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  • LE XXE SIÈCLE EN DESSINS DE PRESSE EXPOSÉ SUR LES GRILLES DU JARDIN DU LUXEMBOURG


                              "Vous en avez de la chance, vous autres de vivre des moments pareils". Dessin de Laborde, 1918. L'assiette au Beurre. (Les Arènes)

    NEWS NEWS NEWS Nous pouvons les découvrir, agrandis au format d'une affiche, sur les grilles du jardin du Luxembourg à Paris jusqu'au 1er mars 2013. Ce sont 80 parmi les 2000 de l'ouvrage « Le XXe siècle en dessins de presse » qui vient de sortir aux éditions des Arènes. En feuilletant cet énorme pavé de 600 pages, on éprouve l'impression affreuse que nous recommençons toujours les mêmes erreurs - les mêmes sanglantes et stupides erreurs. 

    Le XXe siècle fut « court et sanglant », affirmait l’historien anglais Éric Hobsbawm. Il commence en 1914 par une guerre mondiale, et s’achève en 1989 avec un peuple fuyant le communisme par la brèche du mur de Berlin. Entre ces deux dates, des horreurs jamais vues : massacres de masse, goulag, camps de concentration, armes d’apocalypse. D’immenses espoirs déçus : communisme, libération nationale, nations unies, écologie. Mais aussi d’extraordinaires succès et coups de génie : l’égalité des femmes, l’émergence des pays du Sud, des révolutions techniques et scientifiques inouïes, la libération sexuelle. On retrouve cette épopée racontée en dessins cinglants ou désopilants dans le pavé « Le XXe siècle en 2000 dessins de presse » sorti aux éditions des Arènes.

    Lucien Laforge 1914 (Les Arènes)

      La presse d’information naît en France au début du siècle, et avec elle les journalistes, les « historiens de l’instant » comme les appelait Albert Camus. Mais aussi les dessinateurs de presse, qui traitent l’actualité avec leurs propres moyens. D’abord, avec la caricature « l’art de défigurer pour faire plus ressemblant » comme disent les auteurs du livre Jacques Lamalle et Patrick Lestrohan, des anciens du Canard Enchaîné. Ensuite, avec l’humour et le rire, «trait d’esprit » ou coup de crayon, parfois plus féroces que l’écrit, qui bousculent les idées rassises et nous obligent à prendre de la distance. Enfin, avec cette capacité d’émouvoir directement en mettant en situation leurs personnages, en les humanisant - souvent ceux qui souffrent.

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  • AU PLAISIR DES FEMMES

    Photos : Sasha KURMAZ (DR)

    « Mon coeur bat la chamade, et sous son regard scrutateur, j’ai viré au rouge pivoine. Non seulement, il est beau, mais il représente le summum de la beauté masculine. Et il est là, devant moi. ». « Cinquante nuances de Grey » de la britannique E.L James commence comme un roman à l’eau de rose. Il en a le style. L’histoire aussi. Anastasia Steelle, étudiante en littérature naïve et désargentée, toujours vierge à 22 ans, interviewe pour le journal de la fac Christian Grey, un chef d’entreprise milliardaire de 27 ans. Coup de foudre entre l’oie blanche et le jeune « dieu grec ». Il la raccompagne en hélicoptère, puis l’emmène dans son immense appartement. Là, « O mon Dieu », Anastasia découvre une grande croix de bois bardée de menottes de cuir, tandis que le golden boy lui propose de devenir sa « Soumise ». Anastasia rechigne un peu, puis accepte : « « Faire plaisir à Christian. Tout d’un coup, je me rends compte, que, oui, c’est exactement ce que je veux. C’est une révélation ». Plusieurs séances de fouettage plus tard, assortis d’innombrables clichés - «Cette douleur exquise me coupe le souffle. Je gémis et mes mains se crispent dans ses cheveux » - l’héroïne connaît les affres du doute amoureux : « M’a-t-il déjà fait l’amour ? Pour lui, ça n’a toujours été que de la baise. » Déçue, elle décide de le quitter. La suite au tome deux.

    « Cinquante nuances de Grey » est une romance façon Harlequin truffée de scènes érotiques. C’est un nouveau genre littéraire. Publié en juin 2011, le livre connaît en 2012 un extraordinaire succès. Vingt-cinq millions d’exemplaires sont vendus au Royaume-Unis. Cinquante millions autour du monde. En France, les éditions Jean-Claude Lattès en écoulent 175000 exemplaires la première semaine d’octobre. Comment expliquer cet engouement planétaire ? Les romans d’amour à la manière de Barbara Cartland ou Nora Roberts, les nombreuses collections « Passions » ou « Promesses » ont toujours attiré un nombre considérable de lectrices - Barbara Cartland a vendu un milliard d’ouvrages. Cette fois, avec « Cinquante nuances de Grey », on entre dans le lit princier avec Cendrillon. Nous changeons  d’époque. On constate que lectorat féminin sentimental ne craint plus d’entendre parler de sexualité. Au contraire. Sa mise en scène (« Et maintenant, je vais vous baiser, Melle Steele » dit Christian le premier soir), sa crudité (le mot « sexe » revient 44 fois, le plaisir « anal » est évoqué 10 fois, l’usage de « menottes » 12 fois), ses élans physiques (« mouillée » revient souvent,  « excitée » 21 fois, « O mon Dieu » 28 fois) plaisent.

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