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PLAGIAIRES OU VISIONNAIRES ? DE L'USAGE LOYAL DE L'OEUVRE D'AUTRUI EN ART

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Le 6 juin 2013 Richard Prince brûle sur une vidéo une de ses toiles, Graduation, où il s'est "réapproprié" le personnage central d'une photo de Patrick Cariou. Il entend par là dénoncer la plainte du photographe pour plagiat (extrait de la vidéo)

News News News Une des affaires de droit d'auteur qui secoue le monde de l'art depuis cinq ans s'achève ce 16 mars un accord passé entre l'artiste Richard Prince, une des figures de "l'appropriation" et le photographe Patrick Cariou. Ce dernier avait accusé M. Prince de violer ses droits en utilisant dans ses toiles ses photos de rastas jamaïcains, sans les transformer de façon notable - selon les principes du "fair use" en usage dans le droit américain. Si Patrick Cariou avait finalement perdu en appel, 5 des toiles de Richard Prince reprenant les photos originales sans transformation notable avaient malgré tout été reconnues comme litigieuses par une cour fédérale de New York - alors qu'elles avaient été vendues plusieurs centaines de milliers d'euros. Les termes de l'accord n'ont pas été divulguées.

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C'est une courte vidéo de Richard Prince, le riche et célèbre plasticien américain. Elle est passée le 6 juin sur le site Vimeo, annoncée par un tweet. L'acte est inouï : Richard Prince couvre d'essence puis brûle en direct un de ses tableaux, Graduation, un grand collage sur toile représentant un rasta au visage taché de bleu, portant une guitare électrique. Cette oeuvre avait déjà fait le tour d'Internet en mai, car elle appartenait à la série des cinq tableaux de l'artiste contestés en justice lors du retentissant procès intenté par le photographe français Patrick Cariou. Sur le vidéo, Richard Prince déclare : « J’ai brûlé une des peintures juste pour montrer au type (Patrick Cariou) ce que je suis prêt à faire s’il est vraiment sérieux à propos de ce procès, et, malheureusement, il l’est. »

Le sujet du litige ? Trente grands collages photographiques sur toile posés sur des fonds de couleur ocre, rouge ou bleue. Graffités et repeints par Richard Prince, les collages montrent des rastafaris et de provocantes femmes nues. Certaines toiles rappellent, version trash, Les Demoiselles d'Avignon, de Picasso, d'autres se présentent comme de larges portraits photos noir et blanc mais traversés de coups de pinceau. La série, exposée en 2007 sur l'île de Saint-Barthélemy puis, en 2008, à la galerie Gagosian de New York, s'appelle « Canal Zone ». Son succès a été immédiat : l'une des toiles s'est vendue 2,43 millions de dollars (1,86 million d'euros).

Pour réaliser « Canal Zone », Richard Prince s'est « approprié », de son propre aveu, de nombreuses photos du livre de Patrick Cariou Yes Rasta (PowerHouse Books, 2000). Sans le prévenir, sans citer ses sources et sans demander l'autorisation à l'éditeur. Vingt-huit d'entre elles, très agrandies, ont été reproduites en partie ou en totalité sur les toiles. Si la plupart sont graffitées, repeintes, colorisées et découpées, elles restent très reconnaissables - une pratique courante de l'art de l'appropriation, un mouvement pictural apparu au début des années 1980, dont les représentants les plus connus sont le néo-pop Jeff Koons, Barbara Kruger, Sherrie Levine, Matt Mullican, David Salle, Cindy Sherman, James Welling... et Richard Prince.

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A gauche la photographie d'un rasta par Patrick Cariou, à droite la réappropriation de Richard Prince

Ces oeuvres ré-appropriées sont-elles des créations nouvelles ou des détournements, des emprunts voire des plagiats ? Le débat reste ouvert dans les milieux de l'art et de la photographie. L'historienne de l'art Camille Debrabant écrit dans le no 23 de la revue Figures de l'art : « Ces artistes plaident en faveur de l'hybridité de leurs oeuvres (...), unis par un usage commun de la photographie qui consiste à «prendre», entendu au sens littéral de «s'approprier» ses images parmi celles des autres. » Selon elle, comme pour de nombreux historiens de l'art, en s'emparant d'images trouvées dans la presse, l'art populaire et la publicité - des univers qu'ils considèrent comme des archétypes -, en les retravaillant, les recadrant ou les sortant de leur contexte, ces plasticiens en détournent le sens, apportant un regard critique et artistique nouveau.

Ainsi, afin de dénoncer la mise en scène publicitaire des femmes, l'artiste américaine Barbara Kruger a en 1982 découpé un visage féminin dans un magazine, qu'elle a déchiré à la façon d'un miroir brisé en inscrivant tout autour, en grosses lettres noires : « You are not yourself ». Son intention est clairement de dénoncer la mise en scène publicitaire des femmes.

prince-1 La photo de Gary Cross « The Woman in the Child », parue dans Playboy, puis reprise telle quelle, encadrée et intitulée "Spiritual America" par Richard Prince.

Richard Prince, lui, s'est fait connaître en « rephotographiant » une photo de l'actrice Brooke Shields à l'âge de 10 ans, huilée, nue et maquillée, prise en 1975 par Gary Gross pour le magazine Playboy. Richard Prince l'a renommée Spiritual America, titre emprunté à la photo d'Alfred Stieglitz d'un cheval attelé et castré, et l'a exposée dans un cadre doré bon marché. En 1999, cette oeuvre s'est vendue 151 000 dollars (116 000 euros) chez Christie's.

Richard Prince a également assis sa réputation d'enfant terrible de la réappropriation en rephotographiant d'anciennes publicités Marlboro montrant des cow-boys à cheval. Un de ses tirages, Untitled (cowboy), aujourd'hui devenu une icône de l'imagerie amércaine a été vendu 3,4 millions de dollars (2,6 millions d'euros) en 2008. Quand Jim Krantz, le photographe qui a réalisé la campagne de Marlboro, a découvert ses photos détournées au Musée Guggenheim de New York, il a déclaré qu'il ne savait pas s'il devait « en être fier » ou se considérer comme « un idiot ».

Most-expensive-3rd La publicité Marlboro que s'est ré-appropriée Richard Prince en la rephotographiant, l'encadrant et la nommant "Untitled (cowboy)". Elle est devenue une image iconique de l'art américain

Découvrant ses photos de rastas dans « Canal Zone », Patrick Cariou a quant à lui aussitôt intenté un procès à Richard Prince et au galeriste Lawrence Gagosian, un des hommes forts du marché de l'art contemporain. « J'ai passé six ans en Jamaïque avec les rastas qui vivent à l'écart, dans les montagnes, explique le reporter-photographe. J'ai pris du temps pour les convaincre et pour composer mes portraits. Je ne suis pas opposé à ce que des artistes repeignent et découpent des photos, je comprends leur démarche, mais je m'oppose à un emprunt aussi important. Je crois que Prince est un artiste vieillissant, en panne d’inspiration… »

Patrick Cariou n'imaginait pas, en s'attaquant à Richard Prince, s'engager dans un procès à rebondissements qui allait inquiéter les galeries, les musées et les agences photos du monde entier. Au coeur de la controverse : la place de l'emprunt en art et le nouveau statut des images à l'époque du tsunami visuel qu'est devenu Internet.

Dans l'histoire, l'art a toujours emprunté

L'histoire de l'art est émaillée de reprises, de citations, voire de copies d'oeuvres antérieures - il s'en nourrit. Les spécialistes citent souvent Le Déjeuner sur l'herbe, de Manet (1863), qui s'est fortement inspiré d'une gravure de Marcantonio Raimondi (1480-1534) reproduisant une oeuvre perdue de Raphaël, Le Jugement de Pâris. Un siècle plus tard, dans un geste constitutif de leur art, les figures du pop art Andy Warhol et Roy Lichtenstein ont, eux, repris sur des sérigraphies et des toiles des images venues de la publicité et de la bande dessinée, les colorisant et les recadrant.

La tradition de citation et ré-utilisation est donc ancienne en art, mais dans les années 1970 les tribunaux, notamment aux Etats-Unis, ont été confrontés à une question difficile : comment distinguer la violation pure et simple du droit d'auteur de l'emprunt inspiré qui crée une nouvelle oeuvre artistique ? « Le droit d'auteur et la liberté artistique ont toujours été en tension, explique la juriste June Besek, directrice exécutive du Kernochan Center for Law, Media and the Arts (Columbia Law School, Etats-Unis). Le droit d'auteur est le moteur de la liberté d'expression et sa protection encourage la diffusion des oeuvres. Mais il ne saurait pour autant restreindre la liberté de création et d'expression : ce serait contraire au premier amendement de la Constitution des Etats-Unis. »

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La fameuse réplique d'une boîte de soupe Cambell's sérigraphiée en série par Andy Warhol en 1968[

Pour séparer le bon grain de l'ivraie, après maints procès, la justice américaine a créé la notion de fair use (« usage loyal »). Codifié par le Copyright Act américain en 1976, ce concept permet au juge de déterminer, à travers quatre critères, si l'emprunt est, ou non, « loyal ». Le premier critère - et le plus important - concerne « le but et le caractère » de la réutilisation de l'oeuvre d'origine. « Il s'agit de savoir si le nouvel ouvrage «transforme» le premier, c'est-à-dire s'il change sa «nature», sa «signification» et son «message» », explique la juriste Séverine Dusollier, qui a étudié l'affaire Cariou-Prince pour le Centre de recherche informatique et droit (CRID) de l'université de Namur (Belgique). La transformation est une notion-clé : pour que l'emprunt soit tenu pour légitime, il faut que l'artiste ait créé une nouvelle oeuvre.

Le deuxième critère renvoie à l'univers artistique : le fair use est d'autant plus facilement reconnu que la nouvelle oeuvre appartient à une autre discipline que l'emprunt. Le troisième est lié à l'ampleur de la reprise : la « partie utilisée » ne doit pas être trop importante. Le quatrième point s'appuie sur des considérations marchandes : pour qu'il y ait fair use, il ne faut pas que la nouvelle oeuvre parasite le « marché potentiel » de celle qui a été détournée.

Le "fair use" ou l'usage loyal

Le procès intenté en 1991 au plasticien américain Jeff Koons a permis de cerner de plus près cette notion de fair use. Jeff Koons avait été attaqué par le photographe américain Art Rogers, auteur en 1980 d'une fameuse carte postale en noir et blanc représentant un vieux couple portant huit chiots, "Puppies". Sans lui demander son autorisation, Jeff Koons avait réalisé en 1989 une sculpture en bois polychrome de 37 centimètres de haut reproduisant fidèlement cette image, à une différence près : les animaux sculptés étaient bleus. Il en avait vendu à l'époque trois exemplaires pour 367 000 dollars (282 000 euros).

Pour sa défense, Jeff Koons a fait valoir qu’il avait réalisé une « parodie » de la carte postale, créant de ce fait une œuvre de « nature différente » : une sculpture. La Cour a contesté cette argument. « Il est difficile de discerner la parodie de la photographie elle-même » constatait-elle, soulignant les ressemblances de détail entre la carte postale et la nouvelle oeuvre, fut-elle en 3D. Par ailleurs, ajoutait-elle, la revendication d’une «utilisation artistique supérieure ou différente» ne suffit pas: si c’était le cas, «il n'y aurait aucune limite possible» à l'emprunt et au plagiait. Jeff Koons a donc été condamné pour usage déloyal de l’œuvre d’Art Rogers.

130731_2u4so_tete_art_rogers_koons_sn635 A gauche, la célèbre carte postale de Art Rogers (1980). A droite, la sculpture de Jeff Koons (37cm de haut) en 1989.

Lors d'un second procès intenté à Jeff Koons quinze ans plus tard, la justice avait à nouveau précisé les contours du fair use. Pour Niagara, le plasticien avait détouré une photo d'Andrea Branch parue dans le magazine Allure - deux jambes nues portant des sandales Gucci. Il l'avait agrandie et intégrée dans un collage sur toile montrant plusieurs paires de jambes sur fond de chutes du Niagara. En 2006, la cour de New York avait cette fois reconnu le fair use en estimant que Jeff Koons utilisait la photo découpée comme un «matériel brut » et que son travail était « hautement transformateur ».

Le procès Cariou VS Prince

Le premier procès de l'affaire Cariou versus Prince, qui a fait tant de bruit, a eu lieu le 18 mars 2011, devant une cour fédérale de New York. Lors des débats, Richard Prince a défini «Canal zone» comme un collage, et affirmé vouloir rendre hommage à Picasso, Andy Warhol et Willem de Kooning. S’il a reproduit les photos de Patrick Cariou, c’est pour mettre en scène un «scénario post-apocalyptique» à thème musical présentant un groupe de reggae. Il souhaitait, dit-il, « faire du grand art qui fasse du bien aux gens » - sous-entendant que le reportage de Cariou était de l'art mineur.

Cependant, lorsque la juge Deborah A. Batts a demandé à l'artiste s'il avait « essayé de créer quelque chose avec un sens ou un message nouveau », il a répondu « non ». Elle en a logiquement tiré les conséquences : constatant que la transformation des photos de Patrick Cariou était « minime », elle a estimé que l'artiste n'avait pas apporté de véritable « transformation » au travail du photographe. Le peintre et la galerie Gagosian, qui avait exposé « Canal Zone » dans son local de Manhattan, ont été condamnés à remettre la série à Patrick Cariou - à charge pour lui de la détruire s'il le souhaitait.

Richard-Prince-Canal-Zone-007 Les toiles de Richard Prince, montrées dans le catalogue "Canal Zone", où il a retravaillé les photos de Patrick Cariou . Les originaux de Cariou sont montrés ci-dessous (DR)

Patrick Cariou n'a pas eu le temps de récupérer les oeuvres : en appel, le 24 avril, la cour de New York a infirmé en partie ce jugement. Dans sa décision, le juge Barrington D. Parker, qui avait comparé, lors de la réunion préparatoire, la destruction possible des oeuvres de Prince à un acte digne « des Huns ou des talibans », affirme que 25 des oeuvres de Richard Prince « manifestent une esthétique totalement différente » des photos de Patrick Cariou : « Là où les portraits et les paysages sereins et bien composés des photos de Cariou dépeignent la beauté naturelle des rastafaris et leur environnement, les travaux crus et dérangeants de Prince sont agités et provocateurs. »

Le juge estime par ailleurs que les oeuvres de Prince ne portent pas « atteinte au marché potentiel » des photos de Patrick Cariou car elles ne touchent pas le même public : lors du vernissage de la série « Canal Zone », des personnalités comme Beyoncé, Jay-Z, Angelina Jolie, Brad Pitt et Robert De Niro étaient invitées, et la vente a finalement rapporté 10,4 millions de dollars (8 millions d'euros). Patrick Cariou, lui, n'a gagné que 8 000 dollars (6 140 euros) sur les ventes de son livre Yes Rasta. En conclusion, le juge estime que le plasticien a fait un usage « loyal » et créatif de 25 des photographies. Cinq, en revanche, ont été renvoyées au tribunal de première instance pour être réétudiées : elles sont en effet très peu transformées. Suite à ce jugement, Patrick Cariou et son avocat ont décidé en mai 2013 de porter l'affaire devant la Cour Suprême américaine pour qu'elle précise la définition juridique du "fair use"

L1020079 Une des photos de Patrick Cariou ré-appropriée par Richard Prince

Cette décision mitigée a relancé la polémique. Les partisans d'un fair use moins rigoureux et les défenseurs du droit d'auteur des photographes s'affrontent. « Un critère plus fiable et moins [sujet] aux incertitudes que la «transformation» devrait être fixé pour définir l'usage loyal, affirme l'avocate française Aurélie Pacaud. Comment des magistrats peuvent-ils prétendre juger toutes les formes d'art, dont l'appréciation est toujours subjective ? Il paraît injuste de les laisser décider seuls. »

Aux Etats-Unis, de nombreux artistes, galeristes et professionnels des musées craignent qu'à l'avenir toutes les formes d'appropriation suscitent des procès : ils souhaitent donc que les critères du fair use soient considérablement assouplis. Leur porte-parole est Anthony Falzone, maître de conférences en droit à la Law School de l'université de Stanford. Cet avocat de la Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, qui a toujours défendu Richard Prince, estime que la décision en appel concernant le plasticien est « une victoire pour un genre entier de l'art moderne». Selon lui, il faut aller plus loin en élargissant la liberté d'utilisation des images.

A Paris, le galeriste Daniel Templon estime, lui aussi, qu'en l'état le fair use est une notion trop étroite : selon lui, les plasticiens devraient pouvoir utiliser en toute liberté les images des photographes - à condition, bien sûr, que l'oeuvre ne contienne pas de « message haineux ou contraire à la loi ». « Je trouve ces débats d'un autre âge, dit-il. Nous sommes à l'époque d'Internet et toutes les images du monde sont en accès direct. Qu'elles constituent une matière première pour des jeunes artistes, qui vivent déjà à l'époque du sampling en musique, me semble une évidence. »

L1020075 Une autre photo de Patrick Cariou ré-appropriée par Richard Prince

Les photographes, bien sûr, font entendre un tout autre son de cloche. Aux Etats Unis, les agences Corbis et Getty ont fait circulé un texte avant le procès en appel où ils rappellent qu’« utiliser une œuvre photographique sans prendre la peine de demander l’autorisation et payer une redevance » porte atteinte à la Constitution américaine. Cette décision, selon eux, ruinerait « la subsistance » des photographes et « leur incitation économique » à créer.

A Paris, Alain Mingam, un ancien rédacteur en chef de l'agence Gamma, défend les photo-reporters. « Aujourd'hui, avec la disparition des grands magazines d'images, les photo-reporters ont déjà du mal à vivre de leur métier, souligne-t-il. Ils trouvent déloyal d'être pillés, car ce sont eux qui fixent quelques-unes des grandes images de l'époque. Certains d'entre eux sont désormais reconnus comme des artistes, exposés en galerie. Le statut de la photographie est en jeu, ce n'est pas un art mineur. Avec une photo, on passe souvent de l'instant décisif, dont parlait Henri Cartier-Bresson, au tableau décisif. »

Yan Morvan, qui a été reporter de guerre et a travaillé auprès des gangs, se montre plus radical encore. « Richard Prince n'a qu'à aller faire lui-même les photos des rastas s'il veut les repeindre. Il comprendra la difficulté du reporter, les risques qu'il prend, le talent dont il fait preuve. Dans cette affaire, on a l'impression qu'un artiste riche et célèbre a tous les droits sur un photographe peu connu. C'est le pot de terre contre le pot de fer. »

Yan Morvan travaille actuellement avec un artiste connu du street art qui lui a demandé de reprendre sur une toile ses photos de gangs. Comment ont-ils procédé ? « Je connais la difficulté de photographier des bandes comme les Requins vicieux ! explique le peintre, qui entend rester anonyme. J'ai passé un accord avec Yan. Je le citerai sur la tranche de la toile, et je lui verserai la moitié des royalties après la vente.» Un usage loyal, en quelque sorte.

(une version courte de cet article est parue dans Le Monde du 6 juillet 2013)

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