vendredi, 25 mars 2011

"LE SOLAIRE FOURNIRA 100% DE NOS BESOINS D'ICI 2O ANS". ENTRETIEN AVEC L'EXPERT DES HAUTES TECHNOLOGIES, RAY KURZWEIL

images.jpegNEWS NEWS NEWS. APRÈS LA TRAGÉDIE DE FUKUSHIMA, QUEL AVENIR POUR LE NUCLÉAIRE ? LE SOLAIRE...

Ingénieur reconnu pour ses réalisations en intelligence artificielle et dans la conception de logiciels, Ray Kurzweil est un expert écouté du futur des technologies - meme si son optimisme déconcerte. Brillant étudiant du MIT de Boston, il a mis au point en 1974 un appareil pour les aveugles capable de lire un livre à haute voix. Il a inventé pour la star du soul Stevie Wonder un clavier capable de reproduire les instruments de tout un orchestre - dont le synthétiseur s’est inspiré. Il a beaucoup travaillé sur la reconnaissance vocale par ordinateur comme celle des lettres et du langage et conçu un traducteur simultané de l’anglais à l’allemand de haute qualité.

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LA POLICE TIRE SUR LA FOULE DESARMÉE EN SYRIE

LA SCIENCE DU BAISER

(DR) baiser-gout-baume-levres.jpeg

NEWS NEWS NEWS "The science of kissing", une somme sur les agitations biologiques et hormonales associées au baiser a envahi les rayons des librairies américaines. Nous y apprenons beaucoup des agitations chimiques, pas grand chose des passionnelles. Mais c'est intéressant...

À quinze ans, l’âge des flirts poussés, je me suis toujours demandé par quel prodige je ne plantais pas mon nez dans l’œil de Gina, quand je l’embrassais. Et pourquoi, alors, cette jeune romaine me glissait sa langue au fond de la gorge ? Je n’avais pas lu The science of kissing de l’universitaire texane Sheril Kirshenbaum (Grand Central, 2011), une somme sur le baiser. Quand je me penchais vers Gina, au delà de mon grand trouble, j’ignorais mettre en route un calcul cybernétique inconscient évaluant la vitesse d’approche de ses lèvres moelleuses, corrigeant au fur et à mesure la trajectoire choisie. À peine étions-nous embrassés, les 6 principaux muscles de ma bouche entraient en action et 5 des 12 paires de mes nerfs crâniens responsables de l’odorat, la vision, le goût et des expressions de mon visage s’excitaient. Je me retrouvais pupilles dilatées, cœur battant car neurotransmetteurs et hormones, ocytocine, sérotonine, dopamine, adrénaline se joignaient à la danse, induisant leur chimie passionnelle. À cet âge déjà, ce n’était plus un bécot d’enfant, mais une véritable pelle. Une galoche d’ado. La gamelle de cinéma. C’est-à-dire avec la langue, cette couleuvre, ce pénis du haut, la langue et ses 10 000 papilles, les lèvres en mouvement et leurs terminaisons nerveuses, qui dépêchaient, je le sais maintenant, mille messages à mon système limbique, le centre des émotions et la volupté. Et si pendant ce temps Gina mordait mes lèvres, goûtait ma salive c’est qu’elle examinait inconsciemment, subtilement mon hygiène, mon système immunitaire et mes qualités de reproduction. Voilà sans doute la raison, analyse Sheril Kirshenbaum, du succès international du baiser. Plus qu’un apéritif, c’est un test expérimental effectué par un laboratoire suréquipé. Cela explique-t-il que Gina la romaine embrassait autant ? Pas seulement. Gare à toute explication toute biologisante. Le sociologue Edward T Hall a éclairci pourquoi les Italiennes étaient prises pour des allumeuses par les soldats américains après-guerre, et eux-mêmes pour des goujats par les filles. Elles embrassent facilement, les Italiennes, elles flirtent, mais cela ne signifie pas du tout qu’elles veulent coucher. Pour un Américain par contre, s’embrasser avec la langue vaut accord sexuel. Aussi un grand malentendu régnait… D’ailleurs, Gina m’a vite fait comprendre que je n’étais pas à son goût…

(publié dans Le Monde Magazine, mars)

mardi, 22 mars 2011

LE SIECLE DE GASTON GALLIMARD

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(Toutes les images viennent du beau livre des editions Gallimard)

NEWS NEWS NEWS Les éditions Gallimard fêtent le centenaire de la création des "éditions de la NRF" en 1911 par André Gide, quelques amis, et un jeune homme oisif et bibliophile, Gaston Gallimard... 

« Il fut certainement le seul, au soir de sa vie, à pouvoir se permettre de feuilleter l’épais catalogue de sa maison d’édition en se disant : la littérature française, c’est moi. » Ainsi s'ouvre la biographie consacrée par Pierre Assouline à Gaston Gallimard (Points Seuil 2001). Beaucoup crieront à l’hagiographie, rappelant que la NRF refusa Céline, publia des journaux crapoteux comme Détective et Voilà, ou obéit à Vichy pour survivre sous l’occupation, il reste qu’en un siècle une belle part de la vie littéraire et intellectuelle française s’est passé là. Tout commence en 1909, André Gide est l’auteur courtisé des « Nourritures terrestres », avec cinq amis, il fonde la Nouvelle Revue Française ou Nrf et décide de publier une « collection blanche » d’ouvrages. Gide s’associe alors avec un « rentier bohème », bibliophile, Gaston Gallimard. Le 31 mai 1911, mettant chacun 3000 francs, ils fondent avec l’écrivain Jean Schlumberger les « éditions de la Nrf ». Elles éditent les écrivains qui vont marquer l’avant-guerre, Valery Larbaud, Léon Paul Fargue, Saint-John Perse, Roger Martin du Gard - mais refusent Marcel Proust. « Je ne quitte plus votre livre. Hélas ! Pourquoi faut-il qu’il me soit si douloureux de l’aimer ? Le refus de ce livre restera (…) l’un des regrets, des remords, les plus cuisants de ma vie » écrira André Gide le 11 janvier 1914 à l’auteur du « Temps perdu », dont les sept cents premières pages viennent d’être publiées chez l’éditeur rival, Bernard Grasset.

Mais Marcel Proust reviendra… Il donnera à la Nrf « À l’ombre des jeunes filles en fleur », le prix Goncourt 1919.  

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