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  • APRÈS L'UNION LIBRE LE POLYAMOUR OU COMMENT AIMER PLUSIEURS PERSONNES EN MÊME TEMPS.

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    (Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris et Michelle Vian. Sartre fut longtemps épris de Michelle tout en continuant à vivre avec Simone. DR)

    NEWS NEWS NEWS. Je me rappelle encore la foule émue qui  accompagna Jean-Paul Sartre au cimetière du Montparnasse ce printemps 1980, quarante, cinquante mille personne peut-être. A l'époque, je faisais mes derniers mois à Libération, dont il était toujours le directeur de publication. Ce jour-là, Simone de Beauvoir est restée assise près de sa tombe, immobile, pendant plusieurs heures tandis que la foule renversait les tombes et piétinait les fleurs pour s'approcher d'eux. Nous les aimions et les admirions ces deux là, Sartre et Beauvoir, pour toutes sortes de bonnes et mauvaises raisons, pour leur philosophie de la liberté, pour avoir fait naître le mouvement féministe, pour leur soutien à Mai 68, pour toutes leurs erreurs aussi, qui furent les notres. Mais aussi parcequ'ils avaient inventé "l'union libre", tenter de préserver l'amour sans s'alièner, s'autoriser d'en aimer d'autres, d'aller trouver du plaisir ailleurs, tout en continuant l'alliance. Et ils avaient tenu, continué à habiter ensemble malgré des crises à répétition, des éloignements presque à la rupture, des échappées, et puis... et puis, elle était toujours là, devant sa tombe, effondrée, magnifique.

    "L'union libre", ce fut le premier pas de danse des amours ouvertes, passionnées et jouissives des années 1970-1985, quand plusieurs générations s'essayèrent à explorer les rencontres multiples, la légéreté du désir, l'orgiaque, la bi-sexualité, refusant de retomber dans la monogamie exclusive, et sans renoncer à l'amour - vaste et douloureux programme. Dés 1985, Sa Saloperie le Sida se chargea de calmer ces belles ardeurs. Aujourd'hui que nous savons mieux comment nous prémunir de la maladie, une liberté de moeurs réapparaît, encore timide, cherchant ses manières, ayant réfléchi aux excès des années 1970 et du culte du désir, souvent exalté au détriment de l'affectif et de l'amour. Aux Etats-Unis, en Californie  particulièrement, ce mouvement s'appelle du joli nom de "polyamour". Il conquiert des coeurs en France. Enquête (publiée dans Le Monde Magazine de la mi avril)

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