Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

ENQUÊTES - Page 5

  • QUAND LA TUNISIE DE CE BON GENERAL BEN ALI SE VOYAIT FELICITEE PAR NICOLAS SARKOZY

    5e8348f258e6cc2e2d84498af53810c4.jpg Le président Ben Ali recevant le président Sarkozy en avril 2008 (DR)

    NEWS NEWS NEWS. Le général Zine El-Abidine Ben Ali a été obligé de démissionner et de s'enfuir en Arabie Saoudite sous la pression conjuguée des manifestations populaires, de l'armée dépassée par les événements et l'ampleur de la colère de la rue, devenue insurrectionnelle - que certains observateurs comparent à l'embrasement de la révolution française.En effet, tous les symboles et les hauts lieux comme les officines du régime détesté ont été brûlés, les villas et les propriétés appartenant à la famille du général et de sa femme, enrichie  à faire trembler les montagnes quand les émeutes du pain se succédaient - et lui honteusement réélu avec soit disant 92 % des voix - ont été prises d'assaut. Le grave problème d'aujourd'hui réside dans la faiblesse de l'opposition démocratique, décimée par le pouvoir dictatorial, ce qui risque de laisser toute latitude à la seule opposition islamique, organisée autour des réseaux des mosquées et des religieux, même si celle-ci n'est pour rien dans l'embrasement actuel. La présence massive et la détermination des femmes dans l'insurrection tunisienne, des femmes habituées depuis le règne d'Habib Bourguiba à ne plus se voiler, occuper des places importantes dans l'administration et les écoles, laisse aussi présager d'un rejet d'une future récupération islamiste - les partis religieux ont d'ailleurs brillé par leur absence pendant l'insurrection, dépassés par une jeunesse ouverte sur la monde grâce à Internet, montrant sa détermination à conquérir la liberté et la démocratie, au coeur de tous leurs slogans et revendications.

    --------------------------------------------------------------------

    N'oublions pas, alors que la haine de la dictature se manifeste dans tout le pays, tandis que les révélations sur la corruption, l'enrichissement personnel et les horreurs du régime se multiplient, que le président de la République a cautionné et soutenu sans aucun état d'âme ni réserve ce pouvoir, tout comme madame le ministre de l'intérieur - qui a proposé de livrer des armes anti-émeutes à la police tunisienne.

    Au cours de sa visite officielle en avril 2008 en Tunisie, Nicolas Sarkozy, très critiqué par les organisations des droits de l'Homme, a réitéré des propos de soutien au régime despotique de Ben Ali devant un parterre d'étudiants à l'université de Tunis (ceux-là mêmes qui donnent leur sang aujourd'hui dans les rues) : "Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?". Il a ajouté, oubliant que le président tunisien avait été élu avec un score faramineux, digne d'une dictature soviétique, 95,49% des voix, aux élections de 2004 : "C'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sorte (...), sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme".

    M. Sarkozy a encore cité, comme pour dédouaner le président tunisien, l'histoire de ces fanatiques qui ont coupé la main d'une femme qui s'était mis du rouge à ongle. Or ce récit a déjà circulé en Afghanistan pendant les années Taliban. Il ressort régulièrement, comme une rumeur, alors qu'aucun journaliste ne l'a confirmée. Ce qui a été reconnu, c'est que des Talibans zélés ont sans doute coupé, à Kaboul, la phalange d'une femme aux ongles faits. Cet horrible détail est depuis devenue "l'histoire de la main coupée" que Nicolas Sarkozy a reprise sans sourciller, ni citer aucune source - juste pour justifier son soutien au régime de fer de ce bon général Ben Ali.

    Faut-il le croire, quand on sait qu'un journaliste de Libération a reçu début 2007 un coup de couteau en pleine rue alors qu'il cherchait à rencontrer des opposants ? On lisait d'ailleurs dans Libération, qui avait dépêché un correspondant dans la délégation de presse accompagnant M. Nicolas Sarkozy lors de son précédent voyage en juillet dernier, ce témoignage : " Un peu plus tôt (avant la rencontre Ben Ali-Sarkozy), l’avocate Ra­dhia Nasraoui, présidente de l’association (non reconnue) de lutte contre la torture en Tunisie, confiait dans un hôtel de Carthage que «le régime policier en place avait profité de la lutte contre le terrorisme pour réprimer davantage encore toute forme d’opposition». Elle faisait état de cas «de tortures abominables pratiquées sur les parties génitales de prisonniers», dont elle avait recueilli les témoignages et pu constater les séquelles.

    Selon elle, la visite de Nicolas Sarkozy «passe inaperçue (en Tunisie), n’apportera rien à la société civile tunisienne et conforte les pratiques du pouvoir». Elle jugeait par ailleurs «très significatif» que Rama Yade (la secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme) n’ait eu aucun contact avec les défenseurs des libertés en Tunisie.

     

    En regard de cette actualité, voici un reportage réalisé pour la magazine Actuel en septembre 1987, quelques mois avant que le général Ben Ali destitue Habib Bourguiba, le héros de l’indépendance tunisienne, et s’empare du pouvoir avec l'appui de l’armée. Cette enquête sur une fin de règne tragique, publiée par la rédaction-en-chef d'Actuel avec un titre regrettable (« La cour du roi gaga »), a circulé à l’époque sous le manteau en Tunisie, photocopié, comme un «samizdat ». Il a valu à votre serviteur d’être arrêté à l’aéroport de Tunis 12 ans plus tard, au printemps 1999, d'être interrogé par la sécurité, gardé une journée entière, menacé, puis expulsé du pays - une fiche conservée pendant ces 12 ans par la police politique m’accusait d’être « un ennemi de la Tunisie ».

    Lire la suite

  • SCIENCES PO, UNIVERSITE MAUVAIS GENRE

     

    egalite-hommes-femmes.jpg

    NEWS NEWS NEWS En cette rentrée universitaire, l'université Sciences Po commence  à mettre en place son programme PRESAGE (Programme de REcherche et d'Enseignement des SAvoirs sur le GEnre). La prestigieuse université, après des années d'hésitation et de coups d'essai, lance enfin un solide programme d'étude - soutenu par des figures de l'histoire et l'économie comme Elizabeth Badinter, Nancy Fraser ou Amartya Sen - sur les questions de la discrimination et la fabrication du genre et des différences sexuelles. En Amérique et au Canada, ces "gender studies"  sont  à l'honneur depuis 30 ans, c'est dire le retard pris en France.

    Le programme PRESAGE a débuté ce 20 octobre par une conférence de la philosophe Geneviève Fraysse, quelques cours ont débuté, mais l'année prochaine toutes les disciplines vont être affectées par le questionnement sexuel : comment le fait d'être d'un genre ou d'un autre vous disqualifie ou vous requalifie dans votre travail ? vos retraites ? influence vos manières d'être traité à l'école ? à l'université ? comment le droit est-il travaillé par ces questions mais encore les manières d'habiter la ville, se promener les rues, jusque dans le détail des habillements ? etc, etc ?

    Lire la suite

  • PROSTITUEES CONTRE MAISONS CLOSES

    NEWS NEWS NEWS Canal + sort cette semaine son feuilleton « Maison close » qui montre la vie quotidienne d’un bordel de luxe à la fin du XIXe siècle. Pendant ce temps, un groupe de travail du gouvernement réfléchit à la proposition de la député UMP Chantal Brunel de rouvrir « les maisons ». Mais qu’en pensent les associations de prostituées ?

     -----------------------------------------------

     « Le Chabanais », 12 rue Chabanais, Paris IIe. « Un ministre des Affaires Etrangères de la IIIe République fréquentait assidûment cette maison close. Il se mettait nu et se laissait passer un collier à pointes autour du cou. À quatre pattes, promené en laisse, il présentait son postérieur à une ronde de filles nues, qui lui assénaient chacune des coups de fouet." Aujourd’hui, on trouve ce collier et ces fiches - les « blancs » - de la Brigade des Mœurs exposés dans la salle des archives de l’actuelle brigade « de répression du proxénétisme » (BRP). Le Chabanais, ouvert en 1878, fut un des bordels les plus luxueux de la fin du XIXe et la Belle Époque, on y trouvait une chambre « persane », « égyptienne », « mauresque », « russe », « nippone », et le prince Edouard VII y prenait avec les dames des bains de champagne dans une grande baignoire en cuivre. Un blanc daté du 28 mars 1899 rapporte que 25 femmes travaillaient là et que le « cabinet médical » comportait 15 spéculum, des « pommades prophylactiques » et du permanganate. Il concluait : « Le Chabanais est un des établissements les plus réputés de Paris. Il est fréquenté par une clientèle de marque. La tenancière peut-être consultée utilement. » C’est cet établissement, ainsi que les quelques autres bordels parisiens haut de gamme des « années folles » Le Sphinx, Le One Two Two, le Colbert, le Cardinet, le Montyon, véritables palais de la débauche, qui ont servi de modèle au feuilleton qui débute sur Canal + ce mois-ci, « Maisons Closes », huit épisodes.

    55761.jpegUne scène du feuilleton "Maison close" de Canal +

    Lire la suite

  • DERRIERE LE FILM "INCEPTION", LES RÊVE LUCIDES. UNE TRADITION ANCIENNE EN ASIE OU CHEZ LES AMERINDIENS... OU COMMENT INTERVENIR DANS SES RÊVES...

    A_Inception_II_1-b57fa.jpeg

    NEWS NEWS NEWS Dans le film fantastique "INCEPTION", réalisé" par Christopher Nolan, le héros Dom Cobb (Di caprio) est un « extracteur », un rêveur lucide qui , tout en dormant, pénètre dans les rêves d'industriels importants pour leur soutirer des informations secrètes. Eux subissent leur rêve, lui les pénêtre, se montrant capable d'agir à l'intérieur comme un personnage onirique. Mais ses employeurs le chargent de procéder cette fois à une "inception", c'est-à-dire d'implanter une idée négative dans le subconscient du fils d'un grand patron, afin de  couler l'entreprise familiale quand il en prendra les rènes. Une tâche qui va s'avérer diffficile, car l'inconscient du jeune héritier va se défendre en inventant d'innombrables protecteurs. Le film présente d'extraordinaires scènes où les intrus arrivent à infléchir l'univers du rêve, et ce faisant à réaliser d'extraordinaires prouesses pourtant vécues au premier degré, comme possibles, par le rêveur. En effet, tout est possible en songe, comme par exemple de tordre les rues d'une ville jusqu'à ce qu'elles s'élèvent devant vous comme une montagne : ce qu'une apprentie rêveuse lucide fait devant nous, les spectateurs ravis du film, à Paris, grâce à d'incroyables effets spéciaux.

    Beaucoup de critiques se sont perdus dans l'interprétation du film, décrit comme un jeu sans fin avec la réalité, en se demandant si toutes les scènes extravagantes ne racontaient pas le rêve d'un mégalomane, ou encore un jeu de miroirs délirant entre les rêves et la réalité, enfermé dans un pardoxe à l'infini d'où le héros ne sortirait plus. Mais peu de gens ont vu que la pratique du rêve lucide et de la déformation comme de l'exploration de ses propres rêves existe depuis des millénaires, et que plusieurs traditions oniriques l'ont développé. - ce qui  interpella beaucoup Freud et la tradition analytique. Ainsi les bouddhistes thibétains pratiquent toujours un "yoga des rêves" très élaboré ou "svapna yoga", où le méditant s'entraîne à s'éveiller pendant ses rêves, à en prendre conscience, pour ensuite observer comment son esprit élabore ses illusions, les questionner, intervenir dans ses cauchemars, apprendre à les dérouter et en tirer un enseignement.  Les Senoï de Malaisie sont aussi connus par avoir développé un art d'intervenir à l'intérieur de leurs rêves, d'y mener des expériences érotiques, et de chercher à  entremêler les rêves et la réalité pour mener une existence plus intense, plus riche, plus heureuse. Les guerriers amérindiens comme les Cheyennes et les Iroquois pratiquaient eux des sortes de répétitions oniriques de leurs combats, et s'entraînaient à vaincre la peur en rêve.

    J'ai mené pendant quelques mois plusieurs expériences de rêve lucide, et même des rêves érotique plus ou moins dirigés, avec l'aide d'un maître en onirisme. Je les raconte ci-dessous. C'était à l'époque du magazine Actuel. Rien d'aussi extraordinaire que dans le film INCEPTION, mais j'en garde le souvenir de quelques moments proprement fantastiques malgré tout...

    -------------------------------------------------------------------------------------------

    Premier rêve lucide. Je remonte d’un pas vif le quai du Talgo, le train-couchette pour Barcelone, dans le brouhaha des départs de la gare de Lyon. La foule dense se bouscule, les mamans braillent, les valises passent par les fenêtres, quand je L’aperçois. Elle ressemble beaucoup à L., cette avocate qui m’a ensorcelé quelques jours auparavant et qui ne daigne pas répondre à mes messages. Mais ce n’est pas vraiment elle. Ce serait plutôt une image sublimée, parachevée de LA femme pour moi ces temps-ci.
    Je la veux.
    Je monte dans le sleeping à sa suite. Mais je perds un temps fou. Les marches du wagon se déboîtent bizarrement sous mes pas. Je pose le pied, un déclic se produit et la marche cède. Je recommence cinq, dix fois. Je commence alors à comprendre que je rêve. Je viens de reconnaître ces répétitions insistantes et absurdes, les blocages imbéciles de l’action qui accompagnent souvent mes états d’excitation oniriques.
    Me voici dans le couloir des wagons-lits. Je constate que je n’ai plus de valise. Je m’en moque. Ce qui me confirme que je rêve bien. Je me dis alors, comme souvent dans cette situation de chasse érotique en rêve : « Retrouve-la. Jette-toi à ses genoux. Prends la dans sa couchette ! »
    Je remonte le couloir. A mon passage les portes des sleepings s’ouvrent comme par enchantement et je jette un œil rapide. Les gens s’installent. Troisième porte : c’est ELLE. Je rentre...

    Lire la suite

  • UNE PLANÈTE EN PLASTIQUE

     chris_jordan.jpg

    (Oiseaux de mer décédes d'avoir ingurgité des débris de plastique. DR)

    NEWS NEWS NEWS En cinquante ans, le plastique a envahi le monde depuis nos cuisines jusqu’au fond des océans. Un documentaire à sortir en salle en février prochain, un grand reportage publié ce mois-ci chez Actes Sud, nous racontent cette extraordinaire invasion : « Plastic Planet ». Tous deux signés par le journaliste Werner Boote, surnommé le « Michael Moore autrichien ». Après avoir fait analyser le taux de plastique contenu dans son sang, il nous raconte comment le plastique a fini par l’obséder et les effrayantes découvertes faites sur l’indestructible « man made material » (article paru dans Le Monde Magazine, septembre 2010)

    ------------------------------------------------------------------------------------------

    « -Je voudrais te dire juste un mot. Plastique !

    -Comment dois-je comprendre ça ?

    -Le plastique, c’est l’avenir. Penses-y !

    -Je le ferai.

    -Chut. Assez parlé. »

    Cette brève scène comique se passe dans The Graduate, le film de 1967 avec Dustin Hoffman qui annonce la révolution des mœurs… et l’arrivée du plastique dans nos vies. Car en ces années 1960, le plastique est pop, à la mode, conquérant, il représente autant l’avenir que la modernité. Les bas nylon étincelants, les dentelles en perlon, les brillantes robes de polyester embellissent les femmes. Dans les cuisines, une vaisselle en plastique multicolore remplace la fragile et coûteuse porcelaine, le formica rivalise avec le bois et la pierre, dans les salons les réunions Tupperware font fureur et le téléphone en bakélite nous relie avec le monde entier. Avec la popularisation du plastique, événement tant industriel que métaphysique, l’homme transcende la matière connue, invente une substance chimique qui ne doit rien à la nature, un « man made material » plus résistant que le bois, léger que l’acier, résistant que le caoutchouc, et qu’il peut, tel un démiurge, modeler à sa guise. Dans ses Mythologies de 1957, Roland Barthes s’enthousiasme pour la nouvelle « substance alchimique » qui permet de créer mille objets, sans être coûteux. « Pour la première fois, écrit-il, l’artifice vise au commun, non au rare (…) Le monde entier peut-être plastifié ».

    Lire la suite

  • J'AI FAIT DÉCRYPTER MON GÉNOME POUR RETROUVER MES ANCÊTRES. GROSSES SURPRISES...

    medium_PICT0064.2.jpeg

    NEWS NEWSNEWS Le 26 juin 2000, le président Bill Clinton annonçait que la carte complète du génome humain avait été séquencée. Dix ans plus tard, des sociétés de génétique proposent d’analyser votre ADN pour retracer les déplacements de vos ancêtres depuis la sortie d’Afrique par Homo sapiens, il y a 60.000 ans. J'ai tenté l’expérience. Grosses surprises.

    -----------------------------------------------------

    J'ai gratté l’intérieur de mes joues avec une brosse à dent souple comme pendant une garde à vue. Deux fois. J’ai soigneusement déposé les brosses dans deux petites bouteilles stérilisées, puis j’ai envoyé le tout, sous papier bulle, au Genographic Project. C’est la société d’analyse génétique associée à la National Geographic Society, l’éditrice de la fameuse revue, et la Waitt Family foundation, l’association philanthropique américaine. Soutenu par plusieurs biologistes renommés dont Luigi Luca Cavalli-Sforza, associé à vingt laboratoires de génétique des populations autour du monde, dont l’institut Pasteur, le Genographic Project a entrepris depuis 5 ans de reconstituer le vertigineux - et fatal ? - parcours des Homo sapiens depuis la sortie d’Afrique, notre berceau commun, il y a 60.000 ans. Par où sont-ils passés pour aller conquérir le monde jusqu’à la Terre de Feu et les cotes glacées de l’Alaska, comment ont-ils gagné l’Amérique, l’Australie ? Pour retracer la carte de ces énigmatiques migrations, les chercheurs du Genographic Project procèdent à une vaste collecte d’échantillons de l’ADN de la population mondiale. Ils entendent identifier les minuscules mutations apparues au cours de route sur les éléments stables de notre patrimoine génétique, des « marqueurs » ensuite transmis de génération en génération qui permettent d’identifier et suivre les déplacements de nos ancêtres.

    Lire la suite

  • PLAISIR FEMININ. TOUJOURS "LE CONTINENT NOIR"...

    beautiful agony

                                                               play windows media play quicktime beautifulagony.com

    (Toutes les images de cet article viennent du site Beautiff agony montrant des femmes atteignant l'"orgasme)

    News News News. Les tests pharmacologiques sur le “Viagra féminin” sont entrés dans leur phase III, c’est-à-dire avant la mise sur marché. Mais la “flibansérine” n’a rien d’un Viagra, la molécule devra être prise pendant plusieurs semaines pour agir. Il s’agit à l’origine d’un anti-dépresseur ayant un effet apparemment stimulant pour la libido féminine - ce qui interroge.Un tel traitement ne présentera-t-il pas les effets secondaires propres aux anti-dépresseurs, notamment les périodes dépressives après usage  ? Ce produit, s’il est autorisé par les autorités de surveillance, devrait arriver sur le marché mondial pour 2011, soit plus de vingt après l'arrivée de la petite pilule bleue.

    Quant à la récente querelle sur l'existence ou l'inexistence du "Point G" , elle a révélé combien, quarante ans après la naissance du MLF, nous savons toujours peu de choses sur l'anatomie, le plaisir et la sexualité féminines. En ces domaines, les recherches scientifiques commencent à peine. Quant aux retombées du désir, il a fallu mettre au point le Viagra pour les hommes, pour que les chercheurs s'intéressent à celles des femmes. Enquête.

    -----------------------------------------------------------

    I –Où chercheurs et médecins s'interrogent : le point G n’existe pas ou les mauvais amants sont légions ?

    Odile Buisson est en colère. «-Vous vous rendez-compte, monsieur, qu'il n'existe aucune formation à la sexologie à l'université. Elle est juste une spécialisation en fin d'études, facultative, même en gynécologie. Quant aux recherches médicales sur l'anatomie du clitoris, ou le point G, elles sont toutes récentes, et ne trouvent pas de financement. » Belle femme, rousse, la quarantaine, passionnée, véhémente, gynécologue-obstétricienne à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye, elle a réalisé en mai 2009 une première française : une sonographie complète en 3D d'un clitoris. Nous sommes au congrès annuel de gynécologie à l’espace Cardin, où elle présente ses extraordinaires images. Ce jour-là, tous, médecins, psychologues, journalistes des féminins, débattent passionnément. Car selon une étude du King’s College de Londres, publiée en début d'année le fameux «point G», un des hauts lieux de la jouissance des femmes d’après le docteur Ernest Gräfenberg qui l’a identifié en 1950, n’existerait pas. 900 paires de jumelles de 22 à 83 ans ont donné des réponses très différentes pour le localiser, et la moitié déclaré ne pas le connaître. Si celui-ci avait une réalité anatomique, elles auraient répondu avec netteté, en le situant au même endroit. Les chercheurs anglais ont conclu : le «point G» est une invention de la sexologie.

    Lire la suite

  • "LE JEU DE LA MORT" SUR FRANCE 2 ADAPTE L'EXPERIENCE DE STANLEY MILGRAM A LA TELEVISION. POURQUOI OBEISSONS-NOUS A UN ORDRE ODIEUX ? ENQUETE.

    80447119-le-jeu-de-la-mort-le-documentaire-choc-de-france.jpg
    À 460 volts, 80% des candidats administrent la décharge maximum.DR
     
    NEWS NEWS NEWS Imaginez un jeu télévisé où les candidats torturent d'autres joueurs. Est-ce que vous accepteriez d'y participer ? Ce jeu a été réalisé par France 2, avec soixante volontaires, devant un public, au cours d'un documentaire. Il s'appelle "Le jeu de la mort". Il sera diffusé le 17 mars à 20H30. En vérité, la chaîne publique transposait la fameuse expérience de Stanley Milgram sur la soumission à l'autorité sur un plateau de télévision
Résultat : 80% des joueurs ont poussé la manette 460 volts. Pourquoi ? Enquête. Et en bonus, en entretien avec Stanley Milgram réalisé pour Actuel en mars 1982, juste avant sa disparition brutale.

    --------------------------------------------------------
     
    I – « Le jeu de la mort » en direct sur France 2.

    «Arrêtez ! Laissez moi partir. Laissez moi partir.» Le candidat hurle dans la boule métallisée, attaché sur son siège, les poignets menottés par des fils électriques. Il vient de recevoir une décharge de 240 volts. 200 volts, chacun connaît, c’est le choc des doigts dans une prise. Sur le plateau de télévision, le joueur qui vient de lui envoyer la secousse répond : « Désolé, la bonne réponse était  « voiture de sport». » Devant lui, trois manettes numérotées. 260 volts. 280 volts. 300 volts. On lit «CHOC INTENSE». Le participant lit une nouvelle liste de questions à l’homme enfermé, une série de mots couplés qu’il est censé avoir mémorisée au début de l’émission. Le candidat, invisible dans sa boule, répond en appuyant sur un bouton. Aussitôt, une lumière rouge s’allume. «Vous avez faux, la bonne réponse était « satellite »» s’exclame le joueur. Le public, encouragé par un chauffeur de salle, s’écrie «Châtiment ! Châtiment !». Le joueur enclenche la manette des 260 volts. Dans la boîte argentée, le candidat hurle. «Haaa. Laissez-moi partir ! Ça fait trop mal !». Inquiet, l’homme se tourne vers Tania Young, la présentatrice du « Jeu de la mort », débout à ses côtés. « Vous entendez, il veut arrêter… ». Elle répond, impassible : «Continuez, questionneur, c’est à vous ». Vaincu, le joueur prend une nouvelle fiche et lit les questions. La lumière rouge jaillit. Encore faux. Le joueur abaisse la manette des 280 volts. On entend le candidat hurler, se débattre comme s’il voulait s’arracher à ses sangles.

    Lire la suite

  • LE COFFRE-FORT DE L'APOCALYPSE

    seed_vault.jpg

     
    (L'entrée de la salle forte, avec son dispositif lumineux. DR)
     
    News New News. Certains écologistes l’appellent « La chambre forte de l’Apocalypse » d’autres « L’Arche de Noé ». C’est le coffre-fort construit sous une île norvégienne où l’humanité commence à conserver toutes les semences agricoles du monde - une bonne nouvelle en cette année 2010, déclarée année de la biodiversité par l’ONU ? Ou l'annonce que nous en approchons... de la fin des haricots ?

    --------------------------------------------

    Avec son entrée lumineuse visible la nuit à plusieurs kilomètres, enchâssée dans la roche dure de l’archipel du Spitzberg, en Norvège arctique, à 1120 kms du Pôle Nord, la chambre forte se veut une sentinelle qui défie le temps. Elle a été construite à 130 mètres au-dessus du niveau de la mer, pour éviter une éventuelle montée des eaux, à l’écart de la zone sismique arctique, sous une montagne. Après la première porte blindée, un tunnel bétonné long de 120 mètres s’enfonce dans le grès. Il a été conçu pour renvoyer l’onde de choc d’une roquette. Au bout, deux épaisses portes d’acier. Derrière, une grande salle, trois nouvelles portes blindées. Elles protègent trois caves glacées, réfrigérées à -20°, où s’empilent des caisses noires...

    Lire la suite

  • POLICE SCIENTIFIQUE. GARE AU TOUT ADN

    (DR) collecte-243140.jpg

    NEWS NEWS NEWS Les enquêteurs de la police scientifique sont les nouveaux héros des séries américaines - "Les Experts" - et françaises - RIS Police scientifique. En France, chaque semaine une analyse ADN fait la Une de la presse, ou lors d'un procès médiatisé - on l'a vu cet automne, quand a beaucoup parlé des traces ADN sur l'enveloppe des ou du corbeau de l'affaire Grégory, ou récemment, pendant la cavale de Jean-Pierre Treiber… Au delà du battage et des prouesses des agents des feuilletons, comment travaille la véritable politique scientifique française ? Pour Le Monde Magazine (09/01/10), j'ai pu pénétrer dans les laboratoires de Marseille et de Lyon, été rencontré des chercheurs passionnés par le travail d'enquête de police comme par les  responsabilisés qu'implique leur déontologie. J'ai pu aussi constater le poids croissant, parfois inquiétant, des fichiers ADN dans la résolution des enquêtes criminelles.

    1- Où nous assistons au tour d’horizon matinal du laboratoire de police scientifique de Marseille

     

    Tasse de café en main, la responsable de la section «Biologie» ouvre la discussion dans une petite pièce basse.

     

    -Nous avons des traces capillaires dans la 4522, l’affaire du vol avec séquestration de personnes âgées. Des cheveux ont été trouvés sur les adhésifs qui les ont attachés.

     Les huit chefs de service du laboratoire de police scientifique de Marseille, des ingénieurs, des anciens doctorants, habillés casual, se retrouvent pour le tour d’horizon du matin - la « revue de la demande ». Philippe Shaad le directeur, le seul à porter cravate, prend un air sévère.

    -Il faut essayer de traiter en priorité.

    Ce matin-là, 16 dossiers et 58 scellés sont arrivés pour la seule biologie, transmis par des services de police pressés. La plupart proviennent de vols et cambriolages. On compte plusieurs prélèvements d’ADN sur des « individus » (la police parle toujours d’ « individu »), des tâches de sang et un écouvillon passé sur le câble d’un téléphone.

    -L’autre urgence, c’est la 4777, l’homicide avec présomption de viol, continue la responsable « biologie ». Nous avons 21 coups de couteau, du sang. Le corps a été déplacé, il faudrait regarder si on trouve des végétaux. Il est resté dehors longtemps, et comme il a beaucoup plu, j’ai peur que l’ADN ne soit pas parlant. Il faudrait refaire des examens, et se concentrer sur la voiture, la mettre sous scellé… on trouvera peut-être des traces utilisables.

    -Bien, je vais appeler le commissaire, fait le directeur. On le sent sous pression. Accélérer le résultat, c’est son travail - « je dois fluidifier » dit-il. L’INPS Marseille traite 500 affaires par mois, des milliers de scellés. Depuis la loi Sarkozy de 2003 sur la « Sécurité intérieure » et le prélèvement méthodique d’ADN par les forces de l’ordre, les requêtes auprès de la police scientifique ont monté en flèche. « Nous passons de l’artisanat à l’industrie » explique le directeur.

    La parole aux « Incendies-explosions ». Ce matin-là, un règlement de compte à l’arme lourde fait la Une des journaux marseillais...

    Lire la suite