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  • BENJAMIN BARBER, PHILOSOPHE POLITIQUE AMERICAIN : "NOUS VIVONS UNE INFANTILISATION GENERALE"

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    NEWS NEWS NEWS. Le philosophe politique Benjamin Barber, ancien conseiller du présdent  Clinton, auteur d'une critique du "fondamentalisme néolibéral américain" (Mc World versus Jihad, Fayard) qui participe au grand projet de  Wikipedia de construire un riche corpus encyclopédique consacrée à la « Politique », vient de publier dans la revue radicale Nation un bel article  sur « l’espace public » à New York (ici : barber ) où il appelle à la création d’espaces sans voitures et piétonniers, à la manière des Ramblas de Barcelone, où les new yorkais pourraient se promener et dériver, les artistes se montrer, les enfants jouer, etc – bref à une accaparation de la ville par le public en divers lieux de la Grosse Pomme. Benjamin Barber a fait beaucoup parler de lui au moment de la grande crise financière de l’automne 2008 dans plusieurs articles retentissants.

    En pleine débâcle du système financier, quand nous avons vu chavirer un monde que nos maîtres-penseurs et grands politiques célébraient comme le « meilleur système possible » - que certains philosophes naïfs annonçaient même la « fin de l’histoire » -, le philosophe politique américain Benjamin Barber riait noir. C’était dans The Guardian du 20 octobre 2008. Il riait de l’effondrement du stupide dogme néolibéral selon lequel l’Etat et le bien public sont « le problème » - « the villain » - et le capitalisme consumériste et financier « la solution »  à tous nos problèmes. Il riait noir Benjamin Barber, parce que cela fait trente ans que cette chape de plomb pèse sur nos sociétés. Trente ans que cette pensée unique sert à cacher « l’horrible petit secret », « the dirty little secret » de notre époque. Lequel ? Hé bien… « non, ce ne sont pas seulement les crédits pourris, les financiers, traders et banquiers cupides, les investisseurs pressés et ignorants qui ont généré cette crise mondiale. Ce sont ces décades d’affaiblissement de la démocratie et du capital social ». Le capital social ?

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  • L'HISTOIRE DE TEHELKA, JOURNAL INDEPENDANT INDIEN, QUI FAILLIT FAIRE TOMBER DEUX FOIS LE GOUVERNEMENT, RACONTEE PAR SON REDACTEUR EN CHEF, TARUN S.TEJPAL

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    (Tarun Tejpan en pleine campagne pour relancer Tehelka son journal à New Delhi. DR)

    NEWS NEWS NEWS "L'histoire de mes assassins" (Buchet Chastel) le second roman de Tarun J. Tejpal, rédacteur en chef de l'hebdomadaire d'investigation indien TEHELKA, sort en France cette semaine. Un livre fascinant, qui raconte la vie de cinq hommes de main payés pour assassiner un journaliste. À travers eux, on découvre l'Inde des basses castes et des bidonvilles, l'Inde de "Slumdog Millionaire"  et des misérables,  d'hommes qui tentent de sortir de la pauvreté par tous les moyens, même le crime. Rencontré au festival des Etonnants Voyageurs, Tarun Tejpal raconte ici sa vie de journaliste et l'histoire de la chute et la renaissance de TEHELKA, un des rares journaux indépendants indiens, qui par deux fois a failli faire tomber le gouvernement  par ses enquêtes sur la corruption politique (paru dans Le Monde 2, août 2009).

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    (Bangaru Laxman, le président du Parti du Peuple Indien (BJP, nationaliste hindou) reçoit un pot de vin en direct, filmé par une caméra espion de Tehelka. DR)


    L’image est un peu floue, le son brouillé. Mais on entend distinctement « Un cadeau pour le nouvel an ». Une main tend une épaisse liasse de roupies à Bangaru Laxman, on le reconnaît bien, le président du Parti du Peuple Indien au pouvoir (BJP, nationaliste hindou).
    Il s’empare des billets et les range dans un tiroir sans dire un mot. Cette courte séquence vidéo, filmée par une caméra espion, a failli faire tomber le gouvernement indien cette année 2001. Elle n’est pas la seule, ce qui explique l’énorme scandale qui a suivi : 34 autres personnalités politiques et militaires, plusieurs hauts fonctionnaires, ont encore été filmés acceptant des pots-de-vin. Pour la première fois, la terrible corruption indienne était montrée. En direct. En flagrant délit. Dans ses gestes simples : les billets qui changent de main, les petites phrases cyniques, les silences. Comment ces images ont-elles pu être filmées, rendues publiques ? Elles ont été prises par une équipe de jeunes journalistes d’un site d’information Tehelka.com (Sensation.com) consacré à l’investigation et au grand reportage, qui s’était fait connaître en révélant les pots de vin en usage dans les matchs de cricket, le sport national indien. Il leur a fallu sept mois d’enquête, beaucoup de courage, pour aborder les militaires, les officiels, pénétrer les bureaux où tout se décide. Pour ce faire, les reporters ont créé une entreprise fictive d’armement, Westend International, prétendument spécialisée dans les jumelles thermiques. Ensuite, ils se sont présentés auprès des membres du gouvernement chargés des affaires militaires, pour leur proposer leurs services. Leur vendre des armes. Une fois en contact, après des discussions sur les contrats, ils ont vite compris qu’il fallait graisser des pattes. Au plus haut niveau. Ils ont joué le jeu - avec une caméra cachée.

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