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UNE RÉFLEXION SUR LA THÉORIE DU REMPLACEMENT DÉMOGRAPHIQUE DU PEUPLE FRANÇAIS THÉORISÉ PAR L'EXTRÊME-DROITE

 (Peinture de Guillaume Bresson. Sans Titre (2008). Galerie Nathalie Obadia)

NEWS NEWS NEWS « Le Grand Remplacement est le choc le plus grave qu’ait connu notre patrie depuis le début de son histoire puisque, si le changement de peuple et de civilisation, déjà tellement avancé, est mené jusqu’à son terme, l’histoire qui continuera ne sera plus la sienne, ni la nôtre. » C’est en ces termes alarmistes que l’écrivain Renaud Camus, proche du Front National, a lancé en septembre 2013 un manifeste intitulé : « Non au changement de peuple et de civilisation ».

Depuis deux ans, cette « théorie du remplacement » du peuple français « de souche» par d’autres peuples, principalement venus du Maghreb et d’Afrique, connaît une popularité grandissante dans les milieux d’extrême droite, voire de droite. Cet écho mérite qu’on s’y arrête car cette théorie cristallise des peurs profondes et des discours de plus en plus radicaux.

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Dans son livre autoédité Le Changement de peuple, paru en 2013, l'écrivain Renaud Camus détaille cette « théorie du remplacement ». Attristé par la mondialisation, l’écrivain affiche une grande mélancolie pour le passé : il affirme que les « maîtres du commerce international » et les « chevaliers de l'industrie globalisée » ont transformé chaque Français en un « pion désoriginé échangeable à merci, sans aspérités d’appartenance, délocalisable ». Ce faisant, ajoute-t-il, ils ont façonné un« homme remplaçable, débarrassé de toute spécificité nationale, ethnique et culturelle ».

Selon Renaud Camus, cet « économisme pur », relayé par le patronat français et par des hommes politiques inconscients, nous a fait perdre le sens de la patrie et de « l’épaisseur des siècles » : il a dissous la mémoire de notre histoire et de notre littérature, diluant les individus dans une « Grande Déculturation ». C’est cette « hébétude » généralisée qui a permis aux élites corrompues d’orchestrer sans résistance une véritable « colonisation de peuplement » du pays par l’immigration maghrébo-africaine. A la fin du texte, Renaud Camus affirme qu’en France « la proportion d’indigènes est encore assez haute parmi les personnes les plus âgées, mais elle va s’amenuisant spectaculairement à mesure qu’on descend dans l’échelle des âges. Tendantiellement (…), les nourrissons sont arabes ou noirs, et volontiers musulmans ».

fn,racisme 

(Peinture de Guillaume Bresson. Bataille (2007). Galerie Nathalie Obadia)

Que nous apprennent les études démographiques ?

Pour l’écrivain, il est impossible que le peuple français cohabite avec des peuples «allogènes » non européens sans perdre son identité. Il affirme qu’aux Etats-Unis, le pays du « melting-pot », « où le changement de peuple est en cours comme chez nous », la situation est telle que « les descendants des bâtisseurs de cette nation s’y trouvent désormais minoritaires ».

Les études de l’Insee disent pourtant tout autre chose que les livres de Renaud Camus. Publiée en octobre 2012, « Insee Référence – Immigrés et descendants d’immigrés en France » décompte ainsi 5,3 millions de personnes « nées étrangères dans un pays étranger », soit 8 % de la population. Parmi ces immigrés qui ont contribué à reconstruire la France d’après-guerre, 1,8 million viennent de l'Union Européenne Restent donc 3,5 millions de personnes, dont 3,3 millions sont originaires du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et d’Asie. Ces immigrés venus du Sud qui font si peur aux théoriciens du « grand remplacement » représentent donc 5 % de la population française. Difficile de parler, comme le fait Renaud Camus, d’une « contre-colonisation » par les étrangers non européens - de fait, la colonisation française du Maghreb a été beaucoup plus intrusive…

Si on élargit la notion d’immigré et que l’on prend en compte l’ensemble des descendants de ces migrants – bien qu’ils soient tous nés en France –, on trouve le chiffre de 6,7 millions. Parmi eux, 3,1 millions descendent de migrants venus du Maghreb francophone, d’Afrique et d’Asie – soit moins de 5 % de la population française. Comment pourraient-ils la remplacer tout entière ?

Malgré ces statistiques, les défenseurs de la théorie du « changement de peuple » n’en démordent pas. Un texte circule ainsi sur la blogosphère de droite. Intitulé « Le grand remplacement par A + B », il additionne les immigrés venus du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et d’Asie et leurs descendants, soit plus de 6 millions de personnes. Il y ajoute « 3 à 4 millions » de descendants appartenant à la troisième génération d’immigrés, sans préciser la source de cette information. Il y adjoint enfin, pêle-mêle, des Français et des étrangers qu’il considère comme des « allochtones extra-européens » : 800 000 Roms, 500 000 harkis, 800 000 Antillais, entre 400 000 et 800 000 « immigrés clandestins », 80 000 « migrants illégaux » et 160 000 à 195 000 naturalisés annuels… Nous voilà, selon ce texte, avec 12 à 14 millions de « non-Blancs » – soit environ 20 % de la population.

Une projection alarmiste conclut ce manifeste : puisque l’on « sait », affirme-t-il, que la « vieille population blanche meurt plus et se reproduit trop peu pour se renouveler», qu’elle s’exile « par millions » et que la fécondité « afro-maghrébine »est plus élevée que la fécondité des « Français de souche », nul besoin « d’être un sombre pessimiste paranoïaque pour y voir un remplacement rapide de la population ».

La plupart des chiffres cités par ce texte sont totalement fantaisistes. La population des Roms n’approche pas du million : elle est estimée à 20 000 par le ministère du logement. Il n’y a pas 160 000 à 195 000 naturalisés annuels : il y en a eu 94 000 en 2010, 66 000 en 2011 et 46 000 en 2012, soit environ moitié moins. Quant aux clandestins, ils sont évidemment très difficiles à recenser - mais pas les fantasmes attachés à eux, ni l'usage courant qu'en fait un patronat en quête d'un main d'oeuvre bon marché.

QU'EST-CE QU'UN « FRANÇAIS D'ORIGINE » ?

Mais plus que les chiffres, c’est la démarche intellectuelle des partisans du « grand remplacement » qui pose problème. Pour Pascale Breuil, chef d’unité des études démographiques et sociales de l’Insee, opposer les « allogènes » aux « indigènes » semble difficile. « Chez les descendants d’immigrés, la moitié ont un seul parent immigré : ils sont donc issus de couples mixtes, explique-t-elle.Devenus parents, ils parlent français avec leurs enfants à 99 %, et 64 % de ceux qui vivent en couple ont un conjoint qui n’est ni immigré ni descendant d’immigré. Comment définir une population “allogène” ? »

Pascale Breuil s’interroge surtout sur la notion même de « substitution de peuple ». « Jusqu’où faut-il remonter pour être considéré faisant partie du peuple français ? demande-t-elle. Doit-on écarter l’immigration de travail remontant à la fin du XIXe siècle, avec l’arrivée de nombreux Italiens, Belges, Suisses et Allemands, qui ne se sont pas tous mariés entre eux et qui ont eu des enfants ? Ou encore les migrations venues d’ Europe du Sud et d’Afrique depuis le début du XXe siècle, sans oublier les naturalisés et les réfugiés ? Il est finalement très difficile de définir qui est ou non d’origine française. » En fait, comme l’ont bien montré les historiens de l’immigration comme Patrick Weil ou Gérard Noiriel, il existe un « creuset français » : depuis la fin du XIXe siècle, les différentes vagues d’immigration se sont mêlées à la population française, même quand elles ont d’abord été ostracisées.

Découvrant le texte « Le grand remplacement par A + B », François Héran, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED), constate qu’il s’agit, dans l’esprit des rédacteurs, de « convertir les origines nationales en données raciales ». « La cible devient les “non-Blancs” », explique-t-il. Quant aux extrapolations de Renaud Camus, il les décrit comme des « billevesées » : le démographe rappelle que la croissance de la population française depuis la guerre (20 millions d’habitants) n’est évidemment pas entièrement due à l’immigration. « Le baby-boom de l’après-guerre, avec 2,6 à 3 enfants par femme, a joué pour un bon tiers et continue à exercer des effets à long terme. Le deuxième tiers provient de l’allongement de l’espérance de vie, qui fait coexister plus de générations. Le troisième tiers vient de l’immigration qui, n’oublions pas, n’est pas entièrement extra-européenne. »

« SINISTRE FARCE »

Le démographe Hervé Le Bras, auteur du Démon des origines (L’Aube, 1998), voit dans le « grand remplacement » une « sinistre farce » qui dure depuis des dizaines d’années. Il rappelle que le 26 octobre 1985 déjà, « Le Figaro Magazine » faisait sa Une avec une Marianne voilée d’un hijab, titrant : « Serions-nous encore Français dans 30 ans ? ». Or, 30 ans ont passé.

« Parler d’immigré de seconde ou troisième génération, explique le démographe, est une contradiction dans les termes. Ils ne migrent plus, ils sont français. On les désigne comme une espèce de “cinquième colonne”, comme s’il s’agissait d’ennemis intérieurs. »

Pour Hervé Le Bras, le fait de considérer les descendants d’immigrés nés de mariages mixtes comme des « allogènes extra-européens » relève d’une « théorie raciste ». « Les rédacteurs de ce texte pensent que si une personne a un ancêtre arabe, elle reste arabe. C’était le principe de la “one drop rule” américaine pendant la période de la Ségrégation : une seule goutte de sang noir vous définissait comme noir et donc comme inférieur. C’était pareil pour les juifs pendant l’Occupation. Ajoutons qu’aux Etats-Unis les Arabes sont considérés comme “Blancs” ! »

Il ajoute que l’analyse selon laquelle les « blancs » sont désormais minoritaires aux Etats-Unis, ce qui préfigurerait le « Grand remplacement » à venir en France, lui semble défectueuse : « Ces chiffres américains se basent sur les enfants des mères « uniquement blanches». Dés qu’on considère comme « blanc » des enfants dont un seul parent est « blanc », on arrive à 81% de blancs américains. » Conclusion de Hervé Le Bras : « Le métissage augmente partout dans le monde, il est la meilleure réponse aux classifications raciales et racistes dont il brouille irrémédiablement les frontières. »

Comment réagissent les historiens de l’immigration au « grand remplacement » ? Pour Gérard Noiriel, auteur du Creuset français (Seuil, 1988), ces textes alarmistes prophétisant la destruction de la « race » et de la « civilisation » françaises existent depuis la fin du XIXe siècle. Avant-guerre, en France comme en Allemagne, les nationalistes qui ont mené l’Europe au désastre affirmaient que les juifs, les Arméniens et les « Levantins » menaçaient l’intégrité de la patrie. Après-guerre, ce furent les Maghrébins. « A partir des années 1960, constate Gérard Noiriel, les arguments culturels et religieux ont remplacé les arguments biologiques, mais le discours du déclin national par leur faute demeure. Pourtant, dans aucun pays d’immigration les prédictions catastrophistes ne se sont concrétisées. »

UN « VIEIL IMAGINAIRE DE PURIFICATION »

De son côté, Nicolas Bancel, coauteur de « La République coloniale (Hachette, « Pluriel », 2006), avance que « la théorie d'un « grand remplacement » et d'un « changement de peuple », « très anxiogène, suppose qu'une population blanche, stable, constituerait le « socle biologique » de la France, et que ce socle serait en voie d'être corrompu, voire détruit. Ce type d'angoisses ne date pas d'aujourd'hui. Avec l'ouverture coloniale et les premières grandes vagues d'immigration, l'activation d'un sentiment de « submersion » est récurrente. Que l'on pense aux ouvrages du capitaine Danrit (L'Invasion noire, publié en 1895, puis L'Invasion jaune, en 1905), aux campagnes de presse anti-immigrés dans les années 1890, et lors de la grand crise économique des années 1930, celles-ci portant spécifiquement sur les nord-africains. »

Pour l’historien, le thème de « l’invasion » fut utilisé dès la fin des années 1970 par le Front national, qui en fit l'un de ses credo, repris plus ou moins ouvertement par une partie des élites politiques, majoritairement à droite. « Dans le contexte de crise sociale et politique actuelle, poursuit Nicolas Bancel, les vieilles idées de l'extrême droite ont irradié dans le champ intellectuel, puisque de nombreux analystes brodent sur le thème de la submersion biologique (Renaud Camus) ou culturelle (Alain Finkielkraut). On voit se dessiner un inquiétant imaginaire de purification de la société de ses éléments « allogènes », supposés à l'origine de la dilution biologique et culturelle de la nation. » (voir l’entretien complet ci-dessous)

Pour le sociodémographe, Patrick Simon, qui a beaucoup étudié l’histoire de Belleville à Paris, « quartier immigré » célèbre, il ne faut pas oublier que la France a toujours connu des enclaves d’immigration : «C’est vrai qu’à Belleville les immigrés ont peu à peu remplacé les Français, tout comme dans des zones de Paris, Marseille Nord, Roubaix, Lyon ou Lille. Mais parler de « grand remplacement », c’est sous-entendre une sorte de conspiration. En fait, ces quartiers ont d’abord été abandonnés du fait qu’ils se dégradaient. Les immigrés sont venus, attirés par les loyers bas. Peu à peu, ils ont ouvert des commerces, des épiceries, des restaurants, et ils sont devenus visibles.»

A Belleville, ce furent d’abord des juifs, des Arabes, des Arméniens, des Grecs. Les Français pauvres, devenus minoritaires, ont commencé à dire : «Nous ne sommes plus chez nous», «Nous sommes envahis ». « Ils ont été obligés de cohabiter, poursuit Patrick Simon, même si certains le vivaient mal. » En même temps, rappelle-t-il, « à Belleville, cette cohabitation s’est faite bon an mal an, il y a eu des tensions, des apaisements, le quartier est devenu cosmopolite, au final des jeunes Français sans argent se sont installés qui l’acceptaient beaucoup mieux. »

Depuis 150 ans, rappelle le démographe, il y a toujours eu des quartiers immigrés en France : italiens dans le Sud, polonais dans le Nord, arabes en Ile-de-France et dans le midi, Chinois à Paris. « Ces mouvements de populations suivent d’abord la loi du marché immobilier. C’est un classique de l’histoire urbaine.» Pour lui, seule « une politique ambitieuse de la ville» dans les quartiers en déshérence évitera le sentiment d’abandon de ceux qui y vivent. A l’entendre, l’instrumentalisation politique de ces quartiers est dangereuse. « En associant immigrés et remplacement, on désigne les Français de l’immigration comme des envahisseurs. Cela fait que partout où ils vivent, même quand ils sont minoritaires, on en fait un danger potentiel. C’est la responsabilité des politiques de dire qu’ils sont Français, et de leur permettre de s’intégrer. »

Frédéric Joignot (article publié en partie dans Le Monde Culture&Idéés)


 

A lire

Le Creuset français. Histoire de l’immigration, XIXE-XXE siècle,de Gérard Noiriel (Seuil, 1988, rééd. « Points Histoire », 2006).

Le Démon des origines. Démographie et extrême droite, d'Hervé Le Bras (Editions de L'Aube, 1998).

Le Temps des immigrés. Essai sur le destin de la population française, de François Héran (Seuil, « La république des idées », 2007).

 

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ENTRETIEN

« Un inquiétant imaginaire de purification ethnique et culturelle »

Entretien avec Nicolas Bancel, historien de la colonisation, coauteur de La République coloniale (Albin Michel, 2003, rééd. Hachette, « Pluriel », 2006).
 
Quelle est votre réaction d'historien à la théorie d'un « grand remplacement » d'un peuple français par l'immigration ? Elle met en évidence quelques uns des présupposés récurrents de l'extrême droite dans sa définition des « populations allochtones ». Premièrement, les « descendants d'immigrés » sont, par définition, français, puisque nés sur le sol français. Considérer ces populations comme étrangères revient à valider une définition biologique de l'appartenance au peuple français, en ignorant l'ensemble des processus de socialisation qui anime le creuset français, en particulier le métissage. Les études de l'INSEE montrent par ailleurs que les descendants d'immigrés se rapprochent des niveaux de rémunération, d'emploi et d'étude du reste de la population par rapport à leurs parents. Mais pour les théoriciens du « grand remplacement », les « descendants d'immigrés », dans leur acception biologique, seront éternellement des étrangers à la Nation, génération après génération. C'est évidemment ignorer les effets du métissage (mariages mixtes) et de l'intégration au sein du creuset français. Mais c'est aussi oublier que la part en France des résidents étrangers (11 %) la situe dans la moyenne des pays de l'Union européenne.
 
Peut-on parler, historiquement, d'un socle biologique « de souche » en France ?
Cette théorie d'un « changement de peuple », très anxiogène, suppose qu'une population blanche, stable, constituerait le « socle biologique » de la France, et que ce socle serait en voie d'être corrompu, voire détruit. Or, comme le démontrent toutes les études démographiques, la constitution historique de la population française repose, depuis le XVIIIe siècle, sur d'incessants mélanges, y compris extra-européens, qui altèrent considérablement la foi que l'on pourrait placer dans une « population blanche » française originelle. Mais on ne peut pas nier, par ailleurs, que les populations extra-européennes constituent la majorité des flux migratoires depuis le milieu des années 1970, favorisant des « angoisses anthropologiques » savamment exploitées par l'extrême droite. Ce type d'angoisses ne date pas d'aujourd'hui. On retrouve l'idée récurrente, d'une « submersion »… depuis la fin du XIXe siècle. Avec l'ouverture coloniale et les premières grandes vagues d'immigration, l'activation d'un sentiment de submersion est en effet récurrente. Que l'on pense aux ouvrages du capitaine Danrit (L'Invasion noire, publié en 1895, puis L'Invasion jaune, en 1905). Il y a eu des campagnes de presse anti-immigrés dans les années 1890, et lors de la grand crise économique des années 1930, celles-ci portant spécifiquement sur les nord-africains. Le thème de la submersion fut utilisé dès la fin des années 1970 par le Front national, qui en fit l'un de ses credo, repris plus ou moins ouvertement par une partie des élites politiques, majoritairement (mais pas seulement) à droite. Dans le contexte de crise sociale et politique actuelle, les vieilles idées de l'extrême droite ont irradié dans le champ intellectuel, puisque de nombreux analystes brodent sur le thème de la submersion biologique (Renaud Camus) ou culturelle (Alain Finkielkraut). Souterrainement, se dessine un inquiétant imaginaire de purification de la société de ses éléments « allogènes », supposés à l'origine de la dilution biologique et culturelle de la nation.

Commentaires

  • bonjour , je me permet de commenter votre article " une réflexion sur la théorie du remplacement démographique ".

    Étant donnée que les statistiques ethniques ne sont pas autorisées en France, je ne peux que me fier à des chiffres anglais.

    Je voudrais vous faire partager un article du figaro, article qui reprend le travail du think-tank britannique Policy Exchange, Voila l'article du figaro : http://www.lefigaro.fr/international/2014/05/06/01003-20140506ARTFIG00142-d-ici-2050-un-britannique-sur-trois-sera-issu-de-l-immigration.php et voila le lien de l'étude de policy exchange : http://www.policyexchange.org.uk/publications/category/item/a-portrait-of-modern-britain .

    Selon cette étude, qui semble t-il a été réalisée avec des données démographiques tangibles, les minorités ( c'est à dire des non blancs, car il s'agit de cela ) représentent 25% des enfants de moins de 5 ans. Il ressort également que 80% de la croissance démographique provient de ces cinq minorités ( indiens, pakistanais, bengalis, afrique noire et afro-caribéens ).
    Ces chiffres mènent à la conclusion suivante, d'ici 2050, ces 5 minorités représenteront un tiers de la population britannique. Le travail de policy exchange est intéressant dans la mesure ou ces chiffres, reconnus comme une réalité démographique incontestable, sont acceptés comme une réalité démographique incontestable par les hommes et femmes politiques britanniques, sans que cela soit appréhendés comme une menace. Les dirigeants anglais acceptent ces chiffres comme un simple changement démographique, ils prennent acte de ce changement démographique , ils l'ont totalement intégré intellectuellement sans le nier de manière idéologique comme vous avez l'air de le faire. Je pense que vous devriez faire la même chose plutôt que le nier en affirmant que ceux qui disent cela sont des personnes racistes.

    Je ne comprends pas cette méthode, nier ce changement démographique alors que sont des faits réels , c'est mathématique !
    Vous devriez plutôt dire que ce changement n'est pas grave en soit, qu'il s'agit simplement d'un fait démographique incontestable et que nous devons adapter la nation à cette nouvelle donne démographique. À mon avis, il se passe la même chose en France mais comme les données ethniques ne sont pas autorisées nous ne pouvons pas le savoir.
    Peut être , pourriez vous me donner votre avis sur ces chiffres, si ces chiffres sont vrais, je pense que l'on peut parler d'une sorte de remplacement de population ou d'une profonde mutation ethnico / religieuse / culturelle de la population, parce que si en moins d'un siècle on passe de quasi zéro population non blanche à 30% de population non blanche , nier qu'il s'agisse d'une profonde mutation démographique revient à nier la réalité , non ?

    Alors, je reviens à ma question, pourquoi dites vous que ceux qui constatent que nous faisons face à une profonde transformation de la structure ethnique de la nation sont racistes.
    Vous devriez dire : " oui , il y a une profonde mutation de la structure ethnique de la nation mais cela n'est pas grave, la démographie est une donnée dynamique, qui évolue donc avec le temps et qu'il ne faut pas avoir peur de cette évolution " . Je vous dis cela parce que en niant ce changement démographique , des gens pourraient croire que vous tentez de cacher cette réalité parce que vous savez que cette profonde mutation va se faire dans un drame absolu et que vous ne voulez pas affoler les gens .

    À mon avis, connaissant un peu l'histoire de l'immigration française, il est évident que la France connait la même évolution démographique que l'Angleterre. Il suffit de se balader en France pour se rendre compte que dans toutes les villes, les populations d'origines étrangères sont de plus en plus nombreuses, il suffit d'observer les écoles pour s'en rendre compte. Bref, je ne vais pas vous embêtez plus longtemps, j'espère ne pas vous avoir importuné, j'espère également que vous n'allez pas nier ces données démographiques, elles sont incontestables .
    Peut on dire alors que se rendre compte de ce bouleversement démographique fait de nous des racistes bêtes et méchants ? Prenez n'importe quel pays ethniquement et culturellement homogène dans le monde, apportez y des populations ethniquement et culturellement particulièrement différentes à hauteur de 30% en 70 ans et voyez ce qu'il s'y passe...
    Surtout si la population d'origine n'a pas été consultée sur ce profond changement démographique... ( le cas du Japon est intéressant dans la mesure ou la population vieilli rapidement et pourtant, aucune politique immigrationniste d'envergure n'a été mise en place )

    En toute honnêteté , j'espère me tromper, j'espère que les chiffres donnés par Policy Exchange sont faux et/ou que leurs prévisions sont également fausses. Je pense néanmoins qu'ils savent compter et qu'ils savent utiliser les données démographiques, pourquoi alors policy exchange dit que 25% des enfants de moins de 5 ans sont issues des 5 minorités ?
    Maintenant, imaginons que ces chiffres soient vrais, imaginons qu'en 2050, 30% de la population britannique soit issue de ces 5 minorités, qu'en penseriez vous ? Connaissez vous le concept de dynamique culturelle ou charge culturelle ? Il s'agit en gros de la capacité/ volonté d'adaptation de la culture des populations immigrantes face à la culture des populations locales. Avec internet, avec les chaines satelliteraires , avec la démocratisation de l'aviation civile, ce n'est pas parce que ces populations vivent en occident qu'elles vont vivre selon la culture occidentale. Et plus la population étrangère est importante plus il est facile de continuer à vivre selon les standards des pays d'origines. Étant donnée que nous vivons dans des états de droits, il est impossible d'obliger ces populations à vivre selon les standards occidentaux, ce sera alors aux pays accueillants de s'adapter à l'évolution démographique . Comme par exemple en Angleterre ou les tribunaux islamiques peuvent légalement se substituer aux lois anglaises, voila un lien intéressant qui montre cette situation, cette page internet donne accès à un article du daily mail ainsi qu'à des reportages d'arte . http://www.genreenaction.net/spip.php?article7473 . Il ne s'agit pas d'appliquer la charria en coupant les mains des voleurs , ces tribunaux islamiques sont simplement compétents sur les sujets commerciaux, civils et matrimoniaux ainsi que des cas de violences domestiques et autres différends de voisinage, c'est une évolution qui est parfaitement logique dans la mesure ou ces populations n'ayant pas coupé les liens avec leur culture d'origine, culture ayant des standards et des attentes profondément différentes des nôtres, sont plus que majoritaire dans de nombreux quartiers de certaines villes anglaises. N'étant ni stalinien ou fasciste, nous ne pouvons pas imposer à des gens que se sentent et se savent libre une justice qui ne cadre pas avec leurs attentes . La laïcité française ne pourra pas empêcher cette évolution, on peut s'attendre à ce qu'une sorte de justice parallèle s'applique à ceux qui le voudront au sein de ces populations.

    Je tiens à préciser que l'Islam n'est en aucune manière le problème , si au lieu de populations musulmanes, l'immigration avait été le fait de population hindouiste , shintoïste ou bouddhiste , le problème aurait été le même, c'est le nombre qui pose problème.

    Je vous souhaite une bonne journée,.
    Nicolas

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