descartes&Cnie, 01.42.22.29.02 ) autour de laquelle se prépare un spectacle avec le théâtre du Rond Point. Avec Isabelle Sorente, la littérature n'est jamais tiède. J'ai lu "Transformations d'une femme" deux fois, voici pourquoi.

(Interview télévisée d'Isabelle Sorente et d'autres écrivains par J.P Elkabach sur Bibliothèque Médicis : target="_blank">iframe> )

------------------------------------------------------------------------------

Au débat sur le féminisme organisé par le magazine Elle au Salon du livre, où participait une Benoise Groult en grande forme - « Les hommes n’ont pas assez changé ! » a-t-elle lancé, faisant crouler la salle -, Isabelle Sorente a raconté qu’elle prenait des cours de self-défense. Nous savions déjà que cette polytechnicienne avait fait de la voltige aérienne, et que son bi-moteur était tombé dans le golfe de Gènes. Mais pourquoi de la self-défense ? Pour se défendre des hommes ? « D’abord pour éviter de se penser en victime pendant une agression ». Plusieurs fois suivie, embêtée, au cours d’un voyage solitaire en Grèce, elle a voulu rompre avec la peur qu’elle sentait déposée en elle. « Ces cours ont agi comme une sorte de psychanalyse physique, D’un seul coup, je me suis souvenu qu’à l’école, on me disait « Ne te bas pas ! », « Une fille ne se bagarre pas ! ».

Dans le débat ringard organisé par Elle - « Le féminisme est-il ringard ? » -, l’anecdote venait rappeler combien la fabrication du genre « femme », de l'idéologie "femme" continue aujourd’hui dès les cours de récréation. Aujoud'hui encore, un code invisible s’installe dans la manière de se défendre, se battre, utiliser ses poings, sa rage, éviter ou accepter la violence. Dans sa façon de se penser en fille, pas en garçon, physiquement. Un jeune mec apprend jeune la bagarre, elle fait profondément partie de sa vie, ses relations à ses copains, sa manière de se comporter, dès les premères années - de plus en plus aujourd’hui, en banlieue, dans les lycées surpeuplés. D’innombrables « études sur le genre » françaises ont analysé ces phénomènes. Ils ne se sont pas tant ringardisés. Le processus de fabrication des archétypes n'a pas cessé. Isabelle Sorente s’amusait, au Salon du livre : « On devrait proposer des cours de self-défense aux filles dans tous les lycées.

Lire la suite

mercredi, 03 décembre 2008

"NOËL APPROCHE, PENSEZ AUX SEX TOYS". CONTE QUEER

673b7372e16ee131680329a1f9f82066.jpg

News News News. Aujourd'hui à Paris, une femme n'a plus besoin de se mettre des lunettes noires pour aller acheter un vibromasseur dans un sex shop discret de Pigalle ou de la rue de la Gaité. Elle achète un "sex toy" aux Galeries Lafayette, chez Sonia Rykiel, ou en consultant le large choix proposé par le catalogue de La Redoute. Les sites Internet bien achalandés, que ce soit "Chambre 69" ou la "Fun Factory", ou encore des boutiques comme "Soho" et "Why?" en vendent de toutes les catégories, à tous les prix. Dans certains milieux bourgeois éclairés, les réunions féminines pour choisir son sex toys ont remplacé les rencontres "tupperware" des années 1970. L'hiver dernier, le magazine féminin "Jalouse" offrait un vibromasseur en paquet cadeau avec un de ses numéros. Dans le feuilleton grand public "Sex and the City", les héroïnes parlent beaucoup de leur ami le "lapin vibrant" et les lesbiennes passionnées de "L World" montrent la large gamme des gadgets et dildos qu'elles utilisent - rivalisant avec les hommes par leur science phallique... vibrante et inépuisable. Le sex toy n'inquiète plus, n'est plus tabou, ou marginal : une histoire de pervers.  De plus en plus, la perversité s'assume, se déploie en réseau ou en rizhome. Le sex toy l'accompagne - avec toutes les autres technologies pornographiques qui déploient, multiplient les sexes, les genres et les plaisirs (de la chirurgie transexuelle aux cures d'oestrogène et de progestérone). Avec elles, nous sortons de la nature, mais nous trouvons la notre  - ou plutôt les nôtres, des identités sexuelles multiples et démultipliées - excentriques, bizarres : "queer" en anglais, la philosophie qui vient.

________________________________________________________________________________

A lire Testo Junkie. Sexe, drogue et biopolitique. Beatriz Preciado. Grasset (2008). Quatrième génération. Wendy Delorme. Grasset (avril 2008) La peste et l'orgie. Giuliano da Empoli. Grasset, 2006.

 

Lire la suite

lundi, 17 novembre 2008

JUDITH BUTLER. "LA CONFUSION DU GENRE"

n20777253440_1518.jpg
NEWS NEWS NEWS La philosophe américaine Judith Butler, considérée comme une figure de la "Queer theory", auteur du livre fondateur des "gender studies" américaines (les études sur le genre sexuel) avec "Trouble dans le genre " (La découverte), était de passage à Paris ce 13 novembre, invitée par l'Université Paris VIII. Judith Butler, qui occupe la chaire Maxine Elliot de rhétorique et littérature comparée à Berkeley (University of California), a donné une conférence sur le thème “Genre, Psychanalyse, Politique”, qui fut suivie d'un débat passionné et passionnant auxquels participaient de nombreux(ses) étudiant(es) et professeur(e)s - notamment Anne E. Berger, professeur de littérature, études féminines et genre ( Paris VIII), Elsa Dorlin, maître de conférences de philosophie ( Paris I), Françoise Duroux, professeur de philosophie et d'études féminines (Paris VIII), Michèle Riot-Sarcey, professeur d'Histoire et d'études de genre (Paris VIII), Nadia Setti, Directrice de Recherches, Littérature comparée et études féminines (Paris VIII). LE DERNIER ESSAI DE JUDITH BUTLER "DÉFAIRE LE GENRE" EST SORTI AUX EDITIONS AMSTERDAM EN JANVIER 2006. LA PHILOSOPHE AMÉRICAINE Y PARLE DU GENRE SEXUEL COMME UN "RITUEL QUOTIDIEN", S'INTERROGE SUR L'ÉTHIQUE DE CEUX QUI REJETTENT L'HOMOPARENTALITÉ, ET RÉFLÉCHIT À UNE SOCIÉTÉ PLUS "RESPIRABLE" POUR TOUS ET POUR TOUTES LES MINORITÉS. Je l'ai rencontrée à cette époque pour un portrait paru dans Le Monde 2 en mars 2006.

ESSAIS SUR LE FEMINISME

BIBLIOGRAPHIE

______________________________________________________________________

RENCONTRE AVEC JUDITH BUTLER AU CAFE ROSTAND...

...Peut-être ce perpétuel sourire contenu, ce regard scrutateur viennent-ils de là ? Judith Butler voit les promeneurs des jardins du Luxembourg, les clients du café Rostand – et vous-même –, leur manière d’être féminins, masculins, comme aucun philosophe avant elle. Elle les voit comme des acteurs malgré eux. Les comédiens d’une performance répétée chaque jour, presque à leur insu. Des interprètes plus ou moins conscients d’un rôle écrit d’avance, plein de citations obligatoires : incarner une femme, paraître un homme. " Chacun d’entre nous fait l’homme, mime la femme, à sa manière, explique-t-elle. Voyez ces hommes, ils déclinent le "dress code" des employés mâles, le costume, la cravate, les cheveux courts. Ce garçon, plus loin, porte des bijoux, les cheveux plus longs, mais il reste habillé en homme. Il ne porte pas des hauts talons ou une perruque, comme un homme de cour au xviiie siècle. Ils sont en représentation sans le savoir, ils jouent l’homme contemporain, cela se répercute jusque dans les détails, leur parfum pour homme, la montre d’homme. Devenir un homme est une performance quotidienne, répétitive. Et une femme aussi."...

Lire la suite

dimanche, 06 juillet 2008

JOSEPH FRITZL: "UN HOMME ABOMINABLEMENT NORMAL"

8bc710b76427687f429e4cfddfbc2d56.jpg

NEWS NEWS NEWS. Deux mois après la découverte d’Elizabeth Fritzl, séquestrée et incestuée pendant 24 ans par son père à Amstetten (Autriche), avec qui elle a eu sept enfants – eux-mêmes incestués - le psychiatre expert judiciaire chargé d’enquêté sur la personnalité de Jospeh Fritzl le décrit comme un « despote régnant par le terreur sur plusieurs générations de sa famille ». Il se refuse à parler d’un psychotique, comme plaide son avocat et lui-même, mais d'un homme très bien organisé, construisant des mensonges crédibles, menant une double vie discrète, ayant construit lui-même le studio où il enfermait ses victimes : « Il ne s’agit pas d’un malade, explique le psychiatre, car s’il l’était il n’aurait jamais pu imaginer et réaliser des plans aussi sophistiqués ».
Il arrive assez souvent que les affaires d’inceste révèlent des personnalités masculines autoritaires et violentes, des pères puissants faisant ployer leur entourage, comme l'a montré "Festen" (1998), le cruel film du danois Thomas Vinterberg. Ces hommes se prennent pour des chefs de famille, ou de tribu, à qui tout est dû, l’obéissance des femmes, des enfants, et le droit de cuissage – en quelque sorte l’archétype de l’homme dominateur poussé à l’extrême, du "maître" forçant les autres à le servir, jusqu’à remettre en cause un tabou social primordial, l’inceste.
Voici en éclairage, un reportage sur un fait divers incestueux survenu en France profonde, qui enrichira cette analyse sur la dimension « machiste » et « phallocratique » - pour parler comme les premières féministes – des personnalités masculines au coeur de ces affaires. À l’époque, au magazine Actuel, nous l’avions titré « Un monstre absolument normal ». Cette malheureuse histoire s’était déroulée dans un petit village de la Sarthe, au début de l’été 1986.

Lire la suite

mardi, 20 mai 2008

L'HOMOPHOBIE CONDAMNEE PAR RAMA YADE, SECRETAIRE D'ETAT. LES AMBIGUITéS DE NICOLAS SARKOZY SUR CES QUESTIONS

medium_567368822.jpg
NEWS NEWS NEWS. Ce samedi 17 mai, la secrétaire d'État aux droits de l'homme, Rama Yade, recevait plusieurs associations gays. Elle s'est engagée au nom de la France et du gouvernement à reconnaître la Journée internationale contre l'homophobie (Idaho) à laquelle appellent depuis des années la plupart des associations homosexuelles mondiales. Autre grande avancée de cette réunion avec les groupes LGBT (Lesbiennes-gays-bisexuelles-trans), la France luttera contre l'homophobie - toujours très répandue, (voir la carte ci-dessous) - sur la scène internationale. Autre promesse allant dans le même sens de tolérance : une déclaration pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité devrait être rédigée rédigée par le gouvernement avec les associations.
Rappelons qu'aujourd'hui encore, en France, l'homophobie n'est pas un mythe ou un fantasme victimaire d'associations gays. Souvenons-nous qu'en janvier 2007, la ville de Béziers a été pendant plusieurs mois le théâtre d'agressions homophobes très violentes. Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 janvier, un homme de 45 ans fréquentant le lieu de drague du parking de la Poste a été attaqué dans son véhicule par un partenaire qu'il venait de rencontrer, un jeune homme de 21 ans. La victime souffre de traumatisme du genou droit, d blessures faciales d'une fracture du nez et de la main gauche - 21 jours d'incapacité temporaire de travail (ITT). L'agresseur a été formellement identifié par un homme de 41 ans chez qui il s'était rendu en automne, après l'avoir croisé sur le même lieu de rencontre. Bilan: sept points de suture et des brûlures sur le corps. Un complice l'a aidé.

Lire la suite

mercredi, 30 avril 2008

ALBERT HOFMANN. LE PÈRE DU LSD DISPARAIT À 102 ANS, APRES AVOIR ETE FETE AU WORLD PSYCHEDELIC FORUM (BÂLE)

37f75a2466e7b34fbcbf7d7adc136f75.jpg

NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. LE CHIMISTE ALBERT HOFMANN, L'INVENTEUR DU LSD EST DECEDE LE 29 AVRIL D'UNE CRISE CARDIAQUE À BÂLE (SUISSE). IL AVAIT FAIT UNE BREVE APPARITION AU WORLD PYSCHEDELIC FORUM LE 21 MARS 2008 (BÂLE), Où SE RETROUVAIENT L'AVANT-GARDE DES CHERCHEURS SUR LES PSYCHOTROPES, QU'ILS SOIENT ANTHROPOLOGUES (RELIGIONS, CHAMANISME), MYTHOLOGUES, BOTANISTES, CHIMISTES, PSYCHOLOGUES OU PHILOSOPHES. En écho à cette disparition, voici un reportage au "LSD Symposium" de février 2006 à Bâle, où Albert Hofmann avait fêté ses 100 ans entouré de plusieurs miliers d'amateurs de psychotropes, jeunes de la génération techno comme anciennes figures du mouvements psychédélique, mais aussi de chercheurs en sciences humaines, de musiciens et d'artistes, ou de chimistes spécialisés dans les "design drugs". Une cérémonie émouvante, haute en personnages allumés. Albert Hofmann nous a raconté ce jour là comment il avait pris une dernière fois du LSD à 97 ans - et pourquoi. (publié dans Le Monde 2, mai 2006)
BIBLIOGRAPHIE HOFMANN

27cf6c53aa22570cca071a4f076aaf33.jpg

(Portrait de Albert Hofmann sur le site MAPS, l'association des études psychédéliques)

---------------------------------------------------------------------------------------

REPORTAGE AU LSD SYMPOSIUM, BÂLE, SUISSE...

-J’ai repris du LSD il y a trois ans. Une petite quantité… Albert Hofman parle, du haut de ses 100 ans, la voix claire.
-Il a bien dit " il y a trois ans " ? Il a pris du LSD à 97 ans ? C’est bien cela ?" La jeune journaliste de TF1 s'étonne, rieuse. Nous sommes avec Albert Hofmann dans la salle de presse du symposium " LSD. Problem child and wonder drug " (LSD. Enfant terrible et drogue prodige).
Albert Hofmann, continue en allemand, le plus sérieusement du monde, : " Je voulais tester une faible dose, elle pourrait donner un antidépresseur à base de LSD. Je pense qu’à notre époque où l’humanité devient toute urbaine, l’homme perd le contact avec la nature. Il ne ressent plus qu’il fait partie du monde, il n’éprouve plus son unité avec le vivant, il ne voit plus la splendeur de l’univers, alors il désespère..."
À 100 ans, Albert Hofmann réfléchit encore à un usage bénéfique du diéthylamide de l’acide lysergique, un alcaloïde tiré de l’ergot du seigle, le fameux "acide" de l’époque psychédélique chanté par les Beatles (Lucy in the Sky with Diamonds), aujourd’hui consommé pendant les "raves " et les festivals de musique techno - toujours complètement illégal. Le LSD qui vous emmène pour plusieurs heures " en voyage " dans votre psyché. En " trip ". Et parfois en " horror trip ", comme le rappelle à chaque fois Albert Hofmann - qui a raconté le sien dans son libre LSD, mon enfant terrible (éditions du Lézard, 1997).
E
n son honneur, ce 14 janvier 2006, quatre-vingts intervenants se succèdent dans les salles du palais des congrès de Bâle, des neuropsychiatres, des psychologues, des ethnobotanistes, des chimistes, des mythologues, des pharmacologistes, tous les chercheurs es-psychotropes de la planète, mais aussi des musiciens, des peintres, des éditeurs et quelques anciennes figures du mouvement psychédélique comme John Dunbar, le galeriste londonien chez qui Yoko Ono et John Lennon se sont rencontrés, ou Ralph Metzner, le pionnier de la recherche sur le LSD à Harvard avec Timothy Leary. Ils sont tous venus fêter le centième anniversaire d’Albert Hofmann, et discuter trois jours durant des dernières découvertes sur les plantes psycho-actives, les " drogues de synthèse", les " états modifiés de conscience " et les nouveaux médicaments anti-dépresseurs.

Lire la suite

08:15 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : lsd, audace, ego

lundi, 11 février 2008

CATHERINE MILLET NOUS PARLE DU VOILE

31e01fb563f0acd54303b5b38143fcb9.jpg

NEWS NEWS NEWS. 100 000 personnes ont manifesté samedi dernier à Ankara contre le projet de loi du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan qui vise à réautoriser le voile islamique dans les universités. Le port du foulard est aujourd'hui interdit dans les administrations et les écoles turques. Scandant « La Turquie est laïque, elle le restera », « Nous sommes tous des soldats d'Atatürk », les manifestants se sont rassemblés au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, le père fondateur de la Turquie moderne et laïque, qui interdît le port de symboles religieux dans la vie quotidienne... en 1923. Des dâtes qui rappellent combien les batailles d'idées sur le voile et la liberté des femmes ne sont pas l'apanage des odieux athées et républicains occidentaux - comme disent les fondamentalistes - mais qu'il secoue le monde musulman depuis le début du siècle. En Tunisie dans les années 1960, Habib Bourguiba dévoila lui-même des centaines de femmes au cours de grandes cérémonies, les encourageant à travailler et prendre des responsabilités publiques. En Algérie, le FLN a ouvert les universités et l'administration aux femmes.
En France, la loi promulguée par le gouvernement Chirac interdisant le port de signes religieux ostensibles dans les écoles a confirmé l'engagement républicain et laïc du pays - hélas remis en cause par les récents et  multiples signes de soutien au confessionalisme du président Sarkozy.
En regard de tous ces événements, que nous dit Catherine Millet, critique d'art et directrice de la revue Art Press, auteur d'un livre best-seller témoignant d'une liberté amoureuse et sexuelle revendiquée et gourmande ? Une rencontre faite à l'époque où les polémiques sur le voile faisaient rage en France.
-------------------------------------------------------------------------------------

Lire la suite

09:40 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voile, sexe

Toutes les notes