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  • BONJOUR LES NIQABITCH, LES ALLUMEUSES EN NIQAB.

    Niqabitch secoue Paris

    NEWS NEWS NEWS Depuis début octobre la vidéo des Niquabitch - les allumeuses en niqab - circule sur le Net où elle a été visionnée des dizaines de milliers de fois. Explication.

    Elles s’appellent les Niqabitch (« les allumeuses en niqab »), leur vidéo fait le buzz sur You Tube. Ces deux jeunes musulmanes se sont promenés en niqab, mnishort noir et talons hauts dans le quartier des ministères à Paris. On le voit prendre la pose, cuisse nues et visage masqué, devant le ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale. Les policiers leur disent de déguerpir, elles expliquent « On veut dédramatiser la question du voile ». « C’est génial » dit une policière, qui les prend en photo. Les niqabitch ont publié un manifeste : « Autant le dire franchement, prendre l’apparence de Dark Vador au nom de l’islam et de ses préceptes, on ne comprend pas vraiment ! (Mais) nous avons ouï dire que la République était un espace de libre expression dans lequel chacun pouvait choisir de s’habiller et de pratiquer sa religion comme il l’entend. » En mêlant une tenue sexy au voile intégral les Niqabich font valser beaucoup d’idées reçues. Elles interrogent la liberté  d’aller dans les rues de France dans n’importe quelle tenue. Va-t-on leur interdire de sortir ainsi nippée à cause du niqab - et si elles se livraient à une fantaisie S.M ? N’a-t-on pas le droit de jouer avec les codes de genre, ou religieux, de se travestir ? Ensuite, elles montrent l’affreuse volonté du niqab d’emprisonner les charmes des femmes. Alors nous ne verrions plus ces jolies jambes, si bien mises en valeur sous ce haut noir ? Ce contraste rappelle tout l’érotisme du voile, dont Malek Chebel a montré les raffinements dans son épais "Kama Sutra arabe" (Pauvert 2006). Nous l’avions l’oublié, en nous polarisant sur le « voile islamique ». "Le Jardin Parfumé", un des chefs d’œuvre de la littérature sensuelle née en terre d’Islam, si riche jusqu’au XVe siècle, en loue les danses - même si aujourd’hui les théologiens du Caire en ont interdit la lecture comme des "Mille et Une Nuits". Le voile, nous disent joyeusement  les Niqabitch, n’est pas toujours associé à la pudeur. Même si dans le désir, comme l’analyse paradoxalement l’historien Jean-Claude Bologne dans "Pudeur féminine" (tout juste sorti au Seuil), « un voile naturel et invisible révèle la femme », fut-elle nue... (publié dans Le Monde Magazine)

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  • SCIENCES PO, UNIVERSITE MAUVAIS GENRE

     

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    NEWS NEWS NEWS En cette rentrée universitaire, l'université Sciences Po commence  à mettre en place son programme PRESAGE (Programme de REcherche et d'Enseignement des SAvoirs sur le GEnre). La prestigieuse université, après des années d'hésitation et de coups d'essai, lance enfin un solide programme d'étude - soutenu par des figures de l'histoire et l'économie comme Elizabeth Badinter, Nancy Fraser ou Amartya Sen - sur les questions de la discrimination et la fabrication du genre et des différences sexuelles. En Amérique et au Canada, ces "gender studies"  sont  à l'honneur depuis 30 ans, c'est dire le retard pris en France.

    Le programme PRESAGE a débuté ce 20 octobre par une conférence de la philosophe Geneviève Fraysse, quelques cours ont débuté, mais l'année prochaine toutes les disciplines vont être affectées par le questionnement sexuel : comment le fait d'être d'un genre ou d'un autre vous disqualifie ou vous requalifie dans votre travail ? vos retraites ? influence vos manières d'être traité à l'école ? à l'université ? comment le droit est-il travaillé par ces questions mais encore les manières d'habiter la ville, se promener les rues, jusque dans le détail des habillements ? etc, etc ?

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  • "LA CULLITÉ FONDAMENTALE" DISAIT FEDERICO FELLINI

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    La «Vénus Hottentot» exhibée comme un animal dans les années 1810, dont le film d’Abdellatif Kechiche montre ces jours-ci la triste destinée, en dit long sur la pygophilie humaine, l’attirance pour les belles fesses. À l’époque, les naturalistes expliquaient que sa «stéatopygie» (sa croupe très grasse) révélait combien les «sauvages» d’Afrique se rapprochaient du singe. Pourtant, les civilisés couraient au spectacle. Depuis, les évolutionnistes nous ont appris que les singes ne possèdent pas de « fesses », juste un derrière. Le fessier fait l’Homo sapiens. Rebondi et musclé, il nous vient de la bipédie et la course à pied. Les hormones aussi expliquent nos rondeurs. Pour des besoins associés à la maternité, elles enveloppent le revers des femmes d’un bel embonpoint. Mais pour le naturaliste Desmond Morris, cet aspect joufflu s’explique surtout par l’exacerbation des « caractères sexuels secondaires » qu’a connu notre espèce. Le pont arrière glabre et dodu aurait, par mimétisme, remplacé le «cul rouge» des primates en chaleur, attirant invinciblement les regards. Au code sexuel « Je suis prête ces jours-ci » aurait succédé l’irrésistible « Je suis prête à tout instant » du pétrus nu. Pour Morris et d’autres anthropologues les statuettes paléolithiques extraordinairement fessues comme les beautés Hottentotes prouvent cette hyperérotisation humaine. Celle-ci nous aurait sauvé. Une sexualité permanente s’est développée, soudant les premiers Sapiens dans la savane agressive. Des chercheurs critiquent cette explication pulsionnelle de l’aimantation postérieure. Ne négligeons pas, disent-ils, «l’esprit de géométrie». Toute sphère fendue, comme le biologiste Jacques Nimio le rappelle, nous trouble par son design occlusif : sa ligne de fuite suggère un « objet caché », un « mystère » qui attire forcément le regard. Nonobstant, force est de constater que le désir pygophile - la « cullité fondamentale » l’appelait Fellini - se perpétue, aujourd’hui qu’on publie un énorme «Big Butt Book» et une « Histoire de la fessée », tandis qu’une dangereuse chirurgie fessière, jouant sur le « syndrome Jennifer Lopez », se développe en Europe après avoir conquis le Brésil et les Etats-Unis (publié dans le Monde Magazine)

    The Big Butt Book. Dian Hanson (Taschen, 375p).

  • MARIO VARGAS LLOSA, PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE 2010. ENTRETIEN RÉALISÉ APRÈS LE "NON" À LA CONSTITUTION EUROPEENNE. "LA FRANCE, DISAIT-IL, CONNAÎT UN REPLI NATIONALISTE"

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    NEWS. NEWS NEWS Mario Vargas Llosa vient d'obtenir le prix Nobel de littérature. L'apprenant, il a déclaré, modestement qu'il s'agissait là d'un hommage à "la littérature latino-américaine".  Ses derniers écrits, "Le langage de la passion. Chronique de la fin du siècle" ont été publiés chez Gallimard en 2005. Il s'agit d'un recueil de textes politiques et polémiques, pour la plupart publiés dans le quotidien Espagnol  "El Pais ". Cet ancien engagé "sartrien", devenu un féroce critique des  thèse socialistes, et un défenseur du libéralisme et des libertés, nous parle du Non " conservateur " de la France à l’Europe, du blocage de la vie politique française, des maisons des jeunes et de la culture de Malraux, et du besoin de carnaval et d'extraordinaire qu’éprouve l’homme depuis toujours.

    Rencontre avec le grand écrivain péruvien de passage à Paris, où il a vécu 7 ans. (publié dans Le Monde 2, 08/2005)


    BIBLIOGRAPHIE VARGAS LLOSA

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    UN ECRIVAIN ENGAGÉ DEVENU UN HOMME POLITIQUE MALHEUREUX

    Mario Vargas Llosa, un des plus célèbres écrivains latino-américains, candidat malheureux du mouvement Libertad (centre droit) aux élections présidentielles du Pérou de 1990, tient depuis 15 ans une chronique polémique dans le grand quotidien espagnol El Pais (centre gauche). Les éditions Gallimard viennent de publier celles écrites entre 1992 et 2000 sous le titre " Piedra de toque ", " Pierre de touche ". On y retrouve la plume féroce et les prises de positions tranchées - libérales, humanistes - déjà montrées dans son recueil d’essais Les Enjeux de la liberté (Gallimard, 1997), où il pourfendait tour à tour l’islamisme pur, la corruption en Amérique Latine, les opposants à la mondialisation, et prenait la défense des libéraux anglais dans leur lutte contre le corporatisme syndical et la bureaucratisation des services publics - ce qui lui coûta l’amitié de son vieil ami, et rival en littérature, Gabriel Garcia Marquez, qui n'a jamais rompu avec Fidel Castro. Dans " Piedra de Toque ", Vargas Llosa continue de critiquer, au nom de sa philosophie libérale, mais faits à l’appui, quelques-uns des mythes de la gauche latino-américaine : la guerilla zapatiste du " sous-commandant " Marcos, dont il rappelle certaines exactions auprès des Indiens du Chiapas; ou Hugo Chavez, qu’il traite de caudillo incompétent, ruinant l’économie du pays le plus riche d’Amérique Latine, le Venezuela. Mais l’écrivain s’en prend aussi aux excès de notre société de médias et de " divertissement ", où la " banalisation ludique " devient " la culture dominante ", où les journaux tabloïds et people, traquant les faux-pas privés des politiciens et des personnalités, se comportent comme de " nouvelles inquisitions ".

    LA FÊTE AU BOUC

    C’est dire que l’auteur de l’inquiétant et irrésistible roman "La fête au bouc" (Gallimard, 2002), qui raconte les derniers jours sanglants du dictateur de Saint Domingue, Trujillo -" J’ai voulu faire le portrait du satrape " dit-il- résiste aux classifications faciles. Quand il m'accueille chez lui, dans un vieil appartement du quartier Saint Germain, il défend avec enthousiasme la loi tout juste votée par les socialistes espagnols qui autorise le mariage homosexuel et l’adoption par des couples gays - mais n’a-t-il pas écrit " Les Cahiers de Don Rigoberto ", un roman défendant la liberté érotique ? L’homme n’a rien d’un conservateur. Au contraire, il se dit " moderne et internationaliste ", reprochant aux pays riches du Nord de fermer l’accès à leur territoire des produits du pays du Sud, et de paralyser ainsi la " véritable mondialisation " du marché. Quant au terme " libéralisme ", cette philosophie politique qu’il a adoptée après avoir été longtemps " marxiste " et " engagé ", il tient à le préciser : "Quand au Pérou on se disait libéral, pendant ma jeunesse, cela signifiait de gauche, contre l'Eglise. Ce courant de pensée a été dénaturé par la gauche totalitaire. Le libéralisme est devenu synonyme de capitalisme sauvage, exploitation, néocolonialisme. Alors qu’il rejette toute forme de monopole, défend la liberté de concurrence." Par contre, si vous lui parlez de l’extrême gauche, ou de Cuba, il rappelle qu’une guérilla sanglante, responsable de quelques 30.000 morts, Le Sentier Lumineux, sévit dans son pays depuis trente ans. Et qu’il a tenté d’analyser et de décrire les rouages de la folie meurtrière des utopies sociales dans son roman " L’histoire de Mayta "

    Mario Vargas Llosa, 71 ans, a longtemps vécu à Paris comme Pablo Neruda, Octavio Paz, Julio Cortazar ou Miguel Angel Asturias, il suit de près les rebondissements de la vie artistique et politique française. Nous l’avons rencontré peu de temps après le " Non " au referendum sur la constitution européenne.

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  • PROSTITUEES CONTRE MAISONS CLOSES

    NEWS NEWS NEWS Canal + sort cette semaine son feuilleton « Maison close » qui montre la vie quotidienne d’un bordel de luxe à la fin du XIXe siècle. Pendant ce temps, un groupe de travail du gouvernement réfléchit à la proposition de la député UMP Chantal Brunel de rouvrir « les maisons ». Mais qu’en pensent les associations de prostituées ?

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     « Le Chabanais », 12 rue Chabanais, Paris IIe. « Un ministre des Affaires Etrangères de la IIIe République fréquentait assidûment cette maison close. Il se mettait nu et se laissait passer un collier à pointes autour du cou. À quatre pattes, promené en laisse, il présentait son postérieur à une ronde de filles nues, qui lui assénaient chacune des coups de fouet." Aujourd’hui, on trouve ce collier et ces fiches - les « blancs » - de la Brigade des Mœurs exposés dans la salle des archives de l’actuelle brigade « de répression du proxénétisme » (BRP). Le Chabanais, ouvert en 1878, fut un des bordels les plus luxueux de la fin du XIXe et la Belle Époque, on y trouvait une chambre « persane », « égyptienne », « mauresque », « russe », « nippone », et le prince Edouard VII y prenait avec les dames des bains de champagne dans une grande baignoire en cuivre. Un blanc daté du 28 mars 1899 rapporte que 25 femmes travaillaient là et que le « cabinet médical » comportait 15 spéculum, des « pommades prophylactiques » et du permanganate. Il concluait : « Le Chabanais est un des établissements les plus réputés de Paris. Il est fréquenté par une clientèle de marque. La tenancière peut-être consultée utilement. » C’est cet établissement, ainsi que les quelques autres bordels parisiens haut de gamme des « années folles » Le Sphinx, Le One Two Two, le Colbert, le Cardinet, le Montyon, véritables palais de la débauche, qui ont servi de modèle au feuilleton qui débute sur Canal + ce mois-ci, « Maisons Closes », huit épisodes.

    55761.jpegUne scène du feuilleton "Maison close" de Canal +

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