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philosophie - Page 5

  • MUHAMMAD YUNUS, PRIX NOBEL DE LA PAIX 2006 : "POURQUOI LA CRISE DES SUBPRIMES ? LES BANQUES ONT TROMPE LES GENS..."

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    NEWS NEWS NEWS. Muhammad YUNUS, le fondateur de la Grameen Bank, la banque internationale consacrée au micro-crédit - qui a sorti de la pauvreté chronique plusieurs dizaines de millions de gens - était de passage à Paris pour présenter son essai consacré au "capitalisme social" (Vers un nouveau capitalisme. Lattès, 2008). Une occasion de s'entretenir avec cet économiste et banquier atypique, alors que le système mondial du crédit connaît une faillite historique, que plusieurs grandes banques américaines et anglaises se sont effondrées, la peur de la récession gagne l’Amérique, et des dizaines de milliers d’Américains se retrouvent poussés à la rue par les organismes prêteurs.
    Que pense Muhammad Yunus de cette crise financière qui affecte durablement l'économie mondiale, et risque d'agraver encore l'appauvrissement général - les "émeutes de la faim" ont touché trente pays pauvres ces trois dernières semaines ? Comment analyse-t-il cet effondrement du système bancaire depuis la Grameen Bank, la banque des pauvres à laquelle aucun financier, aucune banque ne voulait croire - ni aider -, la Grameen Bank où les taux de remboursement dépassent les 95% depuis plus de 15 ans ?
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    Elle s’appelait Sufiya Begum. Elle vivait dans une maison de terre, à la campagne, au Bangladesh. Elle fabriquait de jolis tabourets de bambou. Son mari, journalier, gagnait l’équivalent de quelques centimes d’euros par jour. N’ayant pas d’argent, Sufiya Begum vendait tous ses tabourets à un commerçant, qui lui échangeait contre un peu de bambou - c’était son prix. Un jour Muhammad Yunus vient la trouver, étonné qu’elle gagne si peu...
    À cette époque, début 1980, après des études économiques aux Etats-Unis, le professeur Yunus doute. En 1974 et 1975, le Bangladesh a été ravagé par une terrible famine, et, raconte-t-il, il trouve alors «de plus en plus difficile d’enseigner d’élégantes théories économiques sur le fonctionnement supposé parfait des marchés libres, tandis que la mort ravageait mon pays ». Il passe à l’action, décidé endiguer la pauvreté dans la région de Jobra. Il ne comprend pas pourquoi elle est endémique. En discutant avec Sufiya Begum, il a une révélation. « Cette femme était étranglée par son prêteur. Il la condamnait à une sorte d’esclavage. Elle lui donnait toute sa collection de tabourets pour 25 cents, juste parce qu’elle ne pouvait acheter le bambou. Il lui manquait un crédit. J’ai mené une enquête. Quarante-deux villageois dépendaient des prêteurs. Tous auraient pu vivre de leur activité, avec un petit investissement. Il leur fallait, en tout, 27 dollars. Je les avais en poche… » L’idée de la Grameen Bank et du micro-crédit est née de ces rencontres.
    Aujourd’hui, après 25 ans d’existence, la Grameen Bank et les organismes de micro-crédit ony aidé à sortir de la pauvreté 150 millions de personnes à travers le monde. Le professeur Yunus a obtenu le prix Nobel de la Paix en 2006. Depuis plusieurs années, il développe une nouvelle initiative à destination des exclus du monde économique : « l’entreprise sociale ». Il s’agit de lancer des business qui s’équilibrent, font vivre leurs employés, mais dont l’objectif est d’apporter un « bénéfice social ». Ainsi, il a créé au Bangladesh avec Franck Riboud, le p.d.g de Danone, la société Grameen Danone Foods. Elle vend aux habitants de Bogra des yaourts frais à bas prix, présentés dans des coques comestibles - et vitaminées. Elle permet de lutter contre la malnutrition et les carences alimentaires, et d’offrir des emplois locaux. Si l’initiative fonctionne, elle sera développée dans tout le pays. « Ce genre de petite entreprise sociale pourrait se généraliser, explique le professeur Yunus. Elle ouvre un nouveau type de marché, attentif à la pauvreté et aux besoins réels, qui va peut-être changer nos fondamentaux économiques."

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  • EDGAR MORIN. UNE UNIVERSITÉ INSPIRÉE PAR LE PHILOSOPHE EN PROJET AU MEXIQUE

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    Edgar Morin accueilli à l'aéroport d'Hermosillo. On lui offre une statue d'un sorcier Yaqui

    NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. "La méthode", le grand oeuvre éclectique et foisonnant du philosophe et sociologue Edgar Morin, consacré à dresser des passerelles entres les disciplines scientifiques et philosophiques, vient d'être réédité en coffret de deux volumes (au Seuil). En regard de cette publication, un reportage réalisé pour le Monde 2 aux côtés d'Edgar Morin en novembre 2005, dans la ville d'Hermosillo au Sonora, Mexique. Soutenue par la mairie et par des capitaux privés, une université inspirée par les travaux d'Edgar Morin sur "l'éducation du futur" a été mise en chantier dans la capitale de l'état du Sonora. Elle l'est toujours à ce jour. Pendant ce voyage, la statue en pied du philosophe a été dévoilée...

    BIBLIOGRAPHIE EDGAR MORIN

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  • MARIE-FRANCE HIRIGOYEN. "LA SOLITUDE N'EST PLUS CE QU'ELLE ETAIT"

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    (Toutes les photos : Gaelic photographe / gaelic@rugama.co)

    News News News. L'essayiste et psychanalyste Marie-france Hirigoyen, qui s'est faite connaître en analysant les effets dévastateurs du "harcélement moral" dans les couples et en entreprise (Ed Syros), publie une intéressante enquête consacrée aux "nouvelles solitudes" (Ed La Découverte). L'ouvrage révèle comment la solitude est devenue beaucoup plus commune et mieux acceptée qu'au siècle dernier (même si elle reste douloureuse et parfois décriée ou moquée), comment la figure de la "vieille fille" et du "vieux garçon" disparait au profit d'une solitude vécue comme une étape, un passage obligé, parfois un choix, sinon un moment de retrouvailles avec soi et d'initiation, dans nos vies amoureuses beaucoup plus longues et agitées qu'au cours du XIXe sicèle, ou de la première moitié du XXe siècle.

    Enquête auprès de ces "nouveaux solitaires" et entretien avec Marie-france Hirigoyen

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    Grande, rousse, teint de porcelaine, appelons la Cécile.  Elle défend sa solitude becs et ongles.
    A-t-elle vingt-cinq ans - chez elle, démaquillée ? Trente-cinq - au retour d’une réunion de direction ? Difficile aujourd’hui d’évaluer l’âge des personnes tant les corps et les visages rajeunissent, la vie s’allonge – cela a un rapport à notre sujet. En fait, Cécile vient d’avoir 30 ans. Elle est ingénieur financier, spécialisée dans la communication d’une banque européenne. Elle vit seule, et sait pourquoi. Cécile : « Pendant mes études à Toulouse, déjà j’adorais être seule. J’avais une « turne » d’étudiant. Je travaillais la nuit, vivais dans un capharnaüm, sortais beaucoup, concerts, expos. Les mecs ne restaient pas plus d’une nuit. J’en garde un très bon souvenir.» À 25 ans, employée par une grande banque française, Cécile tombe amoureuse d’un collègue de 30 ans. Ils s’installent à Levallois, aux portes de Paris.
    Deux ans plus tard, ils rompent d’« un commun accord » - enfin, c’est ce qu’elle dit. Pourquoi ? Cécile : « J’ai vite compris que la vie en couple n’était pas faite pour moi. Il travaillait énormément, rentrait tard. Normal que je m’occupe des repas, des courses, je ne lui reproche rien. Mais je ne pouvais jamais m’isoler, souffler. » Elle a besoin de s’isoler, d’avoir du temps à elle, hors tout horaire. Louer une chambre en plus coûte trop cher.  Cécile : « Que m’apportait la vie à deux ? Je ne voyais plus mes amies, je ne profitais même pas de Paris, des musées, des spectacles. Le soir, j’étais enfermée chez moi à l’attendre, ou à regarder la télé avec lui, fatigué. Moi qui déteste la télévision ! » Elle avoue encore : « J’étais beaucoup plus heureuse quand nous étions amants."

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  • CARLOS LISCANO PARLE DE L'IMPUNITE DES BOURREAUX

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    NEWS NEWS NEWS Difficile pour un pouvoir politique, dans un pays longtemps soumis par une dictature, de se déshabituer des habitudes autoritaires quand la démocratie revient. Il y a quatre mois, le militant urugayen anti-mondialiste FERNANDO MASSEILOT, sans casier judiciaire ni antécédent judiciaire, était arrêté chez lui, dans sa maison, comme un assassin, et accusé de "sédition", pour avoir manifesté contre la venue du président américain Georges Bush en Uruguay. Aujourd'hui, le jeune homme est toujours emprisonné, ce qui étonne beaucoup tous ceux qui soutiennent le nouveau gouvernement de l'Uruguay, le "Front Elargi" de la gauche. Assiste-t-on a un durcissement du régime, qui peine à mener des réformes sociales dans un pays où les traditions démocratiques restent fragiles ? Pour mieux comprendre la situation de l'Uruguay aujourd'hui, son passé dictatorial, et les difficultés à mettre en place des usages et des institutions démocratiques dans une Amérique Latine habituée aux "caudillos", aux classes dirigeantes avides et aux "golpes" à répétition, écoutez l'histoire noire et magnifique racontée par le grand écrivain urugayen Carlos Liscano dans son dernier livre "L'impunité des bourreaux" (Bourin Editeurs, mai 2007).

    Rencontré à Barcelone, où il présentait son livre, il nous a raconté la vie de Maria Macarena, l'enfant enlevée à sa naissance par des soldats de la dictature argentine qui ont tué ses parents, puis l'ont exilée à Montevideo, capitale de l'Uruguay, où elle a été élevée par un chef de la police urugayenne - avant de découvrir, à 20 ans, qu'elle était la petite fille du plus grand poète argentin vivant, Juan Gelman, une des voix libres de la gauche argentine persécutée, dont le fils et la belle fille avaient été assassinés. Juan Gelman, qui n'a jamais renoncé, vingt ans durant, à la retrouver - et dont voici l'histoire...

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    De Buenos-Aires à Montevideo :
    Maria Macarena, l’enfant volée
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    « Lettre à mon petit-fils ou à ma petite-fille »
    « Dans six mois, tu auras 19 ans.
    Tu as du naître un jour d’octobre 1976 dans une prison. Peu avant, ou peu après ta naissance, le même mois de la même année, ton père a été tué d’une balle dans la nuque tirée à bout portant. Ton père était prisonnier et sans défense, un commando militaire l’a assassiné. Peut-être est-ce le même commando qui l’a enlevé avec ta mère le 24 août à Buenos-Aires, et les ont conduits dans le camp de détention du « Garage Orletti », en plein quartier Floresta, que les militaires avaient baptisé « Le jardin ». Ton père s’appelait Marcelo. Ta mère, Maria Claudia.
    Ils avaient tous deux 20 ans. Et toi, dans le ventre maternel, tu avais sept mois.
    Je ne sais pas si tu es un garçon ou une fille. Je sais seulement que tu es né(e) (…) Maintenant tu as presque l’âge de tes parents quand ils les ont tués. »

    Le grand poète argentin Juan Gelman fait publier cette lettre le 12 avril 1995 dans Pagina 12, un quotidien de Buenos-Aires. Vingt ans après l’assassinat de son fils et de sa belle fille, arrêtée enceinte par des soldats de la dictature, il ignore le sort réservé à l’enfant, et s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon. Il a juste appris en février 1978, que les militaires argentins avait fait passer un message succin au Vatican : « The child was born ». Sans préciser son sexe, ni où il vivait...

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    (Photo de Juan Gelman)

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  • GENDER STUDIES (1). LA FEMME N'EXISTE PAS - LES FEMMES, BIEN SÛR

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    NEWS NEWS NEWS Le talk show polémique et cultivé "Ce soir où jamais " sur FR3, emméné par Frédéric Taddéi, ancien journaliste d'Actuel, était consacré mardi dernier au mouvement "queer" - le courant d'idées et d'activisme qui bouscule le féminisme et notre conception des genres sexuels. Etaient présents le sociologue Eric Fassin (le préfacier de l'essai fondateur "Trouble dans le genre" de Judith Butler à La Decouverte), Marie Hélène Bourcier (dans la revue Queer zone 2 elle explique notamment comment la virilité comme la féminité glisse d'une personne à l'autre, quelque soit son sexe), l'écrivaine Isabelle Sorente ( auteure de l'essai dérangeant "La femme qui rit" Ed. descartes et Cnie), l'actrice et écrivaine Wendy Delorme(et son double : l'acteur Klaus), le performer Alberto Sorbelli. Une enquête mauvais genre sur ces questions.

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    Le dimanche 8 mai 2004, sur FR3, le publicitaire toujours bronzé Jacques Séguéla chantait les vertus de la "féminisation de la planète" à l'émission "On ne peut pas plaire à tout le monde". Partout, affirmait-il avec un bon sourire, les femmes développent des valeurs de compassion et de fraternité qui sauveront l'humanité de la guerre, la violence chronique et l'agressivité des hommes. Une heure plus tard, les terribles photos de la prison d'Abu Ghraib en Irak faisaient la une des journaux télévisés du soir. On y voit une femme, Lynndie England, humiliant des prisonniers, au cours d'une séance de torture. Le lendemain, sur I-télévision, la journaliste de Télérama Marie Colmant commente ces images d'Abu Ghraib. "Une femme peut torturer, voilà ce qui la choque une seconde fois, en plus de l'acte lui-même". Les jours suivant, plusieurs journaux féminins font le même commentaire accablé. Derrière ces réactions, cette idée : les femmes répugnent à la violence. L'agressivité serait le fait des hommes - ha la testostérone ! N'est-ce pas encore un de ces sexistes clichés dont on affuble les femmes - et les hommes -, comme leur incapacité à devenir championne d'échec, reine des sports d'endurance - et Florence Artaud au fait ? -  ou leur extraordinaire "intuition féminine" ?

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  • PETER SLOTERDIJK. "L'HOMME VIT DANS UN PALAIS DE CRISTAL MENACÉ"

    DR

    NEWS NEWS NEWS. Sortie de "Ecumes. Sphères 3" du philosophe Peter Sloterdijk, aux éditions Maren Sell. Après sa polémique avec Junger Habermas sur la question des technologies biologiques touchant au corps humain, Peter Sloterdijk s’impose comme une figure originale de la philosophie allemande. Rencontre avec l'auteur d'une "Critique de la raison cynique" (Bourgois, 1987), un essai toujours d'actualité, du philosophe qui a fait scandale en 1999 avec "Règles pour le parc humain" (2000), auteur de la trilogie des "Sphères" (Maren Sell ed, 2002-2004), où l'homme est décrit comme une "créature de luxe", vivant depuis toujours dans des "bulles"anthropologiques protégées, en dehors de la nature, malgré elle, aujourd'hui rattrapé par elle - car la bulle se fissure, comme la couche d'ozone, l'air ambiant se réchauffe au risque d'une sécheresse générale, l'écosystème intérieur se dérègle (publié dans Le Monde 2, janvier 2005)

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