dimanche, 25 septembre 2011
PARTOUT, LES MARCHES DES SALOPES CONTRE LE VIOL...
NEWS NEWS NEWS Ce premier octobre, après 70 villes autour du monde, un collectif de féministes de New York va organiser sa première Slutwalk, ou "marche des salopes". C'est-à-dire ? Pourquoi toutes ces marches de femmes décolletées, en minijupe, partout, pour dénoncer le viol ? Enquête.
Sonya Barnett ne s’attendait pas à ce que 3000 femmes rejoignent la « marche des salopes » - la « slutwalk » - dans les rues de Toronto, le 3 avril dernier. Puis que des milliers d’autres, tout l’été, défilent en minijupe, jeans déchiré, décolletées, à Londres, Melbourne, Denver, Sydney, Reykjavik mais aussi par centaines à Brasilia (« La Marcha das galderias »), New Delhi, Mexico, Séoul, Matagalpa (Guatemala, « La Marcha de las putas»), dans 70 villes autour du monde. Pourquoi toutes ces marches ? Sonya Barnett a été à l’origine de ce mouvement (que des manifestantes appelaient déjà, pendant la manifestation de Londres, 5000 personnes, « la quatrième vague féministe »). Directrice artistique à Toronto, elle se dit début février sur sa page Facebook, « dégoûtée » des propos d’un officier de police canadien, le constable Michel Sanguinetti. Au cours d’un atelier de réflexion sur la sécurité publique à l’université de Toronto, celui-ci a lancé aux responsables : « Une femme ne devrait pas s’habiller comme une salope si elle ne veut pas être victime d’abus sexuel ». Suite à son coup de colère, Sonya reçoit un post de son amie Heather Janis, très remontée elle aussi contre le policier. D’autres femmes s’en mêlent. Elles se disent qu’elles devraient réagir, mais comment ? Alors Sonya propose : « Nous pourrions faire… Quoi ?… une marche des salopes ou quelque chose comme ça. » (une version courte de cet article a été publiée dans Le Monde Culture&Idées du 24/09)
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mercredi, 20 juillet 2011
CANNABIS STORY. DE L'APPEL DU 18 JOINT 1976 AUX AFFRONTEMENTS À L'ARME LOURDRE ENTRE DEALERS À SEVRAN (SEINE SAINT-DENIS) CET ÉTÉ 2011
NEWS NEWS NEWS Avant l’été, le maire de Sevran (Seine Saint-Denis) a demandé l’intervention de « casques bleus » dans les cités pour empêcher les dealers de haschich de s’entretuer. Pourtant, la prohibition du cannabis existe en France depuis 1970, au contraire de la plupart des pays européens. Faut-il parler de l’échec de la « guerre à la drogue » ? Quelles solutions préconiser ? Enquête.
1 - L’Appel du 18 joint 1976
Ce fut une cérémonie à la fois politique et botanique. Dressé à l’entrée du Jardin des Plantes devant la statue de Lamarck, brandissant un joint grand comme le cor de Roland, cheveu au vent, le philosophe François Chatelet a lu l’appel. « Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple joint de cannabis (sous ses différentes formes : marijuana, haschich, kif, huile…) peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre… »
Applaudi, par une centaine de manifestants, il a entraîné la petite foule vers un terre-plein où un pied de cannabis fut planté avec solennité, malgré les protestations d’un jardinier qui assura que la serre en contenait déjà un. Puis, la police n’ayant rien repéré de ce manège, nous nous sommes attardés sous les frondaisons, fumant quelques cigarettes odorantes...
(Cet article a été publé en partie sur Le Monde Magazine fin août)
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samedi, 25 juin 2011
LA BIOMÉDECINE VA-T’ELLE NOUS RENDRE AMORTEL ? ALLONS-NOUS VIVRE DEMAIN 120 ANS OU PLUS ? DANS QUEL ÉTAT ? ENQUÊTE
NEWS NEWS NEWS Deux nouveaux essais nous parlent du vieillissement général de la population - elle a doublé en deux siècles - et des possibilités offertes par la médecine génomique d'intervenir sur les processus mêmes de la sénescence : « Au-delà de nos limites biologiques » du généticien (fameux) Miroslav Radman et « La mort de la mort. Comment la biomédecine va bouleverser l’humanité » du fondateur de Doctissimo, le docteur Laurent Alexandre. Allons-nous vivre bientôt - demain - 120 ans comme Jeanne Calment comme l'annoncent ces auteurs ? Probablement : le nombre de centenaires s’accroît chaque année, la médecine de confort et prophylactique fait des progrès considérables. la lutte contre le cancer progresse, quant à la recherche sur le vieillissement, elle commence à identifier pourquoi nos cellules vieillissent ? Alors, allons-nous tous devenir des « amortels », des créatures qui refusent de vieillir, équipés de pacemakers et truffés de nanorobots ? Allons-nous sortir de la nature, défier tous les processus physiologiques ? Où sont les limites ? Et si nous allons vire très longtemps, dans quel état ? Enquête
1 – Où nous découvrons les Amortels, ceux qui veulent ignorer le vieillissement et la mort - nous tous ?
Vous connaissez les mantras des Amortels. L’oxydation cellulaire tu combattras. Ton système cardio-vasculaire tu épargneras. Ton capital musculaire tu préserveras. Les faiblesses osseuses tu contiendras. Les Amortels ne veulent pas vieillir. Ils ont changé les aliments en alicaments, transformé la diététique en éthique et l’éthique en esthétique. Ils se font combler les rides à l’acide hyaluronique, enlever les taches brunes, dresser les seins, affiner la silhouette. Les Amortels connaissent la dernière médecine réparatrice, la cosmétique anti-âge, pratiquent musculation et exercice, prennent les toniques sexuels. Ils sont amortels comme on dit agnostiques : ils ignorent la mort et le déclin,défient les lois de la nature comme d’autres Dieu. Les Amortels... Le concept a été lancé au printemps par la journaliste Catherine Meyer à la Une de Time. « La première caractéristique des Amortels, écrit-elle, consiste à vivre selon le même scénario, en réalisant les mêmes activités et consommant les mêmes produits de la fin de l’adolescence jusqu’à la lisière de la mort.» Les Amortels veulent être jeunes à perpétuité. Ils détestent l’inactivité, se remarient sur le tard, s’entretiennent durement. À la retraite, ils continuent : bénévolats, associations, voyages.
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jeudi, 02 juin 2011
ERNESTO SABATO, LE GRAND ÉCRIVAIN DE BUENOS AIRES, DISPARAIT À 99 ANS. EN 1985, APRÈS L'EFFONDREMENT DE LA JUNTE MILITAIRE, IL S'INTERROGEAIT: "COMMENT EN FINIR AVEC UNE DICTATURE ?" COMMENT, EN EFFET ?
NEWS NEWS NEWS. Il devait avoir 100 ans le 24 juin prochain, Ernesto Sabato, s’il n’avait attrapé un sale rhume. En annonçant sa mort à la presse, sa femme a dit : «Il a eu une bronchite il y a quinze jours, et à son âge, c’est terrible.» Ernesto Sabato était le dernier grand écrivain vivant de l’époque sombre de l’Argentine, au côté de Julio Cortazar, Adolfo Bioy Casares et Jorges Luis Borges. Physicien de formation, politiquement engagé dans sa jeunesse, il rompt dès les années 1930 avec les staliniens, alors qu'il vit à Paris. Il travaillait ces années-là avec Irène Joliot Curie au centre Marie Curie, tout en fréquentant les cercles surréalistes, et devenu l'ami de Tristan Tzara.
Il est l'auteur de l’extraordinaire roman « Sobre heroes y tumbas »(Héros et tombes, Seuil, 1962), livre puissant etlyrique qui met en scène Buenos Aires comme aucun autre écrivain argentin. Après la dictature militaire de1976-1983, Ernesto Sabato a présidé la Commission nationale qui a mené l'enquête sur les crimes commis par la junte. Dans lapréface du rapport « Nunca Mas » (Jamais plus), il a tenu, par souci de justice, a rappelé les attentats et les meurtres commis par les guérillas d'extrême gauche comme par les milices d'extrême droite des gouvernements de Juan Peron et d'Isabel Peron (1973-1976).
Je l'avais rencontré au terme d'un reportage réalisé à Buenos Aires en janvier 1985 pour le magazine Actuel. Nous étions trois ans après la chute de la dictature, sous le régime du président Raul Ricardo Alfonsin, largement élu. Après deux années d’état de grâce, parfois de liesse, lié à la liberté retrouvée, l'Argentine déchantait. L’inflationgalopait dans un pays trop longtemps pillé et étouffé par la junte, les groupes d’extrême-droite complotent, et le président Alfonsin venait de faire passer la loi dite du “Punto final” qui devait mettre un coup d’arrêt au procés des militaires impliqué dans les assassinats d’opposants et des anciens tortionnaires. Cette décision indignait la gauche, comme les familles des 30.000 victimes de la dictatures - Ernesto Sabato, lui, pensait que les militaires étaient déconsidérés, et qu'après avoir goûté à la démocratie les Argentins n'accepteraient plus jamais de vivre sous la botte de l'armée. À ce jour, l'histoire lui adonné raison.
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vendredi, 27 mai 2011
C'EST UNE FILLE OU UN GARÇON ?
NEWS NEWS NEWS Alors que les "marches de la fierté" de juin se préparent dans dix -sept villes de France à l'appel de l'Interassociative LGBT (Lesbienne, Gaie, Bi, Trans), n'oublions pas que les "intersexués" ou hermaphrodites manifestent aussi. Ils veulent que cessent les pratiques médicales d'assignation sexuelle en fille ou en garçon, souvent pratiquées sur des enfants de 3 mois à 2 ans. Ils demandent qu'on arrête une "politique du bistouri" encore trop fréquente, afin de pouvoir attendre un âge plus avancé pour décider de leur sexe et leur genre en connaissance de cause. Derrière leur histoire, on découvre comment la violence des normes sexuelles s'exerce encore aujourd'hui. Enquête (parue dans Le Monde Magazine, mars)

1 – Où on découvre la triste histoire de l’hermaphrodite Herculine Barbin.
« Le lendemain de cette nuit trouva Sara anéantie ! Ses yeux, rougis par les larmes, portaient l’empreinte d’une insomnie cruellement tourmentée (…) Je n’avais pas la force de lever les yeux sur Madame P, pauvre femme qui ne voyait en moi que l’amie de sa fille, tandis que j’étais son amant. » Nous sommes l’été 1858, Axelina Barbin, vingt ans, institutrice, a passé la nuit avec sa jeune collègue Sara dans un pensionnat de La Rochelle. Elle raconte sa passion dans son journal intime, en proie au plus grand déchirement. Car Axelina, née Adélaïde Herculine le 8 novembre 1838 à Saint Jean d’Angély, déclarée comme fille par ses parents, présente une morphologie rare. Née avec un vagin, elle présente un court pénis, pas de sein, et doit se raser pour vivre au milieu des femmes. Elle est hermaphrodite...
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lundi, 17 janvier 2011
QUAND LA TUNISIE DE CE BON GENERAL BEN ALI SE VOYAIT FELICITEE PAR NICOLAS SARKOZY
(Photo officielle en Tunisie des présidents Ben Ali et Sarkozy à l'aéroport de Tunis, en avril 2008 )
NEWS NEWS NEWS Le général Ben Ali a été obligé de démissionner et de s'enfuir à Malte puis en Arabie Séoudite sous la pression conjuguée des manifestations populaires et de l'armée dépassée par les événements et l'ampleur de la colère de la rue - que certains observateurs comparent à l'embrasement de la révolution française. En effet, tous les symboles et les hauts lieux comme les officines du régime détesté ont été brûlés, les villas et les propriétés appartenant à la famille du général et de sa femme, honteusement enrichie quand les émeutes du pain se succèdaient, ont été prises d'assaut. Le grave problème d'aujourd'hui réside dans la faiblesse de l'opposition démocratique, décimée par le pouvoir dictatorial, ce qui risque de laisser toute latitude à la seule opposition islamique, organisée autour des réseaux des mosquées et des religieux, même si celle-ci n'est pour rien dans l'embrasement actuel. La présence massive et la détermination des femmes dans l'insurrection tunisienne, des femmes habituées depuis le règne d'Habib Bourguiba à ne plus se voiler, occuper des places dirigerantes dans l'administration et les écoles, laisse aussi présager d'un rejet d'une future récupération islamiste.
N'oublions pas, alors que la haine de la dictature se manifeste dans tout le pays, tandis que les révélations sur la corruption, l'enrichissement personnel et les horreurs du régime se multiplient, combien notre cher président de la République a cautionné et soutenu sans aucun état d'âme ni réserve ce pouvoir. Au cours de sa visite officielle en avril 2008 en Tunisie Nicolas Sarkozy, quoique très critiqué par les organisations des droits de l'Homme pour avoir déclaré "Je ne vois pas au nom de quoi je vais m'ériger en donneur de leçons", a réitéré des propos de soutien au régime despotique de Zine El-Abidine Ben Ali devant un parterre d'étudiants à l'université de Tunis : "Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?" a ainsi déclamé notre président. Il a ajouté avec élan, oubliant que le président tunisien avait été élu avec un score faramineux, 95,49% des voix, aux élections de 2004 : "C'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sorte (...), sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme". Il a encore cité, comme pour dédouaner le président tunisien, l'histoire de ces fanatiques qui ont coupé la main d'une femme qui s'était mis du rouge à ongle. Or ce récit a déjà circulé en Afghanistan pendant les années Taliban. Il ressort régulièrement, comme une rumeur, alors qu'aucun journaliste ne l'a confirmée. Ce qui a été reconnu, c'est que des Talibans zélés ont sans doute coupé, à Kaboul, la phalange d'une femme aux ongles faits. Cet horrible détail est depuis devenue "l'histoire de la main coupée" que Nicolas Sarkozy a reprise sans sourciller, ni citer aucune source - juste pour justifier son soutien au régime de fer de ce bon général Ben Ali.
Faut-il le croire, quand on sait qu'un journaliste de Libération a reçu début 2007 un coup de couteau en pleine rue alors qu'il cherchait à rencontrer des opposants ? On lisait d'ailleurs dans Libération, qui avait dépéché un correspondant dans la délégation de presse accompagnant M. Nicolas Sarkozy lors de son précédent voyageen juillet dernier, ce témoignage : " Un peu plus tôt (avant la rencontre Ben Ali-Sarkozy), l’avocate Radhia Nasraoui, présidente de l’association (non reconnue) de lutte contre la torture en Tunisie, confiait dans un hôtel de Carthage que «le régime policier en place avait profité de la lutte contre le terrorisme pour réprimer davantage encore toute forme d’opposition». Elle faisait état de cas «de tortures abominables pratiquées sur les parties génitales de prisonniers», dont elle avait recueilli les témoignages et pu constater les séquelles. Selon elle, la visite de Nicolas Sarkozy «passe inaperçue (en Tunisie), n’apportera rien à la société civile tunisienne et conforte les pratiques du pouvoir». Elle jugeait par ailleurs «très significatif» que Rama Yade (la secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme) n’ait eu aucun contact avec les défenseurs des libertés en Tunisie.
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jeudi, 21 octobre 2010
SCIENCES PO, UNIVERSITE MAUVAIS GENRE
NEWS NEWS NEWS En cette rentrée universitaire, l'université Sciences Po commence à mettre en place son programme PRESAGE (Programme de REcherche et d'Enseignement des SAvoirs sur le GEnre). La prestigieuse université, après des années d'hésitation et de coups d'essai, lance enfin un solide programme d'étude - soutenu par des figures de l'histoire et l'économie comme Elizabeth Badinter, Nancy Fraser ou Amartya Sen - sur les questions de la discrimination et la fabrication du genre et des différences sexuelles. En Amérique et au Canada, ces "gender studies" sont à l'honneur depuis 30 ans, c'est dire le retard pris en France.
Le programme PRESAGE a débuté ce 20 octobre par une conférence de la philosophe Geneviève Fraysse, quelques cours ont débuté, mais l'année prochaine toutes les disciplines vont être affectées par le questionnement sexuel : comment le fait d'être d'un genre ou d'un autre vous disqualifie ou vous requalifie dans votre travail ? vos retraites ? influence vos manières d'être traité à l'école ? à l'université ? comment le droit est-il travaillé par ces questions mais encore les manières d'habiter la ville, se promener les rues, jusque dans le détail des habillements ? etc, etc ?
12:00 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : féminisme, sexe, philosophie, queer |
samedi, 02 octobre 2010
PROSTITUEES CONTRE MAISONS CLOSES
NEWS NEWS NEWS Canal +sort cette semaine son feuilleton « Maison closes » qui montre la vie quotidienne d’un bordel de luxe à la fin du XIXe siècle. Pendant ce temps, un groupe de travail du gouvernement réfléchit à la proposition de la député UMP Chantal Brunel de rouvrir « les maisons ». Mais qu’en pensent les associations de prostituées ?
« Le Chabanais », 12 rue Chabanais, Paris IIe. « Un ministre des Affaires Etrangères de la IIIe République fréquentait assidûment cette maison close. Il se mettait nu et se laissait passer un collier à pointes autour du cou. À quatre pattes, promené en laisse, il présentait son postérieur à une ronde de filles nues, qui lui assénaient chacune des coups de fouet." Aujourd’hui, on trouve ce collier et ces fiches - les « blancs » - de la Brigade des Mœurs exposés dans la salle des archives de l’actuelle brigade « de répression du proxénétisme » (BRP). Le Chabanais, ouvert en 1878, fut un des bordels les plus luxueux de la fin du XIXe et la Belle Époque, on y trouvait une chambre « persane », « égyptienne », « mauresque », « russe », « nippone », et le prince Edouard VII y prenait avec les dames des bains de champagne dans une grande baignoire en cuivre. Un blanc daté du 28 mars 1899 rapporte que 25 femmes travaillaient là et que le « cabinet médical » comportait 15 spéculum, des « pommades prophylactiques » et du permanganate. Il concluait : « Le Chabanais est un des établissements les plus réputés de Paris. Il est fréquenté par une clientèle de marque. La tenancière peut-être consultée utilement. » C’est cet établissement, ainsi que les quelques autres bordels parisiens haut de gamme des « années folles » Le Sphinx, Le One Two Two, le Colbert, le Cardinet, le Montyon, véritables palais de la débauche, qui ont servi de modèle au feuilleton qui débute sur Canal + ce mois-ci, « Maisons Closes », huit épisodes.
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vendredi, 24 septembre 2010
DERRIERE LE FILM "INCEPTION", LES RÊVE LUCIDES. UNE TRADITION ANCIENNE EN ASIE OU CHEZ LES AMERINDIENS... OU COMMENT INTERVENIR DANS SES RÊVES...
NEWS NEWS NEWS Dans le film fantastique "INCEPTION", réalisé" par Christopher Nolan, le héros Dom Cobb (Di caprio) est un « extracteur », un rêveur lucide qui , tout en dormant, pénètre dans les rêves d'industriels importants pour leur soutirer des informations secrètes. Eux subissent leur rêve, lui les pénêtre, se montrant capable d'agir à l'intérieur comme un personnage onirique. Mais ses employeurs le chargent de procéder cette fois à une "inception", c'est-à-dire d'implanter une idée négative dans le subconscient du fils d'un grand patron, afin de couler l'entreprise familiale quand il en prendra les rènes. Une tâche qui va s'avérer diffficile, car l'inconscient du jeune héritier va se défendre en inventant d'innombrables protecteurs. Le film présente d'extraordinaires scènes où les intrus arrivent à infléchir l'univers du rêve, et ce faisant à réaliser d'extraordinaires prouesses pourtant vécues au premier degré, comme possibles, par le rêveur. En effet, tout est possible en songe, comme par exemple de tordre les rues d'une ville jusqu'à ce qu'elles s'élèvent devant vous comme une montagne : ce qu'une apprentie rêveuse lucide fait devant nous, les spectateurs ravis du film, à Paris, grâce à d'incroyables effets spéciaux.
Beaucoup de critiques se sont perdus dans l'interprétation du film, décrit comme un jeu sans fin avec la réalité, en se demandant si toutes les scènes extravagantes ne racontaient pas le rêve d'un mégalomane, ou encore un jeu de miroirs délirant entre les rêves et la réalité, enfermé dans un pardoxe à l'infini d'où le héros ne sortirait plus. Mais peu de gens ont vu que la pratique du rêve lucide et de la déformation comme de l'exploration de ses propres rêves existe depuis des millénaires, et que plusieurs traditions oniriques l'ont développé. - ce qui interpella beaucoup Freud et la tradition analytique. Ainsi les bouddhistes thibétains pratiquent toujours un "yoga des rêves" très élaboré ou "svapna yoga", où le méditant s'entraîne à s'éveiller pendant ses rêves, à en prendre conscience, pour ensuite observer comment son esprit élabore ses illusions, les questionner, intervenir dans ses cauchemars, apprendre à les dérouter et en tirer un enseignement. Les Senoï de Malaisie sont aussi connus par avoir développé un art d'intervenir à l'intérieur de leurs rêves, d'y mener des expériences érotiques, et de chercher à entremêler les rêves et la réalité pour mener une existence plus intense, plus riche, plus heureuse. Les guerriers amérindiens comme les Cheyennes et les Iroquois pratiquaient eux des sortes de répétitions oniriques de leurs combats, et s'entraînaient à vaincre la peur en rêve.
J'ai mené pendant quelques mois plusieurs expériences de rêve lucide, et même des rêves érotique plus ou moins dirigés, avec l'aide d'un maître en onirisme. Je les raconte ci-dessous. C'était à l'époque du magazine Actuel. Rien d'aussi extraordinaire que dans le film INCEPTION, mais j'en garde le souvenir de quelques moments proprement fantastiques malgré tout...
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Premier rêve lucide. Je remonte d’un pas vif le quai du Talgo, le train-couchette pour Barcelone, dans le brouhaha des départs de la gare de Lyon. La foule dense se bouscule, les mamans braillent, les valises passent par les fenêtres, quand je L’aperçois. Elle ressemble beaucoup à L., cette avocate qui m’a ensorcelé quelques jours auparavant et qui ne daigne pas répondre à mes messages. Mais ce n’est pas vraiment elle. Ce serait plutôt une image sublimée, parachevée de LA femme pour moi ces temps-ci.
Je la veux.
Je monte dans le sleeping à sa suite. Mais je perds un temps fou. Les marches du wagon se déboîtent bizarrement sous mes pas. Je pose le pied, un déclic se produit et la marche cède. Je recommence cinq, dix fois. Je commence alors à comprendre que je rêve. Je viens de reconnaître ces répétitions insistantes et absurdes, les blocages imbéciles de l’action qui accompagnent souvent mes états d’excitation oniriques.
Me voici dans le couloir des wagons-lits. Je constate que je n’ai plus de valise. Je m’en moque. Ce qui me confirme que je rêve bien. Je me dis alors, comme souvent dans cette situation de chasse érotique en rêve : « Retrouve-la. Jette-toi à ses genoux. Prends la dans sa couchette ! »
Je remonte le couloir. A mon passage les portes des sleepings s’ouvrent comme par enchantement et je jette un œil rapide. Les gens s’installent. Troisième porte : c’est ELLE. Je rentre...
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jeudi, 23 septembre 2010
UNE PLANÈTE TOUT EN PLASTIQUE
NEWS NEWS NEWS En cinquante ans, le plastique a envahi le monde depuis nos cuisines jusqu’au fond des océans. Un documentaire à sortir en salle en février prochain, un grand reportage publié ce mois-ci chez Actes Sud, nous racontent cette extraordinaire invasion : « Plastic Planet ». Tous deux signés par le journaliste Werner Boote, surnommé le « Michael Moore autrichien ». Après avoir fait analyser le taux de plastique contenu dans son sang, il nous raconte comment le plastique a fini par l’obséder et les effrayantes découvertes faites sur l’indestructible « man made material » (article paru dans Le Monde Magazine, septembre 2010)
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« -Je voudrais te dire juste un mot. Plastique !
-Comment dois-je comprendre ça ?
-Le plastique, c’est l’avenir. Penses-y !
-Je le ferai.
-Chut. Assez parlé. »
Cette brève scène comique se passe dans The Graduate, le film de 1967 avec Dustin Hoffman qui annonce la révolution des mœurs… et l’arrivée du plastique dans nos vies. Car en ces années 1960, le plastique est pop, à la mode, conquérant, il représente autant l’avenir que la modernité. Les bas nylon étincelants, les dentelles en perlon, les brillantes robes de polyester embellissent les femmes. Dans les cuisines, une vaisselle en plastique multicolore remplace la fragile et coûteuse porcelaine, le formica rivalise avec le bois et la pierre, dans les salons les réunions Tupperware font fureur et le téléphone en bakélite nous relie avec le monde entier. Avec la popularisation du plastique, événement tant industriel que métaphysique, l’homme transcende la matière connue, invente une substance chimique qui ne doit rien à la nature, un « man made material » plus résistant que le bois, léger que l’acier, résistant que le caoutchouc, et qu’il peut, tel un démiurge, modeler à sa guise. Dans ses Mythologies de 1957, Roland Barthes s’enthousiasme pour la nouvelle « substance alchimique » qui permet de créer mille objets, sans être coûteux. « Pour la première fois, écrit-il, l’artifice vise au commun, non au rare (…) Le monde entier peut-être plastifié ».
19:04 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écologie, plastique, planète |











