vendredi, 15 octobre 2010

"LA CULLITÉ FONDAMENTALE" DISAIT FEDERICO FELLINI

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La «Vénus Hottentot» exhibée comme un animal dans les années 1810, dont le film d’Abdellatif Kechiche montre ces jours-ci la triste destinée, en dit long sur la pygophilie humaine, l’attirance pour les belles fesses. À l’époque, les naturalistes expliquaient que sa «stéatopygie» (sa croupe très grasse) révélait combien les «sauvages» d’Afrique se rapprochaient du singe. Pourtant, les civilisés couraient au spectacle. Depuis, les évolutionnistes nous ont appris que les singes ne possèdent pas de « fesses », juste un derrière. Le fessier fait l’Homo sapiens. Rebondi et musclé, il nous vient de la bipédie et la course à pied. Les hormones aussi expliquent nos rondeurs. Pour des besoins associés à la maternité, elles enveloppent le revers des femmes d’un bel embonpoint. Mais pour le naturaliste Desmond Morris, cet aspect joufflu s’explique surtout par l’exacerbation des « caractères sexuels secondaires » qu’a connu notre espèce. Le pont arrière glabre et dodu aurait, par mimétisme, remplacé le «cul rouge» des primates en chaleur, attirant invinciblement les regards. Au code sexuel « Je suis prête ces jours-ci » aurait succédé l’irrésistible « Je suis prête à tout instant » du pétrus nu. Pour Morris et d’autres anthropologues les statuettes paléolithiques extraordinairement fessues comme les beautés Hottentotes prouvent cette hyperérotisation humaine. Celle-ci nous aurait sauvé. Une sexualité permanente s’est développée, soudant les premiers Sapiens dans la savane agressive. Des chercheurs critiquent cette explication pulsionnelle de l’aimantation postérieure. Ne négligeons pas, disent-ils, «l’esprit de géométrie». Toute sphère fendue, comme le biologiste Jacques Nimio le rappelle, nous trouble par son design occlusif : sa ligne de fuite suggère un « objet caché », un « mystère » qui attire forcément le regard. Nonobstant, force est de constater que le désir pygophile - la « cullité fondamentale » l’appelait Fellini - se perpétue, aujourd’hui qu’on publie un énorme «Big Butt Book» et une « Histoire de la fessée », tandis qu’une dangereuse chirurgie fessière, jouant sur le « syndrome Jennifer Lopez », se développe en Europe après avoir conquis le Brésil et les Etats-Unis (publié dans le Monde Magazine)

The Big Butt Book. Dian Hanson (Taschen, 375p).

Commentaires

Vive le cul et les pygophile.

Écrit par : Pygophile | samedi, 10 mars 2012

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