samedi, 26 avril 2008

MUHAMMAD YUNUS, PRIX NOBEL DE LA PAIX 2006 : "POURQUOI LA CRISE DES SUBPRIMES ? LES BANQUES ONT TROMPE LES GENS..."

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NEWS NEWS NEWS. Muhammad YUNUS, le fondateur de la Grameen Bank, la banque internationale consacrée au micro-crédit - qui a sorti de la pauvreté chronique plusieurs dizaines de millions de gens - était de passage à Paris pour présenter son essai consacré au "capitalisme social" (Vers un nouveau capitalisme. Lattès, 2008). Une occasion de s'entretenir avec cet économiste et banquier atypique, alors que le système mondial du crédit connaît une faillite historique, que plusieurs grandes banques américaines et anglaises se sont effondrées, la peur de la récession gagne l’Amérique, et des dizaines de milliers d’Américains se retrouvent poussés à la rue par les organismes prêteurs.
Que pense Muhammad Yunus de cette crise financière qui affecte durablement l'économie mondiale, et risque d'agraver encore l'appauvrissement général - les "émeutes de la faim" ont touché trente pays pauvres ces trois dernières semaines ? Comment analyse-t-il cet effondrement du système bancaire depuis la Grameen Bank, la banque des pauvres à laquelle aucun financier, aucune banque ne voulait croire - ni aider -, la Grameen Bank où les taux de remboursement dépassent les 95% depuis plus de 15 ans ?
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Elle s’appelait Sufiya Begum. Elle vivait dans une maison de terre, à la campagne, au Bangladesh. Elle fabriquait de jolis tabourets de bambou. Son mari, journalier, gagnait l’équivalent de quelques centimes d’euros par jour. N’ayant pas d’argent, Sufiya Begum vendait tous ses tabourets à un commerçant, qui lui échangeait contre un peu de bambou - c’était son prix. Un jour Muhammad Yunus vient la trouver, étonné qu’elle gagne si peu...
À cette époque, début 1980, après des études économiques aux Etats-Unis, le professeur Yunus doute. En 1974 et 1975, le Bangladesh a été ravagé par une terrible famine, et, raconte-t-il, il trouve alors «de plus en plus difficile d’enseigner d’élégantes théories économiques sur le fonctionnement supposé parfait des marchés libres, tandis que la mort ravageait mon pays ». Il passe à l’action, décidé endiguer la pauvreté dans la région de Jobra. Il ne comprend pas pourquoi elle est endémique. En discutant avec Sufiya Begum, il a une révélation. « Cette femme était étranglée par son prêteur. Il la condamnait à une sorte d’esclavage. Elle lui donnait toute sa collection de tabourets pour 25 cents, juste parce qu’elle ne pouvait acheter le bambou. Il lui manquait un crédit. J’ai mené une enquête. Quarante-deux villageois dépendaient des prêteurs. Tous auraient pu vivre de leur activité, avec un petit investissement. Il leur fallait, en tout, 27 dollars. Je les avais en poche… » L’idée de la Grameen Bank et du micro-crédit est née de ces rencontres.
Aujourd’hui, après 25 ans d’existence, la Grameen Bank et les organismes de micro-crédit ony aidé à sortir de la pauvreté 150 millions de personnes à travers le monde. Le professeur Yunus a obtenu le prix Nobel de la Paix en 2006. Depuis plusieurs années, il développe une nouvelle initiative à destination des exclus du monde économique : « l’entreprise sociale ». Il s’agit de lancer des business qui s’équilibrent, font vivre leurs employés, mais dont l’objectif est d’apporter un « bénéfice social ». Ainsi, il a créé au Bangladesh avec Franck Riboud, le p.d.g de Danone, la société Grameen Danone Foods. Elle vend aux habitants de Bogra des yaourts frais à bas prix, présentés dans des coques comestibles - et vitaminées. Elle permet de lutter contre la malnutrition et les carences alimentaires, et d’offrir des emplois locaux. Si l’initiative fonctionne, elle sera développée dans tout le pays. « Ce genre de petite entreprise sociale pourrait se généraliser, explique le professeur Yunus. Elle ouvre un nouveau type de marché, attentif à la pauvreté et aux besoins réels, qui va peut-être changer nos fondamentaux économiques."

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mardi, 08 avril 2008

JANE GOODALL. "CHACUNE DE NOS BOUCHéES CHANGE LA FACE DU MONDE"

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NEWS NEW NEWS JANE GOODALL publie chez Actes Sud un nouvel ouvrage "Nous sommes ce que nous mangeons". Née à Londres, en 1934, JANE GOODALL a bouleversé l'étude du comportement animal, en commençant par les chimpanzés dont elle a montré leur capacité à fabriquer et utiliser des outils. Son dernier livre est un cri d'effroi face à notre comportement alimentaire. Elle y révèle, suite à une enquête de plusieurs années, les grandes menaces qui pèsent sur les ressources naturelles à la base de l'alimentation de l'homme et des animaux : déforestation, surexploitation des sols, élevage intensif, pollution des océans tandis que la disparition des espèces s'accélère. Si le constat s'avère, hélas, connu, le mérite du livre du Dr Jane Goodall est de proposer des réponses immédiates. Une nouvelle politique agricole, une meilleure éducation alimentaire des enfants, un approvisionnement de proximité, la préservation des ressources en eau et en énergie, jusqu'au végétarisme
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« WOU ! HOU ! HOU ! HOU ! WOU WOU ! ». Jane Goodall crie à la tribune. Frêle silhouette, cheveux blancs, visage illuminé.
Les trois cents lycéens croulent de rire. «Elle vous a adressé un bonjour en chimpanzé» leur explique le traducteur. Les gamins, des tous jeunes, du CM2 à la troisième, repartent à pouffer. Ils viennent d’écouter sagement le discours de Monsieur le Ministre de l’éducation, Xavier Darcos, qui s’est excusé d’être si long. La tension se relâche. Bien vite un collégien demande la parole, Jane Goodall connaît-elle d’autres expressions en langage singe ? Elle se lève aussitôt, et lance. « Je vais vous raconter comment j’ai accueilli votre président au Gabon cet été. » Elle demande au traducteur de jouer le rôle de Nicolas Sarkozy. « Vous savez, explique-t-elle, marchant vers lui en se déhanchant, chez les chimpanzés, hélas, les femelles, hélas, doivent d’abord faire des signes de soumission pour aborder un mâle dominant… ». Elle avance baissant la tête, criaillant « HEU ! HEU ! HEU ! ». Puis elle se jette au cou du traducteur en poussant de joyeux gémissements.
« Cela veut dire « Bonjour Monsieur Sarkozy » ! »
Rigolade générale.

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dimanche, 09 mars 2008

FRANCOISE BARRE-SINOUSSI DE L'INSTITUT PASTEUR : "UN PAYS QUI PERD SA RECHERCHE EST UN PAYS EN VOIE DE SOUS-DEVELOPPEMENT..."

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NEWS NEWS NEWS. Vêtus de blouses blanches, les chercheurs ont marché dans toute la France à l'appel du collectif "Sauvons la recherche". A Paris, il ont fait un "bombardement aérien" du ministère de l'éducation avec des avions en papier portant leurs revendications. Dans les rues, ils ont dressé un grand mannequin habillé d'une blouse de laboratoire, chaussé de sandales noires et portant l'inscription "Recherche et universités publiques, espèces en danger". Ils brandissaient des banderoles "1 poste fixe à Bac+20, 1er enfant à 40 ans", ou encore "La recherche française produit des chercheurs... d'emplois". Le 4 mars, six cent directeurs de laboratoire se sont réunis au Collège de France pour réaffirmer l'autonomie de la recherche fondamentale face au politique, et demander une hausse des financements, regrettant que beaucoup de chercheurs français quittent la France faute de moyens - espérant au mieux un CDI à 40 ans. Le mouvement a démarré sur un coup de colère, comme celui de l'hiver 2004, suite à la "feuille de route de la Recherche" proposée par la ministre Valérie Pécresse. D'après quelques directeurs de recherche interrogés, une réelle désillusion frappe aujourd'hui les chercheurs suite à toutes les promesses faites et non tenues depuis 4 ans. Il devient de plus en plus difficile de trouver des "post-docs" et des jeunes chercheurs motivés, que ce soit dans les sciences dures et les sciences humaines - soit ils cherchent des activités plus lucratives, ou encore rejoignent des laboratoires aux Etats-Unis ou en Allemagne. Une situation grave pour la recherche française
En regard de ce mouvement et des débats qu'il soulève sur la statut de la recherche française, voici l'histoire éclairante d'un des laboratoire les plus connus de l'Institut Pasteur, celui qui identitifia en mai 1983 le virus du sida VIH1. Défiant les laboratoires américains et leurs budgets colossaux, Françoise Barré-Sinoussi et son équipe ont réussi cette prouesse en dehors de sentiers battus de la recherche, isolés, mal considérés par les politiques, avec les moyens du bord, attachés à suivre la démarche qui leur semblait la plus juste. Pour le Monde 2, nous avions rencontré Me Françoise Barré-Sinoussi en mars 2004, tandis que le mouvement "Sauvons la Recherche" battait son plein. A l'époque, elle disait : "Avec la politique actuelle, nous n'aurions même pas été financés". Aujourd'hui la recherche française affronte les mêmes menaces qu'en 2004 : remise en cause de la recherche fondamentale, crédits en berne, démantélement du CNRS. BIBLIOGRAPHIE RECHERCHE
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INSTITUT PASTEUR, METRO RAGE...
...A l'entrée de l'Institut Pasteur, en ce 1er mars 2004, trois jeunes chercheurs distribuent un tract encadré de noir, un faire-part. Ils appellent le personnel et les passants à se retrouver le surlendemain à la station de métro Pasteur, qu'ils entendent rebaptiser «Rage». Ils prévoient aussi, par une action symbolique, "d'enterrer la recherche" en grande cérémonie. Une chercheuse en biologie, parka vert, énervée, 35 ans, interpelle les passants: «N'apportez ni fleurs ni couronnes. Venez avec un brassard noir. Pasteur en personne sera présent.» Métro "Rage". Aujourd'hui le mot court parmi les chercheurs français. Ils l'ont, la rage.

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jeudi, 28 février 2008

TONI MORRISON, PRIX NOBEL DE LITTERATURE, SOUTIENT BARACK OBAMA

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News News News Une des grandes figures de la littérature afro-américaine, Toni Morrison, prix Nobel de Littérature, apporte son soutien au sénateur de l'Illinois Barack Obama dans la course à la présidence américaine. Dans une lettre ouverte diffusée le 29 janvier, elle dresse un portrait enthousiaste du jeune candidat. "En plus d'une intelligence aiguë, écrit-elle, de l'intégrité et d'une authenticité rare, vous faites preuve de quelque chose qui n'a rien à voir avec l'âge, l'expérience, la race ou le sexe, et quelque chose que je ne vois pas chez les autres candidats. Ce quelque chose est une imagination créatrice associée à la sagesse (...) La sagesse est un don, on ne peut pas s'entraîner pour l'obtenir, l'apprendre dans une classe, ou la gagner sur le lieu de travail - tout cela peut encourager l'acquisition du savoir, pas de la sagesse."
En sept romans magnifiques, Toni Morrison a obtenu le prix Nobel de littérature. Son huitième, "Love" (Christian Bourgois), a séduit le public, tant en Amérique qu'en France. Pendant l'entretien qui quit, fait chez elle à New York l'hiver 2005, elle parle des magiciens qui s'envolaient des champs de coton pour échapper à l'esclavage, de Fats Waller et la naissance du jazz, et du "lamentable régime de Georges W Bush" (publié dans Le Monde 2)
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A NEW YORK, QUARTIER DE SOHO...
"Ma grand-mère jouait au loto avec mes rêves. Elle me demandait de les raconter, puis elle les traduisait en chiffres qu'elle allait jouer dans les loteries clandestines. Je lui racontais un rêve de mariage, elle consultait un livre d'interprétation, et elle composait des numéros du loto. Un mariage, c'était deux plus un, trois. La mort de quelqu'un c'était zéro. Des fois, j'inventais des rêves extraordinaires, pour lui plaire. Elle adorait que nous brodions des histoires, ma sœur et moi, toute la famille. Le soir, nous improvisions, des aventures de dragons, des blagues, des intrigues amoureuses, nous rivalisions. Grand-mère nous mettait des notes. Parfois, à une bonne histoire, tout le monde applaudissait..."
Elle ressemble à une chanteuse de gospel. Coffre, charisme, puissance. La voix impressionne. Profonde, basse. Elle fait sonner chaque phrase, elle la détache, comme si elle lisait un texte. Non qu'elle s'écoute, elle aime les mots. Elle aime le langage. Elle vous envoûte.
"Mes rêves pour le loto de grand mère… Ce furent peut-être mes premiers récits d'imagination. Je les fabriquais de toutes pièces, des histoires magiques, des personnages fantastiques, l'enfance baigne dans la magie... Mes premiers, tout premiers écrits ? C'était à la craie, dans la rue, j'avais quatre, cinq ans, avec ma sœur, nous recopions sur le trottoir les phrases obscènes écrites sur les murs, dans les toilettes, nous les réécrivions par terre, ça nous faisait rire ! "

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dimanche, 17 février 2008

ISABELLE YASMINE ADJANI

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NEWS NEWS NEWS NEWS NEWS Après un retour remarqué sur les planches en 2007 dans "Marie Stuart" au Théâtre Marigny de Paris, Isabelle Adjani renoue avec le cinéma en cette année 2008. Elle doit jouer dans un film de Yamina Benquiqui, Le "Paradis C’est Complet", où elle incarnera une ministre issue de l’immigration souffrant à s’imposer du fait de ses origines maghrébines. Elle doit ensuite rejoindre la réalisatrice Isabelle Mergault, auteur du succès inattendu de 2006 "Je vous trouve très beau". Enfin, Isabelle Adjani devrait tourner avec le cinéaste Abdellatif Kechicke, l'auteur du remarqué et remarquable "La graine et le mulet"
En regard de ce retour en force d'Isabelle Adjani, cet entretien sur la part méconnue, méditerranéenne, algérienne de sa personnalité - qui ne serait pas absente de son talent tourmenté - réalisé en novembre 1988 pour le magazine Actuel, au moment de la sortie de "Camille Claudel" de Bruno Nuytten, son dernier grand rôle au cinéma.
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20 NOVEMBRE 1988. ISABELLE ADJANI REVIENT D'ALGÉRIE, Où ELLE A RENCONTRÉ LE MOUVEMENT DES DROITS DE L'HOMME
...Ce vingt novembre, Adjani était très énervée. Elle venait de voir à la télévision un grand acteur, connu et de gauche. Il laissait entendre que l’intérêt subit qu'elle manifestait pour les Droits de l'Homme et l'Algérie coïncidait trop bien avec la sortie de son film, Camille Claudel. Cet homme, dont nous tairons le nom, parlait certainement par ignorance.On la voyait blessée, vraiment blessée, Adjani. " Qu’est-ce que j’y peux ? Je n’allais pas repousser les émeutes d’Algérie pour qu’elles tombent à un meilleur moment ! " C’est vrai, Isabelle Yasmine, mais les langues sont souvent perfides quand elles se mettent à vibrer pour une star.

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mardi, 29 janvier 2008

JOSEPH. E. STIGLITZ, PRIX NOBEL d'ECONOMIE, CONTRE "LES BOLCHEVIQUES DU MARCHE"

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NEWS NEWS NEWS. Les socialistes, ou encore le groupe ATTAC, moquent la décision de Nicolas Sarkozy de faire appel à deux grands économistes non "classiques", opposés aux "néo-libéraux", Joseph Stglitz et Amartya Sen, pour définir de "nouveaux instruments de mesure de la croissance". Les socialistes disent que le président veut "changer le thermomètre" alors que toutes ses promesses s'effondrent : le pouvoir d'achat recule, la croissance n'est pas au rendez-vous, la volonté de "prendre aux pauvres pour donner aux riches" - comme le montre de façon assez convaincante l'excellent Observatoire des Inégalites - devient chronique. ATTAC, toujours très militant, rappelle que le CNIS, le Conseil National de l'Information Statistique, déjà chargé d'une mission similaire se retrouve écarté par la nouvelle mission confiée aux deux prix Nobel. Or le CNIS travaille dans la concertation, prend le poûl des ong et des acteurs sociaux, s'appuie sur les travaux de l'Assemblée Nationale. D'où le point de vue radical d'ATTAC : " Si les travaux de la commission Stiglitz ne s’inscrivent pas dans le cadre du CNIS et ses règles participatives, si la société civile n’est pas fortement représentée, les experts que l’on contactera pour en faire partie devraient adopter (...) même s’ils apprécient les travaux et la personnalité de Joseph Stiglitz, une position logique : le boycott."
Au delà de cette polémique, un entretien fait pour Le Monde 2 avec Joseph Stiglitz en février 2004, juste après qu'il ait été invité par le Forum Social de Bombay (altermondialiste), puis le Forum Economique Mondial de Davos (où se retrouvent les plus grands dirigeants d'entreprise et leaders politiques). Réinvité à Davos cette année, poursuivi par une cohorte de journalistes, l'économiste a déclaré doctement : "le temps libre fait partie du niveau de vie.". Ajoutant, ce qui ne devrait pas plaire aux partisans de l'obsessionnel (et tautologique) "travailler plus pour gagner plus" : «Les Américains travaillent plus longtemps que les Français. Mais leur bien-être en est-il meilleur ? Quand on n'a pas de temps libre, on ne voit jamais sa famille !» Faut-il être prix Nobel d'économie pour faire cette fracassante découverte ? Pourqu'elle soit entendue, sans doute.

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lundi, 14 janvier 2008

TASLIMA NASREEN. NI DIEU, NI MAÎTRE

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 NEWS NEWS NEWS. Taslima Nasreen, écrivaine bengladeshi, a reçu le 9 janvier le premier prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes. À cette occasion, elle a présenté un texte où elle décrit la situation d'isolement et de mépris où elle est maintenue aujourd'hui en Inde, où elle s'est refugiée (Le Monde du 11 janvier). À la fin novembre 2005, déjà en exil, condamnée à mort dans son pays par une fatwa, Taslima Nasreen recevait à Paris le Prix Madenjeet Sing consacré à une personnalité luttant pour la tolérance (attribué aussi à l'opposante birmane Aung San Suu Kyi).
Voici un entretien avec Taslima Nasreen, médecin et écrivaine se revendiquant "athée", matérialiste, refusant tout compromis avec ceux qui l'ont attaquée, défendant envers et contre tous les plaisirs et la liberté des femmes, comme la liberté de critiquer toute religion et tout prophète (publié dans Le Monde 2, mars 2005)

BIBLIOGRAPHIE TASLIMA NASREEN
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"ATHÉE, ATHÉE, ATHÉE !"

-Le dernier volet de votre biographie, "Dwikhandita", "Coupée en deux", a été interdit en Inde, après le Bangladesh. Quelles sont les raisons invoquées par le gouvernement indien ?

-Ils disent que les pages 39 et 40 heurteraient la sensibilité religieuse des minorités musulmanes. Qu'il y aurait des émeutes chez les musulmans indiens, et que cela dérangerait l'ordre public. Je ne peux pas croire que les Musulmans se sentent assez faibles, ou alors ne soient pas assez puissants, cultivés et civilisés pour que deux pages d'un livre écrit par une femme les menacent !

-Qu'écrivez-vous dans ces deux pages ?

-Je reprends quelques idées que j'avais déjà avancées lorsque le gouvernement bengladeshi a fait de l’islam la religion d’Etat. J'affirme qu'il n'a aucun besoin d’une religion d’Etat dans notre pays, et nulle part, car la religion est une affaire personnelle. Ensuite, je rappelais quelques histoires assez drôles, et très connues, concernant le prophète Muhammed. Cet homme était viril, il a épousé de nombreuses vierges, et il avait l’habitude d'avoir une femme différente chaque nuit. Or un jour que sa cinquième épouse, Hassa, était chez ses parents, Muhammed entraîna une servante dans sa chambre. Mais Hassa rentra chez elle, et constata l'inconduite de Muhammed. Elle rameuta alors les autres femmes pour leur dire que Muhammed avait mal agi. Mécontent, le prophète lui dit que si elle continuait à se comporter ainsi, il allait la répudier et prendre une épouse plus dévouée. Puis il ajouta qu’il n'allait pas voir la servante pour lui-même, mais parce que Allah lui demandait d’agir ainsi. Autrement dit, à chaque fois que Muhammed a des problèmes, Allah le commande. Voilà comment se comporte le messager de dieu ! J’ai juste rappelé cette histoire, je ne l’ai pas inventée, vous pouvez la retrouver dans tout livre sur le prophète. C'est trop facile d'agir mal en se réclamant de dieu ! Le gouvernement indien a interdit le livre à cause de cette histoire, craignant que les fondamentalistes musulmans attaquent les librairies, comme ils l'ont déjà fait quand j'ai publié "La Honte".

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mardi, 08 janvier 2008

LEONARDO DICAPRIO PRODUIT "LA ONZIEME HEURE", UN DOCUMENTAIRE ECOLOGIQUE CHOC

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NEWS NEWS NEWS « La Onzième heure », le documentaire écologique très visuel et très didactique produit par Leonardo DiCaprio était présenté le 8 janvier à l’Assemblée Nationale française par le leader écologiste Nicolas Hulot en présence de nombreux députés et de Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée. Un succès pour un film "fait à la maison", avec très peu de moyens, diffusé en Europe par la Warner sur Internet en V.O.D (vidéo à la demande).

Reportage sur les coulisses du film, que l’acteur présentait l’été dernier à Los Angeles (publié dans Le Monde 2, janvier 2008).

Comment télécharger le film. Sur le site de la Warner (sous peu) : http://www.warnerbros.fr/main/homepage/homepage.html 

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L’inquiétante affiche du film « La Onzième heure » vous accueille. Une grande photo de la Terre écrasée par une empreinte de chaussure sale. Elle donne bien le ton du documentaire produit, voulu par Leonardo DiCaprio, présenté la veille dans une petite salle de Rodeo Drive, Los Angeles, devant plusieurs dizaines de journalistes du monde entier. Beaucoup en sont sortis en état de choc. « La Onzième Heure », entendez « la dernière heure terrestre», commence par une rafale d’images éprouvantes. Glaciers s’effondrant, tsunami déferlant, l’œil du cyclone Katrina se déplaçant, tempêtes ployant les arbres, maisons arrachées, hommes emportés par les eaux. Vous vous dites, cela va s’arrêter. Mais non. Les trois quarts du film consistent en ce déferlement d’images dévastées. Avec les bruits réels, les commentaires des JT. Elles sont montées en séquences thématiques. Réchauffement. Déforestation. Océans malades. Désertification. Pollution des fleuves. Contamination de l’air. Extinctions animales. Nous connaissons hélas la chanson. Dans « La Onzième Heure », nous voyons le clip. Frappés presque physiquement. Sauf que ce clip est un documentaire. Entre chaque cascade d’images, un scientifique, un chercheur, une responsable de fondation, ou encore DiCaprio (en narrateur) interviennent. Beaucoup sont des poids lourds. Le physicien et cosmologiste Stephen Hawking. Le prix Nobel de la paix 2004, la kenyane Wangari Maathai du mouvement « La ceinture verte ». Le généticien canadien David Suzuki. L’architecte de l’« écologie industrielle » William McDonough. L’océanographe William J. Nichols. Tzeporah Berhman, le fondateur de « Forest Ethics ». Et 50 autres. Experts. Ecologistes scientifiques. Entrepreneurs verts. Tous, à travers des interventions courtes, établissent le diagnostic des maladies planétaires, écosystème par écosystème.

« La Onzième heure » continue le travail explicatif du film d’Al Gore « Une vérité qui dérange ». Seulement nous ne sommes plus dans une conférence « power point » sur le réchauffement, nous assistons à la suite de la démonstration : la Terre entière court au désastre, en premier lieu l’humanité. Le film tente d’apporter des réponses à des questions cruciales. Comment les leaders en sont arrivés à refuser d’entendre les scientifiques ? Quelles conceptions de l’économie, du statut de l’homme sur Terre, de la nature, sous-tendent une telle crise? Les chercheurs proposent leurs analyses. Pas toujours faciles. Le généticien David Suzuki explique combien notre « gros cerveau » nous a joué un mauvais tour, nous faisant croire que nous sommes géniaux, hors la nature, alors que nous sommes une combinaison de « grand singe » et de « bactéries ». L’économiste Nathan Gardens, décrit comment la révolution industrielle a détruit les formes de vie qui se renouvelaient d’elles-mêmes. DiCaprio se défend : « Ce ne sont pas des sujets  où vous nourrissez le public à la petite cuillère, en leur servant de la nourriture prédigérée pour enfant ».

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jeudi, 29 novembre 2007

ADIEU FRED CHICHIN, LA MOITIE DU DUO DES RITA MITSOUKO. C'EST LA MORT QUI T'A ASSASSINé.

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NEWS NEWS NEWS. Nous apprenons le décés brutal de Fred Chichin, l'auteur-compositeur des Rita Mitsouko, qui était un ami. Avec Catherine Ringer, sa compagne, leur duo restera sans doute comme le foyer de création le plus novateur, le plus explorateur de la chanson française depuis Serge Gainsbourg. Il faut les avoir vus et entendus en action dans les studios de Radio Nova, à la fin des années 1980, multipliant les recherches et les audaces, alliant le rock et l'électro, la gouaille de la chanson française et le groove, toujours - eux, ces grands pionniers du "home studio". Adieu Fred, tu as vécu tant de vies en une seule, tu restes un modèle pour tous ceux qui cherchent inlassablement.
Ci-dessous, une rencontre avec les "Rita" trois ans auparavant, quand ils reprenaient avec l'orchestre symphonique L'Amoureux des chansons de Léo ferré, Trenet, Gainsbourg et quelques unes des leurs. Un disque a suivi, et une soirée mémorable au Cirque d'Hiver de Paris. C'était un an avant la sortie de "Variety" paru en avril 2005 chez Because Music. L'album, était produit par les Rita Mitsouko et Mark Plati, le réalisateur New Yorkais des albums de David Bowie, Brazilian Girls, Louise Attaque. Un album international : 12 titres en anglais dont "Terminal Beauty" en duo avec Serj Tankian, le chanteur du groupe américain System of Down - ajoutez plusieurs morceaux en français, et l'un en mandarin. Rock, "Variety" l'est : rock français même, façon "Noir désir" quand l’harmonica s’invite sur le roll . Des mélodies, des trouvailles, l'énergie, et la Ringer toujours lyrique, grinçante - inimitable.

À l'époque Fred Chichin m'avait confié qu'il avait été très malade - un cancer - et failli y passer. Il en parlait calmement, courageusement, avec ce regard lumineux, fraternel, tellement plein d'humour et de chaleur qu'avait Fred Chichin. Il disait : "Je n'ai pas peur, je me suis rendu compte que je m'en foutais, que j'avais déjà bien vécu. Je n'ai tenu le coup que pour les enfants, pour eux d'abord, pour les enfants et pour Catherine..." Et puis Sa Saloperie le Cancer est revenu, "foudroyant" disent les dépèches. J'embrasse ici, affreusement triste, Catherine et les enfants.   

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 LA VOILA, CATHERINE RINGER...
...La voilà, la hanche nonchalante, une étincelle de gaieté dans l'œil, la voix moqueuse tout de suite, cette voix qui explore les basses profondes, puis en une seconde monte haut, très haut. La voix tordue de Catherine Ringer. La voilà... Elle porte un pantalon et un pull prune pas trop accordés, aucun maquillage, les cheveux tirés en arrière, une dégaine hésitant entre les Deschiens et la rockeuse grunge. Sur le col du pull, une longue tache de graisse. Elle se fiche des fringues, de la présentation, même pour un entretien, Catherine Ringer. Les marques, le look, l'ostentation, la girl culture tout ça n'a jamais été son truc. Elle est trop femme, trop créature, trop apache. L'allure, la force, le sexy, le théâtre, elle les possède à l'intérieur  pas besoin de frimer...

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lundi, 15 octobre 2007

ANTHONY GIDDENS. LE GRAND SOCIOLOGUE CRITIQUE UNE "GAUCHE FRANCAISE CONSERVATRICE".

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NEWS NEWS NEWS
Il a été vilipendé par le P.S quand il écrivait « La troisième voix. La rénovation de la social-démocratie» (Seuil), où il proposait une alternative à la vieille pensée sociale-démocrate, peinant à penser le réformisme social  à l'intérieur d'une société de marché. Ses essais politiques ont contribué à la création du « New Labour » de Tony Blair comme au recentrage de Bill Clinton et du parti démocrate américain. Il publie aujourd’hui un ouvrage polémique prenant la défense du « modèle social européen » (Hachette).

Le grand sociologue Anthony Giddens répond à nos questions sur la crise d'une gauche française qu'il juge "conservatrice" - et sur les idéaux toujours d'actualité de la pensée "progressiste", tolérante et sociale (article publié dans Le Monde 2 du 5/10/07)

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