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LA SCIENCE DU BAISER

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NEWS NEWS NEWS "The science of kissing", une somme sur les agitations biologiques et hormonales associées au baiser a envahi les rayons des librairies américaines. Nous y apprenons beaucoup des agitations chimiques, pas grand chose des passionnelles. Mais c'est intéressant...

À quinze ans, l’âge des flirts poussés, je me suis toujours demandé par quel prodige je ne plantais pas mon nez dans l’œil de Gina, quand je l’embrassais. Et pourquoi, alors, cette jeune romaine me glissait sa langue au fond de la gorge ? Je n’avais pas lu The science of kissing de l’universitaire texane Sheril Kirshenbaum (Grand Central, 2011), une somme sur le baiser. Quand je me penchais vers Gina, au delà de mon grand trouble, j’ignorais mettre en route un calcul cybernétique inconscient évaluant la vitesse d’approche de ses lèvres moelleuses, corrigeant au fur et à mesure la trajectoire choisie. À peine étions-nous embrassés, les 6 principaux muscles de ma bouche entraient en action et 5 des 12 paires de mes nerfs crâniens responsables de l’odorat, la vision, le goût et des expressions de mon visage s’excitaient. Je me retrouvais pupilles dilatées, cœur battant car neurotransmetteurs et hormones, ocytocine, sérotonine, dopamine, adrénaline se joignaient à la danse, induisant leur chimie passionnelle. À cet âge déjà, ce n’était plus un bécot d’enfant, mais une véritable pelle. Une galoche d’ado. La gamelle de cinéma. C’est-à-dire avec la langue, cette couleuvre, ce pénis du haut, la langue et ses 10 000 papilles, les lèvres en mouvement et leurs terminaisons nerveuses, qui dépêchaient, je le sais maintenant, mille messages à mon système limbique, le centre des émotions et la volupté. Et si pendant ce temps Gina mordait mes lèvres, goûtait ma salive c’est qu’elle examinait inconsciemment, subtilement mon hygiène, mon système immunitaire et mes qualités de reproduction. Voilà sans doute la raison, analyse Sheril Kirshenbaum, du succès international du baiser. Plus qu’un apéritif, c’est un test expérimental effectué par un laboratoire suréquipé. Cela explique-t-il que Gina la romaine embrassait autant ? Pas seulement. Gare à toute explication toute biologisante. Le sociologue Edward T Hall a éclairci pourquoi les Italiennes étaient prises pour des allumeuses par les soldats américains après-guerre, et eux-mêmes pour des goujats par les filles. Elles embrassent facilement, les Italiennes, elles flirtent, mais cela ne signifie pas du tout qu’elles veulent coucher. Pour un Américain par contre, s’embrasser avec la langue vaut accord sexuel. Aussi un grand malentendu régnait… D’ailleurs, Gina m’a vite fait comprendre que je n’étais pas à son goût…

(publié dans Le Monde Magazine, mars)

Commentaires

  • Pour les ricains un simple baiser sur la joue c'est déjà un signe outrageant d'affection, à la limite de l'agression sexuelle. A 16 ans j'ai passé un an à Seattle, les premiers jours à l'école, j'embrassai sur la joue toutes les filles qu'on me pressentait, elles tournaient au rouge pivoine, des petits rires gênés, bref j'ai vite compris que je pouvais oublier la bise du matin à la française. Trop fougueux le frenchy !

  • Je suis ok avec environ tout! En fait c'est totalement amusant à lire.

  • J'apprécie bougrement cette idée. Je reviendrai souvent.

  • J'ai adoré cet article, il est très clair et intéressant.

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