Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • LA PEUR NUCLÉAIRE POUR L'ÉTERNITÉ

    (DR)arton835-e5dbb.jpg

    NEWS NEWS NEWS. À Bure, dans la Meuse, la France pourrait construire un sanctuaire pour les déchets nucléaires qui, assurent les experts, doit durer 500 000 ans. Est-ce raisonnable ? Comment prévenir les générations futures de la boite de Pandore enterrée là ? Enquête (publiée en partie dans Le Monde Culture&Idées)

    Grinçant, le monte-charge commence sa descente. Casqués, bottés, nous portons une lourde ceinture où brinqueballent un masque à gaz et un talkie-walkie. «La chaleur devrait être de 25° au fond» prévient le jeune géologue qui nous accompagne. Nous traversons les sous-sols de la Meuse, trois cents mètres de calcaire, cent de marne argileuse, avant d’atteindre la couche d’argilite dure où a été établi le laboratoire souterrain - moins 490 mètres. Une large galerie bardée de soutènements s’étire devant nous. Lumière chiche, odeur âcre de terre, violents bruits de travaux. Noyés dans la poussière, une équipe d’ouvriers masqués, visage maculé, attaquent au marteau-piqueur un mur de roche grise. Le géologue doit presque crier : «Vous voyez, c’est une roche très sèche, compacte. Cette couche s’est déposée dans le Bassin parisien il y a 160 millions d’années. Depuis, elle est très stable. Elle fait 130 mètres d’épaisseur. » 

    C’est au cœur de cet épais manteau d’argile jurassique, sous le village de Bure, que la France pourrait enfouir d’ici 15 ans les déchets les plus dangereux de son industrie nucléaire. Des résidus indestructibles, contenant des produits de fission mortels, césium 134 et 137, strontium 90 et des actinides radioactifs, curium 244, américium 241. Des produits dits à « haute activité » (HA) et « vie longue » (HAVL). Mortels, pour au moins 500 000 ans. Ces substances constituent 0,2% du volume des déchets nucléaires français - 2293 m3 en 2007 - mais émettent 94,98% de leur radioactivité totale. Si le programme nucléaire continue, ils représenteront 5060 m3 en 2030. Pour l’instant, ces poisons mortels sont entreposés, vitrifiés et refroidis, dans des caissons en inox, sur les sites de production de la Hague (Areva), Cadarache (CEA) et Marcoule (CEA, Areva). Mais, tous les experts le disent, ce stockage est à haut risque. Après quelques centaines d’années, peut-être moins, le verre se fendille, l’inox s’oxyde. Voilà pourquoi depuis 1991, l’Agence Nationale pour la gestion de Déchets Radiocatifs (Andra), un établissement public « à caractère industriel et commercial » - ce que certains écologistes lui reprochent - cherche un lieu imperméable au radiations, un sanctuaire sûr où déposer ce legs létal pour l’homme, les animaux et la biosphère.

    Lire la suite

  • ENTRETIEN AVEC LE DIABLE. LA PHILOSOPHE JUDITH BUTLER CIBLE DES ATTAQUES DES DÉPUTÉS DE DROITE ET DES CATHOLIQUES CONSERVATEURS

    (DR)judith butler first session by luca del baldo.jpg

    NEWS NEWS NEWS Le 1er septembre, 80 députés UMP ont demandé que plusieurs manuels scolaires soient retirés des librairies, estimant qu’ils faisaient la part trop belle à « la théorie du genre sexuel », décrite comme « non scientifique ». À regarder de près, les extraits incriminés des ouvrages reprenaient succintement la distinction classique, faite par Simone de Beauvoir dans le "Deuxième sexe", entre le genre comme biologie et le genre comme contruction sociale. Mais cela a suffi à soulever l'ire de la frange la plus réactionnaire de la "droite populaire" et de l'école catholique. Plusieurs fois, la philosophe de l'université de Berkeley, Judith Butler, auteur de "Trouble dans le genre" (La Découverte) y a été citée, et attaquée, comme étant une des figures majeure de "la théorie du genre". Elle répond ici à ces critiques (une version réduite de cet entretien a été publiée dans Le Monde Culure&Idées)

    Lire la suite