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  • "LACAN MILANAIS" OU "TRUFFATORE", GÉNIE OU ESCROC ? L’AFFAIRE VERDIGLIONE

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    Armando Verdiglione, le psychanalyste milanais contesté en 1988. DR

    NEWS NEWS NEWS. L’amendement Accoyer de 2004 visant à moraliser les pratique de la psychothérapie, rédigé par une figure conservatrice du gouvernement Chirac, a été finalement retoqué suite aux protestations répétées de nombreux intellectuels et même de psychologues cliniciens et de médecins psychiatres dont il était censé protéger la déontologie. Un nouveau décret relatif au titre de "psychothérapeute", désormais accordé aux psychologues et aux psychanalystes membre d'associations reconnues et justifiant d'une formation solide et d'une pratique durable, a été adopté le 7 mai 2012.

    Cet amendement avait été rédigé en s'inspirant en partie de la Loi Ossicini votée en 1989 en Italie pour clarifier les usages dans es milieux psychothérapeutiques, suite au retentissant procès pour escroquerie d'un psychanalyste lacanien, aussi célèbre que contesté, Armando Verdiglione - finalement condamné à Milan pour abus de faiblesse et détournement de fonds. Voici un reportage sur cette affaire, qui a fait beaucoup parler d'elle, réalisé en juin 1986 pour le magazine Actuel.

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    Lien permanent Catégories : ENQUÊTES
  • LES ADOS, LE PORNO ET LA PANIQUE MORALE DES PARENTS

     

    NEW NEWS NEWS. Depuis qu’avec Internet le porno est entré dans la vie des mineurs, il ne se passe pas un jour sans qu’un colloque de psychologie, une convention scolaire, un service gouvernemental, des féministes ou des politiques en débattent. Inquiets. Parfois indignés. Souvent dépassés. En ce début d’année, deux grandes controverses impliquant la pornographie et les jeunes ont fait la Une. D’abord, le rapport de la sénatrice UMP Chantal Jouanno pour le Ministère des Solidarités a dénoncé « l’hypersexualisation » grandissante des filles de 8-12 ans, parlant de « pornification ». Ensuite, l’enquête sur la contraception des adolescentes du Dr. Israël Nisand pour le secrétaire d’Etat à la Jeunesse s’en prend violemment à l’impact de la pornographie sur les mineurs. Chantal Jouanno écrit : «Nous n’avions pas conscience que les codes de la pornographie ont envahi notre quotidien. (…) S’agissant des enfants, elle renvoie à l’hyperérotisation de leurs expressions, postures ou codes vestimentaires». Exagère-t-elle ?
    Tapez « Femme » sur Google. Sur la colonne centrale, on lit : «Femme Wikipédia», «Femme Evène », «Femme Actuelle » À droite, colonne des annonces : «Femmes canon en cam», «Elles couchent», «Femmes célibataires» (Meetic). Clic sur «Elles couchent. Batifolage.com». Un couple à moitié nu apparaît . Dessous : «Fellation, sodomie, amateur, partouze, gros seins, éjac faciale. C’est un site porno. Avec «Galerie Vidéo». Clic. Des centaines de photos défilent. Beaucoup de hardcore. Triple pénétration, poing dans l’anus, bouteille dans le sexe. Souvent, on souffre pour les actrices qui encaissent (dans le karaté, c'est du cinéma, pas dans le X-trem).

    Tapez maintenant «Amour». On lit à droite. «Meilleurs films sensuels. La brocante». Clic. Nouveau site porno déguisé. Asiatiques. Beurettes. Blondes. Gang Bang. Sado Maso. Ma voisine de 11 ans qui surfait sur le Net pour sa rédaction sur la Saint Valentin a-t-elle regardé ? Possible. Les films X sont en accès libre sur Internet. Souvent gratuits. Les mineurs regardent massivement. Le "réservé aux adultes" est révolu. L' "Interdit au moins de 18 ans" une galéjade. En 2004, le CSA révélait que 80% des garçons, 45% des filles de 14-18 ans ont vu un X dans l’année. Un garçon sur quatre, une fille sur cinq en a visionné 10 (au moins). Selon l’enquête du Dr Rozier en Île-de-France (2004), 90% des jeunes apprennent l’existence du porno entre 8 et 13 ans. À 11 ans, un sur deux en a vu. En CM2 (9-10 ans), 50% des garçons, 25% des filles. Selon des études canadiennes, 25% des 10-17 ans l’ont découvert par hasard, 25% volontairement. Comment réagissent-ils au premier visionnage, à 10-11 ans, ou plus jeunes ? Une enquête américaine précise : ils «sont surpris et ont peur», ou « sont embarrassés», ou «coupables et confus». La moitié des filles se disent «dégoûtées», un quart «choquées», un quart «surprises». Mais dès 13 ans, leur attitude change. Le porno «distrait» 50% des garçons, «plait» à 30%, 20% le classe en «favoris», une fille sur quatre se dit « curieuse ».

    (Faute de place, une version courte de cet article a été publié dans Le Monde Culture&Idées. Un entretien avec le sociologue Michel Bozon sur "la panique morale des parents" vient à la fin. )

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