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  • ET SONIA RYKIEL INVENTA UN PETIT PULL SEXY EN MAILLE, BIEN DANS LES MOEURS DE SON TEMPS

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                                               Sonia Rykiel à ses débuts, par Dominique Issermann

    NEWS NEWS NEWS Après avoir fêté ses quarante ans, la marque Sonia Rykiel, désormais associée à un investisseur de Honk Kong pour conquérir l'international, relance le "petit pull" de maille qui a fait son renom dans les années 1968. Retour sur une saga qui a changé la mode et cultivé l'audace féminine (une enquête publiée dans Le Monde Culture&Idées cet été)...

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    Elle agrippe le pan de sa veste noire pour empêcher sa main gauche de trembler. Mais son regard est clair sous la frange rousse, sa voix, facilement moqueuse, est assurée. A la fois altière et mutine, Sonia Rykiel, 83 ans, résiste à son « P de P », son « putain de Parkinson », comme elle l'appelle. Nous sommes dans son grand appartement aux murs noirs, aux tableaux colorés, dans le 6e arrondissement de Paris. Tout de suite, elle évoque ses débuts dans les années 1962-1968, et ce fameux petit pull tricoté qui va la lancer. Elle qui « ne voulait pas travailler et faire dix enfants », sans « aucune formation de styliste », pourquoi s'est-elle intéressée à la maille et aux chandails, alors déconsidérés par la plupart des couturiers ?

     

    « Me détacher du troupeau »

    « A l'époque, je ne m'intéressais pas à la mode, dit-elle avec un sourire amusé. J'adorais lire et écrire, je me ressentais comme une personne originale, plus importante qu'un habit. La mode c'était pour les autres... » Comment en vient-elle alors à créer ses premières tenues ? « Mon mari avait ouvert une boutique de prêt-à-porter dans le 14e, Laura, où rien ne me plaisait vraiment. Je rêvais de porter des habits qui me détachent du troupeau, d'être celle dont on dit «Oh qu'elle est belle, intelligente !». Alors, j'ai pensé à faire fabriquer quelques vêtements qui me plairaient. »

    Alice Morgan, conseillère art et design chez Hermès, travaillait à l'époque aux pages culture de L'Express. Elle se rappelle les premières robes de Sonia Rykiel : « Elle attendait un enfant et ne trouvait rien à se mettre. A l'époque, les robes de grossesse ne ressemblaient à rien. Sonia a fait réaliser une robe ample, qui l'embellissait, dans laquelle elle portait avec fierté sa grossesse. » L'écrivaine Madeleine Chapsal, qui la connaît depuis cette époque, ajoute : « Déjà, elle partait d'elle, de son corps, sa manière de vivre, pour concevoir des habits »...

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