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  • L'ARBRE, NOTRE TRÈS PRÉCIEUX ALLIÉ

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    NEWS NEWS NEWS L’année internationale de la forêt s’achève, le mois de l’arbre urbain -  octobre 2011 -  est passé, la France vient de signer le protocole international de Nagoya sur la biodiversité, le botaniste Francis Hallé appellé les élus à respecter les arbres citadins, tous ces événements nous le confirment : nous ne saurions vivre sans nos vieux compagnons et citoyens tranquilles, les arbres.

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    Donnez-moi un arbre et je sauverai le monde, nous dit le botaniste Francis Hallé, qui vient de publier "Du bon usage des arbres. Pladoyer à l'attention des élus et des narques" (Actes Sud). Par lequel commencer ? Le platane que planta Buffon en 1785 à l’entrée du Jardin du Plantes. D’abord, les visiteurs peuvent constater sa grande forme 226 années après, "alors qu’il n’a jamais été taillé  ".Car le platane vit très longtemps, comme de nombreux arbres. Ils sont même « potentiellement immortels » précise Hallé : « Si un homme est sénescent, c’est-à-dire programmé à mourir, pas un platane.». Après la chute des feuilles, la vie repart au printemps, et l’arbre retrouve son génome juvénile. Il est régénéré. S’il n’était pas agressé par les éléments, les accidents, les maladies, ou les humains, le platane, comme beaucoup arbres, vivrait des siècles. « Quand on dit un platane ou olivier centenaire, on parle d’un gamin en culotte courte » s’amuse Hallé, qui connaît un olivier de 2000 ans à Roquebrune-Cap-Martin - dans ce midi, où les platanes apportent ombrages et fraîcheur. Ajoutons que l’olivier comme le platane, et la plupart des arbres, créent des colonies. Il distribue des graines alentour, car l’arbre est sexué, mais étend aussi des racines à partir desquelles, par réitération ou clonage, des descendants poussent. « En cela, explique le botaniste, l’arbre ressemble  à un récif de corail. ». Voilà pourquoi on trouve des platanes centenaires entourés de vieux frères, mais encore des peupliers se réitérant depuis 10 000 ans dans l’Utah, des larrea de 13000 ans dans le désert de Mojave, et un houx royal vieux de 43000 ans, s’étalant sur un kilomètre, en Tasmanie. « Toute l’histoire de notre espèce zoologique tient dans la vie d’un arbre. Cela devrait nous ramener à une certaine humilité » philosophie Francis Hallé. C’est sans doute là le premier service que nous rend l’arbre…

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  • "CE PATERNALISME BIEN FRANÇAIS ..." ENTRETIEN AVEC RUWEN OGIEN, DIRECTEUR DE RECHERCHE EN PHILOSOPHIE MORALE (CNRS) SUR L'ACTUELLE POLITIQUE DES MOEURS

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    NEWS NEWS NEWS. Remise en cause du Revenu de Solidarité active (RSA) accusé d’inciter les pauvres à ne pas travailler, critères d’adoption de la nationalité de plus en plus exigeants, nationalités visées comme étant directement associées à la délinquance ce qui justifierait leur expulsion du territoire, refus de reconnaître le mariage gay et l’homoparentalité, nouvelles lois sur la bioéthique, pénalisation des consommateurs de cannabis, proposition de pénaliser les clients des prostituées, derrière toutes ces décisions et effets d’annonce le gouvernement développe une philosophie politique morale. Mais laquelle ? Nous nous en sommes entretenus avec Ruwen Ogien, directeur de recherche en philosophie morale au CNRS, qui s’est fait connaître pour ses travaux pour fonder une « éthique minimale », c’est-à-dire non invasive, la moins moralisatrice possible, fondée sur des droits et non des valeurs (une version courte de ce portrait a été publiée dans Le Monde, 28/10)

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    Il s’était présenté « Moi, c’est M comme Morale » à la soirée de lancement du « Dictionnaire de la pornographie » des PUF, énorme pavé de 570 pages et 450 entrées alphabétiques ( de « A comme Abection » à « Zoo humain »). Dans son article, il explique comment les notions d’« immoralité » et d’« obscénité » apparaissent en Europe au milieu du XIXe siècle pour justifier des politiques morales répressives et interdire des oeuvres. Ce glissement des jugements moraux réprobateurs - jamais partagés par tous - à une légalité punitive inquiète Ruwen Ogien, depuis longtemps. Beaucoup de son travail tourne autour de la moralisation excessive - qu’elle soit d’Etat, politique ou philosophique. Il s’en explique : « Enfant de survivants de la Shoah, né en Allemagne après la deuxième guerre mondiale, venu en France  assez tôt, mais ayant eu longtemps le seul statut civil de réfugié, j’ai évidemment une sensibilité particulière pour la condition des parias, des réprouvés, de tous ceux que j’appelle les « indésirables » : personnes méprisées, persécutées. déportées, expulsées, éliminées. » Etudiant, il se consacre  à la sociologie et l’anthropologie sociale, passant de Paris à Bruxelles, Tel-Aviv, puis Cambridge en 1984-1985. Il décide de se consacrer à la philosophie analytique, un courant peu pratiqué en France, surtout représenté en Angleterre, aux Etats-Unis et en Allemagne -  par des figures comme Bertrand Russel, Ludwig Wittgenstein, John Rawls. Elle s’attache à mettre en évidence les erreurs de raisonnement des discours, notamment moraux ou politiques, afin de préciser les concepts à l’oeuvre. « Mon attraction pour ce genre philosophique, qui préfère l’humour et la sobriété scientifique à l’hermétisme et la grandiloquence, n’est pas très étonnante, étant donné que  j’ai d’abord tenté de faire de la bande dessinée (avec un succès très modéré je dois le reconnaître), et que j’ai pratiqué, pendant quelques années, l’anthropologie, ce qui m’a forcé à rester attentif aux faits empiriques. » Revenu à Paris, après avoir été un élève de Jacques Bouveresse, père de la philosophie analytique française, il se passionne pour la morale.  Bien vite, il publie. Sur des sujets dérangeants...

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