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POLITIQUE DE LA PEUR EN EUROPE. UN FILM COMIQUE ANGLAIS LA DÉDRAMATISE. UN ESSAI DE LA ROMANCIÈRE ALLEMANDE JULI ZEH LA CRITIQUE

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NEWS NEWS NEWS  Le cinéaste anglais Chris Morris a présenté au festival de Sundance 2010 un film comique se moquant des terroristes islamistes. Le héros s'appelle Omar, c'est un illuminé doublé d'un crétin gratiné qui veut devenir un grand moudjahidine, mériter les Cent Mille Vierges du paradis d'Allah et réussir un attentat  bien sanglant en Grande-Bretagne. Le problème, Omar et ses trois associés se révèlent particulièrement stupides et maladroits, croient tous les discours obtus des mollahs fondamentalistes et échouent dans toutes leurs entreprises - ils rappellent assez, en plus idéologisés, les casseurs amateurs du "Pigeon" de Mario Monicelli.

Le film s'appelle "We Are Four Lions", et cela fait du bien de rire sur le terrorisme,  de présenter ses militants sous l'angle de la farce et du grotesque - n'est-ce pas beaucoup plus proche de la vérité ? Surtout, cela nous change de la surenchère permanente dans l'alarmisme et de la politique de la peur auxquelles nous assistons depuis des années, toutes deux menées tant par nos gouvernements que dans la plupart des médias, entretenant une ambiance permanente de "guerre au terrorisme" - quand nous y serons pour de bon, nous le saurons : la guerre, hélas, nous la connaissons en Europe...

Un essai intéressant décryptant cette ambiance de peur, sciemment menée depuis dix ans en Europe comme aux Etats-Unis en vue de faire passer des lois anti-terroristes sévères, vient de sortir chez Actes Sud "Atteinte à la liberté", signé par deux écrivains de langue allemande, Juli Zeh et Ilija Trojanov. Entretien et décryptage ci-dessous (publié dans le Monde Magazine, novembre 2010).

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La peur est fabriquée, entretenue. La peur nous rend résignés, maniables, obéissants, prêts à accepter toutes les atteintes aux libertés, à tolérer que les gouvernements multiplient les lois sécuritaires, prélèvent notre ADN, nous fichent en masse, que la police multiplie comme jamais les gardes à vue, applique des procédures humiliantes dans les commissariats, installe des vidéos à tous les carrefours. La peur nous monte les uns contre les autres, encourage le racisme, la méfiance, la lâcheté politique, corrode l’esprit citoyen. La peur est plus que « mauvaise conseillère », elle risque de mener à l’autodestruction de nos démocraties. Voilà quelques unes des idées fortes qu’on trouve dans l’essai de la jeune écrivaine allemande Juli Zeh, co-écrit avec le bulgare Ilija Trojanov, « Atteinte à la liberté. Les dérives de l’obsession sécuritaire » (Actes Sud).

Juli Zeh, 37 ans, fille d’un des anciens présidents du Bundestag, le Parlement allemand, avocate passée à l’écriture, est une des figures de la nouvelle littérature allemande. Si Daniel Kehlmann s’est fait connaître avec « Les arpenteurs du monde » (Actes Sud, 2007), l’extraordinaire histoire croisée de l’explorateur Alexandre von Humboldt et du mathématicien Carl Friedrich Gauss, Uwe Tellkamp par sa peinture balzacienne de l’Allemagne de l’Est (« Der turm », « La tour »), Thomas Hettche par son style de haut vol (« De quoi nous sommes faits », Grasset, 2009), Juli Zeh raconte au plus près notre époque, et celle àvenir. Tous ses livres ont été des best-sellers, et elle intervient régulièrement, l'esprit caustique,sur les plateaux de la télévision allemande. Dans« La fille sans qualités » (Actes Sud, 1997), au titre inspiré par son maître Robert Musil, elle raconte comment deux adolescents aisés d’une école privée, marqués par la guerre des Balkans et les attentats de Madrid, décident de détruire la vie de leur professeur de lettres, un Polonais exilé. Ce roman noir interroge l’effondrement des valeurs morales chez les jeunes générations. Dans « L’ultime Question » (Actes Sud, 2008), deux brillants physiciens, Oskar et Sebastian, se trouvent confrontés au kidnapping de leur enfant, ce qui les renvoie à leur conception du monde. Celui qui croit à l’existence de plusieurs univers quantiques parallèles, les multivers, à la science comme poésie et reconstruction du monde, va expérimenter combien la réalité est tangible. Le dernier roman de Juli Zeh, « Corpus Delicti » est un récit de science-fiction. Il décrit un monde effrayant où les règles de propreté et d’hygiène absolue régissent l’Europe. Tout le monde doit faire du sport et suivre un régime sous peine de rééducation - sauf les irresponsables opposants du groupe « Droit à la maladie ». Les droits ont déjà été vendus au cinéma.
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La fabrique de la peur d’aujourd’hui, nouvelle stratégie populiste de droite comme de gauche, Juli Zeh - avec qui j'ai longuement échangé par mail - la voit se mettre en place après le 11 septembre 2001 avec le lancement par Georges W. Bush de la « guerre à la terreur » (« war on terror ») et la mise en place aux Etats-Unis comme en Europe de nouvelles lois d’exception sécuritaires limitant les droits individuels et autorisant une surveillance généralisée des espaces publics. En cela, elle rejoint les analyses sévères du politologue américain Robert Coley sur l’usage de la peur comme « levier politique » en démocratie (« La peur. Histoire d’une idée politique », Armand Colin, 2006). Depuis le 11 septembre écrit Juli Zeh dans "Atteinte à la liberté", « sans qu’il y ait eu un véritable débat démocratique digne de ce nom portant sur l’extension de ces pouvoirs », nous vivons toujours sous ces régimes autoritaires tandis que les lois répressives et les technologies d’espionnage des citoyens deviennent de plus en plus sophistiquées. « Vous allez voir telle page web ou telle autre, la PJ saura laquelle, si elle le désire, et pourra encore vérifier dans six mois (…) Et si (attendant sur un quai), vous regardez deux fois la caméra... et vous vous passez encore la main dans les cheveux, l’analyse de comportement biométrique va déclencher l’alarme. Pourquoi êtes-vous si nerveux ? »
Pourtant, après des années d’usage forcené, de nombreuses études croisées tant anglaises - où la vidéosurveillance est massive - qu’allemandes le montrent, ces caméras n’ont eu pour effet que de décaler de quelques mètres « la criminalité de gare » » et n’ont jamais permis de déjouer des attentats. Juli Zeh cite des analyses faites en Autriche montrant qu’en dépit d’une surveillance vidéo à 100%, le nombre d’attaques de banque a augmenté de 76% ces dernières années. Pendant ce temps-là, la police des écrans se concentrait sur les buveurs de bière, les clochards et les amateurs de skate board du centre ville - sur nous, le citoyens lambdas, 900.000 gardes à vues en France en 2009 selon une enquête récente.
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Pour justifier cet État policier, explique Juli Zeh, rien n’est plus efficace pour un gouvernement que de brandir régulièrement la « menace terroriste », d’annoncer l’imminence d’un nouveau 11 septembre ou d’un attentat aussi odieux que celui de Madrid en 2004. En France de ce point de vue, nous avons été servi pendant tout le mois de septembre. En effet, le 12 septembre, le directeur du Renseignement (DRCI), Bernard Squarcini, révélait au Journal du dimanche que «la menace terroriste n’a jamais été aussi grande », que « tous les clignotants sont au rouge ». Quelques jours plus tard, après que cinq ingénieurs français du groupe nucléaire Areva aient été enlevés au Nord du Niger par un groupuscule se réclamant d’Al Qaïda, il confirmait la menace au journal Le Monde, tandis que le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux réaffirmait sous la Tour Eiffel, visée par un énième faux attentat à la bombe, que la menace était « bien réelle ».
Sans vouloir remettre en cause les analyses des journalistes et des services spécialisés dans les groupes terroristes - chargés d’évaluer la réalité de la menace - force est de constater qu’aucune décision concrète n’accompagnait ses alarmes : le plan Vigipirate n’était pas monté d’un cran, aucun appel au public n’était lancé et le 1er décembrer 2009, Brice Hortefeux avait déjà déclaré : « En France, tous les signaux attestent d'une menace terroriste bien réelle. » En même temps, plusieurs pistes, dont celle venue d’un cybercafé parisien parlant d’une femme seule prête à commettre un attentat, étaient abandonnées. Si bien que le parti socialiste, craignant avoir affaire à « une manipulation politique » au moment où le gouvernement se voyait très critiqué par le parlement européen pour sa politique anti-Rom, demandait un complément d’enquête.
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Quand j'exposais ces faits à Juli Zeh fin septembre, elle répondait au Monde Magazine : «Depuis des siècles, il est d’usage d’épouvanter le bourgeois pour permettre aux tenants du pouvoir de le conserver dès qu’ils sont en difficulté. Quand de tels scénarios catastrophe sont rendus publics de cette manière, aussi imprécise, sans être accompagnés de décisions concrètes ni d’évaluations confirmées, on peut être sûr qu’il s’agit de tentatives d’intimidation. En vérité, lorsque ce genre de menaces deviennent concrètes, les gouvernants et les responsables préfèrent agir discrètement, efficacement, s’appuyant sur des informations bien gardées par les services secrets et les autorités chargées des enquêtes
C’est d’ailleurs le parti qu’a pris début octobre le ministère de l’Intérieur allemand Thomas de Maizière, critiquant les alertes répétées des gouvernements français et américains: «La musique publique d'accompagnement est aussi quelque chose que les terroristes utilisent, précisément parce qu'ils veulent propager la peur. Nous, nous travaillons et nous parlons peu.» Il ajoutait : «Il n’y a pas de projets concrets d’attaques immédiates dont nous soyons informés.» Pour Juli Zeh, il existe aujourd’hui une véritable rhétorique de la «menace terroriste». Mais que recouvre réellement cette expression ? Parler ainsi de « terreur » laisse planer l’impression d’un danger global, fatal, qui va détruire nos sociétés. Pourtant, une menace selon les juristes désigne un mal à venir précis. C’est le mal que vont subir les victimes des futurs attentats. Mais si celui-ci est insupportable, la « terreur » annoncée s’arrêtera là. Elle ne va pas pour autant détruire nos Etats, renverser nos gouvernements, dévaster notre manière de vivre, comme si nous étions en état de guerre en Europe, ou comme nous pouvions le croire aux pires heures de la guerre froide.
À ce jour, aucun attentat n’a eu un tel impact. Juli Zeh veut relativiser la peur : «Nos esprits sont encore marqués par la représentation manichéenne de l’époque de la guerre froide, deux camps se faisant face, voulant se détruire coûte que coûte, défendant des valeurs radicalement opposées. Nous avons tout simplement transposé ce modèle, en reconstituant deux blocs, « les démocraties » contre « les terroristes », la « Chrétienté » face à l’« Islam ». De nouveau, il est question d’«Eux» contre «Nous». » Pourtant, nous ne sommes plus aujourd’hui dans des scénarios comparables à ceux d’après-guerre, quand le monde entier craignait une guerre nucléaire. Comme le disait Donald Rumfield lui-même, l’ancien Secrétaire d’Etat à la Défense américain, cité par Juli Zeh dans son essai : « Nous sommes aujourd’hui mieux protégé contre la menace majeure d’une guerre nucléaire (…) mais plus exposés au danger des valises piégées ».
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Bombe atomique versus colis piégé, une telle déclaration révèle combien le niveau de menace a changé. Elle montre aussi combien la réalité de la puissance de frappe des attentats terroristes est monté en épingle à travers les discours de peur. Bien sûr, une bombe artisanale lancée dans le métro peut faire beaucoup de victimes. Bien sûr, c’est horrible. Mais la destruction demeure sans commune mesure avec une attaque nucléaire ou même l’action d’armes conventionnelles. Juli Zeh : « Quand on lit les statistiques des accidents mortels, on remarque qu’il existe davantage de probabilité que nous mourrions foudroyés par un éclair ou noyés dans notre baignoire que d’être victimes de « la terreur islamiste ». Sans parler des accidents ménagers, de la canicule, des accidents de la route ou des grippes qui finissent mal. »
Choc des civilisations ?
L’autre versant de la rhétorique de la « menace terroriste » qui insupporte Juli Zeh est celle de la « terreur islamiste » - et l’appel récurrent à la guerre de religion qui l’accompagne. On se souvient de « l’Axe du mal » dénoncé par Georges Bush, des connotations religieuses qu’il y mettait. Selon Juli Zeh, cette polarisation remonte à l’effondrement du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide : «  L’OTAN a très tôt associé le monde islamique à la figure de l’ennemi, ceci afin de légitimer son existence après l’effondrement du pacte de Varsovie. C’était bien avant le 11 septembre 2001. Il est d’usage en politique, de justifier la poursuite des intérêts de sa politique intérieure et extérieure en utilisant des boucs émissaires. » Aujourd’hui, il ne se passe pas un jour sans qu’un magazine - L’Express du 6 octobre titrait « L’Occident face à l’Islam » - ou un commentateur ne développe quelques idées sur l’affrontement - irréductible - des deux mondes ou le « choc » de leurs civilisations. Une puissant ennemi idéologique monolithique semble être dressé contre nous, capable de détruire toutes nos valeurs démocratiques, parfois comparé aux nazis, alors même qu’il existe plusieurs courants théologiques dans l’Islam, que les manières de pratiquer cette religion diffèrent d’un pays à l’autre, que partout les réformateurs et les modérés y combattent les fondamentalistes - et qu'en Europe la grande majorité des musulmans condamnent le terrorisme.
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Ensuite, comme s’interroge Juli Zeh, faut-il compter dans ce vaste «monde islamiste» menaçant les millions d’Européens de confession musulmane, souvent naturalisés ou installés depuis plusieurs générations, avec qui nous vivons au jour le jour ? Et que dire des Egyptiens, des Marocains, des Tunisiens, des Sénégalais, des Turcs ou des Indonésiens qui nous accueillent chaque année en vacances, nous servent de guide touristique et commercent avec nous ? Quant aux fameux militants d’« Al-Qaïda Maghreb Islamique » qui menaceraient l’Europe, sont-ils l’avant-garde d’un Mahgreb hostile à l’Occident, ou un petite troupe d’assassins disséminés dans le désert malien, surveillés par l'armée et la police algérienne, décidés à soutirer une rançon à un consortium nucléaire et à enrichir leurs bandes errantes ? Juli Zeh : « Au lieu de considérer les «terroristes » comme des criminels, voire des sociopathes, on leur confère le statut de «guerriers de dieu » qui se battent contre « nos valeurs ». Ces scénarios effrayants rappellent assez « La guerre des étoiles » ou « Le seigneur des anneaux », on évoque au simple citoyen l’image d’immenses armées de fanatiques religieux qui menacent nos frontières, quand cette image n’a rien à voir avec la réalité. » 
Le concept de « choc des civilisations » cher à Samuel Huttington et aux néo-conservateurs américains  obéit selon elle à cet même logique de peur : « Les civilisations ne se divisent pas en blocs clairement délimités, comprenant chacun un nombre précis de personnes pensant toutes la même chose, décidés à combattre les uns contre les autres. Dans les faits, les frontières entre les «civilisations» se déplacent, elles traversent chaque société. Nous défendons nos valeurs non contre le « monde islamique » mais avec tous les militants de la liberté, la démocratie et la tolérance où qu’ils soient, quelque soit leur religion." Elle ajoute que les ennemis de la liberté ne se comptent que chez les fondamentalistes : " En Europe aussi, il existe des forces et des leaders réactionnaires prônant un monde plein de haine. Ces derniers ne sont pas nécessairement des « islamistes », il peut s’agir d’extrémistes de gauche ou de droite, de néo-fascistes, ou de nationalistes séparatistes. À l’évidence, nous n’avons rien retenu de notre expérience des grandes catastrophes du XXe siècle. Comment est-il possible, à peine 60 ans après la chute du troisième Reich, de déclarer que les adeptes d’une certaine religion sont nos ennemis ? »
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"L'HOMME NU"
La véritable menace du terrorisme n’est pas de nous détruire, mais que nous nous auto-détruisions en bafouant nos propres règles démocratiques. Ce fut un choc pour Juli Zeh, Allemande, fille d’un homme politique fameux, de voir qu’une catégorie d’homme « sans droit », « hors-la-loi », a été créée aux Etats-Unis, puis revendiquée en Europe. Des gens qu’un gouvernement peut chasser, emprisonner, déporter, torturer sans présomption forte, sans procédure juridique ni respect des lois nationales et internationales. Juli Zeh : « Il devient ce que le philosophe italien Giorgio Agamben appelle « l’homme nu », qui finit enfermé dans un camp où aucune loi ne le protège. Guantanamo n’est pas un hasard mais une conséquence. Chaque personne qui défend des idées comme « Les Musulmans ont un fort potentiel d’agression contre l’ Occident », ou encore « C’est l’Islam qui produit le terrorisme islamique » doit savoir qu’un camp, un lieu de non-droit suivra. »
Le dernier volet de la stratégie de la peur dénoncée par Julie Zeh est la politique sécuritaire. La « sécurité » est devenue un des leitmotivs du débat politique en Europe. Les gouvernement nous tiennent le raisonnement suivant : les « bons citoyens » n’ont rien à craindre d’une police active et efficace comme d’autorités disposant d’informations complètes sur tout le monde. Au contraire, nous explique-t-on, une police qui sait tout ne saurait poursuivre un innocent, évite les erreurs judiciaires, surveille les inconscients qui oublient la loi, traque les véritables délinquants, arrête rapidement les criminels et les terroristes. Cela semble pour beaucoup une société paradisiaque. Pourtant des notions et des sentiments comme la « sécurité » restent très subjectives, très difficiles à évaluer. En Allemagne révèle Juli Zeh, le nombre de délits graves comme les meurtres, les homicides et les viols est en recul constant depuis plusieurs années, pourtant tous les sondages montrent que les gens se sentent de plus en plus exposés à la grande criminalité.
Selon un sondage de 2007, 76% des Allemands déclarent craindre être victimes d’un attentat alors que des études ont évalué le risque individuel à 1 pour 4 millions de personnes. Mais alors quand nous sentirons-nous en sécurité, demande Juli Zeh ? Quand les médias cesseront de monter en épingle chaque fait divers ? Quand il n’y aura plus un seul acte de délinquance ? Plus un Musulman en Europe ? Quand tous les jeunes cesseront de s’agiter en bas des immeubles ? Ou, quand la mort sera abolie ? Renforcer la sécurité est une nécessité, la garantir de façon absolue est un leurre. Une manipulation politique. Cela encourage et redouble la peur. Or la peur décourage le sang froid, le sens civique et l’esprit critique. La peur, si différente de la prudence, est devenu un des fléaux de notre temps. Si nous y donnons libre cours à tout moment, nous deviendrons incapables d’agir et nous défendre.
Alors aujourd’hui, Juli Zeh, comment résister à la peur ?
« - Speak up ! Parlons fort ! »

Commentaires

  • tres bon resumé ,entretenir la peur! je dirais plus cela permet a nos dirigeants,de ne pas aborder les questions auquels ils n'ont aucunes solutions,ou meme reponses!
    la premiere,et pas des moindre! l'energie fossile;nous somme au pic de sa consommation!le declin arrive a grand pas,et personne ne se pose de question!! voila un belle exemple de l'imfluance de la peur!en arriver a se dire que l'on ne rique rien!,que nos dirigeants s'occupe de tout!rien de grave ne peut se produire,et de plus nous somment de bons citoyens,d'accord avec toutes ces nouvelles mesures contres nos libertées!
    bien!!!! continuaient a rester devant votre télé,avec vos oeillères,a regarder vos emissions qui vous endorment;mais ! ne faites pas les étonnaient l'orsque la realitée va vous ratrappez!

    encore bravo et merci pour ce travail
    M.P

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