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  • SOMMES-NOUS TROP NOMBREUX POUR CETTE TERRE QUI S'EPUISE ?

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    NEWS NEWS NEWS Notre démographie n’est-elle pas la cause de nos malheurs écologiques, mais aussi politiques, sociaux, militaires, comme l’affirmait déjà l’austère Thomas Malthus… en 1798 ? Les « émeutes de la faim » qui ont secoué en avril 2008 des pays très peuplés – Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Haïti, Indonésie, Maroc, Philippines, Nigeria, Sénégal… – ne lui donnent-ils pas raison ? Enquête sur les grands clichés malthusiens d’aujourd’hui (publiée dans Le Monde2 - 01/09).

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    Mardi 23 septembre 2008, retenez cette date.

    Ce fut « le jour du dépassement », le "earth overshoot day" de l’année. La date où la population humaine a épuisé les ressources produites en un an par le mince manteau vivant qui enveloppe la Terre, la biosphère ou écosphère. Depuis, nous allons au-delà de ce que la planète nous offre – de sa biocapacité.
    Comment identifions-nous ce mardi fatal si précisément ? Grâce à l’organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, fondée en 2003, qui travaille à quantifier l’« empreinte écologique » des activités humaines. Cet outil d’analyse, sorte de « panier de la ménagère » global, ou de PIB à l’envers, a été mis au point dans la foulée du Sommet de la terre de Rio, en 1992, par les universitaires William Rees et Mathis Wackernagel. Il est aujourd’hui reconnu par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – quoique sans cesse critiqué, réévalué. Pour le calculer, Global Footprint Network compare le rythme auquel, chaque année, la nature produit des ressources – aliments, combustibles, etc. – et assimile les déchets, et le rythme auquel l’humanité consomme ces ressources et produit des déchets. Quand nous excédons les possibilités terrestres, nous atteignons « le jour du dépassement ». Le premier, selon l’ONG, est tombé le 31 décembre 1986. En 1996, il se situait début novembre. En 2007, le 6 octobre. Aujourd’hui, le 23 septembre. Et dans dix ans ? Notre crédit terrestre s’épuise – après le crédit bancaire. Notre avenir sera-t-il le souvenir d’un désastre qui a déjà eu lieu ?

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  • "IL FAUT REDOUTER QUE LA GUERRE FASSE LE JEU DU HAMAS". LE ROMANCIER ISRAELIEN AMOS OZ, DU MOUVEMENT "LA PAIX MAINTENANT", APPELLE A UN CESSER LE FEU A GAZA

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    News News News. "Les bombardements systématiques subis par les citoyens des villes et villages d'Israël constituent un crime de guerre et un crime contre l'humanité. L'Etat d'Israël doit protéger ses citoyens. Nul n'ignore que le gouvernement israélien ne veut pas entrer dans la Bande de Gaza, et qu'il préférerait continuer cette trêve que le Hamas a violée avant de l'annuler. Mais la souffrance des civils israéliens dans la zone frontalière avec Gaza ne saurait perdurer." Voila ce qu'écrivait le 27 décembre, au début des frappes de Tsahal sur la bande de Gaza, l'écrivain israélien Amos Oz, une des figures historiques du mouvement "La paix maintenant", regroupant des Israéliens et des Palestiniens. Amos Oz ajoutait qu'aujourd'hui l'opinion internationale ne pouvait se désintéresser du sort des habitants du Sud d'Israël, à Sdérot, Nétivot et Askhelon, régulièrement bombardés par les missile du Hamas depuis la bande de Gaza, tout en appelant le gouvernement israélien "à la retenue" - il semble ne pas avoir été écouté au vu des massacres de civils dont l'armée israélienne s'est déjà rendue responsable. Amos Oz proposait alors cette analyse, qui conserve aujourd'hui, après une semaine de combats et l'intervention terreste de Tsahal, toute son actualité : "Le Hamas désire passionnément pousser Israël à une campagne militaire : si, au cours de cette opération israélienne, des dizaines ou des centaines de civils palestiniens – y compris des femmes et des enfants - sont tués, la radicalisation s'en trouvera renforcée à Gaza, ébranlant peut-être même, en Cisjordanie, le gouvernement d'Abou Mazen, qui laisserait alors la place aux extrémistes du Hamas (...) Pour Israël, la meilleure solution serait d'arriver à un cessez-le-feu total, en contrepartie d'un allégement du blocus imposé à la Bande de Gaza. Si le Hamas persiste dans son refus de cessez le feu et poursuit ses bombardements contre les civils israéliens, il faut redouter qu'une opération militaire ne joue le jeu du Hamas. Le calcul du Hamas est simple, cynique et scélérat : si d'innocents civils israéliens sont tués - parfait. Si de nombreux Palestiniens innocents sont tués - mieux encore. Face à cette position, Israël doit agir intelligemment, et non pas dans une explosion de fureur."

    À ce jour, l'explosion de fureur l'a emporté - mais encore, selon les observateurs de "Human Rights Watch" dans la bande Gaza, de bombes au phosphore condamnées par les conventions internationales.

    Le 4 janvier, après 10 jours d'intervention israélienne, Amos Oz et deux autres écrivains israéliens de premier plan se sont prononcés en faveur d’un arrêt des combats pour tenter de trouver un compromis, éviter que les pertes civiles  grandissent - et laisser entrer l'aide humanitaire dans une ville dévastée. « Le temps est venu d’un cessez-le-feu complet, prévoyant qu’ils (les Palestiniens) ne tirent plus sur nous, et qu’en échange nous devrons lever le blocus imposé à la bande de Gaza », a déclaré Amos Oz au quotidien italien le Corriere della Sera. « Afin de ne pas ajouter de nouveaux morts et de nouvelles destructions, nous devons stopper unilatéralement et complètement le feu pendant 48 heures, et même si vous (les Palestiniens) tirez sur Israël, nous ne riposterons pas et serrerons les dents comme nous l’avons fait jusque récemment», a écrit David Grossman dans le journal Haaretz. A.B. Yehoshua, quant à lui, déclarait à la Stampa : « L’opération israélienne était nécessaire, mais il faut à présent y mettre rapidement un terme. Moins il y aura de sang versé, mieux ce sera pour l’avenir. »

    Selon Amos Oz, la grande question de l'actuelle opération "Plomb durci", n'est pas son illégétimité - le gouvernement d'Israël se doit de protéger ses citoyens-, mais sa courte vue : le risque qu'elle prend d'héroïser plus encore le Hamas contre le Fatah, et par là  de renforter toute solution violente - sans compter le grand nombre de victimes civiles qu'elle fait au milieu d'une population qui n'a même pas la possibilité de fuir, aggravant encore les haines, et le discrédit international d'Israël.

    Face à l'engrenage tragique de la violence, l'impasse des négociations entre les différentes forces en présence, Amos Oz et "La paix maintenant" ne cessent de défendre la stratégie du « douloureux compromis » entre Israël et les Palestiniens. L'écrivain l’a vigoureusement défendu dans un court texte pragmatique paru début 2OO4  «Aidez-nous à divorcer ! Israël-Palestine, deux Etats maintenant  » (Gallimard). En éclairage des affrontements actuels, et pour mieux comprendre les positions d'Amos Oz, David Grossman et du mouvement "La Paix maintenant", voici un entretien réalisé à Barcelone en octobre 2004 pour le journal Le Monde 2.

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    FACE A AMOS OZ...
    ...Ses yeux bleus ne vous lâchent pas. Amos Oz est un homme pressé de convaincre. Un pacifiste batailleur. Invité d'honneur de la grande manifestation culturelle que la ville de Barcelone organise chaque automne, Kosmopolis, consacrée cette année à la guerre, il multiplie les entretiens et les interventions enflammés. Il ne vient pas en «people», il vient expliquer, militer, abrupt et ironique. Il veut faire entendre aux Européens le message politique du mouvement La Paix maintenant, qu'il a concentré dans un court appel publié au début de l'année. Le titre annonce la couleur: « Aidez-nous à divorcer ! Israël-Palestine, deux Etats maintenant » (Gallimard).
    Amos Oz - Oz signifie «force», «courage», en hébreu - n'est pas un pacifiste idéaliste, un signataire d'une énième pétition, un opposant abstrait à Sharon. C'est un homme pragmatique, un activiste têtu et patient. Lui, l'écrivain israélien sans doute le plus célèbre au monde, l'une des  figures et la voix politique du mouvement La Paix maintenant, a participé âprement auxpourparlers qui ont mené à l'accord de Genève, en décembre 2003. Il a discuté des journées  entières avec les Palestiniens de tous les sujets qui font couler le sang: retour des réfugiés, territoires occupés, mur-frontière séparant les deux pays -et, peu à peu, dans la colère et la  douleur, ils ont paraphé chaque point d'accord du compromis. Cet arrangement à l'arraché, tous les signataires de l'accord de Genève en conviennent, permettrait aux deux Etats de vivre au moins en voisinage, dans deux pays séparés et souverains, Israël et la Palestine, séparés par une frontière hermétique. «Nous abandonnons  notre rêve de grand Israël, ils abandonnent celui d'une grande Palestine, écrit Amos Oz. Si cet accord est mis en application, il ne restera pas au Moyen-Orient un seul camp de réfugiés palestiniens ployant sous le désespoir, la négligence, la haine et le fanatisme» (Aidez-nous à divorcer, p.38).
    Selon le mouvement "La Paix maintenant", 70% de la population israélienne sait qu'il faudra arriver  à ce divorce. Il ne tient aujourd'hui qu'aux dirigeants israéliens et palestiniens de le réaliser. «Le refus du compromis s'appelant le fanatisme, cette guerre durera moins de cent ans», affirme l'écrivain. Il ironise: l'Europe n'a jamais fait la paix beaucoup plus rapidement pendant toute son histoire.

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