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écologie - Page 2

  • ANNEE 2010 SACREE ANNEE DE LA BIODIVERSITE. LE PHILOSOPHE DOMINIQUE LESTEL NOUS PARLE DES MACHINATIONS CONTRE L'ANIMAL DANS LA REVUE RAVAGES (DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES)

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    NEWS NEWS NEWS. L’année 2010 a été sacrée « année de la biodiversité » par l’ONU. Il était temps. Aujourd’hui nous vivons la « sixième extinction » terrestre. Nous voyons disparaître des dizaines d’espèces chaque jour, à un taux 100 à 1000 fois supérieur qu’il y a 3000 ans, alors que 6000 espèces sont menacés de disparition rapide - parmi lesquelles les grands poissons et les grands singes mais aussi les insectes pollinisateurs. Cette fois, ce n'est pas la conséquence d'un accident cosmique, ou une explosion tellurique. Elle provient des comportements massivement agressifs pour la biosphère terrestre d'une seule espèce animale arrogante et conquérante, l’Homo sapiens sapiens, le troisième chimpanzé. La biodiversité ? Ecosystèmes menacés, espèces en voie de disparition, boulimie de viande, élevage de masse dans des conditions affreuses, massacres routiniers des abattoirs industriels, abattages des troupeaux suite à la crise de la vache folle, destruction en série de grandes espèces décrétées « nuisibles »… ainsi nous machinons les bêtes. Nous commençons à comprendre les convergences inquiétantes entre une hyper-rationalité occidentale dévoyée et les sacrifices antiques.

    En regard de cette actualité, un entretien avec le philosophe Dominique Lestel, auteur du livre de référence « Les origines animales de la culture » (Champs/Flammarion), maître de conférences à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm où il enseigne l’éthologie cognitive dans le Département d’Etudes Cognitives et l’anthropologie philosophique dans le Département de philosophie. Il a été publié dans la revue RAVAGES - n% 3, "ADIEU BEL ANIMAL"-, à côté d'entretiens et de textes de Jared Diamond (auteur de "Effondrement", Nrf), Franz de Waal (éthologue, spécialiste des bonobos), Elzabeth de Fontenay (auteur du "Silence des bêtes"), Fabrice Nicolino(auteur de "Bidoche"), Joeclyn Porcher (sociologue, spécialiste de l'élevage), le Capitaine Watson (co-fondateur de Greenpeace, eco-pirate). RAVAGES (éditions Descartes&Cnie) est en vente dans toules les bonnes librairies.

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  • UN GRAND ENTRETIEN AVEC DANIEL COHN-BENDIT SUR L'ECOLOGIE POLITIQUE ET LA SITUATION FRANCAISE. "SORTONS DU NUCLEAIRE, N'ATTENDONS PAS TOUT DE L'ETAT NI DU MARCHE, OSONS LE GREEN DEAL"

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    NEWS NEWS NEWS Une semaine avant le sommet de Copenhague, une rencontre avec le leader d'Europe Ecologie, fort de son succès aux élections européennes - 16,28% des voix pour 16,48% pour le PS - et le théoricien de l'intelligence collective et des réseaux Yann Moulier-Boutang (paru dans le Monde Magazine, 5 décembre 2009)

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    Etait-ce la répétition, sur les planchers de l’Assemblée Nationale, de ce qui se passera au sommet international de Copenhague sur le climat ? Les partis politiques français, conviés par Europe Ecologie et Daniel Cohn-Bendit à venir débattre de la position française ont traîné les pieds. Les partis de gauche ont déclaré ne pas « vouloir débattre avec la droite ». Seul Michel Rocard s’est déplacé, Jacqueline Fraysse du PCF aussi, mais à titre personnel, ainsi que deux députés de l’UMP et du Nouveau centre. Le seul grand rallié fut le patron du Modem, François Bayrou, qui s’est réconcilié avec Daniel Cohn-Bendit pour déclarer : «Pour faire quelque chose de sérieux sur ce sujet (du climat), il faut se rassembler. » Une alliance qui fait des remous chez les Verts, et inquiète le parti socialiste à la veille des élections régionales : une nouvelle force politique Vert-Centre gauche se dessinerait-elle en France, qui bouleverserait le paysage politique ?

    En l’absence de dirigeants de gauche et de droite, ce forum de l’Assemblée a laissé un sentiment désolant de division. On pourrait craindre qu’à l’image des leaders français, les dirigeants mondiaux n’arrivent pas à s’entendre à Copenhague, et que le sommet s’achève sur une série de vœux pieux, sans véritable engagement ferme des pays. Ce serait désastreux. Il semble pourtant que les gros pollueurs comme le Brésil, la Chine, l'Inde et les Etats-Unis soient décidés à prendre date devant l’opinion mondiale - les leaders parlent de se fixer des objectifs précis de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais faut-il les croire ? Le gouvernement indien annonçait hier qu'il refusera de se laisser dicter toute décision internationale.

    « C’est l’intérêt commun qui nous pousse à faire ce genre de débat » déclarait, très remonté, Daniel Cohn-Bendit à l’Assemblée Nationale. L’homme a changé depuis les résultats d’Europe Ecologie aux élections européennes, où son parti a fait jeu égal avec les socialistes. Il défend un programme original, s’affirme comme un leader national. Mais quelle est sa philosophie politique ? Nous connaissons les écrits d’Alain Lipietz sur le dépassement de l’affrontement « droite-gauche », les positions d’Yves Cochet sur l’encouragement à la « sobriété », mais que pense Daniel Cohn-Bendit ? Se dit-il toujours « libéral-libertaire » ? De gauche ? Le Monde Magazine l’a rencontré chez lui, à Francfort. Au cours de cet entretien, auquel participait un de ses proches, l’économiste spécialiste des réseaux sociaux Yann Moulier-Boutang, il défend l’écologie politique, le seul « réformisme radical » selon lui. Daniel Cohn-Bendit retrace ici comment l’écologie politique est apparue, ses combats, ses penseurs, et comment elle s’est constituée à la fois contre l’étatisme « infantilisant » et le libéralisme « destructeur ». Il avance plusieurs idées stratégiques pour changer la société française : sortir du nucléaire, engager un « new deal » des énergies propres, encourager les industries vertes, démocratiser la veille France centralisatrice et autoritaire.

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  • POURQUOI LES ILES NOUS FASCINENT ?

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    (photo Erwan Bourcy. DR)

    NEWS NEWS NEWS. Chaque année, depuis 1999, l’île d’Ouessant accueille le « Salon du livre insulaire » (www.livre-insulaire.fr). Il se tiendra du mercredi 19 au 23 août, autour de plusieurs thèmes : « Le roman policier insulaire » - « La littérature des îles d’Atlantique Nord : Saint Pierre et Miquelon, les îles de la Madeleine » - « Ecrire et éditer en français dans les îles » - « Hommage à l’écrivain crétois, Nikos Kazantzakis, auteur de « Zorba le grec ». ». Plusieurs prix seront décernés : Grand prix du Ponant, Beaux livres, sciences, poésie, fiction, jeunesse. Le salon édite aussi la revue « L’archipel des Lettres ». On trouve une très riche « Bibliothèque insulaire virtuelle » sur le site « Vers les îles ». Pour parler, en cette chaude fin d’été, de la fascination que les îles exercent sur l’âle humaine, voici le récit d’une rencontre avec Louis Brigand, géographe à l’université de Brest et « nissonologue » c’est-à-dire spécialiste des îles. Il vient de publier un joli essai personnel intitulé « Besoin d’îles » (Stock, 2009) - article publié dans Le Monde 2 du 14 août.

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    L’« Enez Eussa III » s’éloigne du port, les cuivres déchirants d’un orchestre - parmi la dizaine embarquée pour le festival « Fanfares ! »  qui tourne entre Brest et les îles de Molène et Ouessant - saluent le départ. Sur les quais les mouchoirs, au bastingage les grands gestes d’adieu, nous sommes partis. La mer est tranquille, la journée belle, déjà sur le pont arrière la foule s’agite, les uns cherchent le bar, d’autres se penchent au-dessus du sillage, les amoureux s’embrassent, on ressent le frémissement de l’adieu à la Terre. En route pour Ouessant, la dernière île au-delà du Finistère, l’extrême pointe de l’Europe. Cent trente musiciens, autant de visiteurs et de gens des îles, la fanfare joue « Arizona Dream » dans le soleil, les bouteilles tournent. Très peu de roulis, pour une fois, dans cette mer d’Iroise. Imaginez la folie quand un grand dauphin luisant jaillit devant l’étrave, pour nous accompagner un bon kilomètre. La côte disparaît enfin, le vent souffle fort comme pour nettoyer les derniers liens qui nous relient à la terre. Nous allons vers les îles, où disent les légendes tout peut s’oublier.

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  • JE TE SALUE, VIEIL OCEAN MENACé

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    NEWS NEWS NEWS  C'EST L'ETE, IRRESISTIBLEMENT LES HOMMES COURENT VERS LES MERS ET LES OCEANS, "LE GRAND BLEU COLLé A LA SURFACE DE LA TERRE" (LAUTREAMONT), POUR S'Y BAIGNER ET S'Y RAFRAICHIR, RÊVER FACE A LA HOULE, PLONGER DANS SES EAUX ELASTIQUES, EXPLORER SES FONDS EXTRAORDINAIRES, SURFER SUR SES ROULEAUX ECUMANTS, REGARDER UN SOLEIL MYSTIQUE S'Y NOYER.

    "ELLE EST RETROUVEE, QUOI ? L'ETERNITE... ECRIVAIT RIMBAUD. C'EST LA MER ALLEE AVEC LE SOLEIL." L'ETERNITE ? EN VERITE LES OCEANS, LES MERS SONT MENACEES COMME JAMAIS, LEURS EAUX PROFONDES COMMES LES CREATURES QUI Y VIVENT. UN SUJET A MEDITER CET ETE, ASSIS SUR UN ROCHER ESCARPE OU ALLONGE NU SUR UNE PLAGE. A MEDITER EN CONNAISSANCE DE CAUSE. En novembre 2006, quatorze chercheurs internationaux réputés, des biologistes marins, des océanographes, des économistes, ont publié dans la très sérieuse revue "Science" les résultats de quatre années d’enquête sur la situation de la biodiversité marine autour du monde. C'est à ce jour le plus grand bulletin de santé des mers et des océans jamais entrepris. Ses résultats sonnent l'alarme, et le tocsin : zones côtières chaques jours plus polluées, envahies par les méduses, écosystèmes marins en danger partout, destruction massive des récifs et des mangroves (les nurseries  des poissons), menaces sur de nombreuses espèces comestibles, risques de disparition de la totalité des grandes espèces d'ici 2050 si aucune mesure n'est prise pour limiter la péche industrielle et décréter des sanctuaires marins.

    Un jour, nous léverons-nous pour écrire : "Ce matin, ma mer est morte" ? Voici un long entretien avec Boris Worm, biologiste marin, un des initiateurs de l'enquête publiée dans Science. Un homme encore sous le choc de ses découvertes (publié dans le Monde 2, 10/02/07)

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    Boris Worm à Halifax (Canada)

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    "JE TE SALUE VIEIL OCEAN"

    par Lautréamont

    "Vieil océan, ta grandeur morale, image de l’infini, est immense comme la réflexion du philosophe, comme l’amour de la femme, comme la beauté divine de l’oiseau, comme les méditations du poète. Tu es plus beau que la nuit. Réponds-moi, océan, veux-tu être mon frère? Remue-toi avec impétuosité… plus… plus encore, si tu veux que je te compare à la vengeance de Dieu ; allonge tes griffes livides, en te frayant un chemin sur ton propre sein… c’est bien. Déroule tes vagues épouvantables, océan hideux, compris par moi seul, et devant lequel je tombe, prosterné à tes genoux. La majesté de l’homme est empruntée; il ne m’imposera point: toi, oui. Oh! quand tu t’avances, la crête haute et terrible, entouré de tes replis tortueux comme d’une cour, magnétiseur et farouche, roulant tes ondes les unes sur les autres, avec la conscience de ce que tu es, pendant que tu pousses, des profondeurs de ta poitrine, comme accablé d’un remords intense que je ne puis pas découvrir, ce sourd mugissement perpétuel que les hommes redoutent tant, même quand ils te contemplent, en sûreté, tremblants sur le rivage, alors, je vois qu’il ne m’appartient pas, le droit insigne de me dire ton égal"

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  • LE BIOGEOGRAPHE AMERICAIN JARED DIAMOND ETUDIE LE COLLAPSUS DES GRANDES CIVILISATIONS - ET S'INTERROGE SUR L'AVENIR DE LA NOTRE

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    NEWS NEWS NEWS NEWS NEWS NEWS. " Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie " (Gallimard), l'ouvrage du biogéographe américain Jared Diamond, historien de l'environnement, prix Pulitzer 1998, sort en collection de poche Nrf. Dans cette longue étude, Diamond étudie dans le détail le " collapsus " écologique des civilisations Mayas, Vikings, de l’Île de Pâques et des sociétés indiennes américaines  - après avoir rappelé les raisons évoquées dans l'effondrement des civilisations du "Croissant fertile", de Rome et de l'Union Soviétique. Il  rejette les analyses classiques attribuant l'écroulement rapide des quatre sociétés qu'il observe à des "catastrophes" naturelles ou militaires, des situation exceptionnelles, pour révèler un processus d'auto-destruction à la fois politique et  écologique - il parle parfois d'"écocide". Dégageant peu à peu une grille d'analyse serrée des "collapsus", il l'applique sur notre époque. Perturbant. J'ai rencontré le professeur Jared Diamond à Los Angeles en avril 2006 lors de la sortie de l'édition américaine de son ouvrage - "Collapse" (article publié en partie dans Le Monde 2 - mai 2006)
    BIBLIOGRAPHIE JARED DIAMOND


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    Stone Canyon Road s’enfonce entre les villas de luxe de Bel Air, la riche enclave protégée de West Los Angeles, où habitent producteurs de cinéma, industriels et stars d'Hollywood. Le professeur Jared Diamond habite là, dans une maison de bois pleine de gravures animalières, acquise trente ans plus tôt. Désignant l’épaisse végétation alentour, il vous confie en lissant son collier de barbe à la Amish : " Cela ressemble au maquis méditerranéen n’est-ce pas ? ". Puis il ajoute avec mélancolie : " Dans les années 1960, on pouvait boire l’eau des rivières dans les montagnes proches. Les décennies à venir, on peut s’attendre à une guerre de l’eau à Los Angeles " Avec Jared Diamond, professeur de géographie à la faculté de Los Angeles (UCLA), biogéographe, " historien de l’environnement " l’analyse de " l’impact humain sur le milieu " ne cesse jamais. " En ville, les embouteillages deviennent chaque année de plus en plus inextricables et l’été, le smog s’épaissit… poursuit-il, tandis qu’une horloge rompt le silence du cottage. Un habitant de L.A passe en moyenne 368 heures par an en voiture rien que pour venir à son travail. Ajoutez une heure de conduite pour le moindre déplacement, acheter du pain, chercher ses enfants... Bientôt nous allons devoir équiper nos voitures de toilettes chimiques, comme à Bangkok ! ".
    Le dernier essai de Jared Diamond ressemble à un mauvais présage : " Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie " ( " Collapse " en édition américaine, un essai best-seller). L’ouvrage traite de l’écroulement de plusieurs civilisations célèbres, petites et grandes, où le désastre écologique semble avoir joué un rôle majeur. Au début de l'ouvrage Jared Diamond aborde rapidement la chute de Carthage en 146 av JC et l'empire d'Ankor, ruiné par des attaques militaires. Puis il traite rapidement de l'écroulement de l'empire romain et de l’Union soviétique, où l’effondrement relève pour beaucoup de l’implosion politique et sociale, doublé par une crise économique sans précédent. Ensuite, il rappelle l’importance des crises environnementales dans l'effondrement des sociétés du Croissant Fertile ( l'ancienne Mésopotamie, l'actuel arc Syrie-Liban-Irak, déforesté jusqu'à changer de climat, se désertifiant rapidement). Ensuite, il se concentre sur quelques collapsus - de " lapsus ", la chute - exemplaires par leur rapidité : le désastre de l’Île de Pâques, l’anéantissement de la civilisation Maya, la ruine des Vikings du grand Nord, la disparition des sociétés indiennes Anasazi du sud-ouest des Etat Unis.
    Enfin, il s’intéresse à l’époque contemporaine. Cela secoue. Contredisant les analyses classiques, Jared Diamond s’attache à montrer que ces désastres célèbres ne furent jamais des " catastrophes ", c’est-à-dire des crises venues de l’extérieur : invasion armée, pestes, bouleversements écologiques exceptionnels, changement climatique. Il s’agit, affirme-t-il, de processus d’autodestruction, nés à l’intérieur même des civilisations, des suites d'une accumulation de facteurs intérieurs, où un désastre environnemental joue souvent. Il parle même d’ "écocide " : pour l’Ile de Pâques, les Indiens Anasazis du Sud -Ouest américain, et les Mayas.

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  • SOMMES-NOUS TROP NOMBREUX POUR CETTE TERRE QUI S'EPUISE ?

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    NEWS NEWS NEWS Notre démographie n’est-elle pas la cause de nos malheurs écologiques, mais aussi politiques, sociaux, militaires, comme l’affirmait déjà l’austère Thomas Malthus… en 1798 ? Les « émeutes de la faim » qui ont secoué en avril 2008 des pays très peuplés – Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Haïti, Indonésie, Maroc, Philippines, Nigeria, Sénégal… – ne lui donnent-ils pas raison ? Enquête sur les grands clichés malthusiens d’aujourd’hui (publiée dans Le Monde2 - 01/09).

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    Mardi 23 septembre 2008, retenez cette date.

    Ce fut « le jour du dépassement », le "earth overshoot day" de l’année. La date où la population humaine a épuisé les ressources produites en un an par le mince manteau vivant qui enveloppe la Terre, la biosphère ou écosphère. Depuis, nous allons au-delà de ce que la planète nous offre – de sa biocapacité.
    Comment identifions-nous ce mardi fatal si précisément ? Grâce à l’organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, fondée en 2003, qui travaille à quantifier l’« empreinte écologique » des activités humaines. Cet outil d’analyse, sorte de « panier de la ménagère » global, ou de PIB à l’envers, a été mis au point dans la foulée du Sommet de la terre de Rio, en 1992, par les universitaires William Rees et Mathis Wackernagel. Il est aujourd’hui reconnu par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – quoique sans cesse critiqué, réévalué. Pour le calculer, Global Footprint Network compare le rythme auquel, chaque année, la nature produit des ressources – aliments, combustibles, etc. – et assimile les déchets, et le rythme auquel l’humanité consomme ces ressources et produit des déchets. Quand nous excédons les possibilités terrestres, nous atteignons « le jour du dépassement ». Le premier, selon l’ONG, est tombé le 31 décembre 1986. En 1996, il se situait début novembre. En 2007, le 6 octobre. Aujourd’hui, le 23 septembre. Et dans dix ans ? Notre crédit terrestre s’épuise – après le crédit bancaire. Notre avenir sera-t-il le souvenir d’un désastre qui a déjà eu lieu ?

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  • PAUL VIRILIO, PHILOSOPHE, VEUT OUVRIR UNE UNIVERSITE DES DESASTRES

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    (Un trader de Wall Street apprenant la chute de la banque Lehman Brothers en septembre)

    NEWS NEWS NEWS À la dernière exposition de la Fondation Cartier pour l'art contemporain, impressionnante, l’un montre l’enracinement, l’autre le déracinement. L’un expose ses images et ses films de gens attachés à leur terroir, des paysans et des villageois effrayés de perdre  leurs origines, les paysages qui les entourent, leurs terres. L’autre dresse des cartes des migrations contemporaines, émigrés de la pauvreté, refugiés climatiques, exode rural, ouvriers cherchant du travail. Le premier est photographe et cinéaste, il s’appelle Raymond Depardon. Le second est urbaniste et essayiste - son nom, Paul Virilio. Son dernier ouvrage s'intitule « L’université du désastre » (Galilée, 2008). Rencontre avec un philosophe original, un des rares à réfléchir sur le crucial et l'époque, qui étudie depuis trente ans un phénomène excessivement moderne, qui a bouleverse à jamais notre monde : la vitesse.

    Fondation Cartier pour l'art contemporain. 261 Boulevard Raspail, Paris 75014. Jusqu'au 15 mars 2009.

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    À LA ROCHELLE, AVEC PAUL VIRILIO

    Casquette sur l’œil, Paul Virilio vous reçoit devant les grandes baies de la médiathèque de La Rochelle, où il vit. Cela fait trente ans que l’homme réfléchit à un phénomène excessivement industriel, aujourd’hui électronique, médiatique, boursier - universel : la vitesse, qui a bouleversé notre époque. « Entendez l’extraordinaire accélération que connaissent les transports terrestres, aériens, spatiaux, qui rapetissent notre Terre, mais aussi les communications et les télécommunications à travers les ondes électromagnétiques, qui abolissent le temps et les distances pour nous faire vivre dans l’instantané. » Réfléchir à la vitesse emballée du monde a mené Paul Virilio à s’interroger à la possibilité de « la perte de contrôle » - de l’accident à grande vitesse aux conséquences incontrôlables, qu’il soit « informatique, ferroviaire, ou nucléaire ». Etudier les rythmes précipités des médias, des écrans omniprésents, de l’information « en temps réel », des cotations financières immédiates lui a révélé « la dictature du présent » - au profit de l’analyse critique, de la mémoire, du recul. Mais aussi ses effets dévastateurs directs : virus informatiques, panique boursière, rumeurs faisant le tour du monde … à toute vitesse. « Nous vivons tous en ubiquité, continue Paul Virilio, réagissant à coups d’affects collectifs, selon des rythmes inconnus qui n’ont plus rien à voir avec les rythmes terrestres, diurnes ou saisonniers ».

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  • ECOLOGIE INDUSTRIELLE. LA NATURE COMME PATRON

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    (Projet de la ville éco-industrielle de Dongtan, Chine)

    NEWS NEWS NEWS Fin mars, tous les acteurs français de l'écologie industrielle se réunissaient pour faire des propositions concrètes à l'Agence Nationale pour la Recherche (ANR). L'écologie industrielle ? Une contradiction dans les termes ? Non, sans doute un des grands défis du XXIe siècle : reconcilier les activités industrielles, une croissance contrôlée, la vie de populations de plus en plus nombreuses et la biosphère. Enquête auprès des pionniers, théoriciens et hommes de terrain de cet apparent oxymore, l'E.I, l'écologie industrielle (article publié dans Le Monde 2/ mars 2008)
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    1 - Cessons de nous comporter et nous penser comme un parasite terrestre, une espèce maudite qui épuise irrémédiablement la planète.
    La peur est mauvaise conseillère. Nos industries chimiques, automobiles, pétrolières, énergétiques, urbaines, agricoles, forestières, maritimes, touristiques ne pollueront pas toujours. Industries et environnement ne sont pas voués à s’autodétruire. Nous devons sortir de cette impasse intellectuelle. Ecologie et industrie, environnement et business vont et doivent s’associer - s’harmoniser. Le grand défi de ce siècle sera l’«écologie industrielle». D’accord, cela sonne comme une contradiction dans les termes « écologie industrielle ». Mais une nouvelle manière de pensée apparaît souvent impensable au début. L’écologie industrielle (E.I) est un « paradigme neuf » comme disent ses théoriciens - un mouvement international d’idées, d’entrepreneurs et d’acteurs de terrain. Ecoutons l’un d’entre eux, Suren Erkman. Nous sommes à Genève, dans les locaux de sa société d’étude de projets industriels et technologiques. Ce biologiste suisse de 50 ans, ancien journaliste scientifique, a formalisé plusieurs des concepts importants de l’écologie industrielle dès 1994, avant de donner des cours à l’Université de Technologie de Troyes, puis à Genève.
    « L’écologie industrielle repose sur trois idées force. La première, c’est d’imaginer le tissu industriel et urbain comme un cas particulier d’écosystème, qu’il faudrait faire fonctionner comme tel. De fait, tout ensemble d’industries fait circuler certaines quantités de matières, d’énergie, d’information, de déchets, de gaz, d’espèces vivantes, d’intelligence, comme tout système naturel. Nous pouvons en analyser le « métabolisme », c’est-à-dire les flux, les stocks, les dépenses, les pertes, les dégradations comme pour un ensemble vivant. Deuxième idée force, nous pourrions tendre à optimiser et « boucler » ce système pour qu’il récupère au mieux ses dépenses d’énergie, recycle ses déperditions, réutilise ses déchets et réduise son « empreinte écologique » à l’image d’un écosystème naturel ou d’« une chaîne alimentaire ». »
    Des exemples frappants ? « Le traitement des déchets fournit des exemples classiques, mais limités, d’écologie industrielle. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises utilisent les détritus des décharges urbaines comme nouvelle matière première, ou comme combustible. Le cimentier français Lafarge les brûle dans ses fours, à 2000°, ce qui réduit son usage de produits fossiles, tout en détruisant tous les composés organiques polluants, même les pneus. Mais nous voyons bien qu’il faut aller plus loin, car l’incinération pose un problème de pollution d’air. »
    La troisième idée force ? «  Mettre en place des technologies propres et des « symbioses » qui permettent la réintégration des produits et des matériaux à l’intérieur même des chaînes de recyclage la biosphère. Au final, l’E.I se propose de repenser toute notre activité de production sur le modèle des écosystèmes…»
    Suren Erkman n’est pas juste un des théoriciens importants de l’E.I. Il a mené des opérations de recyclage de déchets électroniques en Inde. Il a contribué à l’adoption par la ville de Genève d’une loi adoptant plusieurs principes de l’écologie industrielle. Il dit des choses dérangeantes.
    « Aujourd’hui, la politique écologique arrive à une impasse. En nous focalisant sur la pollution, les déchets, le traitement « en fin de processus » (end of the pipe), nous ne réglons rien. La « dépollution » ne fait souvent que déplacer la pollution. Le traitement des eaux usées produit de l’eau propre, mais aussi des boues d’épuration pleines de métaux lourds. Si vous les épandez sur les sols, vous contaminez. L’incinération des déchets urbains permet de réduire les stocks, mais pollue l’atmosphère. Il faut filtrer les fumées, mais il restera encore des cendres, des eaux de rinçage. Nous voyons bien qu’une action cloisonnée, que ce soit la « dépollution » ou « la réduction des émissions» ne propose que des solutions partielles. Elle procède par petites améliorations, avec des technologies adaptées mais limitées. À la longue, cette  méthode renforce le système industriel actuel. »

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  • LEONARDO DICAPRIO PRODUIT "LA ONZIEME HEURE", UN DOCUMENTAIRE ECOLOGIQUE CHOC

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    NEWS NEWS NEWS « La Onzième heure », le documentaire écologique très visuel et très didactique produit par Leonardo DiCaprio était présenté le 8 janvier à l’Assemblée Nationale française par le leader écologiste Nicolas Hulot en présence de nombreux députés et de Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée. Un succès pour un film "fait à la maison", avec très peu de moyens, diffusé en Europe par la Warner sur Internet en V.O.D (vidéo à la demande).

    Reportage sur les coulisses du film, que l’acteur présentait l’été dernier à Los Angeles (publié dans Le Monde 2, janvier 2008).

    Comment télécharger le film. Sur le site de la Warner (sous peu) : http://www.warnerbros.fr/main/homepage/homepage.html

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    L’inquiétante affiche du film « La Onzième heure » vous accueille. Une grande photo de la Terre écrasée par une empreinte de chaussure sale. Elle donne bien le ton du documentaire produit, voulu par Leonardo DiCaprio, présenté la veille dans une petite salle de Rodeo Drive, Los Angeles, devant plusieurs dizaines de journalistes du monde entier. Beaucoup en sont sortis en état de choc. « La Onzième Heure », entendez « la dernière heure terrestre», commence par une rafale d’images éprouvantes. Glaciers s’effondrant, tsunami déferlant, l’œil du cyclone Katrina se déplaçant, tempêtes ployant les arbres, maisons arrachées, hommes emportés par les eaux. Vous vous dites, cela va s’arrêter. Mais non. Les trois quarts du film consistent en ce déferlement d’images dévastées. Avec les bruits réels, les commentaires des JT. Elles sont montées en séquences thématiques. Réchauffement. Déforestation. Océans malades. Désertification. Pollution des fleuves. Contamination de l’air. Extinctions animales. Nous connaissons hélas la chanson. Dans « La Onzième Heure », nous voyons le clip. Frappés presque physiquement. Sauf que ce clip est un documentaire. Entre chaque cascade d’images, un scientifique, un chercheur, une responsable de fondation, ou encore DiCaprio (en narrateur) interviennent. Beaucoup sont des poids lourds. Le physicien et cosmologiste Stephen Hawking. Le prix Nobel de la paix 2004, la kenyane Wangari Maathai du mouvement « La ceinture verte ». Le généticien canadien David Suzuki. L’architecte de l’« écologie industrielle » William McDonough. L’océanographe William J. Nichols. Tzeporah Berhman, le fondateur de « Forest Ethics ». Et 50 autres. Experts. Ecologistes scientifiques. Entrepreneurs verts. Tous, à travers des interventions courtes, établissent le diagnostic des maladies planétaires, écosystème par écosystème.

    « La Onzième heure » continue le travail explicatif du film d’Al Gore « Une vérité qui dérange ». Seulement nous ne sommes plus dans une conférence « power point » sur le réchauffement, nous assistons à la suite de la démonstration : la Terre entière court au désastre, en premier lieu l’humanité. Le film tente d’apporter des réponses à des questions cruciales. Comment les leaders en sont arrivés à refuser d’entendre les scientifiques ? Quelles conceptions de l’économie, du statut de l’homme sur Terre, de la nature, sous-tendent une telle crise? Les chercheurs proposent leurs analyses. Pas toujours faciles. Le généticien David Suzuki explique combien notre « gros cerveau » nous a joué un mauvais tour, nous faisant croire que nous sommes géniaux, hors la nature, alors que nous sommes une combinaison de « grand singe » et de « bactéries ». L’économiste Nathan Gardens, décrit comment la révolution industrielle a détruit les formes de vie qui se renouvelaient d’elles-mêmes. DiCaprio se défend : « Ce ne sont pas des sujets  où vous nourrissez le public à la petite cuillère, en leur servant de la nourriture prédigérée pour enfant ».

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  • 2008. NOUS VIVONS EN PLEINE SCIENCE FICTION !

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    NEWS NEWS NEWS C'est la nouvelle année. 2008 ou 2028 ? Sera-t-elle celle de notre entrée dans un monde qui ressemble aux romans de science-fiction apocalyptiques du XXe siècle ? Un exemple : ces derniers jours, le site web du Nouvel Observateur racontait comment la marque de cosmétiques Loréal recrute des employés virtuels dans le monde parrallèle "Second Life", désormais investi par les industriels et les publicitaires. "..." Asseyez-vous", dit aimablement à la candidate à l'emploi le recruteur : il est affublé d'une souriante tête de renard, grandes dents et grandes oreilles".
    Nous sommes très proches d'une scène d'un roman de science-fiction imaginée par l'écrivain Neal Stephenson dans "Le Samouraï virtuel" en 1992, où l'on trouve un monde parallèle, le Metavers, qui ressemble tout a fait a Second Life : les doubles virtuels des hommes vont y faire des rencontres, chercher du travail et courir les cyber-bordels.

    Question sur notre futur immédiat : la science-fiction du siécle dernier a-t-elle imaginé notre monde d'aujourd'hui ? Les avis font polémique. Si la science actuelle n’a toujours pas permis de créer l'homme invisible, la drogue du Docteur Jekyll (quoique... le LSD ne permet-il pas d'accéder à notre multipersonnalite ?), la machine à remonter le temps, si aucun extra-terrestre n’a encore débarqué, les romans de H.G Wells, Aldous Huxley et Robert Louis Stevenson restent de grands livres sur les apprentis sorciers et les généticiens qui veulent bouleverser les lois de la nature - ça tourne mal. Quant aux prédictions plus socétales, à lire « Paranofictions. Traité de savoir vivre pour une époque de science fiction » (Climats) d’Ariel Kyrou, spécialiste de musique techno et érudit de S.F, nous aurions tort de ne pas relire la « speculative fiction » du siècle dernier - celle ouvragée par Philip K. Dick, John Brunner, J.G Ballard, sous oublier Georges Orwell et Aldous Huxley. Elle nous raconte tout simplement aujourd’hui : le réchauffement planétaire, les mégapoles cinglées, la pollution envahissante, la haute technologie sophistiquée, les univers virtuels, la surpopulation, les ratés du clonage et l’hédonisme résistant. Quelques exemples frappants. _____________________________________________________________

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