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J'AI FAIT DÉCRYPTER MON GÉNOME POUR RETROUVER MES ANCÊTRES. GROSSES SURPRISES...

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NEWS NEWSNEWS Le 26 juin 2000, le président Bill Clinton annonçait que la carte complète du génome humain avait été séquencée. Dix ans plus tard, des sociétés de génétique proposent d’analyser votre ADN pour retracer les déplacements de vos ancêtres depuis la sortie d’Afrique par Homo sapiens, il y a 60.000 ans. J'ai tenté l’expérience. Grosses surprises.

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J'ai gratté l’intérieur de mes joues avec une brosse à dent souple comme pendant une garde à vue. Deux fois. J’ai soigneusement déposé les brosses dans deux petites bouteilles stérilisées, puis j’ai envoyé le tout, sous papier bulle, au Genographic Project. C’est la société d’analyse génétique associée à la National Geographic Society, l’éditrice de la fameuse revue, et la Waitt Family foundation, l’association philanthropique américaine. Soutenu par plusieurs biologistes renommés dont Luigi Luca Cavalli-Sforza, associé à vingt laboratoires de génétique des populations autour du monde, dont l’institut Pasteur, le Genographic Project a entrepris depuis 5 ans de reconstituer le vertigineux - et fatal ? - parcours des Homo sapiens depuis la sortie d’Afrique, notre berceau commun, il y a 60.000 ans. Par où sont-ils passés pour aller conquérir le monde jusqu’à la Terre de Feu et les cotes glacées de l’Alaska, comment ont-ils gagné l’Amérique, l’Australie ? Pour retracer la carte de ces énigmatiques migrations, les chercheurs du Genographic Project procèdent à une vaste collecte d’échantillons de l’ADN de la population mondiale. Ils entendent identifier les minuscules mutations apparues au cours de route sur les éléments stables de notre patrimoine génétique, des « marqueurs » ensuite transmis de génération en génération qui permettent d’identifier et suivre les déplacements de nos ancêtres.

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(la grande saga de la conquête de la Terre par les premiers Homo sapiens venus d'Afrique, pour le meileur et pour le pire. DR)
 
Cette vaste entreprise, au carrefour de la biologie et la recherche historique, continue les travaux initiés en 1993 par le Human Genome diversity Project - américain - puis le Centre d’Etude du Polymorphisme Humain – français, fondé par prix Nobel Jean Dausset - lors de la grande quête pour identifier le génome humain. Le généticien américain Spencer Wells, un de ses artisans du Genographic Projey, parle de reconstituer « l’arbre généalogique de l’humanité mais encore de faire œuvre éducative et humaniste : grâce à ces recherches, écrit-il, «chacun pourra comprendre ses liens avec les hommes du monde entier, savoir que nous sommes tous liés les uns aux autres par un fil génétique et que nos fils se sont entrelacés à travers les migrations de nos ancêtres Nous sommes en effet, nous les humains, tous cousins, dotés à 99,9% du même répertoire génétique. Nos différences de carrosserie, couleur de peau, pilosité, taille, relèvement des paupières relèvent de gènes communs chez chacun de nous, qui ont été activés par les changements climatiques lorsque l’homme a conquis le monde.

La société Genographic recueille l’ADN des populations de deux manières. D’une part, ils envoient des équipes auprès des peuples des régions isolées et difficiles d’accès chez qui il existe encore des marqueurs génétiques anciens : chez les San d’Afrique Australe, les aborigènes Hadzabés de Tanzanie, les Ogiek d’Afrique de l’Est, les Fulani du Mali, les Shuar d’Equateur, les Koranko de la Sierra Leone, les Yagnobi du Tadjikistan, etc. Ce travail de prélèvement, s’il donne des indications importantes sur les déplacements des premiers hommes, soulève quantité de problèmes tant éthiques que politiques : le généticien français Pierre Darlu craint par exemple, avec plusieurs associations de défense des peuples menacés dénonçant un « biocolonialisme », que la découverte des migrations anciennes serve de prétexte à la dépossession territoriale des populations actuelles. L’autre manière de collecter l’ADN consiste en un appel public engageant tout un chacun à faire analyser un ou deux échantillons de son ADN selon des principes non codant - ni recherche en paternité, ni recherche « ethnique ». À ce jour, 350000 personnes ont participé. Moyennant 70 €. Une partie de l’argent récolté aide à financer le fonds « Legacy », qui a pour mission de défendre la survie et la culture des peuples isolés que le projet Genographic met à contribution. Cela ne désarme pas les associations pour autant, ni le généticien Pierre Darlu. Il écrivait déjà, en juin 2008, dans Le Monde-Diplomatique : « Les objectifs, si louables soient-ils, demanderaient la mise en place de structures indépendantes de contrôle qui ne soient pas simplement un comité consultatif investi par les propres promoteurs du projet. Rien ne semble clairement proposé sur ce point. » C’est toujours vrai aujourd’hui.

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(Le kit de prélévement d'ADN fourni par National Geographic)

2 – Un Oriental chez les Auvergnats

Un mois après avoir envoyé les échantillons, j’ai reçu une abondante documentation sur l’état actuel des recherches en génétique des populations, dix pages imprimées et deux cartes m’expliquant les mouvements probables de mes ancêtres depuis 60.000 ans. Mon ADN dit mitochondrial (transmis par ma mère) et mon chromosome Y, les éléments les moins variables de mon génome au fil des générations, ont parlé. J’avoue que j’ai été surpris, et laissé rêveur, d’appartenir à une lignée paternelle reliant à un groupe d’hommes extrêmement rare en Europe, « l’haplogroupe G » : 1 à 3 % d’habitant en sont. Moi qui croyait être Auvergnat par mon père, et comme tel, plutôt descendre des hommes qui dressaient des menhirs de granit au néolithique, après l’arrivée de l’Homme de Cro-Magnon ; ou encore des fiers Arvernes, dont Vercingétorix fut le chef. Hé bien non. D’après la génétique des populations, les hommes présentant la mutation 201 apparaissent il y a 30000 ans dans les régions montagneuses du Caucase, l’actuel Iran, l’Afghanistan, le nord du Pakistan et au Cachemire. Ces lointains et surprenants ancêtre ont laissé très peu de descendants. Ils se sont déplacés les millénaires suivant, emportant avec eux leurs chèvres et leurs moutons, s’installant sur les contreforts des montagnes.

Par la suite, vers 10000, quelques-uns de ces « M201 » ont gagné le « Croissant Fertile », la grande région comprise entre la Méditerranée et le Golfe persique, autour du Tigre et l’Euphrate, où ils se sont sédentarisés. Les amateurs d’histoire ancienne connaissent la suite : une première civilisation naît là, entre -9500 et -7000, développant l’agriculture, l’artisanat et se regroupant en cités importantes. Peu à peu, la population croissant, une partie des « M201 » quittent le Moyen-Orient pour s’installer vers - 7000/5000 dans les îles méditerranéennes, la Turquie, les Balkans ou remonter vers la Géorgie. Une petite troupe gagne ensuite l’Europe du Sud puis du Nord, tandis que la majorité bifurquent vers la Russie et la Turquie. Au final, aujourd’hui, ces Caucasiens devenus des Orientaux, représentent donc 1 à 3% des Européens - dont quelques Auvergnats, ce qui devrait intéresser notre ministre l’Intérieur, Mr Hortefeux. Par contre, les « M201 » forment jusqu’à 30% de la population des régions montagneuses de Géorgie - Staline était de l’haplogroupe G -, du Caucase et du Nord de la Turquie. On en trouve encore 14% en Sardaigne, 10% au nord de l’Italie, 7% en Turquie, 2 à 3% au Sud, en Grèce, au Liban, en Syrie, au Moyen-Orient, et jusqu’en Ethiopie. Un petit nombre a gagné l'Ouzbékistan, la Mongolie et la Chine, chez les Ouïgours. Quelle saga. !

3 – Jeanne d’Arc a-t-elle défait mon lointain aïeul anglais ?

Qu’en est-il de ma lignée maternelle ? Et que croire des légendes qui circulent dans ma famille: l’une d’elles prétend que la lignée de ma grand-mère normande, Marthe, une « Talbot », serait affiliée à une famille anglaise remontant à John Talbot, comte de Shrewsbury, un des chefs anglais défaits par Jeanne d’Arc en 1429 pendant le siège d’Orléans ? Selon Genographic, mon ADN maternel présente un marqueur le classant dans l’« haplogroupe » dit « H », très courant en Europe : on le retrouve chez 40 à 60% des habitants, selon les régions. Il apparaît 35.000 ans avant J.C, quand les populations des Homo sapiens venues probablement de l’actuelle Russie et la Turquie, gagnent l’Europe du Nord, profitant d’un bref adoucissement climatique. C’est la période du Paléolithique supérieur, qui voit « l’Homme de Cro-Magnon » - un Homo Sapiens de l’haplogroupe « HV » puis « H » comme moi - s’installer dans toute l’Europe du Nord, apportant des nouvelles techniques dans la taille de la pierre. Ce robuste Homo fait reculer l’Homme de Neandertal jusqu’en Espagne, où il s’éteint vers 29000 sans que nous sachions pourquoi. Bientôt, le climat se refroidit, le Nord de la France se voit occupé par la toundra, le Sud par la taïga, et les aurochs, les rhinocéros laineux, les mammouths et les lions des cavernes prospèrent plus que les humains, dont les groupes comme la diversité se réduisent. Mais « H » résiste. Perfectionnant leurs techniques d’outillage et leurs armes - l’arc date de 17000 – ces hommes descendent vers le Sud, l’Espagne, l’Italie et les Balkans. Vers 15000, le climat se réchauffant, ils remontent vers le Nord en suivant les côtes atlantiques, jusqu’à l’Angleterre - voilà qui expliquerait peut-être mes ascendances Talbot. Et pourquoi, à la moitié du XXe siècle, un certain Pierre Joignot, auvergnat héritier d’une lignée rare en France, employé au déminage des bunkers de la Manche, et une femme normande aux aïeux anglais, se retrouvent à Paris, s’aiment et m’enfantent.

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(Le prélévement d'ADN et le suivi des chromozones maternels et paternels ne donne des indications que sur une partie des ancêtres)

4-L’astrologie du passé ?

Toute cette histoire de mes ancêtres, livrée par mon ADN, est-elle crédible ? J’ai montré mes résultats au laboratoire de l’institut Pasteur associé au Genographic Project pour son volet en science dure. Luis Quintana-Murci, directeur de l’Unité de Génétique Evolutive, qui s’occupe des échantillons d’ADN recueillis en Europe de l’Est et centrale, m’a aussitôt prévenu : « Vous comprenez bien qu’en remontant la piste de votre père à travers le chromosome Y, vous oblitérez la lignée de sa mère et sa grand-mère maternelle. Quant à celle de votre mère, elle ne dit rien de son grand-père paternel. Et ainsi de suite, en remontant le passé… Vous n’avez donc accès qu’à une petite partie de vos ascendants.» Autrement dit, quand les textes de Genographic parlent de « mes ancêtres », ils exagèrent. Il s’agit seulement des deux lignées directes de mes parents, non du véritable arbre généalogique de mes ascendants. Quant aux routes migratoires suivies depuis 30.000 ans, elles désignent les grandes pérégrinations prises par des groupes de population, non par les individus eux-mêmes. « Pourquoi voulez-vous que vos ancêtres aient pris le chemin le plus court, et suivi la carte de National Geographic ? me répond, moqueur, André Langaney, l’ancien directeur du laboratoire d’Anthropologie du Musée de l’Homme. L’histoire de leurs déplacements a dû ressembler à cela, en beaucoup plus compliquée, mais elle a peu de chance d’être cela ! » Enfin, les migrations décrites par ces cartes migratoires restent celles supposées par l’état actuel des recherches, certaines étant encore peu connues, ou approximatives.

Par exemple, grâce au laboratoire de Luis Quinta Murci à Pasteur, nous savons depuis 10 ans seulement, par quelle route Homo Sapiens a quitté l’Afrique, puis suivi les zones côtières du Moyen-Orient vers l’Inde. Beaucoup d’autres routes restent encore mal définies, comme celle de la conquête des Amériques ou de l’Asie du Sud-Est. À chaque fois, si la génétique aide, elle ne suffit pas pour identifier le parcours compliqué d’un groupe humain, très dépendant des aléas historiques, géologiques, climatiques. Il faut toujours croiser les recherches dans une approche pluridisciplinaire. « Pour établir un itinéraire, explique Luis Quintana Murci, nous devons croiser les résultats de la génétique avec les études linguistiques, les recherches sur l’évolution de l’agriculture, l’histoire de la domestication et l’artisanat, la climatologie, etc.» Alors les données grand public fournies par Genographic relèvent-elles d’une sorte d’« astrologie du passé », comme ironise André Langaney ? Tout dépend ce que vous en attendez. Elles offrent le méritent de donner au profane les grandes lignes de l’extraordinaire voyage qu’une partie de ses ancêtres a effectué, millénaire après millénaire, pour arriver jusqu’à vous, que vous viviez dans l’île Inaccessible ou à Cape Town. Elles lui fournissent un aperçu de la continuité humaine, et nous apprennent que nous constituons une seule et même espèce aux variations génétiques infimes. Comme le rappelle le Dr Spencer Wells de Genographic : « Nous sommes tous cousins. Deux mille générations seulement nous séparent des hommes sortis d’Afrique. » Voilà pourquoi, si un Auvergnat a besoin d’un don d’organe, il trouvera aussi bien un donneur compatible en bas de chez lui qu’en Arabie.

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Il n’empêche. Il arrive que les interprétations des migrations de ses lointains parents mènent à de véritables traumas identitaires chez certaines personnes racistes. Je l’ai vérifié plusieurs fois, autour de moi, dès que j’ai parlé de cette enquête, et présenté les résultats. Toute allusion à des différences génétiques, si minimes soient-elles, ou des origines géographiques lointaines et millénaires, suscite bien souvent un malaise. Il me semble que le Genographic Project devrait être accompagné d’un volet didactique sur ces questions, remettre clairement en question les notions de « race », bien préciser ce qu’ils appellent des « marqueurs ethniques », et préciser sa position éthique car une philosophie égalitaire et respectueuse des êtres vivants doit être fondée par la morale, non pas la science. À ce propos, André Langaney, directeur d’un des ouvrages de référence sur ces questions « Tous parents, tous différents » (Université de Genève, 1997), me dira : « J’ai beaucoup bataillé contre Gérard Lucotte, le conseiller scientifique de Le Pen, qui affirmait qu’il existe un « chromosome juif ». En fait, il n’y a pas de marqueur génétique de la race. On n’a jamais pu en isoler un qui soit présent, par exemple, chez tous les « Noirs » et absent chez tous les « Blancs ». Dés qu’on commence à définir une race, en cherchant des critères de classification, on n’en finit plus. Certains sont allés jusqu’à 450 ! S’il fallait pousser la classification à son terme, il faudrait définir une race par individu, car nous sommes tous différents. Pourtant, aujourd’hui, certains sites de généalogie génétique vous proposent déjà des tests de paternité, ou d’identifier vos origines juives en parlant d’un « haplogroupe Cohen ». C’est dangereux. Les gènes n’ont pas de race. »

UN ENTRETIEN AVEC LE BIOLOGISTE

LUCA LUIGI CAVALLI SFORZA

 

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« La notion de race est inutile et dangereuse »

Luca Luigi Cavalli Sforza est un des pionniers de la génétique des populations et l’inventeur de la géographie génétique. C’est des plus célèbres généticiens, professeur émérite de l’université de Stanford. Toute sa vie, il a lutté contre la notion de race, qu’il juge « inutile ». Associé au projet Genographic, il a bien voulu répondre à nos questions.

Ces analyses génétiques pour découvrir ses ancêtres ne risquent-elles pas de relancer les polémiques racistes ? Vous avez, comme beaucoup d’autres biologistes, dit que la notion de race était « inutile »…

C’est Charles Darwin qui a montré l'inutilité de chercher à définir des races chez l'homme. Cela est démontré par le fait que les anthropologues ne réussissent pas tomber d’accord sur sa définition. À son époque, des anthropologues différents parlaient de 2 races, et d’autres de plus de 60… Moi-même, j'ai proposé des classifications de groupes humains, j’en ai établi une fois 8, une autre 38, et même des centaines selon le problème considéré. La notion de race ne sert à rien.

L'égalité et la continuité de l'espèce humaine ne doit-elle pas être fondée par une morale du respect plutôt que par la génétique ?

Je suis d'accord. Le racisme est la conséquence du désir de se donner beaucoup d’importance, se définir comme supérieur aux autres. Il est surprenant que beaucoup de personnes intelligentes soient tombées dans ce piège. C'est un aveu de faiblesse, le besoin de se rassurer sur sa valeur personnelle en croyant appartenir à un groupe d'élus.

D’après les résultats des analyses de Genographic, ma lignée paternelle vient de Georgie et du Caucase. Or ma famille vit en France depuis plusieurs siècles, notamment en Auvergne. Quel voyage !

Vous savez, le Moyen-Orient, y inclus la Georgie et l'Arabie, ont été peuplés très tôt par la migration de la petite tribu d’hommes d'Afrique de l’Est qui, sans doute descendant le Nil, a engendré notre espèce entre 60,000 et 50,000 avant notre ère. C'était alors une zone très riche, puisqu'elle a permis une importante croissance de la population, et par conséquence des mouvements de population dans toutes le directions. Cette richesse a duré longtemps, car le Moyen-Orient a donné lieu à une autre grande expansion humaine, dans toutes les directions, la France comprise, commencée vers 12,000 avant J.C C’est arrivé à la suite du développement de l'agriculture - surtout le blé et l’orge- et la domestication des animaux - les chèvres, les brebis et les vaches. Cette deuxième expansion a produit des agriculteurs et pasteurs qui se sont multipliés, et mêlés avec les chasseurs-cueilleurs qui avaient déjà conquis le monde entier depuis 10,000 ans.

Mais comment, seulement sur la base du chromosome Y et de l’ADN maternel, est-il possible de retracer les déplacements de ses ancêtres ?

Vos ancêtres ont certainement ont dû se déplacer beaucoup plus que cela, dans une aire géographique très grande. On pourrait faire des calculs compliqués de probabilité pour estimer les endroits où ils voyagèrent, mais comme 2000 générations sont passées depuis qu’ils ont quitté l’Afrique, ils peuvent avoir visité beaucoup de pays…

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À LIRE AUSSI …

Quand les généticiens nous promettent la lune

LA CARTOMANCIE GÉNÉTIQUE

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Tout comme la généalogie, la génétique médicale grand public connaît un succès considérable. Hors de France, les sociétés américaines et canadiennes DNAdirect, 23andme, DecodeMe, Navigenics offrent de détecter à l’avance, moyennant 500 à 1000 dollars, les maladies que vous êtes susceptible de développer. En ciblant le 0,1% de différence entre le génome de deux individus, elles repèrent les points de l’ADN où s’expriment les variations susceptibles d’induire certaines maladies ou traits anatomiques. Les analysant, elles proposent une liste de vos maladies possibles - accident cardiovasculaire, diabète, cancer colorectal, cancer du poumon, maladie de Parkinson, thrombose veineuse, etc - et le pourcentage des chances encourues de les attraper. Le marché est déjà d’importance, un public riche se fait tester à travers le monde, si bien que Google a investi en 2007 plusieurs millions de dollars dans 23andme, puis dans Navigenics.

Depuis, les critiques des milieux médicaux se multiplient tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Comment en effet prévoir un cancer du poumon sur la lecture d’une variation d’une paire de nucléotides, sans tenir compte du fait qu’on soit fumeur ? Cela vaut pour presque toutes les maladies : l’environnement, le mode de vie, l’hygiène sont décisives. Rares sont les maladies associées à un seul gène comme la mucoviscidose. L’imprécision de telles prévisions n’a pas échappé à la presse américaine, qui parle d’une « astrologie médicale » jouant sur nos angoisses. Si bien qu’en 2008, 24 états dont la Californie ont interdit ou réglementé les analyses génétiques en accès direct. En France, l’Inserm rappelle que ces tests « doivent rester des actes de biologie médicale effectués sur prescription. »

Commentaires

  • Je suis étonné des possibilités qu'offre la génétique,alors je voudrais savoir
    si a partir de l'ADN de ma mère on peut retrouver la trace de son père ,car elle ne la jamais connu,et comme elle est très malade son rêve est de le connaitre ou au moins d'avoir une photo de lui afin qu'elle sache a quoi il ressemblait !
    Pouvez vous m'aidez,toute aide ou conseil est bienvenue

  • Intéressant, ce "Genographic Project" de National Geographic.
    Mais, est-ce légal en France ? ou risque-t'on 1 an de prison ou 15000€ d'amende ?
    Cette étude dure jusqu'à quand ?
    cordialement

  • Captivant de le lire. Je voudrais en connaitre bien plus sur le sujet!

  • J'ai toujours rêver d'en faire autant.

  • merci de me dire comment ce coonecter pour acheter le kit

  • 1.Nathan -Non, votre mère ne peut pas remonter la lignée paternelle par ce biais. L'ADN mitochondrial ne se transmet qu'en lignée maternelle, par les filles donc...
    2. fine -Il faut se connecter sur le site Genographic Project de National Geographic ( site anglais ). L'Institut Pasteur ne fait pas de pub à ce sujet...
    3. Benoît - Si vous le faites, vous n'êtes pas obligé de le crier sur les toits.

  • Bonjour,
    je suis tombé par hasard sur votre blog en effectuant des recherches sur mes origines. Les réserves que vous faites sur l'intérêt (ou la validité...) des test proposés par le projet Genographic (après avoir interrogé de grands généticiens comme Luca Luigi Cavalli Sforza, Luis Quintana-Murci ou encore André Langaney ) sont-elles toujours valables trois ans plus tard (votre narration est datée du 16 janvier 2010)? En effet, en matière de sciences, les choses évoluent parfois assez vite. Je me permets de vous poser la question parce que je constate que le sujet vous est familier et que vous devez certainement vous tenir au courant de cette actualité.
    Vous comprenez, compte-tenu du coût relativement élevé (240 dollars!), j'hésite avant de commander le fameux kit...
    Merci pour votre réponse,
    Cordialemnt,
    JP PUDDU
    JP PUDDU

  • Bonjour,
    Ce que n'a pas vu sans doute votre mère, ou son entourage, c'est que les "TALBOT" comme beaucoup de seigneurs locaux après l'arrivée du duc de NORMANDIE, Guillaume, et des Plantagenêts, sont en fait originaires de NORMANDIE, au sens large, vers l'Anjou et le Perche........Il y a eu très peu de gens d'Angleterre en France à ce moment là, la plupart des composantes des armées du roi d'Angleterre étaient des seigneurs et des gens des provinces de FRANCE, y compris le roi et la Cour d'ailleurs, et en plus ils ne parlaient pas anglais....!
    En fait, ça a été à la fois une colonisation Provinces françaises vers Grande-Bretagne et une guerre civile franco-française.............

  • Cher Monsieur,

    Mon dernier livre « Les biotechnologies :quelles limites ? » vient de paraitre aux éditions l'Harmattan.

    Cet ouvrage, qui décrit les avancées réalisées à ce jour dans les biotechnologies, pose le problème de la finalité du progrès dans ce domaine et montre que « Progrès scientifique et technique » ne rime pas toujours avec « Progrès de l’Humanité ».

    Ce livre pourrait vous intéresser ainsi que des membres de votre Blog.

    A quelle adresse E-mail puis-je vous envoyer un ficher PDF de présentation de mon ouvrage?

    Très cordialement

    Bernard FONTAINE

    Directeur de Recherche Emérite au CNRS

    06 10 27 87 28

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