vendredi, 13 novembre 2009
NOUS ADULONS LES CHATS DEPUIS 9500 ANS, ET MANGEONS ET MASSACRONS LES AUTRES ANIMAUX. L'ELITE D'UN CÔTE, LA PLEBE DE L'AUTRE
NEWS NEWS NEWS NEWS Les études faites pendant l'année 2007 le confirment, 9,9 millions de chats domestiques ont été recensés en France pour 8,5 millions de chiens. Cet énorme engouement pour les félins s'expliquerait par l'urbanisation (le chat d'appartement est plus facile à élever que le chien d'appartement), ou encore par un intérêt nouveau pour la personnalité du chat (plus autonome, moins servile), ou bien par notre fascination grandissante pour les animaux à l'heure où de plus en plus d'espèces disparaissent - il nous reste cette élite domestiquée (et privilégiée) pour conserver une relation riche avec des êtres vivants non-humains (nous massacrons et mangeons les autres).
Cela constaté, notre passion pour les petits félins que sont les chats ne dâte pas d'aujourd'hui. La revue Science nous apprenait en avril 2004 qu'un chat "felis silvestris", proche du chat sauvage oriental actuel, a été retrouvé dans la sépulture d'un personnage important, entouré de haches polies, de silex taillés, d'une pierre ponce, et d'une parure comprenant 24 coquillages et une pyrolite verte. Cela à Shilourokambos, Chypre. Cette découverte révèle que le chat serait vassalisé, voire adulé depuis... 9500 ans. Ci dessous, un reportage auprès d'un des "inventeurs" du chat chypriote - Jean-Denis Vigne, archéozoologue du CNRS-Muséum - et plusieurs sociologues travaillant sur la passionnante "domestication" dont Jean Pierre Digard. On retrouve cet article dans la revue RAVAGES, dont le numéro 3, "ADIEU BEL ANIMAL", vient de sortir dans les bonnes librairies. Pour le commander : Editions Descartes&Cnie. 32 rue Cassette. 01.42.22.29.02 avec des textes de l'éthologue Franz de Waal, le Capitaine Watson, le géographe Jared Diamond, le journaliste Fabrice Nicolino, le philosophe Dominique Lestel, la biologiste Catherine Vidal.

Aujourd'hui, j'éprouve la confuse sensation de travailler pour que Chat se la coule toute la journée, traînant de son panier au radiateur, avant de filer courir la femelle.
Comment expliquer cette rapidité à s'installer ensemble sous un même toit, nous et les felis catus ? Les hommes et les chats et la domestication des uns par les autres, cette histoire vient de loin, nous savons bien. Mais de quand ? De 7500 ans avant J.C au moins, soit 9500 ans. C'est ce qu'établirait une découverte publiée au printemps 2004 dans la revue Science faite par une équipe de chercheurs français sur le site néolithique de Shilourokambos à Chypre. Un chat felis silvestris, proche du chat sauvage oriental actuel, a été retrouvé dans la sépulture d'un personnage entouré de haches polies, de silex taillés, d'une pierre ponce, et d'une parure comprenant 24 coquillages et une pyrolite verte. Comment être sûr que le chat n'est pas venu mourir là, quelques siècles après, avant d'être retrouvé enterré au même endroit 9000 ans plus tard ?
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mercredi, 14 octobre 2009
ÉVANGILE DE JUDAS : QUI A ÉCRIT LE "JUDAS CODE" ?
NEWS NEWS NEWS LA PLEÏADE CHEZ GALLIMARD PUBLIE ENFIN LES ECRITS GNOSTIQUES DE LA BIBLIOTHÈQUE DE NAG HAMMADI, UNE COLLECTION DE TEXTES DECOUVERTS EN EGYPTE QUI ONT RENOUVELE NOTRE VISION DU CHRISTIANISME PRIMITIF ET PRESENTANT DES EVANGILES NON RECONNUS PAR L'EGLISE
"L'EVANGILE DE JUDAS", PRÉSENTANT UN JUDAS PROCHE DE JÉSUS ET "INITIÉ" PAR LUI , RETROUVÉ DANS LES SABLES DU DÉSERT EGYPTIEN, AVAIT DEJA ETE PUBLIÉ EN JUIN 2006 CHEZ FLAMMARION . CE TEXTE CONTINUE PROCEDAIT UN VÉRITABLE RENVERSEMENT DE PERSPECTIVE SUR JUDAS.
QUI A ECRIT CE TEXTE SCANDALEUX ? VOICI UNE ENQUÊTE AUPRÈS DU TRADUCTEUR DE L'EVANGILE DE JUDAS ET DES GRANDS SPÉCIALISTES DU CHRISTIANISME PRIMITIF. TOUS TOMBENT D'ACCORD : NOUS SOMMES EN PRÉSENCE D'UN LIVRE GNOSTIQUE, L'ECOLE CHRÉTIENNE RIVALE DE L'ORTHODOXIE LES TROIS PREMIERS SIÈCLES APRÈS JÉSUS-CHRIST. GNOSTIQUE ?
BIBLIOGRAPHIE
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Le 24 juillet 2001, Rodolphe Kasser, titulaire honoraire de la chaire de cooptologie à l’université de Genève, un des grands spécialistes mondiaux de la langue copte - le grec des chrétiens égyptiens -, pousse la porte d’un grand café de Zurich. Le vieux professeur - soixante dix ans - a la main droite qui tremble et marche en boitillant. Depuis peu la maladie de Parkinson l’attaque. Le voyant arriver en tirant la jambe, la marchande d’art Frieda Tchacos pense aussitôt : " Ce vieux monsieur ne survivra jamais à la restauration du document que je lui apporte ".
Rodolphe Kasser écoute Frieda Tchacos, et il comprend qu’à nouveau l’étude du copte lui fait croiser l’Histoire en capitale. La marchande d’art lui demande s’il est intéressé à traduire un " codex " copte - entendez une livre cousu constitué de papyrus - vieux de dix-huit siècles, se présentant comme un " Évangile de Judas ", et proposant une nouvelle interprétation du rôle et du personnage du plus célèbre traître de la chrétienté - devenu un nom commun, " Judas !
22:20 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, amour |
jeudi, 08 octobre 2009
"INFANTILISATION DES ADULTES, PUERILISATION DES ENFANTS". UN ENTRETIEN AVEC BERNARD STIEGLER
NEWS NEWS NEWS. La pensée est aussi une activité de scène, de confrontation avec un public, d'échanges animés et parfois polémiques. Le philosophe Bernard Stiegler en un de ces batailleurs de pleine salle, qui intervient sur plusieurs fronts en ce mois d'octobre. Il développait une critique de la "perte actuelle du savoir", mais aussi du stalinisme, à la Maison de la Poésie, invité par le journal L'Humanité. Il défendait les amateurs d'art contre les consommateurs de culture à la soirée lancée par l'association Libre Accès consacrée au logiciel libre. Il sera le 13 à Lille pour le nouveau cycle de conférences l'Espace Culturel de la ville. Voici un entretien que j'ai fait avec Bernard Stiegler pour la revue RAVAGES, dont le thème est "l'infantilisation générale" - en vente encore dans les bonnes librairies, ou à commander aux éditions Descartes&Compagnie : 32, rue Cassette 75006 PARIS France Tél : +33 (0)1 42 22 29 02.
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« L’infantilisation des adultes, la puérilisation des enfants, la destruction des rapports de générations, tout cela revient à réfléchir au pouvoir immense du marketing sur une société devenue un troupeau de consommateurs. Permettez-moi un détour… Le capitalisme a muté au début du vingtième siècle, avec le fordisme. Nous sommes alors sortis de l’époque productiviste du capitalisme, celle de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle et début du XXe siécle qui a transformé nos vies – des chemins de fer à l’électricité alimentant l’usine et les nouvelles concentrations urbaines. Ce capitalisme a transformé les ouvriers, les artisans, les paysans en prolétaires. Grâce aux avancées techniques, aux nouvelles machines, la productivité s’est trouvée multipliée par dix, cent, parfois par mille… Ces énormes gains de production ont assuré la prospérité de la la petite bourgeoisie intellectuelle, de la moyenne bourgeoisie des entrepreneurs et des commerçants, et de la grande bourgeoisie industrielle, de la finance et du capital. Henri Ford invente la voiture bon marché et le consommateur Au début du siècle, de nouvelles méthodes de travail vont être expérimentées pour accroître encore la productivité. C’est d’abord le taylorisme, imaginée par l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor (1856-1915). On cherche à organiser scientifiquement le travail, « The One Best Way », la meilleure façon de produire, le rendement maximum grâce à l'analyse des techniques de production (gestes, cadences). C’est aussi le au passage du salaire à la tâche au salaire à l'heure. La méthode de Taylor prouvera son efficacité dans la sidérurgie, qu’il formalisa en 1911 dans « Les principes du management scientifique ». C’est alors que Henri Ford, fondateur de la Ford Motor Company, apparaît. Pour produire la fameuse Ford T, il va encore perfectionner le travail à la chaîne - que Charlot met en scène dans les « Temps modernes ». En même temps, il se dit : On peut encore augmenter considérablement la productivité. Pour cela, il faut inventer une nouvelle logique de distribution et de vente. En conséquence, il installe des concessionnaires Ford dans le monde entier, vend des voitures par centaines de milliers. Il développe encore l’idée que le peuple doit consommer, profiter des nouvelles inventions techniques - c’est selon lui la seule façon de développer l’industrie, mais aussi la bonne manière d’obtenir la paix sociale et civile. Ce faisant, il invente le concept de « consommateur ».
18:32 Publié dans ENTRETIENS À VIF | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ego, philosophie, infantilisation |
lundi, 07 septembre 2009
BENJAMIN BARBER, PHILOSOPHE POLITIQUE AMERICAIN : "NOUS VIVONS UNE INFANTILISATION GENERALE"
NEWS NEWS NEWS. Le philosophe politique Benjamin Barber, ancien conseiller du présdent Clinton, auteur d'une critique du "fondamentalisme néolibéral américain" (Mc World versus Jihad, Fayard) qui participe au grand projet de Wikipedia de construire un riche corpus encyclopédique consacrée à la « Politique », vient de publier dans la revue radicale Nation un bel article sur « l’espace public » à New York ( barber ) où il appelle à la création d’espaces sans voitures et piétonniers, à la manière des Ramblas de Barcelone, où les new yorkais pourraient se promener et dériver, les artistes se montrer, les enfants jouer, etc – bref à une accaparation de la ville par le public en divers lieux de la Grosse Pomme. Benjamin Barber a fait beaucoup parler de lui au moment de la grande crise financière de l’automne 2008 dans plusieurs articles retentissants. En pleine débâcle du système financier, quand nous avons vu chavirer un monde que nos maîtres-penseurs et grands politiques célébraient comme le « meilleur système possible » - que certains philosophes naïfs annonçaient même la « fin de l’histoire » -, le philosophe politique américain Benjamin Barber riait noir. C’était dans The Guardian du 20 octobre 2008. Il riait de l’effondrement du stupide dogme néolibéral selon lequel l’Etat et le bien public sont « le problème » - « the villain » - et le capitalisme consumériste et financier « la solution » à tous nos problèmes. Il riait noir Benjamin Barber, parce que cela fait trente ans que cette chape de plomb pèse sur nos sociétés. Trente ans que cette pensée unique sert à cacher « l’horrible petit secret », « the dirty little secret » de notre époque. Lequel ? Hé bien… « non, ce ne sont pas seulement les crédits pourris, les financiers, traders et banquiers cupides, les investisseurs pressés et ignorants qui ont généré cette crise mondiale. Ce sont ces décades d’affaiblissement de la démocratie et du capital social ». Le capital social ?
10:49 Publié dans ENTRETIENS À VIF | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, audace, humour |
mercredi, 10 juin 2009
LE "HOBBIT" VIEUX DE 90 000 ANS DECOUVERT DANS L'ÎLE DE FLORES, INDONESIE, EST-IL LE TROISIEME HOMME : HOMO FLORESIENSIS ?
(Reconstitution faciale de l'homme de Flores, National Geographic)
NEW NEWS NEWS Début février 2009, une nouvelle étude américaine en 3 D du crâne du petit hominidé d’un mètre de haut découvert en 2003 dans l'île de Flores, Indonésie, conforte la thèse d’une espèce différente d’Homo sapiens : Homo floresiensis. Ce « hobbit », comme l'a surnommé l'équipe australienne de fouille, qui a vécu de 90 000 à 12 000 ans fut donc notre contemporain. Ce serait le troisième homme. Voici l’histoire de sa découverte – et des innombrables querelles qu’il a suscitées chez les préhistoriens.
Avec ses éléphants nains et ses varans géants, l’île de Flores – « l’île aux fleurs » des navigateurs portugais – offrait déjà à rêver, avant que l’on parle du « hobbit », l’extraordinaire petit homme découvert dans ses grottes. Latitudes 8°4 et 8°58, Flores s’étire sur 360 kilomètres au nord-ouest de l’Australie, loin au sud oriental de l’Indonésie, à la lisière du grand écrasement géologique provoqué par la rencontre de la plaque continentale australienne et l’eurasienne. D’où ses 13 volcans fonctionnels, et ses tremblements de terre - dernier en date, 1997. Achevant le dispositif de la Sonde avec les îles de Sumatra, Java, Bali, Lombok et Sumbawa, Flores abrite une vaste réserve naturelle où les voyageurs tremblent devant les derniers « dragons de Komodo », le Varanus komodoensis, monstrueux lézard de 2 à 3 mètres de long, 70 kilos, présent sur plusieurs îles de l’archipel. Charognard, ce varan très rapide à la course chasse les oiseaux et les petits mammifères, et autrefois les petits enfants des villages - ces dragons cruels peuplent les légendes indonésiennes. Grand classique des cas de gigantisme insulaire, ce Varanidae carnivore a grandi tandis que les herbivores de l’île réduisaient. En effet, selon la règle de Bergmann, une taille plus grande offre bien des avantages à ces reptiles en l’absence d’autre grand prédateur. Aussi le varan, privé de toute contrainte locale, a pu s’épanouir au fil des millénaires, jusqu’à dominer son écosystème. Certains rats, comme le Papagomys, ont beaucoup grossi aussi, jusqu’à atteindre un bon demi mètre. Pendant ce temps, les herbivores et en particulier les Stegodon (un groupe frère des éléphants) rapetissaient, comme les éléphants l’ont fait en Sicile – où leur crâne a sans doute nourri les légendes sur les Cyclopes. Pas besoin d’être énorme quand les grands fauves font défaut : d’où le Stegodon nain de Flores, 1,65 mètre au garrot, dont on a retrouvé d’incroyables ossements.
C’est dans cette île digne du film King Kong qu’en septembre 2003 une équipe internationale de préhistoriens trouve dans la grotte de Liang Bua plusieurs éléments de 7 squelettes incomplets d’homininés, dont un bizarre petit crâne de 380 cm3, tous semblant appartenir à des petits homininés de… un mètre de haut. Sept curieux nains plutôt Homo au vu de leurs petites canines et la forme du crâne, mais minuscules, et à petite tête. Le plus vieil ossement remonte à 90 000 ans, le plus grand nombre à 18 000. Ces nains, ou ces lilliputiens, auraient été anéantis pendant l’explosion volcanique de 12 000, qui a fait disparaître plusieurs espèces animales de l’île. Mais rien n’est avéré.
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lundi, 08 juin 2009
" NOS SOLUTIONS CREENT NOS PROBLEMES..." RENCONTRE AVEC PAUL WATZLAWICK, FIGURE DE "L'ECOLE DE PALO ALTO", FONDEE IL Y A 50 ANS AU "MENTAL RESEARCH INSTITUTE", CALIFORNIE
(Portrait psychédélique de Paul Watzlavick)
NEWS NEWS NEWS Cet été, le "Mental Research Insitute" de Palo Alto fêtera ses 50 ans d'existence, et avec lui un des courants d'idées majeurs de la seconde moitié du XXe siècle, qui a renouvelé aussi bien la psychologie sociale, la psychotérapie (avec la thérapie familiale), la théorie générale des systèmes, la microsociologie et les théories de la communication : la célèbre "école de Palo Alto" - aussi appelée, dans sa conception élargie à toute la communication sociale : "le collège invisible" - et sa constellation travaux originaux, études éclectiques, découvertes renversantes, chercheurs connus et moins connus tels Gregory Bateson, Jay Haley, Don Jackson, John Weakland, Margaret Mead, Paul Watzlavick mais aussi Ervin Goffman, Edward T. Hall, Ray Birdwhistel (l'inventeur de la kinésique), Francisco Varela (un des fondateurs des approches cognitives) et d'autres.
Pour mieux comprendre les apports décisifs de cette école, longtemps méconnue en France, qui a initié la thérapie familiale, réhabilité l'hypnose, décrypté les communications pathologiques (la théorie de la "double contrainte" ou "double bind"), enrichi la sociologie culturelle, développé la systèmique et la philosophie dite "constructiviste", voici un portrait d'une des figures de "Palo Alto", PAUL WATZLAWICK, disparu en 2007, l'auteur du célébre "Comment faire son propre malheur" que j'avais rencontré au Mental Resarch Institute au printemps 1988 pour le magazine Actuel.
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NOS SOLUTIONS CREENT NOS PROBLEMES
Vous connaissez les "allumeuses", ce genre de femme, ou d'adolescente, qui vous vampe, vous laisse entendre qu'elle résiste à grand peine à votre charme, suggère une complicité érotique à peine vous l'abordez ... et s’empresse d’appeler les pompiers dès que vous répondez à ses avances. L'allumeuse. À la fois créature affolante et vraie mijaurée. Ces paradoxes en minijupe ont un gros problème avec les hommes. Elles pensent qu'ils ne viendront vers elles que si elles font mine de s'offrir toute entière, tout de suite. Ou alors trop timides, ou trop creuses pour provoquer une discussion intéressante, une rencontre pétillante, elles se rabattent sur la provocation sexuelle. Elles s'empressent donc d'émoustiller ces gros balourds pulsionnels que seraient les hommes pour les attirer, et, vite, cherchent à profiter de leur compagnie avant qu’ils ne leur sautent dessus. Evidemment, cette tragédie enflammée échoue toujours. Car les garçons aimantés par tant d'appels de phare se montrent fort pressés de conclure ce qui semble si precipitamment commencé. Alors la belle, affolée, refuse. Dépité, le mec s’énerve. S’agace. Ne comprend pas. S’écrie " Allumeuse ! " Quant à elle, elle désespère un peu plus des hommes.
Voici un cas amusant où la recherche de la solution – vaincre sa timidité et sa peur des garçons par l’allumage outré - crée le problème : les garçons s’excitent puis s’en vont, et on retourne à la case départ. Le problème, de l'allumeuse, c’est sa solution. Si elle n’allumait pas, si elle se contentait, par exemple, de rougir, de bégayer, d'accepter sa timidité, ou d’attendre le moment propice, ou toute autre stratégie moins érotisée - je me souviens de cette timide qui faisait mine de se tordre la cheville, et qui s'étonnait toujours del'empressement des hommes à la sécourir - ses relations avec l'autre sexe en seraient sans doute facilitées. Les situations où nos mauvaises solutions créent nos problèmes, ou encore où les problèmes viennent de nos solutions, sont légion. Voilà le type de paradoxe de communication ou de comportement que Paul Watzlawick se régale à décoder, et avec lui le courant théorique appellé “l’Ecole de Palo Alto” : les grands analystes des points aveugles, des paradoxes et des codes secrets de l’interaction amoureuse et sociale.
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vendredi, 08 mai 2009
"NOUS SOMMES TOUS DES VOYAGEURS MASQUéS". CINQUIEME ROMAN D'ISABELLE SORENTE (GRASSET), SA PIECE "HARD COPY" (ACTES SUD) JOUEE A PARIS, LA REVUE "RAVAGES" EN LIBRAIRIE FIN MAI

(Photo Patrice Flora Praxo)
NEWS NEWS NEWS C'est une amie, certains me reprocheront de n'être pas objectif, et pourtant. Isabelle Sorente, 36 ans, revient dans l'actualité avec un cinquième roman dérangeant "Transformations d'une femme" (Grasset, mars 2009), une reprise de "Hard Copy" (Actes Sud) sa pièce dérangeante - et drôle - sur le harcélement moral (au Lucernaire fin mai, après deux mois salle comble au Lumen à Bruxelles - 250 places ), et une nouvelle dérangeante - "Infanticide" - dans le prochain numéro dérangeant de la revue RAVAGES (qu'elle co-dirige, thème "Infantilisation générale", sortie le 20 mai, éditions Descartes&Cnie, 01.42.22.29.02 ) autour de laquelle se prépare un spectacle avec le théâtre du Rond Point. Avec Isabelle Sorente, la littérature n'est jamais tiède. J'ai lu "Transformations d'une femme" deux fois, voici pourquoi.
(Interview télévisée d'Isabelle Sorente et d'autres écrivains par J.P Elkabach sur Bibliothèque Médicis : target="_blank">iframe> )
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Au débat sur le féminisme organisé par le magazine Elle au Salon du livre, où participait une Benoise Groult en grande forme - « Les hommes n’ont pas assez changé ! » a-t-elle lancé, faisant crouler la salle -, Isabelle Sorente a raconté qu’elle prenait des cours de self-défense. Nous savions déjà que cette polytechnicienne avait fait de la voltige aérienne, et que son bi-moteur était tombé dans le golfe de Gènes. Mais pourquoi de la self-défense ? Pour se défendre des hommes ? « D’abord pour éviter de se penser en victime pendant une agression ». Plusieurs fois suivie, embêtée, au cours d’un voyage solitaire en Grèce, elle a voulu rompre avec la peur qu’elle sentait déposée en elle. « Ces cours ont agi comme une sorte de psychanalyse physique, D’un seul coup, je me suis souvenu qu’à l’école, on me disait « Ne te bas pas ! », « Une fille ne se bagarre pas ! ».
Dans le débat ringard organisé par Elle - « Le féminisme est-il ringard ? » -, l’anecdote venait rappeler combien la fabrication du genre « femme », de l'idéologie "femme" continue aujourd’hui dès les cours de récréation. Aujoud'hui encore, un code invisible s’installe dans la manière de se défendre, se battre, utiliser ses poings, sa rage, éviter ou accepter la violence. Dans sa façon de se penser en fille, pas en garçon, physiquement. Un jeune mec apprend jeune la bagarre, elle fait profondément partie de sa vie, ses relations à ses copains, sa manière de se comporter, dès les premères années - de plus en plus aujourd’hui, en banlieue, dans les lycées surpeuplés. D’innombrables « études sur le genre » françaises ont analysé ces phénomènes. Ils ne se sont pas tant ringardisés. Le processus de fabrication des archétypes n'a pas cessé. Isabelle Sorente s’amusait, au Salon du livre : « On devrait proposer des cours de self-défense aux filles dans tous les lycées.
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jeudi, 02 avril 2009
POST-HUMAIN. "VIELLE LUNE" OU QUESTION D'AVENIR ? AXEL KAHN LE BIOLOGISTE VERSUS JEAN-MICHEL BESNIER LE PHILOSOPHE
NEWS NEWS NEWS Le philosophe Jean-Michel Besnier, membre du comité d’éthique de l’INRA, vient de publier « Demain les post-humains » (Hachette-Littératures), où il prend acte de l’apparition chez les scientifiques, suite à la littérature et la science-fiction, très friandes du thèmes depuis toujours, d’un intérêt pour la post-humanité - une humanité qui échapperait aux lois de l'évolution. N'a-telle pas commencé en pratiquant la fécondation in vitro, la procréation assistée, la contraception ? Un corps nouveau protégé et assisté par les machines, un post humain transformé par les biotechnologies n'est-il pas en gestation. En attendant le cyborg, résistant demain à la dureté de la vie sur une Terre irrémédiablement polluée, - ou encore un "transhumain", une nouvelle créature qui ne serait presque plus humaine, dont seul l'esprit survivrait.
Après avoir rencontré Jean-Michel Besnier, votre serviteur a été interviewer un des farouches opposants au clonage humain, longtemps membre du Comité Consultatif d'Ethique sur les questions des biotechnologies, le biologiste Axel Kahn. Voici les deux entretiens, publiés à la suite - comme ils le sont dans le supplément du Monde "L'évolution, quelle histoire !" (7,50 €, 100 pages, magnifique) sorti cette semaine en kiosque. Bonne polémique.
I- ENTRETIEN avec AXEL KAHN
"PRETENDRE CONTROLER LES PROCESSUS EVOLUTIFS, C'EST PRENDRE LE RISQUE D'IMPOSER DES PREJUDICES AUX GENERATIONS FUTURES"
Généticien, longtemps spécialiste de thérapies géniques, aujourd’hui président de l’université Paris Descartes, Axel Kahn intervient régulièrement dans le débat public sur les questions touchant à la génétique. Il s’est par exemple opposé à l’amendement Mariani promulguant l’utilisation de tests génétiques dans le cadre du regroupement familial. C’est aussi un opposant déclaré au clonage reproductif humain.
-Depuis la naissance « in vitro » d’Amandine le 29 février 1984, 3 millions de « bébés-éprouvettes » sont nés dans le monde. L’espèce humaine entre-elle dans une ère post-humaine, où elle échapperait à l’évolution ?
Axel Kahn : La grande loterie de l’hérédité, le grand brassage des gènes continue chez un « bébé-éprouvette ». Ce serait une illusion de croire que l’humain, du fait de toutes les techniques qu’il maîtrise, en particulier les biotechnologies, soit sorti du processus évolutif. Il existe un phénomène bien visible de la continuité de l’évolution chez l’homme, c’est l’épidémie actuelle d’obésité. Pendant plusieurs siècles, jusqu’à la seconde moitié du XXème, les années de « vaches maigre » ont été beaucoup plus fréquentes que celles de « vache grasse », si bien que les gènes permettant à l’organisme de s’acclimater au déficit alimentaire ont été sélectionnés. Mais tous ces bons gènes qui permettaient d’emmagasiner des graisses pour pouvoir résister à la disette se sont révélés être des gènes de l’obésité du jour où l’on est passé, aux Etats Unis comme en Europe et, surtout et de façon brutale, chez les inuits, indiens et peuples du Pacifique, au régime d’abondance.
20:24 Publié dans ENTRETIENS À VIF | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, post-humain |
mercredi, 01 avril 2009
CREATIONISME VERSUS DARWIN. "L'EVOLUTION N'EST PAS LE RECIT D'UNE GENESE PARMI D'AUTRES, MAIS UN SOCLE SCIENTIFIQUE". ENTRETIEN AVEC LE PHILODOPHE DES SCIENCES, DOMINIQUE LECOURT
NEWS NEWS NEWS Pour le 150e anniversaire de la publication de "L'origine des espèces", Charles Darwin, longtemps décrié, encore attaqué, considéré par certains comme le père de l'eugénisme ou d'une sociobiologie inquiétante justifiant la loi du plus fort, par d'autres comme le premier penseur du progrès et de l'athéisme, est revenu au coeur des grands débats philosophiques et scientifiques actuels. Difficile de faire la part des interprétations biaisées de l'oeuvre darwinienne de son véritable socle théorique, de recenser tous les domaines - de la paléontologie à la biologie en passant par l'éthologie ou la psychologie - où la théorie de l'évolution, combinant "la descendance avec modification" avec "la persistance des plus aptes", nourrit les travaux les plus en pointe. Pour démêler cette constellation d'idées et ces polémiques savantes ou religieuses, que votre serviter a rencontré l'épistémologue Dominique Lecourt, professeur de philosophie à l’Université Paris Diderot (Paris 7) où il dirige le Centre Georges Canguilhem. Epistémologue, auteur d’une trentaine d’ouvrages dont "L’Amérique entre la Bible et Darwin" (PUF, 3ème éd., 2007), il a dirigé l’édition française de "Charles Darwin. Origines. Lettres choisies 1822-1859 -Bayard, 2009", préfacée par Stephen Jay Gould. Cet entretien vient d'être publié dans le numéro spécial du Monde consacré à Darwin, magnifiquement illustré.
ENTRETIEN AVEC DOMINIQUE LECOURT, PHILOSOPHE DES SCIENCES
Cent cinquante ans après « L’origine des espèces » de Charles Darwin, le darwinisme est partout salué comme la théorie majeure de l’évolution, et son auteur partout consacré. Comment l’expliquer ?
Dominique Lecourt : Le grand public a redécouvert Darwin suite aux débats américains autour du « créationnisme scientifique », présenté depuis plus d’un demi-siècle par certains courants fondamentalistes chrétiens comme théorie rivale de celle de l’évolution ; une alternative qu’il faudrait présenter dans les écoles en laissant aux élèves et à leurs parents la liberté de choix. En Europe et au Moyen-Orient, des mouvements musulmans proclament aujourd’hui que le darwinisme est incompatible avec le Coran. La diffusion massive du premier volume de l’imposant Atlas de la Création, en décembre 2006, de Harun Yahya richement imprimé en Turquie en témoigne. Cet auteur n’hésite pas à dénoncer dans le darwinisme la source du stalinisme autant que de l’hitlérisme. La théorie du « dessein intelligent » qui se manifesterait dans l’irréductible complexité des êtres vivants constitue la forme la plus actuelle et la plus sophistiquée de ce créationnisme, même si ses promoteurs se gardent de prononcer le nom de Dieu. On en entend des échos jusqu’au Vatican. En juillet 2005, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et proche de Benoît XVI, a fait sensation en prenant position en faveur de l’« Intelligent design » dans le New-York Times, à contre-pied de la position de Jean-Paul II. Cette offensive suscite des réactions indignées chez les scientifiques et les professeurs de biologie, des polémiques dans les médias, d’où la popularité nouvelle de Charles Darwin.
13:16 Publié dans ENTRETIENS À VIF | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, darwin, animal |
mardi, 03 mars 2009
ON NE PRETE PAS QU'AUX RICHES. ENQUÊTE SUR LE MICRO-CREDIT ET MOULTES HISTOIRES DE CREATION D'ENTREPRISES INDIVIDUELLES EN FRANCE PAR DES LICENCIES ET DES CHÔMEURS
NEWS NEWS NEWS Avant la récession, quand on parlait de micro-crédit, beaucoup pensaient aux associations du Bengladesh, d'Inde, ou encore au prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank, la banque des pauvres. Que l'on se détrompe. L’Association pour le Droit à l’Initiative Economique (ADIE), propose des microcrédits en France depuis vingt ans, et a déjà sorti 60 000 personnes de la précarité. A l’heure de la débâcle des institutions financières, elle développe une stratégie permettant à des chômeurs, des rmistes, des gens en fin de droit, des jeunes sans travail, des qualifiés sans emploi à leur mesure, des licenciés, des femmes seules de créer leur propre actiivité, et leur "auto-entreprise". Enquête auprès de celles et ceux, précaires de tous âges et tous milieux, à qui l’ADIE a permis de rebondir dans toute la France (publié dans le Monde 2, 28/02)
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Tant va la croyance à la vie qu'à la fin elle se gagne. Lorsque Fatiha quitte l’Algérie pour Marseille, en 1998, avec sa famille, elle a 15 ans. Son père, naturalisé français, est coiffeur. Elle passe un BEP de comptabilité. A 18 ans, menue, jolie, des yeux noisette, elle multiplie les stages. Elle fait ensuite une formation de secrétaire médicale. Encore des stages. « Je faisais l’accueil, répondais au téléphone. » Fatiha commence alors à faire le tour des entreprises marseillaises. Petits boulots, stages à nouveau. Elle a 21 ans. Avec sa famille, quatre sœurs, deux frères, elle vit dans un petit appartement des quartiers Nord. Le père a longtemps exercé en Algérie mais, n’ayant pas le brevet professionnel français, il ne peut se mettre à son compte. Il fait des remplacements dans un salon. Fatiha décide d’apprendre à coiffer, espérant profiter des contacts de son père. Elle suit un apprentissage, 4 000 € pour l’année. Papa paye la moitié, le conseil général l’aide. La voilà avec un CAP. La course à l’emploi recommence. « Je faisais les shampoings, je balayais. » Fatiha a 23 ans...
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