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  • L'AMERIQUE A TORTURE METHODIQUEMENT PENDANT LA GUERRE ANTI-TERRORISTE SOUS LE GOUVERNEMENT BUSH. L'EX GENERALE AMERICAINE JANIS KARPINSKI, RESPONSABLE DE LA PRISON D'ABU GHRAIB, RACONTE...

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    NEWS NEWS NEWS. Les tortures, les détentions illégales, les retentions et les déplacements forcées d'un pays à l'autre, tous les comportements indignes commis par les forcées armées et la CIA sous le gouvernement de Georges W. Bush, de par sa volonté affichée, commencent à sortir de l'ombre. Un rapport du Sénat américain, rendu public le 11 décembre 2008, affirme que la torture a été délibérément développée à Guantanamo puis dans plusieurs camps d'internement de l'armée américaine, notamment en Irak dans la prison d'Abu Ghraib. Le rapport explique et détaille comment, contrairement aux dénégations de l’administration Bush, les sévices subis par les prisonniers à Abou Graib «n’étaient pas simplement le fait de quelques soldats agissants de leurs propre initiative», mais relevaient de directives fixées par la direction militaire, le Secrétaire d'Etat à la Défense Donald Rumsfeld pour commencer - c'est lui, précise le rapport, qui "a transmis le message selon lequel les détenus devaient être soumis à des pressions physiques et des humiliations".

    Ce rapport du Sénat américain fait suite à une enquête de 18 mois, initiée par le sénateur démocrate du Michigan Carl Levin et le sénateur républicain, ancien candidat à la présidence John McCain - ancien prisonnier de guerre au Vietnam, torturé, il s’est toujours élevé contre les méthodes préconisées par Donald Rumsfeld et le président Bush. Rappellons que le 8 mars 2008, George W. Bush lui-même a opposé son veto présidentiel - personnel - à un texte de loi, voté par le Congrès, interdisant aux agents des services de renseignement de recourir au "waterboarding", le supplice de la noyade, et plusieurs autres méthodes d'interrogatoire assimiliées à la torture. "Le danger persiste, il faut nous assurer que les responsables de nos services de renseignement puissent disposer de tous les instruments nécessaires pour arrêter les terroristes", avait alors expliqué le président américain lors d'une allocution à la radio - prenant acte devant l'histoire.

    Ces affaires de torture ont été dénoncé par le nouveau  président américain, Barack Obama, juste après son élection. Il a solennellement déclaré qu'il y mettrait fin, et qu'il allait fermer le camp de Guantanamo. Depuis le mois de juillet 2009, le reproche d'avoir encouragé la torture  a été officiellement adressé par une commission d'enquête à la direction de la CIA et d'anciens membres du gouvernement Bush, dont son vice-président, Dick Cheney. Si Barack Obama a annoncé qu'il préférait "aller de l'avant", estimant que "regarder en arrière n'est pas dans le meilleur intérêt" des Etats-Unis, le "Bureau de responsabilité personnelle" du département de la justice américain a recommandé la semaine dernière la réouverture de nombreux dossiers consacrés aux mauvais traitements des prsonniers, notamment le simulacre d'exécution et le "waterboarding". Cette décision pourrait mener à la mise en examen de certains responsables de la CIA.

    En complément du rapport du Sénat américain, voici un enquête réalisée en janvier 2008 sur les tortures infligées sur plusieurs dizaines de prisonniers à la prison d'Abu Graib en Irak. Elle faisait suite à la plainte pour "crime contre l'humanité" déposée - à l'appui d'un dossier solide ( et effrayant) - par plusieurs associations des Droits de l'Homme contre Donald Rumsfeld, alors qu'il se préparait à se rendre à Paris pour participer à un débat public. Elle m'a mené à rencontrer l'ancienne générale de l'armée américaine Janis Karpinski, dégradée au rang de colonelle par son administration quand l'affaire des tortures d'Abu Ghraib avait été rendue publique  - suite à la publication des photos de sévices sur Internet. Janis Karpinski, comme d'autres officiers, a servi de bouc émissaire dans ce drame.  Ses supérieurs lui ont reproché  de n'avoir pas été avertie que des soldats et des officiers torturaient des prisonniers dans cellules 1A et 1B de la prison d'Abu Ghraib - dont elle avait la responsabilité administrative.

    Aujourd'hui, témoin de premier plan, Janis Karpinski porte plainte contre l'ancien Secrétaire d'Etat à la Défense américain, Donald Rumsfeld pour avoir promulgué en Irak des méthodes d'interrogatoires contraires aux règles de l'armée américaine et à la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Elle l'accuse d'avoir généralisé au Moyen-Orient, en dépéchant le général Miller à Bagdad puis à Bagram en Afghanistan, des techniques de renseignement s'apparentant à la torture mises au point au camp de détention de Guantanamo - consignées dans des "mémorandums" aujourd'hui connus (publiés ci-dessous). Elle refuse la thèse officielle des quelques soldats irresponsables s'adonnant à des actes sadiques dans la prison d'Abu Ghraib. La torture, affirme-t-elle, a été méthodiquement employée contre des prisonniers accusés d'être des "terroristes" - souvent des  Bagdadis ramassés dans la rue la veille, qui avaient le tort de se trouver là, explique-t-elle. (enquête publiée partiellement dans Le Monde Magazine, janvier 2008)

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    (Janis Karpinski avec Donald Rumsfeld en tournée d'inspection en Irak, hiver 2003. DR)

    REPORTAGE...

    ... Cette enquête a commençé comme ça. Le 25 octobre 2007 Donald Rumsfeld arrive à Paris sans se douter de rien. L’ancien Secrétaire américain à la Défense doit prendre la parole à une conférence du Club Interallié. À peine sa présence sur le territoire français est-elle confirmée, quatre associations humanitaires réclament l’ouverture d’une information judiciaire contre lui auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris - la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), la Ligue française des Droits de l’Homme (LDH), le Center for Constitutional Rights (CCR, New York), le European Center For Constitutional and Human Rights (ECCHR, Berlin). J'en suis prévenu. À quel titre Donald Rumsfeld est- il poursuivi ? De l’article 6 de la Convention internationale contre « la torture, et autres traitements cruels, inhumains et dégradants ». Ses dispositions, intégrées au droit interne français, autorisent de prendre « toutes mesures conservatoires au fin d’assurer la détention » de toute personne responsable de tels traitements présente sur le territoire Français.

    S’appuyant sur la « compétence universelle » d’un tribunal français, les associations de Droits de l’homme veulent réitérer contre Donald Rumsfeld une action juridique semblable à celle lancée par le juge espagnol Garzòn, qui avait fait assigner à résidence en Angleterre le dictateur chilien Augusto Pinochet – pour torture encore. Pourquoi les associations des Droits de l’Homme lancent-elle cette procédure depuis la France, non des Etats-Unis ? Ce n’est pas faute d’avoir essayer. Human Rights First, l’American Civil Liberties Union (ACLU) le CCR ont attaqué Donald Rumsfeld au civil. Pour « abus de détenus ». Pour avoir bafoué la Convention de Genève sur les droits des prisonniers. A chaque fois, l’affaire a été rejeté pour « immunité » du Secrétaire à la Défense.


    Au pénal, même échec. Pourquoi ? Aux Etats-Unis les procureurs seuls décident d’ouvrir une procédure, et les dossiers sensibles dépendent de la volonté du Procureur Général, l’équivalent du Garde des Sceaux, nommé par le président Georges Bush.Voilà pourquoi les associations humanitaires tentent début octobre de faire ouvrir une information judiciaire depuis la France. La même démarche avait permis de faire arrêter en juillet 1999, à Montpellier, l’officier mauritanien Ely Ould Dah suspecté d’avoir été un des tortionnaires du « camp de la mort » de Jreïda.

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  • IMPUISSANCE MASCULINE. C'EST FINI.

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    NEWS NEWS NEWS Un sujet d'été pour conserver la bonne humeur avant une rentrée difficile : cette enquête pour Le Monde où l'on apprend que la panne virile, passagère ou répétée, comme l'impuissance chronique, se voient désormais guéries. Entre médicaments érectiles, psychothérapie et prothèses, il est possible de rendre leur tonus aux homme les plus affaiblis. C'est une date historique. Enquête au tréfonds de la physiologie et de la psychologie masculines (parue partiellement dans Le Monde Magazine, 22 août 2009)

    1- Où nous apprenons combien l’homme craint de « manquer de voix » depuis toujours.

    La panne sexuelle et l’impuissance tourmentent l’homme depuis toujours. À Babylone déjà, en Mésopotamie, il y a 3700 ans, des plaquettes gravées trouvées dans le temple de la déesse Ishtar consistent en des incantations à la virilité : « Que le vent souffle, que frémisse la futaie ! Que ma puissance s’écoule comme l’eau de la rivière, que mon pénis soit bandé comme la corde d’une harpe ». Dans la mythologie égyptienne, le dieu destructeur Seth noie son frère Osiris, découpe son corps en quatorze morceaux et fait disparaître son sexe. Aidé par le dieu Anubis, sa femme Isis reconstitue le corps, lui façonne un pénis d’argile, et lui prodigue une fellation pour lui rendre vie. En souvenir, les femmes égyptiennes portaient chaque année un phallus géant dans les temples d’Isis afin qu’elle conserve la virilité de leur époux. Dans le « Satiricon », écrit sous Néron, le poète Pétrone décrit « la honte » d’Encolpe quand son désir « trahit » la jeune Circé. « Indignée », celle-ci revient avec une magicienne qui passe un fil coloré autour du défaillant, s’écriant « Ô Priape, aide nous de toute ta puissance ! ». Le dieu Priape affublé d’un phallus toujours en érection, nous le connaissons toujours : le terme médical « priapisme » vient de lui. Seulement, nous n’avons plus besoin de l’invoquer et porter des amulettes pour conjurer une panne sexuelle, ou l’impuissance. Aujourd’hui, à écouter les médecins spécialistes de la sexualité masculine, qu’ils soient psychiatres, urologues, andrologues ou sexologues, toutes les faiblesses viriles ou presque peuvent être soignées. L’antique malédiction des hommes est levée. Nous disposons désormais d’une palette de traitements permettant de soigner presque toutes les formes d’affection virile, de l’éjaculation rapide qui affectait Cesare Pavese à celle du paraplégique. Et les recherches continuent. Nous ne mourrons plus, comme dit l’argot, au cul de la princesse.

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  • POURQUOI LES ILES NOUS FASCINENT ?

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    (photo Erwan Bourcy. DR)

    NEWS NEWS NEWS. Chaque année, depuis 1999, l’île d’Ouessant accueille le « Salon du livre insulaire » (www.livre-insulaire.fr). Il se tiendra du mercredi 19 au 23 août, autour de plusieurs thèmes : « Le roman policier insulaire » - « La littérature des îles d’Atlantique Nord : Saint Pierre et Miquelon, les îles de la Madeleine » - « Ecrire et éditer en français dans les îles » - « Hommage à l’écrivain crétois, Nikos Kazantzakis, auteur de « Zorba le grec ». ». Plusieurs prix seront décernés : Grand prix du Ponant, Beaux livres, sciences, poésie, fiction, jeunesse. Le salon édite aussi la revue « L’archipel des Lettres ». On trouve une très riche « Bibliothèque insulaire virtuelle » sur le site « Vers les îles ». Pour parler, en cette chaude fin d’été, de la fascination que les îles exercent sur l’âle humaine, voici le récit d’une rencontre avec Louis Brigand, géographe à l’université de Brest et « nissonologue » c’est-à-dire spécialiste des îles. Il vient de publier un joli essai personnel intitulé « Besoin d’îles » (Stock, 2009) - article publié dans Le Monde 2 du 14 août.

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    L’« Enez Eussa III » s’éloigne du port, les cuivres déchirants d’un orchestre - parmi la dizaine embarquée pour le festival « Fanfares ! »  qui tourne entre Brest et les îles de Molène et Ouessant - saluent le départ. Sur les quais les mouchoirs, au bastingage les grands gestes d’adieu, nous sommes partis. La mer est tranquille, la journée belle, déjà sur le pont arrière la foule s’agite, les uns cherchent le bar, d’autres se penchent au-dessus du sillage, les amoureux s’embrassent, on ressent le frémissement de l’adieu à la Terre. En route pour Ouessant, la dernière île au-delà du Finistère, l’extrême pointe de l’Europe. Cent trente musiciens, autant de visiteurs et de gens des îles, la fanfare joue « Arizona Dream » dans le soleil, les bouteilles tournent. Très peu de roulis, pour une fois, dans cette mer d’Iroise. Imaginez la folie quand un grand dauphin luisant jaillit devant l’étrave, pour nous accompagner un bon kilomètre. La côte disparaît enfin, le vent souffle fort comme pour nettoyer les derniers liens qui nous relient à la terre. Nous allons vers les îles, où disent les légendes tout peut s’oublier.

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