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sexe - Page 3

  • QUAND LES HOMOS SORTAIENT DU PLACARD (1)

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    (Marche des fiertés homosexuelles dans Paris. Les photos de cet article proviennent de gay prides récentes. DR. Site Pour ton info)

     

    NEWS NEWS NEWS. SAMEDI 25 JUIN 2005. 500.000 PERSONNES SONT ATTENDUES À LA MARCHE DES FIERTÉS HOMOSEXUELLES

    JANVIER 1981. LES HOMOS COMMENçAIENT LEUR "OUTING" ET S'INSTALLAIENT OUVERTEMENT DANS DES QUARTIERS DES GRANDES CAPITALES AMÉRICAINES ET EUROPÉENNES. RÉCIT DE CETTE DIFFICILE ÉPOQUE PIONNIÈRE (PUBLIÉ DANS ACTUEL JANVIER 1981)

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    REPORTAGE

    ...Les mâchoires serrées, Roland Crumpley ralentit en arrivant au carrefour de Washington Street. La rue était déserte et la nuit noyait les quais de I'Hudson toute proche. Deux hommes tournèrent juste devant sa Cadillac en se tenant par la taille. I1s portaient les épais blousons d'aviateur et les casquettes d'officier des pédés. cuir new-yorkais. Crumpley les suivit lentement et, de sa main libre, il saisit la mitraillette sur la banquette arrière. Arrive a leur hauteur, il freina brutalement et sortit en trombe : " Je vais vous crever, sales tantes ! ", hurla-t- il. Il lâcha une rafale. Les deux hommes, Richard Huff, trente ans, et René Matute, vingt trois ans, s'écroulèrent. Ronald Crumpley remonta a toute vitesse dans la voiture et fonça deux blocs plus loin, vers les lumières tamisées du Ramrod. La " queue ravageuse ", un des plus célèbres bars cuir du Village. I1 allait massacrer ces enculés, Une rage froide lui tordait les tripes. Il rêvait de cet instant depuis si longtemps.

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  • QUAND LES HOMOS SORTAIENT DU PLACARD (2)

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    (suite du reportage publié dans ACTUEL en février 1981)

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    WHO KILLS GAY ?

    A peine sortis du Ramrod, le vent glacial de West Street mord les tibias et nous nous précipitons chez Underground, la boutique sado-maso toute proche. Robinson Torres, un géant gros bonhomme de quarante ans, coiffé d’un chapeau de cow boy blanc, nous reçoit. Deux pinces d'argent reliées par une chaîne agrippent ses énormes tétons. Il lit le dernier Soho News, le journal branché de New York, qui titre: " Who kills gays ? " Qui tue les pédés ?
    Un client interrompt Robinson. C'est un homme de soixante ans, cheveux blancs, le costard banal. Style vieux fonctionnaire. Il hésite au milieu des somptueux harnachements de cuir : fouets aux lanières tressées, cravaches garnies de fourrure, liens de toutes sortes, ceintures cloutées d'argent, slips ornés de têtes de mort. Il s’arrête devant la vitrine des cagoules. Robinson intervient :
    " Je peux vous aider ? Vous voulez un masque de bourreau : les yeux, dégagés, la bouche fermée. Ou celui de l’esclave : la bouche ouverte, mais aveuglé. "
    Le vieil homme s'esclaffe : " Les deux. "
    Robinson lui fait un paquet et le type se tire. Robinson nous jette un oeil ironique. Il a repéré notre surprise :
    "Ne vous affolez pas. Vous autres les Français vous n'êtes pas très habitués au théâtre cuir. On se pince, on se fouette, on simule de terribles scènes de torture mais tout ça n'est pas méchant. C'est une affaire de cinéma mental. Pure imagination. "
    Très fier de la leçon, Robinson commence à nous faire la réclame :
    "Vous ne trouverez jamais des gadgets comme ceux-ci à Paris, nous assure-t-il. Chacun a une utilité précise. Voici un inhalateur de poppers parfaitement étanche. Et une ceinture de chasteté gay, en forme de cœur. Regardez, le plastique colle exactement à l’anus. On voit a travers, mais on ne touche pas ! Ce slip est tout nouveau. Un zip par derrière. Un anneau par devant pour bloquer l’éjaculation et limer des heures durant. "
    Nous l'arrêtons avant qu'il ne déballe son magasin. Il réussit quand même à sortir une petite brochure :
    " Vous connaissez le manuel du " fist-fucking " ? Tous les Européens l'achètent. "
    Si tout le déploiement sado-maso, les fouets, le bondage sont répandus depuis longtemps, aucune civilisation a pratiqué le " fist-fucking ", la baise par le poing pratiquée comme un art - absolument moderne. Le manuel vante l'art du lavement à l’eau parfumée et préconise de lubrifier l'anus avec de la gelée anglaise fruitée. Je demande à Robinson Torres.
    " Vous avez déjà essayé ?
    -Je suis trop vieux. J'aurais trop peur de m’esquinter. Imaginez seulement qu’in vous caresse les organes par l'intérieur. Miam...
    -Beaucoup le font ?
    -Au Mineshaft, la boîte cuir des quais de l'Hudson, j'ai vu des mecs se faire mettre deux poings.
    -Sans dommage ?
    -On risque un relâchement du sphincter. Une belle bite après ça ne vous fait pas plus d’effet qu'une allumette. "
    Robinson glousse. Il se verse un cinquième bourbon et commence à reluquer Alain, notre photographe, d'un oeil trouble. Le voilà qui s’emporte :
    " Tu as un mignon petit cul toi, le photographe, laisse-moi voir ça. "
    Gêné, Alain ricane. Sans prévenir, Robinson lance sa gigantesque pogne poilue et lui agrippe le fessier .
    " Allons, allons, se défend Alain, un peu de tenue. "
    La trogne épanouie, Robinson n'insiste pas. On trisse. Dans la rue Alain m'avoue :
    -J'ai compris ce que pouvaient ressentir les femmes quand on les drague sans arrêt, leur mate le cul, les vanne... "

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