Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

sexe - Page 3

  • MARIE-FRANCE HIRIGOYEN. "LA SOLITUDE N'EST PLUS CE QU'ELLE ETAIT"

    e33f7656daba11bd5a9fd37c34ddc86e.jpg
    (Toutes les photos : Gaelic photographe / gaelic@rugama.co)

    News News News. L'essayiste et psychanalyste Marie-france Hirigoyen, qui s'est faite connaître en analysant les effets dévastateurs du "harcélement moral" dans les couples et en entreprise (Ed Syros), publie une intéressante enquête consacrée aux "nouvelles solitudes" (Ed La Découverte). L'ouvrage révèle comment la solitude est devenue beaucoup plus commune et mieux acceptée qu'au siècle dernier (même si elle reste douloureuse et parfois décriée ou moquée), comment la figure de la "vieille fille" et du "vieux garçon" disparait au profit d'une solitude vécue comme une étape, un passage obligé, parfois un choix, sinon un moment de retrouvailles avec soi et d'initiation, dans nos vies amoureuses beaucoup plus longues et agitées qu'au cours du XIXe sicèle, ou de la première moitié du XXe siècle.

    Enquête auprès de ces "nouveaux solitaires" et entretien avec Marie-france Hirigoyen

    -------------------------------------------------------------------

    Grande, rousse, teint de porcelaine, appelons la Cécile.  Elle défend sa solitude becs et ongles.
    A-t-elle vingt-cinq ans - chez elle, démaquillée ? Trente-cinq - au retour d’une réunion de direction ? Difficile aujourd’hui d’évaluer l’âge des personnes tant les corps et les visages rajeunissent, la vie s’allonge – cela a un rapport à notre sujet. En fait, Cécile vient d’avoir 30 ans. Elle est ingénieur financier, spécialisée dans la communication d’une banque européenne. Elle vit seule, et sait pourquoi. Cécile : « Pendant mes études à Toulouse, déjà j’adorais être seule. J’avais une « turne » d’étudiant. Je travaillais la nuit, vivais dans un capharnaüm, sortais beaucoup, concerts, expos. Les mecs ne restaient pas plus d’une nuit. J’en garde un très bon souvenir.» À 25 ans, employée par une grande banque française, Cécile tombe amoureuse d’un collègue de 30 ans. Ils s’installent à Levallois, aux portes de Paris.
    Deux ans plus tard, ils rompent d’« un commun accord » - enfin, c’est ce qu’elle dit. Pourquoi ? Cécile : « J’ai vite compris que la vie en couple n’était pas faite pour moi. Il travaillait énormément, rentrait tard. Normal que je m’occupe des repas, des courses, je ne lui reproche rien. Mais je ne pouvais jamais m’isoler, souffler. » Elle a besoin de s’isoler, d’avoir du temps à elle, hors tout horaire. Louer une chambre en plus coûte trop cher.  Cécile : « Que m’apportait la vie à deux ? Je ne voyais plus mes amies, je ne profitais même pas de Paris, des musées, des spectacles. Le soir, j’étais enfermée chez moi à l’attendre, ou à regarder la télé avec lui, fatigué. Moi qui déteste la télévision ! » Elle avoue encore : « J’étais beaucoup plus heureuse quand nous étions amants."

    Lire la suite

  • QUAND LES HOMOS SORTAIENT DU PLACARD (1)

    article_gay_pride.jpg

    (Marche des fiertés homosexuelles dans Paris. Les photos de cet article proviennent de gay prides récentes. DR. Site Pour ton info)

     

    NEWS NEWS NEWS. SAMEDI 25 JUIN 2005. 500.000 PERSONNES SONT ATTENDUES À LA MARCHE DES FIERTÉS HOMOSEXUELLES

    JANVIER 1981. LES HOMOS COMMENçAIENT LEUR "OUTING" ET S'INSTALLAIENT OUVERTEMENT DANS DES QUARTIERS DES GRANDES CAPITALES AMÉRICAINES ET EUROPÉENNES. RÉCIT DE CETTE DIFFICILE ÉPOQUE PIONNIÈRE (PUBLIÉ DANS ACTUEL JANVIER 1981)

    ________________________________

    REPORTAGE

    ...Les mâchoires serrées, Roland Crumpley ralentit en arrivant au carrefour de Washington Street. La rue était déserte et la nuit noyait les quais de I'Hudson toute proche. Deux hommes tournèrent juste devant sa Cadillac en se tenant par la taille. I1s portaient les épais blousons d'aviateur et les casquettes d'officier des pédés. cuir new-yorkais. Crumpley les suivit lentement et, de sa main libre, il saisit la mitraillette sur la banquette arrière. Arrive a leur hauteur, il freina brutalement et sortit en trombe : " Je vais vous crever, sales tantes ! ", hurla-t- il. Il lâcha une rafale. Les deux hommes, Richard Huff, trente ans, et René Matute, vingt trois ans, s'écroulèrent. Ronald Crumpley remonta a toute vitesse dans la voiture et fonça deux blocs plus loin, vers les lumières tamisées du Ramrod. La " queue ravageuse ", un des plus célèbres bars cuir du Village. I1 allait massacrer ces enculés, Une rage froide lui tordait les tripes. Il rêvait de cet instant depuis si longtemps.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : MOEURS
  • QUAND LES HOMOS SORTAIENT DU PLACARD (2)

    ================================

    (suite du reportage publié dans ACTUEL en février 1981)

    ================================

    WHO KILLS GAY ?

    A peine sortis du Ramrod, le vent glacial de West Street mord les tibias et nous nous précipitons chez Underground, la boutique sado-maso toute proche. Robinson Torres, un géant gros bonhomme de quarante ans, coiffé d’un chapeau de cow boy blanc, nous reçoit. Deux pinces d'argent reliées par une chaîne agrippent ses énormes tétons. Il lit le dernier Soho News, le journal branché de New York, qui titre: " Who kills gays ? " Qui tue les pédés ?
    Un client interrompt Robinson. C'est un homme de soixante ans, cheveux blancs, le costard banal. Style vieux fonctionnaire. Il hésite au milieu des somptueux harnachements de cuir : fouets aux lanières tressées, cravaches garnies de fourrure, liens de toutes sortes, ceintures cloutées d'argent, slips ornés de têtes de mort. Il s’arrête devant la vitrine des cagoules. Robinson intervient :
    " Je peux vous aider ? Vous voulez un masque de bourreau : les yeux, dégagés, la bouche fermée. Ou celui de l’esclave : la bouche ouverte, mais aveuglé. "
    Le vieil homme s'esclaffe : " Les deux. "
    Robinson lui fait un paquet et le type se tire. Robinson nous jette un oeil ironique. Il a repéré notre surprise :
    "Ne vous affolez pas. Vous autres les Français vous n'êtes pas très habitués au théâtre cuir. On se pince, on se fouette, on simule de terribles scènes de torture mais tout ça n'est pas méchant. C'est une affaire de cinéma mental. Pure imagination. "
    Très fier de la leçon, Robinson commence à nous faire la réclame :
    "Vous ne trouverez jamais des gadgets comme ceux-ci à Paris, nous assure-t-il. Chacun a une utilité précise. Voici un inhalateur de poppers parfaitement étanche. Et une ceinture de chasteté gay, en forme de cœur. Regardez, le plastique colle exactement à l’anus. On voit a travers, mais on ne touche pas ! Ce slip est tout nouveau. Un zip par derrière. Un anneau par devant pour bloquer l’éjaculation et limer des heures durant. "
    Nous l'arrêtons avant qu'il ne déballe son magasin. Il réussit quand même à sortir une petite brochure :
    " Vous connaissez le manuel du " fist-fucking " ? Tous les Européens l'achètent. "
    Si tout le déploiement sado-maso, les fouets, le bondage sont répandus depuis longtemps, aucune civilisation a pratiqué le " fist-fucking ", la baise par le poing pratiquée comme un art - absolument moderne. Le manuel vante l'art du lavement à l’eau parfumée et préconise de lubrifier l'anus avec de la gelée anglaise fruitée. Je demande à Robinson Torres.
    " Vous avez déjà essayé ?
    -Je suis trop vieux. J'aurais trop peur de m’esquinter. Imaginez seulement qu’in vous caresse les organes par l'intérieur. Miam...
    -Beaucoup le font ?
    -Au Mineshaft, la boîte cuir des quais de l'Hudson, j'ai vu des mecs se faire mettre deux poings.
    -Sans dommage ?
    -On risque un relâchement du sphincter. Une belle bite après ça ne vous fait pas plus d’effet qu'une allumette. "
    Robinson glousse. Il se verse un cinquième bourbon et commence à reluquer Alain, notre photographe, d'un oeil trouble. Le voilà qui s’emporte :
    " Tu as un mignon petit cul toi, le photographe, laisse-moi voir ça. "
    Gêné, Alain ricane. Sans prévenir, Robinson lance sa gigantesque pogne poilue et lui agrippe le fessier .
    " Allons, allons, se défend Alain, un peu de tenue. "
    La trogne épanouie, Robinson n'insiste pas. On trisse. Dans la rue Alain m'avoue :
    -J'ai compris ce que pouvaient ressentir les femmes quand on les drague sans arrêt, leur mate le cul, les vanne... "

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : MOEURS