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ENQUÊTES - Page 3

  • LE BOTANISTE FRANCIS HALLÉ NOUS RACONTE L'EXTRAORDINAIRE CRÉATURE QU'EST L'ARBRE

    Arbres-carquois menacés de disparition, Namibie, Afrique. Photo : Sara & Joachim flickr CC

    Arbres-carquois menacés de disparition, Namibie. Photo : Sara & Joachim / Flickr/DR

    News News News . Dans le film Il était une forêt de Luc Jacquet (le réalisateur de La Marche de l’empereur) sorti en alles le 13 novembre, le botaniste de renommée internationale Francis Hallé nous emmène dans un voyage beau à pleurer sur les cimes des forêts tropicales, l’extraordinaire royaume de la canopée – aujourd’hui menacée.

    Jeune naturaliste, a peine a-t-il levé la tête vers le feuillages, Francis Hallé a compris sa mission, explorer cet univers inconnu déployé sous le ciel, où la faune et la flore se déploient comme nulle part ailleurs, qui est aussi « le monde des chants et des bruits de toutes sortes ». En 1983, hanté par son projet, il gagne Annonay, où se déroule le bicentenaire de la création de la montgolfière. Il veut rencontrer des pilotes avisés. Comment, pour mieux l’étudier, survoler en ballon la forêt équatoriale, où le vent souffle parfois fort, tout en transportant plusieurs hommes ? C’est là qu’il rencontre Dany Cleyet-Marrel, un aéronaute qui a survolé le Sahara et le Mont blanc en ballon à air chaud. L’homme décide de tenter l’aventure. Les deux compagnons rencontrent bientôt l’architecte Gilles Ebersolt qui, à 16 ans, a inventé un " ballon à dévaler les collines et fabrique des cabanes suspendues en pleine forêt.

    C’est ce trio extraordinaire digne de Jules Verne qui va s’ingénier à mener l’exploration de cette l’île végétale qu’est la canopée. Gilles Ebersolt construit à la fin des années 1980 le "radeau des cimes ", une grande plate-forme faite de gros boudins gonflés, soutenant un filet d’aramide où marchent les hommes, équipée de matériel d’observation. L’aéronaute Dany Cleyet-Marrel utilise un dirigeable, pour le déposer aux meilleurs endroits. Françis Hallé y installe un laboratoire d’observation. Début 1990, la société japonaise de communication Dentsu leur finance un grand film documentaire sur les toits des forêts amazoniennes et guyanaises. Et puis les aventures se succèdent…

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  • LANCEUR D'ALERTE. HISTOIRE D'UNE IDEE... ET D'UNE PRATIQUE

    Des jeunes activistes manifestent leur soutien à Edward Snowden, à Brasilia, le 6 août. En Europe, les Verts ont proposé la candidature d'Edward Snowden au prix Sakharov | REUTERS

    NEWS NEWS NEWS Tout l’été, les « lanceurs d’alerte » ont fait l’actualité.

    Le 22 juin, l’employé de la NSA Edward Snowden est inculpé d’« espionnage » pour avoir transmis à la presse les documents top-secrets des deux programmes de surveillance massive Prism et Xkeyscore. Enfui à Honk Kong, il déclare : «Je suis prêt à tout sacrifier car je ne peux pas, en conscience, laisser le gouvernement américain détruire la protection de la vie privée.»

    Le 9 août, le président Barak Obama doit s’expliquer sur ces écoutes généralisées : il assure que les Etats-Unis n’espionnent pas « les citoyens ordinaires » et promet plus de transparence.

    Le 20 août, en Angleterre, David Cameron exige que le quotidien The Guardian détruise les disques durs contenant les fichiers dérobés par Snowden.

    Le 21 août, Bradley Manning, qui a fourni 250.000 câbles diplomatiques et 500.000 rapports militaires classifiés à WikiLeaks, se voit condamné à 35 ans de prison par un tribunal militaire américain. Aux Etats-Unis, l’ong Freedom of the Press Foundation milite pour qu’il recoive le prix Nobel de la Paix.

    Dans les deux cas, ces hommes se sont prévalus d’un devoir moral pour divulguer des informations secrètes. Ce faisant, ils sont devenus des héros pour les uns, des irresponsables, voire des traîtres, pour les autres. Pourtant, l’action de ces citoyens s’inscrit dans une longue tradition américaine, qui remonte à la lutte contre la corruption militaire pendant la guerre de Sécession : celle des « whistleblowers ».

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  • L'AFFAIRE DU BANKSY DÉCOUPÉ. QUI EST PROPRIÉTAIRE DU STREET ART ?

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    (Le mural original de Banksy peint en juin 2012. DR)

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    (Le même mur après l'intervention des découpeurs, en février 2013.

    A droite, un petit rat peint par Banksy porte un carton : "Why ?")

    NEWS NEWS NEWS Dans la nuit du 16 au 17 février 2013, un mural peint au nord de Londres par le célèbre peintre de rue Banksy est découpé. Quelques jours plus tard, le morceau de mur peint réapparait dans une galerie de Miami, mis en vente pour 500,000 dollars. Les habitants du quartier manifestent, Banksy proteste, les galeristes affirment que l'oeuvre leur a été vendue par le propriétaire du mur. A qui appartient donc le "street art" ? Enquête (une version courte de cet article est parue dans Le Monde)

    C’est un garçonnet pied nus, en chemise déchirée, cousant à la machine une guirlande de petits drapeaux anglais. Le pochoir s’appelle « Slave work », « travail d’esclave ». D’un mètre carré environ, il a été peint en juin 2012 sur un mur de Haringey, au Nord de Londres, pour se moquer des festivités du Jubilé de diamant de la Reine. Les médias anglais l’ont beaucoup montré. Son auteur est le plus fameux artiste de rue d’Angleterre, et le plus coté, l’invisible Banksy. On retrouve sa patte : de l’émotion, un humour noir, très politique. 

    Au cours du week-end du 16-17 février 2013, « Slave work » disparaît, découpé dans le mur, à la grande surprise des habitants. Quelques jours plus tard, il est mis aux enchères pour 500000 $ (375000 €) sur le catalogue de la salle de ventes, Fine Art Auctions Miami, aux Etats-Unis. Aussitôt, un élu de Haringey, Alan Strickland, écrit au Arts Council d’Angleterre, en charge de la promotion et la défense des artistes anglais, pour lui demander de s’opposer à la vente. Il lance sur tweeter la pétition Saveourbanksy (Sauvez notre Banksy) : « La communauté de Haringey estime que cette œuvre nous a été donnée gratuitement, et qu’elle doit la garder.»

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  • LA GÉNÉRATION DES "MAKERS" VEUT RÉINVENTER LA FABRICATION DES CHOSES

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    NEWS NEWS NEWS « Makers. La nouvelle révolution industrielle », le dernier essai de Chris Anderson (Pearson), l'ancien rédacteur-en-chef de la revue Wired, connaît un grand succès en France. Il annonce l'arrivée d'un nouveau mouvement de passionnés de high tech décidés à transformer la manière dont nous construisons nos objets usuels en s'appuyant sur de nouveaux outils de production : imprimantes 3D, découpeuses laser assistée par ordinateur, circuits électroniques et logiciels de conception en "open source". Il les compare aux pionniers de l'informatique domestique dans les années 1980, les Steve Jobs et autres Bill Gates. Se trompe-t-il ? Enquête (une version courte de cet article a été publiée dans Le Monde)

     

    Ils s’appellent eux-mêmes les « makers », les fabricants. Ce mouvement international de passionnés de high-tech et d’imprimantes 3D, n’a pas dix ans, prétend réinventer le capitalisme et révolutionner la production des biens de consommation. Ils veulent en finir avec la standardisation des objets courants, mettre fin à l’obsolescence programmée des machines, arrêter les délocalisations d’entreprises, réindustrialiser les villes sans les polluer, relancer partout l’artisanat. Rien que cela. Leur livre de chevet, « Makers. La nouvelle révolution industrielle » (Pearson), vient de sortir en France. Il est signé par Chris Anderson, l’ancien rédacteur en chef de Wired, la revue culte des geeks du monde entier. L’auteur, qui avait déjà annoncé l'essor de la gratuité sur le Net et des applications de la téléphonie mobile, s’explique depuis San Diego, Californie, où il dirige une petite usine de drones et de robots volant.

    « Nous sommes aujourd’hui comme en 1984, l’année où Apple a lancé le Macintosh, quand chacun a pu utiliser un ordinateur personnel et œuvrer au nouveau monde virtuel. L’équivalent du MacIntosh est l’imprimante 3 D, une machine capable de fabriquer directement des objets solides conçus sur ordinateur. » Pour Chris Andreson, la nouvelle génération née avec le PC portable et le Web, passe aujourd’hui du virtuel au réel. Du cyberspace au monde physique. Elle s’équipe d’imprimantes 3D et de découpeuses laser, autant d’outils à commande numérique autrefois réservés à l’industrie qui permettent de fabriquer des choses usuelles. Chez soi. Dans son garage. Dans des ateliers de quartiers. Nous sommes au tout début de ce mouvement de « makers », et, pour Anderson, personne ne sait où il va s’arrêter - en 1984, qui aurait  pu prévoir la révolution économique apportée par internet.

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  • UN PSYCHOLOGUE AU CHEVET DE L'ÉCONOMIE... ET DES FINANCIERS

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    NEWS NEWS NEWS Alors que le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, défend son projet pour réguler les activités bancaires, il faut lire le dernier essai de Paul Kahneman, le psychologue prix Nobel d’économie 2002 (de passage à Paris fin 2012), qui analyse sans concession dans son dernier essai les travers de comportements des financiers, des traders et des acteurs de l'économie - et accepté d'illustrer sa pensée avec des exemples d'actualité (article paru dans Le Monde Culture&idées du 15/01/13)

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    Le 23 octobre 2008 est pour Daniel Kahneman « un des moments les plus émouvants de la crise économique » de 2007-2008. Ce jour-là, Alan Greenspan, l'ex-président de la Réserve fédérale américaine, surnommé le « maestro » de la finance, reconnaît devant le Congrès s'être trompé sur la capacité des marchés à s'autoréguler et sur celle des acteurs de l'économie à agir rationnellement - bref qu’il qu’il a été fourvoyé par deux des grands dogmes de l’orthodoxie économique néo-libérale.

    Daniel Kahneman, né en Israël en 1934, obligé de porter l'étoile jaune à Paris durant l'Occupation, est professeur à l'université de Princeton. Il est le seul psychologue à avoir obtenu le prix Nobel d'économie (en 2002) pour sa « théorie des perspectives ». Pour lui, Alan Greenspan a gravement sous-estimé « les facteurs psychologiques » et « les erreurs cognitives » qui faussent les raisonnements des acteurs économiques et financiers, ce qui les pousse parfois à prendre des décisions déraisonnables, voire  catastrophiques, comme on a l'a vu pendant la crise des subprimes et comme on le constate encore.

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  • LAÏCITÉ : COMMENT S'ACCOMMODER DE LA RELIGION, ET JUSQU'OÙ ? L'EXEMPLE CANADIEN.

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    Caricature parue dans Le Cornichon, journal satirique québécois moquant le premier ministre et les "accommodements raisonnables" : faudra-t-il interdire la fête de Noël pour satisfaire toutes les religions ?

    NEWS NEWS NEWS Avant les fêtes, par deux fois, les médias se sont enflammés. Des responsables publics auraient cédé aux pressions de musulmans. A Montargis (Loiret), une directrice d'école maternelle aurait refusé de faire venir le Père Noël pour ne pas heurter leurs croyances. Au Havre, la ville aurait fait jeter des mousses au chocolat confectionnées dans les 67 cantines scolaires, parce qu'elles contenaient de la gélatine de porc. Ces cas auraient remis en cause nos traditions, bafoué la laïcité.

    A Montargis, finalement, la directrice d'école et l'inspecteur d'académie ont parlé d'un budget de réveillon en baisse et nié avoir subi « des pressions » des familles musulmanes. C'est un mail anonyme, extérieur à l’école, dénonçant « les adeptes du politiquement correct », qui a dramatisé l'histoire sur les réseaux sociaux et déclanché l'affaire.

    Après les articles alarmistes traitant de l'« affaire du Havre », exagérément grossie, la page de commentaires du site Internet de BFM-TV a été fermée « pour cause de dérapages et d'appels à la haine ». Cela n'a pas empêché la mairie de rappeler que la ville adapte depuis longtemps les repas des cantines scolaires. « Nous offrons un produit de substitution pour le plat principal quand il est à base de porc, a déclaré le directeur adjoint en charge du développement social, de la famille et du sport, Philippe Brunel. Les familles en sont informées dès leur inscription à l'école. »

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  • AU PLAISIR DES FEMMES

    Photos : Sasha KURMAZ (DR)

    « Mon coeur bat la chamade, et sous son regard scrutateur, j’ai viré au rouge pivoine. Non seulement, il est beau, mais il représente le summum de la beauté masculine. Et il est là, devant moi. ». « Cinquante nuances de Grey » de la britannique E.L James commence comme un roman à l’eau de rose. Il en a le style. L’histoire aussi. Anastasia Steelle, étudiante en littérature naïve et désargentée, toujours vierge à 22 ans, interviewe pour le journal de la fac Christian Grey, un chef d’entreprise milliardaire de 27 ans. Coup de foudre entre l’oie blanche et le jeune « dieu grec ». Il la raccompagne en hélicoptère, puis l’emmène dans son immense appartement. Là, « O mon Dieu », Anastasia découvre une grande croix de bois bardée de menottes de cuir, tandis que le golden boy lui propose de devenir sa « Soumise ». Anastasia rechigne un peu, puis accepte : « « Faire plaisir à Christian. Tout d’un coup, je me rends compte, que, oui, c’est exactement ce que je veux. C’est une révélation ». Plusieurs séances de fouettage plus tard, assortis d’innombrables clichés - «Cette douleur exquise me coupe le souffle. Je gémis et mes mains se crispent dans ses cheveux » - l’héroïne connaît les affres du doute amoureux : « M’a-t-il déjà fait l’amour ? Pour lui, ça n’a toujours été que de la baise. » Déçue, elle décide de le quitter. La suite au tome deux.

    « Cinquante nuances de Grey » est une romance façon Harlequin truffée de scènes érotiques. C’est un nouveau genre littéraire. Publié en juin 2011, le livre connaît en 2012 un extraordinaire succès. Vingt-cinq millions d’exemplaires sont vendus au Royaume-Unis. Cinquante millions autour du monde. En France, les éditions Jean-Claude Lattès en écoulent 175000 exemplaires la première semaine d’octobre. Comment expliquer cet engouement planétaire ? Les romans d’amour à la manière de Barbara Cartland ou Nora Roberts, les nombreuses collections « Passions » ou « Promesses » ont toujours attiré un nombre considérable de lectrices - Barbara Cartland a vendu un milliard d’ouvrages. Cette fois, avec « Cinquante nuances de Grey », on entre dans le lit princier avec Cendrillon. Nous changeons  d’époque. On constate que lectorat féminin sentimental ne craint plus d’entendre parler de sexualité. Au contraire. Sa mise en scène (« Et maintenant, je vais vous baiser, Melle Steele » dit Christian le premier soir), sa crudité (le mot « sexe » revient 44 fois, le plaisir « anal » est évoqué 10 fois, l’usage de « menottes » 12 fois), ses élans physiques (« mouillée » revient souvent,  « excitée » 21 fois, « O mon Dieu » 28 fois) plaisent.

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  • UNE FRANCE POUR MOITIE CATHOLIQUE, MAIS NE PRATIQUANT PLUS, 63% D'ATHÉES CHEZ LES 18-24 ANS, ET DE PLUS EN PLUS DE JEUNES MUSULMANS. UN PAYS MULTICULTUREL.

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    NEWS NEWS NEWS. Les années passent et les Français se montrent de plus en plus irréligieux. Ils étaient 80% à se dire catholiques en 1966, ils ne sont plus que 51% en 2007, et à peine 5% vont régulièrement à la messe – surtout des gens âgés. Si le protestantisme reste stable, revendiqué par 2,1% des Français, comme la religion juive, 0,6%, l’athéisme progresse. En 2012, 35 % de la population et 63% des 18-24 ans se disent « sans religion ». Pendant ce temps, en quinze ans, seconde religion de France, l’islam a doublé ses fidèles en France avec 2,1 millions de musulmans « déclarés » (3,2% de la population) et 800000 pratiquants, soit un tiers des immigrés et leurs descendants venus de pays musulmans - ce qui, rappelle le sociologue des religions Claude Dargent, casse le poncif qu’ils sont tous pratiquants (16% se disent « sans religion »). Beaucoup de ces musulmans sont français. Et les plus pratiquants sont les plus jeunes. Pourquoi ? Enquête.

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    Des études de Sciences Po (Cevipof) en 2005 et du Pew Center en 2006 l’annonçaient, on compte en France de plus en plus de jeunes musulmans. À l'inverse de la «population majoritaire», dont la jeunesse se sécularise, l'islam attire la nouvelle génération issue de l'immigration. Le rapport de 2011 « Les banlieues de la République » (Gallimard), publié par Gilles Kepel, une enquête sur la jeunesse de Clichy et Montfermeil, haut lieu les émeutes massives de l’automne 2005, le confirme. « Dans ces banlieues, nous dit Kepel, le grand récit fondateur de la France moderne, selon lequel la nation était toujours capable d’intégrer a été mis à mal. La colère et l’islam se sont développés partout où la République a échoué.» Bien sûr, le Clichy musulman décrit par Kepel n’est pas toute la banlieue, et des enquêtes nuancent le radicalisme de cette islamisation. La grande majorité de ces jeunes espèrent réussir en France, s’inscrivent sur les listes électorales, surfent sur Internet, baignent dans la culture mondialisée, développent des « sous-cultures » originales et des personnalités étoffées. À rebours de leurs parents marqués par la « double absence » de l’immigré (bien décrite par le sociologue algérien Abdelmalek Sayad), ils s’intègrent à notre société, mais sans se dissoudre. Beaucoup revendiquent leur religion. L’étude Pew Center de 2006 remarque cependant que 72 % des Français musulmans ne ressentent pas « un conflit naturel entre le fait de pratiquer l'islam et le fait de vivre dans une société moderne ». Cela a fait dire aux alarmistes que 28 % voient peut-être une contradiction entre leur religion et les lois de la République. Ils ajoutent que ce sondage a déjà six ans et date sans doute - selon Gilles Kepel en effet, l’islamisation des jeunes est récente et rapide.

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  • L'HOMME, UN ANIMAL SUICIDAIRE ?

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    NEWS NEWS NEWS. Depuis l’échec du sommet de Rio cet été, on invoque beaucoup l’analyse du géographe Jared Diamond sur le rôle majeur des dégâts environnementaux dans le déclin rapide des sociétés. Alors que du fait de la crise économique, les exigences écologiques passent au second plan et les « écosceptiques » semblent l’emporter, sur fond de conférence sur l’environnement en France, que nous dit l’auteur d’ « Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou leur survie » ? Rencontre (cet article a été publié dans Le Monde Culure&Idées du vendredi 29 septembre)

    Il habite à Bel Air, quartier très chic aux jardins luxuriants de Los Angeles, dans une grande maison de bois pleine de gravures animalières. Avec son collier de barbe, ses 74 ans, il fait penser à un vieux prêcheur amish. Il en impose. Il faut dire que ce professeur de géographie de l’UCLA, la vénérable université de la Cité des Anges, biologiste évolutionniste réputé, fait à nouveau parler de lui après l’échec du sommet de la Terre, cet été, à Rio de Janeiro, où aucune mesure n’a été prise pour rendre notre planète plus durable. 

    Depuis, beaucoup se demandent si Jared Diamond n’a pas raison. Si l’humanité ne court pas au désastre écologique, comme il nous en a mis en garde dans son essai « Effondrement » (2005). Dans ce best seller mondial, partout âprement discuté par l’élite scientifique, il montre comment, dans l’histoire, à plusieurs reprises, les destructions de notre environnement ont contribué à l’écroulement de sociétés humaines. L’auteur va même jusqu’à parler d’« écocide » : le génocide écologique. Si certains critiquent son « catastrophisme », le comparent à Malthus, Jared Diamond continue à donner des conférences dans le monde entier, explicitant ses thèses, appelant l’humanité à se ressaisir.

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  • HAPPY BIRTHDAY MARILYN MONROE

    Quatre mois avant sa mort, le 19 mai 1962, Marilyn Monroe chante
    au Madison Square Garden pour l'anniversaire de John F. Kennedy (DR).

    Voir le le film

    NEWS NEWS NEWS. Marilyn Monroe, décédée dans la nuit du 4 août 1962, aurait eu 86 ans aujourd'hui. Voici l'histoire de son héritage, suite à son testament contesté de 1961 (une version plus courte de cette enquête a été publiée dans Le Monde du vendredi 3 août 2012)

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    Marilyn Monroe écrit son testament le 14 janvier 1961, à 34 ans, à une période douloureuse de sa vie. Elle vient d’annoncer aux journaux son divorce avec l’écrivain Arthur Miller. Le tournage de son film « Les désaxés » (« The Misfits » de John Huston), a été une épreuve : elle se disputait sans cesse avec son mari, prenait des barbituriques à hautes doses. Sa comédie avec Yves Montand, « Le Milliardaire » (« Let’us make love » de George Cukor, 1960) a fait un flop. Certains journaux la disent finie. L’actrice s’est installée à New York pour suivre à nouveau les cours de l’Actors Studio. Une chance s’offre à elle. Le maître des lieux, le directeur d’acteur Lee Strasberg, qui a formé Marlon Brando, Montgomery Clift, James Dean, Dustin Hoffman, Al Pacino, dont la femme Paula est devenue le coach de Marilyn, lui propose de la diriger dans « Rain », un téléfilm pour la NBC tiré d’un roman de Somerset Maugham. Marilyn se prépare, écrit à Maughan pour approfondir son rôle. En attendant, désespérée par sa rupture avec Miller, elle consulte chaque jour sa psychanalyste, Marianne Kriss. C’est alors qu’elle rédige son testament. Voilà pourquoi, peut-être, elle lègue 50% de ses biens, revenus et droits - « immobiliers ou mobiliers, de quelque nature qu'ils soient et où qu'ils se trouvent, qu'ils soient saisis ou en ma possession à ma mort, ceux auxquels j'ai droit de quelque façon que ce soit » -  ainsi que ses effets personnels et vêtements (qu’elle demande «de distribuer parmi mes amis et collègues ») à Lee Strasberg son mentor. Les 5O% restants sont destinés pour 25% à Marianne Kris, « pour qu’elle puisse continuer son travail dans les Institutions psychiatriques de son choix». Les derniers 25% vont à sa secrétaire, Mme Reis, si ce reliquat n’excède pas 40000 dollars. Sinon, n’ayant pas d’enfant, son père l’ayant abandonnée, l’actrice laisse 5000 dollars par an à Gladis Baker, sa mère psychiatrisée, 10000 dollars à Berniece Miracle, sa demi-sœur, et des sommes équivalentes à quelques proches.

    Le dernier testament de Marilyn Monroe, très contesté (DR)

     À peine rédigé, ce testament est contesté. La conseillère financière de Marilyn Monroe, Ines Melson, qui ne reçoit rien, affirme en octobre 1962 que l’actrice était « sous l’influence invalidante » des Strasberg et de son analyste. Miller,  Elle est déboutée par le juge Samuel Di Falco. Aujourd’hui encore, sur le site marilynmonroe.family, ses cousins parlent d’une manipulation de ses dernières volontés par ses proches, alors qu’elle était au plus mal. Plusieurs de ses biographes soutiennent qu’elle allait les modifier, au vu des événements qui ont suivi…

    En février 1961, le projet « Rain » avec Lee Strasberg s’écroule. Effondrée, Marilyn Monroe s’assomme aux barbituriques. Craignant qu’elle se suicide, Marianne Kris la fait admettre à la Payne Whitney Clinic à Manhattan, où elle est placée en cellule de sécurité. Quand elle constate qu’elle est enfermée avec les grands agités, comme l’a été sa mère Gladys, l’actrice fait une crise de désespoir, casse une fenêtre, demande à sortir. Les médecins la menacent de la camisole de force. Elle fait passer un message à Lee Strasberg par une infirmière : « Le Dr Kris m’a fait enfermer sous la surveillance de deux imbéciles (…) Je suis enfermée avec les cinglés. Je suis sûre de finir comme eux si ce cauchemar se poursuit. Je vous en supplie, aidez-moi ». Mais les Strasberg n’ont aucun pouvoir sur la situation. Quatre jours plus tard, Marilyn réussit à appeler Joe DiMaggio, son deuxième mari, qui la fait libérer. Il la place dans un centre ouvert, reste près d’elle. Selon Donald Spoto, son biographe le plus sérieux, ils échafaudent alors des plans de remariage.

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