dimanche, 24 mai 2009

LA REVUE "RAVAGES" EST DE RETOUR

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NEWS NEWS NEWS Le numéro 2 de la revue RAVAGES, dont le numéro 1 a été épuisé en quelques jours, fondée par votre serviteur et l'écrivaine Isabelle Sorente, est en vente dans toutes les bonnes librairies depuis hier. Thème du numéro : "INFANTILISATION GENERALE". Un petit cut up du numéro vous en dira un peu plus :

«L'infantilisation des adultes est en marche dans un monde… où, pendant 20 ans, politiques et économistes nous ont fait croire que le capitalisme financier, le banquier enchaînant le pauvre à crédit et le trader de Wall Street représentaient le summum de l’humain…
… où les philosophes et les penseurs serviles ont vendu la soupe de la fin de l’Histoire et du renoncement…
… où on glorifie le corps teenager pour tous et à tout âge, la « girl culture » pour les femmes adultes, la culture « ado » dans toute la culture, le positive thinking et la psychologie de bazar comme philosophie de vie
… où la gauche a capitulé sur le terrain des luttes, des droits, du projet social et républicain, de la défense des libertés individuelles
… où la consommation est devenue le seul mode de vie, la superficialité l’idéal, la révolte une folie…
Un monde qui préfère…… le simplisme à la réflexion … le sentimentalisme à la raison … les certitudes à l’incertitude … la pensée unique à la recherche … le paternalisme à la liberté … le voir au penser… le désir au plaisir … le narcissisme à l’amour … l’instantané au durable… l’ignorance à la connaissance … l’enfant-roi à l’adulte … le salariat au travail indépendant
."

On rencontre dans RAVAGES 2 :
• FRÉDÉRIC NIETZSCHE, dont l’œuvre est interviewée ;
• Les philosophes BENJAMIN BARBER, (auteur de « Comment le capitalisme nous infantilise »), RUWEN OGIEN (sur le paternalisme), BERNARD STIEGLER (sur l’infantilisation des enfants), PAUL VIRILIO (sur la virtualisation du monde), MICHAELA MARZANO (sur le coaching des moutons)...
• Les économistes MUHAMMAD YUNUS (prix Nobel), JOSEPH STIGLITZ (prix nobel)...
• Les chercheurs CATHERINE VIDAL (neurobiologiste) et JEAN-FRANÇOIS TERNAY (éthicien) ;
• Les écrivains ARAVIND ADIGA, WENDY DELORME, DOROTA MASLOVSKA, ISABELLE SORENTE. PATRICK PIET

Par ailleurs, la revue RAVAGES et le FORUM D'ACTION MODERNITE organisent le 3 juin, de 19 H à 21 H, avec le théâtre du Rond Point une soirée ravageuse, où les auteurs de la revue viendront s'expliquer, Frederic Nietzsche (joué par Jean-Michel Ribbes) sera interviewé en direct, et plusieurs spectacles et humoristes seront présentés

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"INDE, DEMOCRATIE FRAGILE". ENTRETIEN AVEC ARAVIND ADIGA, ROMANCIER À BOMBAY, EN PLEINE CAMPAGNE ELECTORALE INDIENNE

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« Je suppose, votre excellence, que moi aussi je devrais commencer par embrasser le cul d’un dieu quelconque. Mais lequel ? Le choix est vaste. Les musulmans ont un dieu. Les chrétiens en ont trois. Nous, les hindous, trente-six millions. Soit un total de trente-six millions et quatre culs divins parmi lesquels choisir (…) Ces dieux, il faut bien l’admettre, semblent accomplir peu de choses - comme la plupart de nos politiciens - pourtant ils continuent d’obtenir leur réélection sur les leurs trônes dorés, au paradis, année après année.» Balram Halwaï, jeune patron d’une entreprise de taxis de Bangalore, à la fois cynique, inculte, mégalomane, écrit une longue lettre au premier ministre chinois Wen Jiabo de visite en Inde. Il lui raconte sa réussite exceptionnelle, et ce faisant sa vie - « l’autobiographie d’un Indien à demi-cuit » - ponctuée de tirades féroces sur la cruauté de la société indienne. Nous le suivons depuis Laxmangarth, son village natal près de Bodh Gaya, où Bouddha a atteint « l’Eveil Suprême » : « Je me demande si Bouddha a traversé Laxmangarh, écrit Balram. Moi je pense qu’il l’a traversé en courant - aussi vite que possible. » Et pourquoi ? Le Gange sacré, « le fleuve noir » coule ici : « rivière de la Mort, aux berges gorgées de boue grasse, sombre et visqueuse, qui agrippe et emprisonne tout ce qui s’y enfonce… » Dans son village, quel est le personnage le plus important ? « La bufflonne. » : « C’était l’individu le plus gras de notre famille. Comme de toutes les familles. » Et après la bufflonne ? « Le Buffle », le propriétaire terrien et son ami « Le Sanglier » : « Le Buffle était le plus gourmand… Il avait avalé les rickshaws et les voies de circulation. Ainsi, tous ceux qui avaient un rickshaw ou qui empruntaient la route devaient lui verser sa ration : un tiers de leurs gains pas moins. »
« Le Tigre Blanc » (Buchet-Chastel, 2009), le premier roman d’Aravind Adiga, 34 ans, booker prize 2008 (l’équivalent anglais du prix Goncourt étranger), commence par cette peinture  féroce de la campagne indienne, où les élections sont de véritables farces : « C’est toujours la même chose, me dit mon père ce soir-là. J’ai connu douze élections, cinq générales, deux régionales, et deux locales. Chaque fois, on a voté à ma place. J’ai entendu dire qu’ailleurs, en Inde, les gens votent eux-mêmes. C’est quelque chose hein ? ».  Ensuite Balram devient le chauffeur de monsieur Ashok, un bourgeois de Delhi : « La première chose à savoir sur Delhi est que les routes sont bonnes et les gens mauvais. La police est pourrie jusqu’à la moelle.» Là, il comprend que toute promotion, tout avantage s’obtient par pot-de-vin, en courbant l’échine. Surtout auprès de ceux qui affichent Gandhi et « le Grand Socialiste » dans leur bureau.
J'ai rencontré Aravind Adiga, de passage à Londres, pour qu’il nous parle des élections indiennes - 714 millions d'inscrits. Un mois avant les résultats, il pensait que le parti du Congrès allait l'emporter parce qu'il prônait et mettait en oeuvre, surtout dans les campagnes, d'importantes mesures sociales. Un visage d’étudiant, un débit rapide, Aravind Adiga se présente comme un fils de « la classe aisée » qui a rompu un tabou indien : aller à la rencontre des « Intouchables » et des « basses castes ». Après des études de journalisme à New York, il s’est lancé dans l’enquête de terrain ( comme son confrère et écrivain Suketu Metha, l’auteur du reportage de 800 pages « Bombay Maximum City » - Buchet-Chastel, 2006). Après plusieurs articles remarqués dans le Times, dont un sur les rickshaws de Calcutta, il s’est consacré à l’écriture du "Tigre Blanc". Aujourd’hui, vendu à 150 000 exemplaires en Inde, et autant an Angleterre, le livre fait scandale. Sa description bouffonne et sombre d’un pays corrompu, sans illusion, où il semble impossible de sortir de la misère sans tricher, trahir, sinon tuer - comme son héros Balram - a suscité de fortes critiques dans la presse indienne. Aravind Adiga, qui vit à Bombay, dit admirer Guy de Maupassant et Vidiadhar Surajprasad Naipaul - l’auteur de « L’Inde brisée » et de « L’illusion des ténèbres » - raconte ici son Inde et défend sa cause.

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vendredi, 08 mai 2009

"NOUS SOMMES TOUS DES VOYAGEURS MASQUéS". CINQUIEME ROMAN D'ISABELLE SORENTE (GRASSET), SA PIECE "HARD COPY" (ACTES SUD) JOUEE A PARIS, LA REVUE "RAVAGES" EN LIBRAIRIE FIN MAI

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(Photo Patrice Flora Praxo)

NEWS NEWS NEWS C'est une amie, certains me reprocheront de n'être pas objectif, et pourtant. Isabelle Sorente, 36 ans, revient dans l'actualité avec un cinquième roman dérangeant "Transformations d'une femme" (Grasset, mars 2009), une reprise de "Hard Copy" (Actes Sud) sa pièce dérangeante - et drôle - sur le harcélement moral (au Lucernaire fin mai, après deux mois salle comble au Lumen à Bruxelles - 250 places ), et une nouvelle dérangeante - "Infanticide" - dans le prochain numéro dérangeant de la revue RAVAGES (qu'elle co-dirige, thème "Infantilisation générale", sortie le 20 mai, éditions Descartes&Cnie, 01.42.22.29.02 ) autour de laquelle se prépare un spectacle avec le théâtre du Rond Point. Avec Isabelle Sorente, la littérature n'est jamais tiède. J'ai lu "Transformations d'une femme" deux fois, voici pourquoi.

(Interview télévisée d'Isabelle Sorente et d'autres écrivains par J.P Elkabach sur Bibliothèque Médicis : target="_blank">iframe> )

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Au débat sur le féminisme organisé par le magazine Elle au Salon du livre, où participait une Benoise Groult en grande forme - « Les hommes n’ont pas assez changé ! » a-t-elle lancé, faisant crouler la salle -, Isabelle Sorente a raconté qu’elle prenait des cours de self-défense. Nous savions déjà que cette polytechnicienne avait fait de la voltige aérienne, et que son bi-moteur était tombé dans le golfe de Gènes. Mais pourquoi de la self-défense ? Pour se défendre des hommes ? « D’abord pour éviter de se penser en victime pendant une agression ». Plusieurs fois suivie, embêtée, au cours d’un voyage solitaire en Grèce, elle a voulu rompre avec la peur qu’elle sentait déposée en elle. « Ces cours ont agi comme une sorte de psychanalyse physique, D’un seul coup, je me suis souvenu qu’à l’école, on me disait « Ne te bas pas ! », « Une fille ne se bagarre pas ! ».

Dans le débat ringard organisé par Elle - « Le féminisme est-il ringard ? » -, l’anecdote venait rappeler combien la fabrication du genre « femme », de l'idéologie "femme" continue aujourd’hui dès les cours de récréation. Aujoud'hui encore, un code invisible s’installe dans la manière de se défendre, se battre, utiliser ses poings, sa rage, éviter ou accepter la violence. Dans sa façon de se penser en fille, pas en garçon, physiquement. Un jeune mec apprend jeune la bagarre, elle fait profondément partie de sa vie, ses relations à ses copains, sa manière de se comporter, dès les premères années - de plus en plus aujourd’hui, en banlieue, dans les lycées surpeuplés. D’innombrables « études sur le genre » françaises ont analysé ces phénomènes. Ils ne se sont pas tant ringardisés. Le processus de fabrication des archétypes n'a pas cessé. Isabelle Sorente s’amusait, au Salon du livre : « On devrait proposer des cours de self-défense aux filles dans tous les lycées.

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