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  • BLEU, BLANC, ROUGE. HISTOIRE DE TROIS COULEURS ET DE CINQ RÉPUBLIQUES

    La cocarde de 1789 portée par les clubs révolutionnaires. DR

    News News News. Demain vendredi 27 novembre sera un jour du deuil national en hommages aux victimes des attentats du vendredi 13. Fait exceptionnel, le gouvernement a appelé à accrocher des drapeaux tricolores aux fenêtres. Retour sur l'histoire mouvementé des trois couleurs qui symbolisent la République française

    Bleu, blanc, rouge... Les trois couleurs du drapeau français ont été un peu partout mises à l'honneur à l’étranger, le samedi 14 novembre, suite aux attentats du vendredi 13. En signe de solidarité avec les victimes. Et plus largement, avec tous les Français. Bleu, blanc, rouge l’Opéra de Sydney, le Christ du Corcovado à Rio de Janeiro, l’hôtel de ville de San Francisco, le London Bridge à Londres, la porte de Brandebourg à Berlin, les remparts de Jérusalem, l’Oriental Pearl Tower à Shanghaï... Pour les responsables de ces pays, les trois couleurs symbolisent la France toute entière et ses habitants meurtris. Ils y voient une manière forte, symbolique, immédiatement compréhensible, de les soutenir en cette époque de drame et de deuil.

    En France aussi, le drapeau national est apparu en de nombreux lieux, porté au cours des manifestations silencieuses, déposé avec des fleurs autour du Bataclan, accroché aux balcons. Mais aussi sur les réseaux sociaux. Dès le samedi 14 novembre, Facebook a mis en ligne un filtre permettant de coloriser sa photo de présentation en bleu, blanc, rouge, ce qu’ont fait des dizaines de milliers d’internautes en France, et dans le monde. Ceux-ci ont aussi posté des visages de Marianne en larme, ou une tour Eiffel en forme de signe de paix (le désormais célèbre Peace for Paris dessiné par Jean Jullien), ou encore un majeur dressé accompagné d’un «Fuck djihadistes ». Toujours en bleu, blanc, rouge. A lire les textes des internautes, il s’agit d’affirmer un message fort : face à la barbarie, nous les Français libres du pays du drapeau de la République, nous continuons nos vies pacifiées, nous résistons aux assassins, nous n’avons pas peur, nous continuons à  sortir, à fréquenter les cafés, nous sommes toujours vivants.

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  • MARINE LE PEN EST-ELLE PLUS RÉPUBLICAINE QUE SON PÈRE ? DÉCRYPTAGE A LA LETTRE

    (Marine le Pen le 1er mai 2013. AFP)

    NEWS NEWS NEWS « Liberté », « laïcité », « Etat protecteur », «parole au peuple », « argent roi », Marine Le Pen emploie souvent dans les médias des mots et des concepts qui semblent venir de l’extrême-gauche. Dans le même temps, elle tient des discours de  droite extrême : elle réclame un référendum sur la peine de mort, veut le retour de l’uniforme à l’école, associe en permanence immigration et terrorisme et veut sortir de la zone euro. Tout en se proclamant républicaine, décidée à rompre avec les provocations anti-républicaines de son père, elle demande la limitation du contrôle du Conseil Constitutionnel, la renégociation de la Convention Européenne des droits de l’homme, l’inscription du principe de la « préférence nationale » dans le préambule de la Constitution et la modification du scrutin électoral. Difficile de la suivre.

     Pour mieux la comprendre, Cécile Alduy, professeur de français à l’université de Stanford, et Stéphane Wahnich, professeur de communication politique à Paris-Est Créteil, se sont livrés à une analyse lexicale, littéraire et statistique de 500 de ses discours, textes et déclarations (Marine Le Pen prise aux mots. Seuil, 2015) Ce travail pionnier permet de décrypter comment la présidente du Front National réussit, par différents glissements sémantiques, à donner un sens biaisé ou détourné à des mots démocratiques et républicains. Nous avons demandé à Cécile Alduy de décrypter l’usage de 5 mots revenus de façon récurrente dans la dernière conférence de presse de Me Le Pen et ses récents débats télévisés.

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  • "LA CHIENLIT", HISTOIRE D'UN MOT ET D'UNE AFFICHE

    Charles de Gaulle à la télévision, le 16  mai  1968. Trois jours plus tard, il troussera une formule emblématique de Mai-68 au conseil des ministres  : «  La réforme oui, la  chienlit non  !  » Sipa

    News News News Il est parfois sage de se méfier des mots au passé chargé, et surtout des images moqueuses qu’ils ont suscitées. En dénonçant, le mardi 6 octobre, « la chienlit » qui régnerait dans le pays, après l’agression de deux responsables d’Air France par des syndicalistes en colère, Nicolas Sarkozy a pris des risque

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    Le mot « chienlit » est entré dans l’histoire politique grâce au général de Gaulle, qui l’a prononcé pendant les événements de Mai-68. Il aurait, selon le chef du gouvernement d’alors, Georges Pompidou, ouvert le conseil des ministres du 19 mai avec cette formule forte : « La réforme oui, la chienlit non ! »

    A peine médiatisée, cette expression inconnue du grand public va être raillée. Car «chienlit » est un idiotisme composé du verbe « chier » et du mot « lit ». A l’époque où de Gaulle le remet en circulation, le mot a disparu du vocabulaire courant. Sa première apparition recensée remonte au Gargantua (1534) de Rabelais : il s’agit d’une injure qui désigne les fouaciers (les fabriquant de fouaces, des pains cuits sous la cendre), qui seraient des « chienlicts », aussi appelés « boyers detrons » et « bergiers de merde ».

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