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philosophie - Page 3

  • LA SOCIETE DU "CARE" SELON MARTINE AUBRY. GRAND ENTRETIEN.

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    News News News Selon des propos tenus le 12 mais à l'Elysée devant quelques parlementaires UMP empressés d'aller les rapporter, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il se présenterait à la présidentielle en 2102. C'est désormais officiel. Il  en  aprofité pour lancer un pique contre son éventuelle rivale, Martine Aubry, en pleine ascension dans les sondages. Selon le président, elle représenterait "l'archaïsme" et lui « la modernité». Depuis, Martine Aubry a moqué « l’inélégance" et la "vulgarité" du président, et même raillé ses "leçons de rigueur budgétaire", disant que c’était « un peu Mr Madoff administrant quelques cours de comptabilité. »
    Le duel des personnes, la valse des petites phrases a donc commencé.
    Mais qu’en est-il des propositions des socialistes pour gouverner ? Des idées concrètes, dez solutions à la crise actuelle et à l’inquiétude des Français ? Le 30 mai, aux Docks de Paris à la Seine-Saint-Denis, le PS a adopté son « projet de société », présenté comme "la première pierre" de leur programme de gouvernement pour 2012. Pour la première fois depuis longtemps, le parti a retrouvé son unité et parlé d’une seule voix. C’est déjà une victoire pour Mme Aubry. Seule note discordante, celle du maire de Lyon, Gérard Collomb, qui trouve que le texte « s’aligne sur les positions irréalistes de la gauche du parti. »
    Que propose ce projet ? Rien de moins qu’un « nouveau modèle économique, social et écologique ». Nous l’avons lu dans le détail avant cet entretien. Il se situe classiquement à gauche, entend renforcer les services publics, défendre la protection sociale, imposer les hauts revenus. Il ajoute des propositions innovantes sur l’économie verte, le soutien au monde industriel, le « compte formation » et le « compte retraite » qui devront courir toute la vie d'un salarié. Il reprend encore quelques idées importantes sur une « société du bien être » plutôt que de « l’avoir », un société dite du « care », du « soin, du soutien » déjà développées par Martine Aubry en avril.
    Depuis, partout dans la presse, on beaucoup du "care" comme de la nouvelle philosophie politique des socialistes - ou de leur dernier gadget. Mais qu'en es-il de ce "care" et de cette société du soin pour le P.S ? Entretien avec la première secrétaire...

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  • APRÈS L'UNION LIBRE LE POLYAMOUR OU COMMENT AIMER PLUSIEURS PERSONNES EN MÊME TEMPS.

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    (Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris et Michelle Vian. Sartre fut longtemps épris de Michelle tout en continuant à vivre avec Simone. DR)

    NEWS NEWS NEWS. Je me rappelle encore la foule émue qui  accompagna Jean-Paul Sartre au cimetière du Montparnasse ce printemps 1980, quarante, cinquante mille personne peut-être. A l'époque, je faisais mes derniers mois à Libération, dont il était toujours le directeur de publication. Ce jour-là, Simone de Beauvoir est restée assise près de sa tombe, immobile, pendant plusieurs heures tandis que la foule renversait les tombes et piétinait les fleurs pour s'approcher d'eux. Nous les aimions et les admirions ces deux là, Sartre et Beauvoir, pour toutes sortes de bonnes et mauvaises raisons, pour leur philosophie de la liberté, pour avoir fait naître le mouvement féministe, pour leur soutien à Mai 68, pour toutes leurs erreurs aussi, qui furent les notres. Mais aussi parcequ'ils avaient inventé "l'union libre", tenter de préserver l'amour sans s'alièner, s'autoriser d'en aimer d'autres, d'aller trouver du plaisir ailleurs, tout en continuant l'alliance. Et ils avaient tenu, continué à habiter ensemble malgré des crises à répétition, des éloignements presque à la rupture, des échappées, et puis... et puis, elle était toujours là, devant sa tombe, effondrée, magnifique.

    "L'union libre", ce fut le premier pas de danse des amours ouvertes, passionnées et jouissives des années 1970-1985, quand plusieurs générations s'essayèrent à explorer les rencontres multiples, la légéreté du désir, l'orgiaque, la bi-sexualité, refusant de retomber dans la monogamie exclusive, et sans renoncer à l'amour - vaste et douloureux programme. Dés 1985, Sa Saloperie le Sida se chargea de calmer ces belles ardeurs. Aujourd'hui que nous savons mieux comment nous prémunir de la maladie, une liberté de moeurs réapparaît, encore timide, cherchant ses manières, ayant réfléchi aux excès des années 1970 et du culte du désir, souvent exalté au détriment de l'affectif et de l'amour. Aux Etats-Unis, en Californie  particulièrement, ce mouvement s'appelle du joli nom de "polyamour". Il conquiert des coeurs en France. Enquête (publiée dans Le Monde Magazine de la mi avril)

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  • "LE JEU DE LA MORT" SUR FRANCE 2 ADAPTE L'EXPERIENCE DE STANLEY MILGRAM A LA TELEVISION. POURQUOI OBEISSONS-NOUS A UN ORDRE ODIEUX ? ENQUETE.

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    À 460 volts, 80% des candidats administrent la décharge maximum.DR
     
    NEWS NEWS NEWS Imaginez un jeu télévisé où les candidats torturent d'autres joueurs. Est-ce que vous accepteriez d'y participer ? Ce jeu a été réalisé par France 2, avec soixante volontaires, devant un public, au cours d'un documentaire. Il s'appelle "Le jeu de la mort". Il sera diffusé le 17 mars à 20H30. En vérité, la chaîne publique transposait la fameuse expérience de Stanley Milgram sur la soumission à l'autorité sur un plateau de télévision
Résultat : 80% des joueurs ont poussé la manette 460 volts. Pourquoi ? Enquête. Et en bonus, en entretien avec Stanley Milgram réalisé pour Actuel en mars 1982, juste avant sa disparition brutale.

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    I – « Le jeu de la mort » en direct sur France 2.

    «Arrêtez ! Laissez moi partir. Laissez moi partir.» Le candidat hurle dans la boule métallisée, attaché sur son siège, les poignets menottés par des fils électriques. Il vient de recevoir une décharge de 240 volts. 200 volts, chacun connaît, c’est le choc des doigts dans une prise. Sur le plateau de télévision, le joueur qui vient de lui envoyer la secousse répond : « Désolé, la bonne réponse était  « voiture de sport». » Devant lui, trois manettes numérotées. 260 volts. 280 volts. 300 volts. On lit «CHOC INTENSE». Le participant lit une nouvelle liste de questions à l’homme enfermé, une série de mots couplés qu’il est censé avoir mémorisée au début de l’émission. Le candidat, invisible dans sa boule, répond en appuyant sur un bouton. Aussitôt, une lumière rouge s’allume. «Vous avez faux, la bonne réponse était « satellite »» s’exclame le joueur. Le public, encouragé par un chauffeur de salle, s’écrie «Châtiment ! Châtiment !». Le joueur enclenche la manette des 260 volts. Dans la boîte argentée, le candidat hurle. «Haaa. Laissez-moi partir ! Ça fait trop mal !». Inquiet, l’homme se tourne vers Tania Young, la présentatrice du « Jeu de la mort », débout à ses côtés. « Vous entendez, il veut arrêter… ». Elle répond, impassible : «Continuez, questionneur, c’est à vous ». Vaincu, le joueur prend une nouvelle fiche et lit les questions. La lumière rouge jaillit. Encore faux. Le joueur abaisse la manette des 280 volts. On entend le candidat hurler, se débattre comme s’il voulait s’arracher à ses sangles.

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  • LE SAVOIR PARADOXAL DE JEAN BAUDRILLARD. ENTRETIEN SUR LE RÊVE EUROPEEN

    (Guillem Cifré - in Fronteres)

    NEWS NEWS NEWS. La revue Lignes, dirigée par Michel Surya, consacre son dernier numéro au "gai savoir" de Jean Baudrillard. Dans sa présentation, la revue  rappelle que "les rapports de Jean Baudrillard avec la classe philosophante française n’ont pas toujours été cléments, non plus qu’avec la classe académique (universitaire) (même si) sa célébrité à l’étranger a pourtant été considérable (...) La vitesse et la désinvolture (apparente) de sa pensée ont souvent irrité. Sa radicalité (ses coups d’éclat) aussi  : ne se représentait-il pas ses interventions comme des délits  ?"

    En regard de cet hommage, voici réalisé avec Jean Baudrillard pour Le Monde Magazine en mai 2005, à la veille du réferendum sur la constitution européenne, quand la plupart des intellectuels français et des directeurs de médias appelaient à la victoire du OUI. On verra, qu'une fois encore, avec son humour si caustique, Jean Baudrillard entendait commettre un délit contre la classe philosophante : il prédisait, avec raison, la victoire du NON, qu'il analysait comme le retour du négatif face à une forme du dictature du bien. 

    BIBLIOGRAPHIE JEAN BAUDRILLARD

    LIGNES 31. Avec des contributions de Jean-Paul Curnier, Michel Surya, Olivier Penot-Lacassagne, Ludovic Leonelli, Véronique Bergen, Boyan Manchev, Frédéric Neyrat, Olivier Jacquemond, Gérard Briche, René Capovin, Marine Baudrillard. 192 P. 19 €. Editions Lignes.

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    ENTRETIEN AVEC JEAN BAUDRILLARD
    LE MONDE MAGAZINE (MAI 2005)
     
    -Nous sommes à la veille du référendum sur l’Europe, comment analysez-vous l’affrontement incertain du Non et du Oui ?

    -Les forces du Bien – du oui – n’ont pas tenu compte des effets pervers de cette évidence incontestable du oui. Elles ont voulu ignorer cette lucidité inconsciente qui nous dit qu’il ne faut jamais donner raison à ceux qui l’ont déjà. Bel exemple de réponse à l’hégémonie du Bien, des forces du Bien, de l’axe du Bien. Mais ce retour du non n’est pas l’effet d’une pensée critique (les raisons politiques du non ne sont pas des raisons politiques). Il s’agit d’une réponse en forme de défi pur et simple à la saturation d’un système, la mise en œuvre (automatique ?) d’un principe de réversion, de réversibilité, contre un principe hégémonique. D’ailleurs, le balancier peut fort bien revenir au oui pour les mêmes raisons, et nous ramener dans l’axe du Bien.
    Ce non nous donne le profil du nouveau type d’affrontement qui caractérise notre ère de l’hégémonie. Non plus celui d’une lutte de classes ou de libération au niveau mondial, mais celui d’une irréductibilité, d’un antagonisme irréductible au principe mondial de l’échange généralisé. C’est-à-dire un affrontement qui n’est même plus exactement politique, mais métaphysique et symbolique au sens fort, une fracture qui passe au cœur même de la puissance occidentale et de nos existences individuelles. Au cœur de cette hégémonie consensuelle, une dualité se réinstalle presque automatiquement. Elle peut prendre des formes terrifiantes, comme le 11 septembre 2001, ou des formes plus anodines, mais cependant significatives, comme le non au référendum. Sa montée soudaine est le plus bel exemple d’une réaction vitale ou viscérale de défense contre le chantage consensuel au oui – à cet ultimatum à peine déguisé qu’est devenu le référendum. Il n’y a même pas besoin de conscience politique pour avoir ce réflexe : c’est le retour de flamme automatique de la négativité à l’excès de positivité, à cette coalition de l’Europe " divine ", celle de la bonne conscience, celle qui est du bon côté de l’universel, les autres étant renvoyées dans les ténèbres de l’Histoire, sur lesquelles plane l’ombre de Le Pen

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  • ANNEE 2010 SACREE ANNEE DE LA BIODIVERSITE. LE PHILOSOPHE DOMINIQUE LESTEL NOUS PARLE DES MACHINATIONS CONTRE L'ANIMAL DANS LA REVUE RAVAGES (DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES)

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    NEWS NEWS NEWS. L’année 2010 a été sacrée « année de la biodiversité » par l’ONU. Il était temps. Aujourd’hui nous vivons la « sixième extinction » terrestre. Nous voyons disparaître des dizaines d’espèces chaque jour, à un taux 100 à 1000 fois supérieur qu’il y a 3000 ans, alors que 6000 espèces sont menacés de disparition rapide - parmi lesquelles les grands poissons et les grands singes mais aussi les insectes pollinisateurs. Cette fois, ce n'est pas la conséquence d'un accident cosmique, ou une explosion tellurique. Elle provient des comportements massivement agressifs pour la biosphère terrestre d'une seule espèce animale arrogante et conquérante, l’Homo sapiens sapiens, le troisième chimpanzé. La biodiversité ? Ecosystèmes menacés, espèces en voie de disparition, boulimie de viande, élevage de masse dans des conditions affreuses, massacres routiniers des abattoirs industriels, abattages des troupeaux suite à la crise de la vache folle, destruction en série de grandes espèces décrétées « nuisibles »… ainsi nous machinons les bêtes. Nous commençons à comprendre les convergences inquiétantes entre une hyper-rationalité occidentale dévoyée et les sacrifices antiques.

    En regard de cette actualité, un entretien avec le philosophe Dominique Lestel, auteur du livre de référence « Les origines animales de la culture » (Champs/Flammarion), maître de conférences à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm où il enseigne l’éthologie cognitive dans le Département d’Etudes Cognitives et l’anthropologie philosophique dans le Département de philosophie. Il a été publié dans la revue RAVAGES - n% 3, "ADIEU BEL ANIMAL"-, à côté d'entretiens et de textes de Jared Diamond (auteur de "Effondrement", Nrf), Franz de Waal (éthologue, spécialiste des bonobos), Elzabeth de Fontenay (auteur du "Silence des bêtes"), Fabrice Nicolino(auteur de "Bidoche"), Joeclyn Porcher (sociologue, spécialiste de l'élevage), le Capitaine Watson (co-fondateur de Greenpeace, eco-pirate). RAVAGES (éditions Descartes&Cnie) est en vente dans toules les bonnes librairies.

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  • UN GRAND ENTRETIEN AVEC DANIEL COHN-BENDIT SUR L'ECOLOGIE POLITIQUE ET LA SITUATION FRANCAISE. "SORTONS DU NUCLEAIRE, N'ATTENDONS PAS TOUT DE L'ETAT NI DU MARCHE, OSONS LE GREEN DEAL"

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    NEWS NEWS NEWS Une semaine avant le sommet de Copenhague, une rencontre avec le leader d'Europe Ecologie, fort de son succès aux élections européennes - 16,28% des voix pour 16,48% pour le PS - et le théoricien de l'intelligence collective et des réseaux Yann Moulier-Boutang (paru dans le Monde Magazine, 5 décembre 2009)

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    Etait-ce la répétition, sur les planchers de l’Assemblée Nationale, de ce qui se passera au sommet international de Copenhague sur le climat ? Les partis politiques français, conviés par Europe Ecologie et Daniel Cohn-Bendit à venir débattre de la position française ont traîné les pieds. Les partis de gauche ont déclaré ne pas « vouloir débattre avec la droite ». Seul Michel Rocard s’est déplacé, Jacqueline Fraysse du PCF aussi, mais à titre personnel, ainsi que deux députés de l’UMP et du Nouveau centre. Le seul grand rallié fut le patron du Modem, François Bayrou, qui s’est réconcilié avec Daniel Cohn-Bendit pour déclarer : «Pour faire quelque chose de sérieux sur ce sujet (du climat), il faut se rassembler. » Une alliance qui fait des remous chez les Verts, et inquiète le parti socialiste à la veille des élections régionales : une nouvelle force politique Vert-Centre gauche se dessinerait-elle en France, qui bouleverserait le paysage politique ?

    En l’absence de dirigeants de gauche et de droite, ce forum de l’Assemblée a laissé un sentiment désolant de division. On pourrait craindre qu’à l’image des leaders français, les dirigeants mondiaux n’arrivent pas à s’entendre à Copenhague, et que le sommet s’achève sur une série de vœux pieux, sans véritable engagement ferme des pays. Ce serait désastreux. Il semble pourtant que les gros pollueurs comme le Brésil, la Chine, l'Inde et les Etats-Unis soient décidés à prendre date devant l’opinion mondiale - les leaders parlent de se fixer des objectifs précis de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais faut-il les croire ? Le gouvernement indien annonçait hier qu'il refusera de se laisser dicter toute décision internationale.

    « C’est l’intérêt commun qui nous pousse à faire ce genre de débat » déclarait, très remonté, Daniel Cohn-Bendit à l’Assemblée Nationale. L’homme a changé depuis les résultats d’Europe Ecologie aux élections européennes, où son parti a fait jeu égal avec les socialistes. Il défend un programme original, s’affirme comme un leader national. Mais quelle est sa philosophie politique ? Nous connaissons les écrits d’Alain Lipietz sur le dépassement de l’affrontement « droite-gauche », les positions d’Yves Cochet sur l’encouragement à la « sobriété », mais que pense Daniel Cohn-Bendit ? Se dit-il toujours « libéral-libertaire » ? De gauche ? Le Monde Magazine l’a rencontré chez lui, à Francfort. Au cours de cet entretien, auquel participait un de ses proches, l’économiste spécialiste des réseaux sociaux Yann Moulier-Boutang, il défend l’écologie politique, le seul « réformisme radical » selon lui. Daniel Cohn-Bendit retrace ici comment l’écologie politique est apparue, ses combats, ses penseurs, et comment elle s’est constituée à la fois contre l’étatisme « infantilisant » et le libéralisme « destructeur ». Il avance plusieurs idées stratégiques pour changer la société française : sortir du nucléaire, engager un « new deal » des énergies propres, encourager les industries vertes, démocratiser la veille France centralisatrice et autoritaire.

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  • NOUS ADULONS LES CHATS DEPUIS 9500 ANS - ET MASSACRONS LES AUTRES ANIMAUX

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    NEWS NEWS NEWS NEWS Les études faites pendant l'année 2007 le confirment, 9,9  millions de chats domestiques ont été recensés en France pour 8,5 millions de chiens. Cet énorme engouement pour les félins s'expliquerait par l'urbanisation (le chat d'appartement est plus facile à  élever que le chien d'appartement), ou encore par un intérêt nouveau pour la personnalité du chat (plus autonome, moins servile), ou bien par notre fascination grandissante pour les animaux à l'heure où de plus en plus d'espèces disparaissent - il nous reste cette élite domestiquée (et privilégiée) pour conserver une relation riche avec des êtres vivants non-humains (nous massacrons et mangeons les autres).

    Cela constaté, notre passion pour les petits félins que sont les chats ne dâte pas d'aujourd'hui. La revue Science nous apprenait en avril 2004 qu'un chat "felis silvestris", proche du chat sauvage oriental actuel, a été retrouvé dans la sépulture d'un personnage important, entouré de haches polies, de silex taillés, d'une pierre ponce, et d'une parure comprenant 24 coquillages et une pyrolite verte. Cela à Shilourokambos, Chypre. Cette découverte révèle que le chat serait vassalisé, voire adulé depuis... 9500 ans. Ci dessous, un reportage auprès d'un des "inventeurs" du chat chypriote - Jean-Denis Vigne, archéozoologue du CNRS-Muséum - et plusieurs sociologues travaillant sur la passionnante "domestication" dont Jean Pierre Digard.

    On retrouve cet article dans la revue RAVAGES, dont le numéro 3, "ADIEU BEL ANIMAL", vient de sortir dans les bonnes librairies.

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    (Photo DR : la sépulture du chat retrouvée à Chypre, 9500 ans d'âge)
    ... Mon dernier chat m'attendait sous l'escalier. Un vrai gouttière parisien, rayures grises et ventre jaune, un jeunot efflanqué. Aussitôt, il m'a couru dessus, miaulant à fendre cœur, me fixant de ses gros yeux verts. Il m'a suivi jusqu'à l'étage, sans cesser de couiner. Quand j'ai ouvert la porte, il a filé à l'intérieur de la maison. J'étais fait. Un mois plus tard, j'habitais chez lui. Je préparais ses repas, nettoyais sa litière et son bol. Il participait à chaque dîner. Il dormait sur le lit conjugal. Il épongeait mes états d'âme et mes élans d'affection.
    Aujourd'hui, j'éprouve la confuse sensation de travailler pour que Chat se la coule toute la journée, traînant de son panier au radiateur, avant de filer courir la femelle.
    Comment expliquer cette rapidité à s'installer ensemble sous un même toit, nous et les felis catus ? Les hommes et les chats et la domestication des uns par les autres, cette histoire vient de loin, nous savons bien. Mais de quand ? De 7500 ans avant J.C au moins, soit 9500 ans. C'est ce qu'établirait une découverte publiée au printemps 2004 dans la revue Science faite par une équipe de chercheurs français sur le site néolithique de Shilourokambos à Chypre. Un chat felis silvestris, proche du chat sauvage oriental actuel, a été retrouvé dans la sépulture d'un personnage entouré de haches polies, de silex taillés, d'une pierre ponce, et d'une parure comprenant 24 coquillages et une pyrolite verte. Comment être sûr que le chat n'est pas venu mourir là, quelques siècles après, avant d'être retrouvé enterré au même endroit 9000 ans plus tard ?

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  • L'ÉVANGILE DE JUDAS, l'AMI DE JESUS SELON LES GNOSTIQUES

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    NEWS NEWS NEWS LA PLEÏADE (GALLIMARD) PUBLIE LES ECRITS GNOSTIQUES DE LA BIBLIOTHÈQUE DE NAG HAMMADI (IVe SIECLE), UNE COLLECTION DE TEXTES DECOUVERTS EN EGYPTE QUI ONT RENOUVELE NOTRE VISION DU CHRISTIANISME PRIMITIF : ON Y TROUVE DES EVANGILES NON RECONNUS PAR L'EGLISE

    "L'EVANGILE DE JUDAS", PRÉSENTANT UN JUDAS PROCHE DE JÉSUS ET "INITIÉ" PAR LUI , RETROUVÉ DANS LES SABLES DU DÉSERT EGYPTIEN, AVAIT DEJA ETE PUBLIÉ EN JUIN 2006 CHEZ FLAMMARION . CE TEXTE PROCEDAIT A UN VÉRITABLE RENVERSEMENT DE PERSPECTIVE SUR JUDAS.

    QUI A ECRIT CE TEXTE QUI DERANGE LE DOGME CATHOLIQUE ? BIBLIOGRAPHIE


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    Le 24 juillet 2001, Rodolphe Kasser, titulaire honoraire de la chaire de cooptologie à l’université de Genève, un des grands spécialistes mondiaux de la langue copte - le grec des chrétiens égyptiens -, pousse la porte d’un grand café de Zurich. Le vieux professeur - soixante dix ans - a la main droite qui tremble et marche en boitillant. Depuis peu la maladie de Parkinson l’attaque. Le voyant arriver en tirant la jambe, la marchande d’art Frieda Tchacos pense aussitôt : " Ce vieux monsieur ne survivra jamais à la restauration du document que je lui apporte".
    Rodolphe Kasser écoute Frieda Tchacos, et il comprend qu’à nouveau l’étude du copte lui fait croiser l’Histoire en capitale. La marchande d’art lui demande s’il est intéressé à traduire un " codex " copte - entendez une livre cousu constitué de papyrus - vieux de dix-huit siècles, se présentant comme un " Évangile de Judas ", et proposant une nouvelle interprétation du rôle et du personnage du plus célèbre traître de la chrétienté - devenu un nom commun, " Judas...

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  • "INFANTILISATION DES ADULTES, PUERILISATION DES ENFANTS". UN ENTRETIEN AVEC BERNARD STIEGLER

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    NEWS NEWS NEWS. La pensée est aussi une activité de scène, de confrontation avec un public, d'échanges animés et parfois polémiques. Le philosophe Bernard Stiegler en un de ces batailleurs de pleine salle, qui intervient sur plusieurs fronts en ce mois d'octobre. Il développait une critique de la "perte actuelle du savoir", mais aussi du stalinisme, à la Maison de la Poésie, invité par le journal L'Humanité. Il défendait les amateurs d'art contre les consommateurs de culture à la soirée lancée par l'association Libre Accès consacrée au logiciel libre. Il sera le 13 à Lille pour le nouveau cycle de conférences l'Espace Culturel de la ville. Voici un entretien que j'ai fait avec Bernard Stiegler, en otant les questions,  pour la revue RAVAGES, dont le thème est "l'infantilisation générale" - ce qui a constitué le thème de nos discussions, qui ont ensuite été regroupées en un texte cohérent.

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    « L’infantilisation des adultes, la puérilisation des enfants, la destruction des rapports de générations, tout cela revient à réfléchir au pouvoir immense du marketing sur une société devenue un troupeau de consommateurs. Permettez-moi un détour… Le capitalisme a muté au début du vingtième siècle, avec le fordisme. Nous sommes alors sortis de l’époque productiviste du capitalisme, celle de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle et début du XXe siécle qui a transformé nos vies – des chemins de fer à l’électricité alimentant l’usine et les nouvelles concentrations urbaines. Ce capitalisme a transformé les ouvriers, les artisans, les paysans en prolétaires. Grâce aux avancées techniques, aux nouvelles machines, la productivité s’est trouvée multipliée par dix, cent, parfois par mille… Ces énormes gains de production ont assuré la prospérité de la la petite bourgeoisie intellectuelle, de la moyenne bourgeoisie des entrepreneurs et des commerçants, et de la grande bourgeoisie industrielle, de la finance et du capital. Henri Ford invente la voiture bon marché et le consommateur Au début du siècle, de nouvelles méthodes de travail vont être expérimentées pour accroître encore la productivité. C’est d’abord le taylorisme, imaginée par l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor (1856-1915). On cherche à organiser scientifiquement le travail, « The One Best Way », la meilleure façon de produire, le rendement maximum grâce à l'analyse des techniques de production (gestes, cadences). C’est aussi le  passage du salaire à la tâche au salaire à l'heure. La méthode de Taylor prouvera son efficacité dans la sidérurgie, qu’il formalisa en 1911 dans « Les principes du management scientifique ».

    C’est alors que Henri Ford, fondateur de la Ford Motor Company, apparaît. Pour produire la fameuse Ford T, il va encore perfectionner le travail à la chaîne - que Charlot met en scène dans les « Temps modernes ». En même temps, il se dit : On peut encore augmenter considérablement la productivité. Pour cela, il faut inventer une nouvelle logique de distribution et de vente. En conséquence, il installe des concessionnaires Ford dans le monde entier, vend des voitures par centaines de milliers. Il développe encore l’idée que le peuple doit consommer, profiter des nouvelles inventions techniques - c’est selon lui la seule façon de développer l’industrie, mais aussi la bonne manière d’obtenir la paix sociale et civile. Ce faisant, il invente le concept de « consommateur ».

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  • BENJAMIN BARBER, PHILOSOPHE POLITIQUE AMERICAIN : "NOUS VIVONS UNE INFANTILISATION GENERALE"

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    NEWS NEWS NEWS. Le philosophe politique Benjamin Barber, ancien conseiller du présdent  Clinton, auteur d'une critique du "fondamentalisme néolibéral américain" (Mc World versus Jihad, Fayard) qui participe au grand projet de  Wikipedia de construire un riche corpus encyclopédique consacrée à la « Politique », vient de publier dans la revue radicale Nation un bel article  sur « l’espace public » à New York (ici : barber ) où il appelle à la création d’espaces sans voitures et piétonniers, à la manière des Ramblas de Barcelone, où les new yorkais pourraient se promener et dériver, les artistes se montrer, les enfants jouer, etc – bref à une accaparation de la ville par le public en divers lieux de la Grosse Pomme. Benjamin Barber a fait beaucoup parler de lui au moment de la grande crise financière de l’automne 2008 dans plusieurs articles retentissants.

    En pleine débâcle du système financier, quand nous avons vu chavirer un monde que nos maîtres-penseurs et grands politiques célébraient comme le « meilleur système possible » - que certains philosophes naïfs annonçaient même la « fin de l’histoire » -, le philosophe politique américain Benjamin Barber riait noir. C’était dans The Guardian du 20 octobre 2008. Il riait de l’effondrement du stupide dogme néolibéral selon lequel l’Etat et le bien public sont « le problème » - « the villain » - et le capitalisme consumériste et financier « la solution »  à tous nos problèmes. Il riait noir Benjamin Barber, parce que cela fait trente ans que cette chape de plomb pèse sur nos sociétés. Trente ans que cette pensée unique sert à cacher « l’horrible petit secret », « the dirty little secret » de notre époque. Lequel ? Hé bien… « non, ce ne sont pas seulement les crédits pourris, les financiers, traders et banquiers cupides, les investisseurs pressés et ignorants qui ont généré cette crise mondiale. Ce sont ces décades d’affaiblissement de la démocratie et du capital social ». Le capital social ?

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