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  • UN GRAND ENTRETIEN AVEC DANIEL COHN-BENDIT SUR L'ECOLOGIE POLITIQUE ET LA SITUATION FRANCAISE. "SORTONS DU NUCLEAIRE, N'ATTENDONS PAS TOUT DE L'ETAT NI DU MARCHE, OSONS LE GREEN DEAL"

    (DR) Daniel_Cohn_Bendit2.jpg

    NEWS NEWS NEWS Une semaine avant le sommet de Copenhague, une rencontre avec le leader d'Europe Ecologie, fort de son succès aux élections européennes - 16,28% des voix pour 16,48% pour le PS - et le théoricien de l'intelligence collective et des réseaux Yann Moulier-Boutang (paru dans le Monde Magazine, 5 décembre 2009)

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    Etait-ce la répétition, sur les planchers de l’Assemblée Nationale, de ce qui se passera au sommet international de Copenhague sur le climat ? Les partis politiques français, conviés par Europe Ecologie et Daniel Cohn-Bendit à venir débattre de la position française ont traîné les pieds. Les partis de gauche ont déclaré ne pas « vouloir débattre avec la droite ». Seul Michel Rocard s’est déplacé, Jacqueline Fraysse du PCF aussi, mais à titre personnel, ainsi que deux députés de l’UMP et du Nouveau centre. Le seul grand rallié fut le patron du Modem, François Bayrou, qui s’est réconcilié avec Daniel Cohn-Bendit pour déclarer : «Pour faire quelque chose de sérieux sur ce sujet (du climat), il faut se rassembler. » Une alliance qui fait des remous chez les Verts, et inquiète le parti socialiste à la veille des élections régionales : une nouvelle force politique Vert-Centre gauche se dessinerait-elle en France, qui bouleverserait le paysage politique ?

    En l’absence de dirigeants de gauche et de droite, ce forum de l’Assemblée a laissé un sentiment désolant de division. On pourrait craindre qu’à l’image des leaders français, les dirigeants mondiaux n’arrivent pas à s’entendre à Copenhague, et que le sommet s’achève sur une série de vœux pieux, sans véritable engagement ferme des pays. Ce serait désastreux. Il semble pourtant que les gros pollueurs comme le Brésil, la Chine, l'Inde et les Etats-Unis soient décidés à prendre date devant l’opinion mondiale - les leaders parlent de se fixer des objectifs précis de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais faut-il les croire ? Le gouvernement indien annonçait hier qu'il refusera de se laisser dicter toute décision internationale.

    « C’est l’intérêt commun qui nous pousse à faire ce genre de débat » déclarait, très remonté, Daniel Cohn-Bendit à l’Assemblée Nationale. L’homme a changé depuis les résultats d’Europe Ecologie aux élections européennes, où son parti a fait jeu égal avec les socialistes. Il défend un programme original, s’affirme comme un leader national. Mais quelle est sa philosophie politique ? Nous connaissons les écrits d’Alain Lipietz sur le dépassement de l’affrontement « droite-gauche », les positions d’Yves Cochet sur l’encouragement à la « sobriété », mais que pense Daniel Cohn-Bendit ? Se dit-il toujours « libéral-libertaire » ? De gauche ? Le Monde Magazine l’a rencontré chez lui, à Francfort. Au cours de cet entretien, auquel participait un de ses proches, l’économiste spécialiste des réseaux sociaux Yann Moulier-Boutang, il défend l’écologie politique, le seul « réformisme radical » selon lui. Daniel Cohn-Bendit retrace ici comment l’écologie politique est apparue, ses combats, ses penseurs, et comment elle s’est constituée à la fois contre l’étatisme « infantilisant » et le libéralisme « destructeur ». Il avance plusieurs idées stratégiques pour changer la société française : sortir du nucléaire, engager un « new deal » des énergies propres, encourager les industries vertes, démocratiser la veille France centralisatrice et autoritaire.

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