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Journalisme pensif - Page 9

  • "LE SOLAIRE FOURNIRA 100% DE NOS BESOINS D'ICI 2O ANS". ENTRETIEN AVEC L'EXPERT DES HAUTES TECHNOLOGIES, RAY KURZWEIL

    images.jpegNEWS NEWS NEWS. APRÈS LA TRAGÉDIE DE FUKUSHIMA, QUEL AVENIR POUR LE NUCLÉAIRE ? LE SOLAIRE...

    Ingénieur reconnu pour ses réalisations en intelligence artificielle et dans la conception de logiciels, Ray Kurzweil est un expert écouté du futur des technologies - meme si son optimisme déconcerte. Brillant étudiant du MIT de Boston, il a mis au point en 1974 un appareil pour les aveugles capable de lire un livre à haute voix. Il a inventé pour la star du soul Stevie Wonder un clavier capable de reproduire les instruments de tout un orchestre - dont le synthétiseur s’est inspiré. Il a beaucoup travaillé sur la reconnaissance vocale par ordinateur comme celle des lettres et du langage et conçu un traducteur simultané de l’anglais à l’allemand de haute qualité.

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  • LA SCIENCE DU BAISER

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    NEWS NEWS NEWS "The science of kissing", une somme sur les agitations biologiques et hormonales associées au baiser a envahi les rayons des librairies américaines. Nous y apprenons beaucoup des agitations chimiques, pas grand chose des passionnelles. Mais c'est intéressant...

    À quinze ans, l’âge des flirts poussés, je me suis toujours demandé par quel prodige je ne plantais pas mon nez dans l’œil de Gina, quand je l’embrassais. Et pourquoi, alors, cette jeune romaine me glissait sa langue au fond de la gorge ? Je n’avais pas lu The science of kissing de l’universitaire texane Sheril Kirshenbaum (Grand Central, 2011), une somme sur le baiser. Quand je me penchais vers Gina, au delà de mon grand trouble, j’ignorais mettre en route un calcul cybernétique inconscient évaluant la vitesse d’approche de ses lèvres moelleuses, corrigeant au fur et à mesure la trajectoire choisie. À peine étions-nous embrassés, les 6 principaux muscles de ma bouche entraient en action et 5 des 12 paires de mes nerfs crâniens responsables de l’odorat, la vision, le goût et des expressions de mon visage s’excitaient. Je me retrouvais pupilles dilatées, cœur battant car neurotransmetteurs et hormones, ocytocine, sérotonine, dopamine, adrénaline se joignaient à la danse, induisant leur chimie passionnelle. À cet âge déjà, ce n’était plus un bécot d’enfant, mais une véritable pelle. Une galoche d’ado. La gamelle de cinéma. C’est-à-dire avec la langue, cette couleuvre, ce pénis du haut, la langue et ses 10 000 papilles, les lèvres en mouvement et leurs terminaisons nerveuses, qui dépêchaient, je le sais maintenant, mille messages à mon système limbique, le centre des émotions et la volupté. Et si pendant ce temps Gina mordait mes lèvres, goûtait ma salive c’est qu’elle examinait inconsciemment, subtilement mon hygiène, mon système immunitaire et mes qualités de reproduction. Voilà sans doute la raison, analyse Sheril Kirshenbaum, du succès international du baiser. Plus qu’un apéritif, c’est un test expérimental effectué par un laboratoire suréquipé. Cela explique-t-il que Gina la romaine embrassait autant ? Pas seulement. Gare à toute explication toute biologisante. Le sociologue Edward T Hall a éclairci pourquoi les Italiennes étaient prises pour des allumeuses par les soldats américains après-guerre, et eux-mêmes pour des goujats par les filles. Elles embrassent facilement, les Italiennes, elles flirtent, mais cela ne signifie pas du tout qu’elles veulent coucher. Pour un Américain par contre, s’embrasser avec la langue vaut accord sexuel. Aussi un grand malentendu régnait… D’ailleurs, Gina m’a vite fait comprendre que je n’étais pas à son goût…

    (publié dans Le Monde Magazine, mars)

  • LE SIECLE DE GASTON GALLIMARD

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    (Toutes les images viennent du beau livre des editions Gallimard)

    NEWS NEWS NEWS Les éditions Gallimard fêtent le centenaire de la création des "éditions de la NRF" en 1911 par André Gide, quelques amis, et un jeune homme oisif et bibliophile, Gaston Gallimard... 

    « Il fut certainement le seul, au soir de sa vie, à pouvoir se permettre de feuilleter l’épais catalogue de sa maison d’édition en se disant : la littérature française, c’est moi. » Ainsi s'ouvre la biographie consacrée par Pierre Assouline à Gaston Gallimard (Points Seuil 2001). Beaucoup crieront à l’hagiographie, rappelant que la NRF refusa Céline, publia des journaux crapoteux comme Détective et Voilà, ou obéit à Vichy pour survivre sous l’occupation, il reste qu’en un siècle une belle part de la vie littéraire et intellectuelle française s’est passé là. Tout commence en 1909, André Gide est l’auteur courtisé des « Nourritures terrestres », avec cinq amis, il fonde la Nouvelle Revue Française ou Nrf et décide de publier une « collection blanche » d’ouvrages. Gide s’associe alors avec un « rentier bohème », bibliophile, Gaston Gallimard. Le 31 mai 1911, mettant chacun 3000 francs, ils fondent avec l’écrivain Jean Schlumberger les « éditions de la Nrf ». Elles éditent les écrivains qui vont marquer l’avant-guerre, Valery Larbaud, Léon Paul Fargue, Saint-John Perse, Roger Martin du Gard - mais refusent Marcel Proust. « Je ne quitte plus votre livre. Hélas ! Pourquoi faut-il qu’il me soit si douloureux de l’aimer ? Le refus de ce livre restera (…) l’un des regrets, des remords, les plus cuisants de ma vie » écrira André Gide le 11 janvier 1914 à l’auteur du « Temps perdu », dont les sept cents premières pages viennent d’être publiées chez l’éditeur rival, Bernard Grasset.

    Mais Marcel Proust reviendra… Il donnera à la Nrf « À l’ombre des jeunes filles en fleur », le prix Goncourt 1919.  

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  • "ADDICTION GÉNÉRALE". UN ESSAI DE LA ROMANCIÈRE ISABELLE SORENTE

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    (Photo Flora PRAXO)

    News News News La romancière Isabelle Sorente – « L », « Le cœur de l’ogre », « Transformations d’une femme » (Grasset) -  publie un essai important, « Addiction générale » (chez J.C Lattès).

    Elle y montre comment calculer tout ce que nous vivons, évaluer un profit immédiat, réduire le réel à des nombres rassurants, est devenu le sixième sens qui étouffe tous les autres -   notre empathie, notre compassion, notre colère,  nos désirs, nos amours tout ce que le philosophe et neurologue Antonio Damasio appelle "la raison des émotions". Calculer pour conjurer ce qui nous échappe, pour évaluer ce qui nous effraie, pour prétendre arrêter le désastre en cours est le rêve délirant d’Homo economicus. Notre pensée unique. La seule orthodoxie de "l'idiot rationnel" comme Amartya Sen appelle l'homme vu par l'économie classique. Une fausse rationalité, froide, qui se montre incapable de se projeter sur l'avenir  dans le qualitatif, mais surtout d'accepter l'incalculable, l’inestimable, autant dire la réalité elle-même, le vivant qui nous constitue, et pour commencer la biodiversité  - que notre calcul entend déjà chiffrer, estimer, titriser.

    Une pensée qui croit ligoter d'équations la destruction en cours,  elle-même déjà entropique, défiant notre arrogance, nos sciences, toutes nos prévisions par ses soubresauts et ses engrenages - mais dont elle fait des actions et des droits de polluer.  Plus effrayant encore, un système de pensée aveugle, abonnée au  court terme, une pensée totalitaire de "bolchevick du marché" comme dit Joseph Stiglitz, qui entend déjà, rapidement, faire des profits de la qualité de l’air, de l’eau potable, des forêts, autant dire des conditions mêmes de notre survie, nos biens communs. Un compte d'exploitation suicidaire oublieux de ce que l’homme a toujours conçu comme sacré - ce qui nous dépasse, nous transcende, comme cette Terre qui nous a été miraculeusement donnée, foisonnante et magnifique, comme les espèces vivantes, nos dieux d’hier, nos mythes, nos compagnons de toujours, exterminés industriellement - comme les humains enfin, qui doivent désormais justifier leur existence et leur rendement, réduits à une addition finale, en bas de la bottom line.

    Comment avons-nous pu nous mutiler l’esprit à ce point ? Céder à cette compulsion de répétition ? Cet aveuglement ? C’est tellement patent, nous dit, Isabelle Sorente : nous sommes accrochés au résultat. Drogués au calcul. Nous avons perdu la raison. 

    L’addition générale nous à mené à une addiction générale.

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    Isabelle Sorente est une amie, j’ai fondé avec elle la revue RAVAGES, aussi je n’insisterai pas. Je conseille aux lecteurs l'article et l'entretien que lui  a consacré le philosophe Pascal Coulon, auteur d’un livre remarqué sur l’addiction (Les groupes d’entraide. Une théorie contemporaine, L’Harmattan, 2010), par ailleurs enseignant dans les centres de formation médico-sociaux.

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  • "LE GRAND DÉSENCHANTEMENT". UN ENTRETIEN AVEC LE PHILOSOPHE BERNARD STIEGLER

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    NEWS NEWS NEWS Juste après l’échec des grandes manifestations d’octobre sur les retraites, avant la difficile conférence de Cancun sur le climat, que  beaucoup d'observateurs des désastres écologiques annoncent déjà, désespérés, vouée à l'échec comme le fut celle de Copenhague, alors que la crise économique n’en finit pas et les plans de rigueur se multiplient, voici un entretien à fois inquiet et tonique avec le philosophe Bernard Stiegler, fondateur du centre de réflexion Ars Industrialis, philosophe, auteur de l'essai « De la pharmacologie. Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue », (Flammarion,  octobre 2010).

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    Dans une cour des Halles, en face du centre Georges Pompidou, Bernard Stiegler reçoit dans une ruche de verre, toujours pleine d’étudiants, d’artistes numériques et de jeunes enseignants. C’est l’Institut de Recherche et d’Innovation (IRI), une association fondée à l’initiative du  philosophe par le Centre Pompidou, le Centre de Culture Contemporaine de Barcelone et Microsoft-France. L’enjeu est de croiser les recherches sur l’avenir des technologies de l’information et la communication - web 2.0, réseaux sociaux, etc – avec les problématiques des sciences humaines, l’éducation et l’apprentissage pour commencer. Bernard Stiegler a beaucoup étudié la dimension « cognitive » des nouveaux médias et d’Internet. Il a critiqué la télévision pour les enfants en bas âge, décrypté la manière dont la publicité joue sur l’affrontement entre les générations, ou encore le déficit d’attention des jeunes captés par les écrans. Parallèlement, Bernard Stiegler réfléchit encore aux questions d’économie politique et du « soin » dans nos sociétés. Dans son dernier essai, « De la pharmacologie » (Flammarion, oct 2010), il réfléchit à ce qui donne « le sentiment que la vie vaut d’être vécue », et constate qu’il se perd aujourd’hui, à un niveau massif. Face aux calamités qui frappent l’environnement, comme à la crise économique successive à l’effondrement financier de 2007, une sensation d’angoisse sur l’avenir se répand, doublé d’un sentiment d’impuissance. Ce sont les et les causes et les manifestations de cet état dépressif général que j'ai voulu discuter avec le philosophe... (entretien publié dans Le Monde Magazine)

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  • QUE SAIS-JE DU SEXE ? AUX PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE.

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    (Le détournement (ou jamming) des couvertures d'ouvrages pour jeunes comme la série "Martine" est désormais couru sur Internet)

    News News News. Un nouveau "Que Sais-je ?" (PUF) consacré au "100 mots du sexe". Quatorze auteurs. Chez tous, une référence : l'apport de la psychanalyse à la réflexion sur la sexualité

    « Abstinence, chasteté, adultère, allumeuse, amant, backroom, bain de minuit, baiser (le), bander, bonobo… », les premiers des 100 mots de la sexualité du dernier des « Que sais-je ? » (puf) montre un réjouissant mélange de désuétude et de modernité. On pourrait s’étonner d’y trouver en janvier 2011 les entrées « Fleur bleue » et « Songes impurs », mais bon, elles font suite à« Fist fucking » (ce « yoga anal ») et « Sodomie » (« Nulle relation qui l’ignore, homosexualité féminine comprise »). On y rencontre encore les très contemporains « String » (« Sa pudeur est son scandale ») et « Backroom » (« C’est le fond du fond »). L’ouvrage repère aussi combien la « libération sexuelle » (« d’abord celle des femmes ») s’est accompagnée de l’apparition de nouvelles normes contraignantes : « « Tu dois jouir » est devenu aussi oppressant que « Tu n’y toucheras pas ». » Mais il semble ignorer ce que les réflexions sur le « genre » doivent à Simone de Beauvoir et Judith Butler : au féminisme. Et tente de sauver la vieille « libido », qui réduit la sexualité à une « énergie ». Il n’empêche, on apprend beaucoup au gré de la lecture. Que l’orgie, « orgia », et l’orgasme, « orgê », offrent la même étymologie. Qu’à l’amour « en levrette » du français, l’italien préfère « alla picorina » (« comme une brebis ») et le Kama Sûtra la « denhuka » (« à la vache »). Et qu’un « sling » est une chaise suspendue pour club gay. Ajoutez quelques définitions cinglantes :  « Avec le sida, l’Enfer a repris des couleurs… », « Lolita est  un diminutif du prénom espagnol Dolores, qui signifie douleurs. », « La sexualité infantile est chez l’enfant comme chez l’adulte ce qui reste inéducable ». On s’étonnera d’un tel assortiment, mais en lisant la préface, l’aveu est fait : « la psychanalyse est la référence partagée et privilégiée des auteurs ». On comprend alors mieux pourquoi ils mêlent audace et notions éculées. Ainsi, quoique parlant avec subtilité du « fiasco » au lit (« Le fiasco est l’honneur de l’homme »), le livre néglige les nouvelles molécules favorisant l’érection et leur importance dans la sexualité d’aujourd’hui. Il est vrai que Freud aussi les ignorait, lui qui a avoué ne plus honorer sa femme passé 40 ans... 

  • LA PEUR DE L'AUTRE. ENTRETIEN AVEC L'HISTORIEN PAP NDIAYE SUR LA MONTÉE DE LA DROITE POPULISTE ET LE MULTICULTURALISME

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    NEWS NEWS NEWS Les musulmans sans mosquée assimilés à une armée d’« occupants », une progression des idées du Front National chez les militants UMP, les « apéros saucissons pinard » pour défendre la culture française, la loi Loppsi 2 autorisant tout démantèlement de campements de Roms, une ambiance délétère de défiance envers les étrangers se développe en France tandis qu’une extrême-droite islamophobe progresse dans toute l’Europe.

    Nous avons demandé à l’historien Pap Ndiaye, maître de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, auteur de « La condition noire » (Calmann-Levy) comment il analysait ces phénomènes de rejet de l'Autre et de l'étranger. Cet entretien a été réalisé quelques jours avant le démarrage des révolutions  tunisiennes et égyptiennes qui ont apporté un démenti cinglant à toute conception enfermant les habitants des pays du Moyen-Orient  - selon la théorie du "choc des civilisations" - dans une culture figée, qui serait à jamais anti-démocratique, intolérante et liberticide (publié dans Le Monde Magazine, janvier 2011).

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    ENTRETIEN

    Tous les jours le débat politique s’envenime sur la question de l’immigration. Cela ne va pas sans actes racistes …

    "En effet, le rapport 2009 de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme se dit préoccupé par l’ « augmentation alarmante » des faits à caractère raciste, xénophobe et antisémite en France, un phénomène également observable à un titre ou un autre dans la plupart des autres pays européens depuis quelques années. En outre, bien que depuis un demi-siècle, les idées et comportements tolérants et accueillants à la diversité aient progressé dans notre société, on entend trop souvent des propos racistes décomplexés, assumés sans fard et présentés comme relevant du « bon sens » et du « réalisme ». Le gouvernement français est d’une discrétion rare sur le sujet du racisme. Il est vrai que le ministre de l’intérieur a été condamné en première instance pour injure raciale, ce qui le disqualifie sur la question.

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  • SUR LA PLACE TAHRIR, LE CAIRE...

    NEWS NEWS NEWS MALGRÉ TOUTES LES MENACES, LES FAUSSES PROMESSES, LES FAUX DÉPARTS DU PRÉSIDENT HONNI, DES MILLIERS D'EGYPTIENS CONTINUENT D'OCCUPER LA PLACE TAHRIR ET APPELLENT À UNE NOUVELLE MANIFESTATION DE MASSE DEMAIN...

    APRÈS LA TUNISIENNE, LA REVOLUTION EGYPTIENNE CONTINUE...

  • RAVAGES, "LA REVUE MAUVAIS ESPRIT". LES QUATRE PREMIERS NUMÉROS RESSORTENT EN LIBRAIRIE

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    NEWS NEWS NEWS. La revue RAVAGES, fondée par Isabelle Sorente, Georges Marbeck et votre serviteur est de retour, consacrée cette fois à la "neuropolice" : la police scientifique, la police biométrique, la police génétique, la police des comportements, la police du cerveau, la police de la pensée. On y trouve encore des textes de Ruwen Ogien,  Harmut Rosa, Gérard Wajcman, des Big Brothers Awards... et un entretien outre-tombe avec Jean Genet.

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    LE MANIFESTE DE RAVAGES

    Nous avons reconnu l’omniprésence du ravage dans nos vies et nos pensées, comme des navigateurs reconnaîtraient soudain qu’ils sont entrés dans des rapides. Ni culpabilité, ni plainte ne nous seront d’aucun secours. Naviguer au milieu des tumultes exige de la précision. Observer le flux de matière ravageuse, ce qui nous ravage, par quoi nous ravageons.

    Ravagez la Terre, vous n’échapperez pas aux lois de la gravité.

    Ravagez la pensée, réduite à des récits infantiles, noyée sous les flux d’images, vous n’ôterez pas des esprits un seul rêve enragé.

    Une fausse logique voudrait nous faire croire que l’urgence économique ne rend plus rien possible, que la crainte du lendemain et l’immobilité. Mais il nous reste un droit, celui de choisir nos ravages, c’est-à-dire le courant qui nous emportera. Il y a dans le mouvement une joie ravageuse. Observer le vent, qu’il soit favorable ou contraire, naviguer entre les récifs et les abîmes ; et bien qu’il soit rude, apprécier le voyage.

    Isabelle Sorente

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