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  • "J’AIME LES CAFARDS..." REPORTAGE DANS LES CAVES VELUES. SORTIE DE LA REVUE RAVAGES CONSACREE A L'ANIMAL

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    NEWS NEWS NEWS Les cafards font preuve d’une actualité perpétuelle. Ils triomphent dans les vide-ordures, envahissent chroniquement nos hôpitaux, rapetissent en quelques générations pour se blottir dans nos téléviseurs et se multiplient dans les gaines de chauffage. A Tel Aviv, en décembre 2007,  le neurobiologiste de l'Université Ben Gourion Frederic Libersat cherche à comprendre comment agissent les neurotoxines présentes dans les venins. Il avait récemment découvert que le venin des guêpes Amputex faisait baisser l'activité de certains neurones de la blatte spécialisés dans la production du neurotransmetteur nommé octopamine. Pour vérifier, il a injecté de l'octopamine dans le cerveau de blattes paralysées par les gupères. Lesquelles ont aussitôt retrouvé l'usage de leurs pattes. L'arcticle vient d'être publié dans The Journal of Experimental Biology : grâce aux blattes nous progressons ainsi dans la compréhension des venins et du sytème nerveux.

    Pendant ce temps, au  Centre de recherches pour la cognition animale de Toulouse (CNRS), une équipe travaille depuis 2005 à des petits robots qui s’auto-organisent en troupe comme des cafards, et sur un “leurre” capable de vivre au milieu des blattes et d’influencer leurs comportements. Selon Jean-Louis Deneubourg de l’Université Libre de Bruxelles, "l'objectif à long terme de ces leurres serait de réaliser des sociétés d'animaux et de machines dont les interactions doteraient ce système de nouvelles fonctionnalités" - par exemple pour développer la pollinisation de la flore (aujourd’hui menacée par le réchauffement).

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    Mercredi, me voici rue Saint-Honoré, au siège parisien de la société Attila. Cette société détruit tous les insectes parasites, elle traque les rats et les souris, elle chasse les pigeons et éloigne les chats, elle empêche les chiens de lever la patte sur les trottoirs. J'ai rendez-vous avec la directrice Mlle W. Au mur, sur une affiche publicitaire, un Mongol armé d'un sabre de Samouraï décapite des rats et éventre des cafards. Il s'écrie en lettre capitales "BANZAÏ ! FAITES CONFIANCE A ATTILA, LE FLEAU DU CANCRELAS ». Dessous, sur un casier métallique, une série d'éprouvettes pleines de poudres bleues, de cristaux blancs - des redoutables pesticides...

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  • L'ÉVANGILE DE JUDAS, l'AMI DE JESUS SELON LES GNOSTIQUES

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    NEWS NEWS NEWS LA PLEÏADE (GALLIMARD) PUBLIE LES ECRITS GNOSTIQUES DE LA BIBLIOTHÈQUE DE NAG HAMMADI (IVe SIECLE), UNE COLLECTION DE TEXTES DECOUVERTS EN EGYPTE QUI ONT RENOUVELE NOTRE VISION DU CHRISTIANISME PRIMITIF : ON Y TROUVE DES EVANGILES NON RECONNUS PAR L'EGLISE

    "L'EVANGILE DE JUDAS", PRÉSENTANT UN JUDAS PROCHE DE JÉSUS ET "INITIÉ" PAR LUI , RETROUVÉ DANS LES SABLES DU DÉSERT EGYPTIEN, AVAIT DEJA ETE PUBLIÉ EN JUIN 2006 CHEZ FLAMMARION . CE TEXTE PROCEDAIT A UN VÉRITABLE RENVERSEMENT DE PERSPECTIVE SUR JUDAS.

    QUI A ECRIT CE TEXTE QUI DERANGE LE DOGME CATHOLIQUE ? BIBLIOGRAPHIE


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    Le 24 juillet 2001, Rodolphe Kasser, titulaire honoraire de la chaire de cooptologie à l’université de Genève, un des grands spécialistes mondiaux de la langue copte - le grec des chrétiens égyptiens -, pousse la porte d’un grand café de Zurich. Le vieux professeur - soixante dix ans - a la main droite qui tremble et marche en boitillant. Depuis peu la maladie de Parkinson l’attaque. Le voyant arriver en tirant la jambe, la marchande d’art Frieda Tchacos pense aussitôt : " Ce vieux monsieur ne survivra jamais à la restauration du document que je lui apporte".
    Rodolphe Kasser écoute Frieda Tchacos, et il comprend qu’à nouveau l’étude du copte lui fait croiser l’Histoire en capitale. La marchande d’art lui demande s’il est intéressé à traduire un " codex " copte - entendez une livre cousu constitué de papyrus - vieux de dix-huit siècles, se présentant comme un " Évangile de Judas ", et proposant une nouvelle interprétation du rôle et du personnage du plus célèbre traître de la chrétienté - devenu un nom commun, " Judas...

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  • ALAIN CORBIN, HISTORIEN, AUX RENDEZ-VOUS DE L'HISTOIRE A BLOIS : "LE CORPS DANS TOUS SES ETATS". ENTRETIEN : "LE XVIIIe FUT LE GRAND SIECLE DE LA RECONNAISSANCE DU CORPS"

    NEWS NEWS NEWS Dès la première conférence des douzièmes "Rendez-Vous de l'histoire", réunis dans le magnifique chateau de Blois et consacrés au « Corps dans tous ses états », il a fallu refuser du monde. Le public s'est bousculé, parfois à corps éperdu, pour écouter plusieurs dizaines d'historiens et personnalités des sciences humaines sur des sujets différents que "les anormaux", le sport spectacle, le bronzage ou la chirurgie esthétique.  On y croisait ... Sylviane Agacinski, Fabrice d’Almeida, Jean-Pierre Azéma,  Georges Balandier, Antoine de Baecque, Pascal Blanchard, Pascal Boniface, Alain Corbin, Joël Cornette, Arlette Farge, Antoinette Fouque, Françoise Héritier, Jean-Noël Jeanneney, Claude Lanzmann, Henry Laurens, Bruno Laurioux, David Le Breton, Amin Maalouf, Adelwahab Meddeb, Pascal Ory, Mona Ozouf, Michelle Perrot, Pascal Picq, Yves Pouliguen, Anne Rasmussen, Daniel Roche,  Michel Winock, et d'autres encore…« Tous ces corps pour voir le corps, c'est formidable », a lancé Jean-Jacques Courtine, professeur à la Sorbonne, tandis que la philosophe Françoise Gaillard et l'historien Georges Vigarello présentaient "100 000 ans de beauté", un pavé en cinq tomes publiés par les éditions Gallimard, à l'initiative de la fondation L'oréal. Une somme colossale, commanditée par Béatrice Dautresme, la directrice, qui a voulu lancé une sorte de recherche à ciel ouvert sur la beauté, à laquelle ont contribué 300 chercheurs, beaucoup d'historiens du corps, des crtiiques d'art, des philosophes, des écrivains de S.F, des couturiers,  pour écrire 355 articles, trop courts souvent tant on aimerait aprendre plus, ajoutez autant d'images fortes,  photographes, plasticiens - le tome 5 sur "le corps du futur" passionnera  (125 € en souscription).  En regard de cet événement, qui fait la part belle à l'histoire des moeurs, voici un entretien avec Alain Corbin, fameux historien présent à Blois, l'auteur du "Miasme et la jonquille", l'historien de la fascination pour les bords de mer, qui a par ailleurs co-dirigé et publié en 2005-2006 la monumentale "Histoire du Corps" des éditions du Seuil - où les textes sont très étoffés.

     

     

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    , dans l'ouvrage publié au Seuil, sur l'histoire et les évolutions de notre conception de la sexualité entre 1770 et 1960 - qui se révèle passionnate, et riche de surprises. Alain Corbin a été surnommé par ceux qui apprécient ses travaux, "l'historien du sensible" car il s'est intéressé à l'histoire des représentations et du vécu de la sensibilité physique, que ce soit l'évolution de l'odorat et du dégoût olfactif depuis le Moyen Age - dans "Les miasme et la jonquille" -,  ou  encore à la fascination des Européens pour les bords de mer. Cet observateur d'une histoire sensitive et vécue de nos moeurs raconte ici pourquoi la période qui s’étend entre le milieu du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe fut " le grand siècle " du corps (entretien publié dans le Monde 2, avril 2005)

    BIBLIOGRAPHIE ALAIN CORBIN

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    Lien permanent Catégories : MOEURS
  • "INFANTILISATION DES ADULTES, PUERILISATION DES ENFANTS". UN ENTRETIEN AVEC BERNARD STIEGLER

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    NEWS NEWS NEWS. La pensée est aussi une activité de scène, de confrontation avec un public, d'échanges animés et parfois polémiques. Le philosophe Bernard Stiegler en un de ces batailleurs de pleine salle, qui intervient sur plusieurs fronts en ce mois d'octobre. Il développait une critique de la "perte actuelle du savoir", mais aussi du stalinisme, à la Maison de la Poésie, invité par le journal L'Humanité. Il défendait les amateurs d'art contre les consommateurs de culture à la soirée lancée par l'association Libre Accès consacrée au logiciel libre. Il sera le 13 à Lille pour le nouveau cycle de conférences l'Espace Culturel de la ville. Voici un entretien que j'ai fait avec Bernard Stiegler, en otant les questions,  pour la revue RAVAGES, dont le thème est "l'infantilisation générale" - ce qui a constitué le thème de nos discussions, qui ont ensuite été regroupées en un texte cohérent.

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    « L’infantilisation des adultes, la puérilisation des enfants, la destruction des rapports de générations, tout cela revient à réfléchir au pouvoir immense du marketing sur une société devenue un troupeau de consommateurs. Permettez-moi un détour… Le capitalisme a muté au début du vingtième siècle, avec le fordisme. Nous sommes alors sortis de l’époque productiviste du capitalisme, celle de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle et début du XXe siécle qui a transformé nos vies – des chemins de fer à l’électricité alimentant l’usine et les nouvelles concentrations urbaines. Ce capitalisme a transformé les ouvriers, les artisans, les paysans en prolétaires. Grâce aux avancées techniques, aux nouvelles machines, la productivité s’est trouvée multipliée par dix, cent, parfois par mille… Ces énormes gains de production ont assuré la prospérité de la la petite bourgeoisie intellectuelle, de la moyenne bourgeoisie des entrepreneurs et des commerçants, et de la grande bourgeoisie industrielle, de la finance et du capital. Henri Ford invente la voiture bon marché et le consommateur Au début du siècle, de nouvelles méthodes de travail vont être expérimentées pour accroître encore la productivité. C’est d’abord le taylorisme, imaginée par l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor (1856-1915). On cherche à organiser scientifiquement le travail, « The One Best Way », la meilleure façon de produire, le rendement maximum grâce à l'analyse des techniques de production (gestes, cadences). C’est aussi le  passage du salaire à la tâche au salaire à l'heure. La méthode de Taylor prouvera son efficacité dans la sidérurgie, qu’il formalisa en 1911 dans « Les principes du management scientifique ».

    C’est alors que Henri Ford, fondateur de la Ford Motor Company, apparaît. Pour produire la fameuse Ford T, il va encore perfectionner le travail à la chaîne - que Charlot met en scène dans les « Temps modernes ». En même temps, il se dit : On peut encore augmenter considérablement la productivité. Pour cela, il faut inventer une nouvelle logique de distribution et de vente. En conséquence, il installe des concessionnaires Ford dans le monde entier, vend des voitures par centaines de milliers. Il développe encore l’idée que le peuple doit consommer, profiter des nouvelles inventions techniques - c’est selon lui la seule façon de développer l’industrie, mais aussi la bonne manière d’obtenir la paix sociale et civile. Ce faisant, il invente le concept de « consommateur ».

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