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SOMMES-NOUS TROP NOMBREUX POUR CETTE TERRE QUI S'EPUISE ?

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NEWS NEWS NEWS Notre démographie n’est-elle pas la cause de nos malheurs écologiques, mais aussi politiques, sociaux, militaires, comme l’affirmait déjà l’austère Thomas Malthus… en 1798 ? Les « émeutes de la faim » qui ont secoué en avril 2008 des pays très peuplés – Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Haïti, Indonésie, Maroc, Philippines, Nigeria, Sénégal… – ne lui donnent-ils pas raison ? Enquête sur les grands clichés malthusiens d’aujourd’hui (publiée dans Le Monde2 - 01/09).

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Mardi 23 septembre 2008, retenez cette date.

Ce fut « le jour du dépassement », le "earth overshoot day" de l’année. La date où la population humaine a épuisé les ressources produites en un an par le mince manteau vivant qui enveloppe la Terre, la biosphère ou écosphère. Depuis, nous allons au-delà de ce que la planète nous offre – de sa biocapacité.
Comment identifions-nous ce mardi fatal si précisément ? Grâce à l’organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, fondée en 2003, qui travaille à quantifier l’« empreinte écologique » des activités humaines. Cet outil d’analyse, sorte de « panier de la ménagère » global, ou de PIB à l’envers, a été mis au point dans la foulée du Sommet de la terre de Rio, en 1992, par les universitaires William Rees et Mathis Wackernagel. Il est aujourd’hui reconnu par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – quoique sans cesse critiqué, réévalué. Pour le calculer, Global Footprint Network compare le rythme auquel, chaque année, la nature produit des ressources – aliments, combustibles, etc. – et assimile les déchets, et le rythme auquel l’humanité consomme ces ressources et produit des déchets. Quand nous excédons les possibilités terrestres, nous atteignons « le jour du dépassement ». Le premier, selon l’ONG, est tombé le 31 décembre 1986. En 1996, il se situait début novembre. En 2007, le 6 octobre. Aujourd’hui, le 23 septembre. Et dans dix ans ? Notre crédit terrestre s’épuise – après le crédit bancaire. Notre avenir sera-t-il le souvenir d’un désastre qui a déjà eu lieu ?

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Une représentation frappante valant mieux qu’un long discours, les chercheurs évaluent l’« empreinte écologique » d’Homo sapiens en hectares terrestres. l’OCDE en donne cette définition : « la mesure de la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d’une population humaine de taille donnée ». Les derniers calculs montrent que nous avons largement dépassé notre quota – globalement. La Terre ne peut aujourd’hui offrir que 1,78 hectare global (hag) par habitant, pas un centimètre carré de plus. Or la consommation mondiale actuelle exige 2,23 hag productifs per capita. Et les calculs montrent que si l’ensemble de la population humaine adoptait aujourd’hui le mode de vie des Européens et des Américains – voitures, eau chaude à volonté, viande chaque jour, énergies fossiles à la demande… –, il lui faudrait disposer en surface de quatre à cinq planètes Terre. Ne riez pas ! Les nouvelles classes moyennes chinoises et indiennes ont commencé de vivre à l’occidentale – qui oserait le leur reprocher ? Ajoutez les pollutions de toutes sortes associées à ce train de vie. En octobre 2007, quatre chercheurs suisses rattachés à Futuribles, un centre indépendant d’étude et de réflexion prospective sur le monde contemporain, ont ajouté les polluants et la « charge en carbone » à l’empreinte écologique des populations : ils en déduisent, au regard de la capacité d’assimilation des émissions de CO2 par la biosphère, que onze planètes Terre seraient nécessaires pour satisfaire les besoins d’une humanité qui aurait adopté le mode de vie occidental. Sombres prédictions. Le XXIe siècle sera-t-il celui du «Crépuscule de Prométhée» (Mille et une Nuits, 2008) comme l’analyse le philosophe de la « démesure humaine », François Flahault ?

LE RETOUR DE MALTHUS ?

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Comment s’étonner alors que beaucoup s’interrogent : et si nous étions trop nombreux, déjà, pour cette Terre ? Notre démographie n’est-elle pas la cause de nos malheurs écologiques, mais aussi politiques, sociaux, militaires, comme l’affirmait déjà l’austère Thomas Malthus… en 1798 ? Les « émeutes de la faim » qui ont secoué en avril 2008 des pays très peuplés – Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Haïti, Indonésie, Maroc, Philippines, Nigeria, Sénégal… – ne lui donnent-ils pas raison ? Le pasteur britannique Thomas Malthus, économiste, affirmait que la population humaine croît de façon exponentielle (2, 4, 8, 16, 32…) et les ressources, de manière arithmétique (1, 2, 3, 4, 5…). Inévitablement, nous irions vers l’épuisement des biens, la famine, la guerre de tous contre tous.

Le Prix Nobel d’économie 2008, Paul Krugman, a montré que Malthus avait raison en son temps : les paysans français de 1789 vivaient dans une pénurie chronique, 20 % d’entre eux étaient affaiblis par la malnutrition. Mais au xixe siècle, ses sombres prédictions ont été démenties par l’accroissement des rendements agricoles, l’essor des échanges internationaux et des biens de subsistance, sans oublier l’immigration. Autrement dit, l’esprit aventureux et les progrès des techniques, le génie humain, ont désavoué Malthus.

Las. Nous savons aujourd’hui qu’il faut relativiser les succès du « progrès » et du rendement. L’empreinte écologique, le réchauffement qui s’accélère combinés à une croissance forte de la population ne ramènent-ils pas l’humanité à une situation « malthusienne » – une spirale tragique ? Beaucoup le pensent, et pas seulement les militants de la décroissance ou les radicaux du mouvement néomalthusien Negative Population Growth (NPG). Prenez Ted Turner, fondateur de la chaîne d’actualités CNN, grand financier de la Fondation des Nations unies. Cet homme informé déclarait en avril 2008 sur la chaîne PBS : « Nous sommes trop nombreux. Voilà pourquoi nous avons le réchauffement climatique. […] Tous les habitants de la planète doivent s’engager à avoir un ou deux enfants, c’est tout. […] Ne pas contrôler la population est un suicide. » Ouvrez notre-planete.info, un site proche de l’ONG Les Amis de la Terre, tapez « surpopulation ». Parmi les premiers articles : « Homo sapiens est la pire espèce invasive. » Extraits : « Nous feignons d’ignorer la finitude d’un monde dans laquelle notre multitude puise allègrement et sans relâche. Il faut quelque chose de plus qu’un couple pour faire un enfant, il faut au moins une planète viable. Posséder une famille nombreuse n’est-il pas un délit environnemental, une grave atteinte à la planète et à l’avenir commun ? »

Ecoutons maintenant l’inquiétant directeur de la CIA de George W. Bush, le général Michael V. Hayden, autre homme informé. S’appuyant, en avril 2008, sur les chiffres de l’ONU qui annoncent une population de 9 milliards d’humains en 2050, il prévoit un dangereux déséquilibre démographique entre l’Afrique et l’Europe vieillissante – synonyme de tensions aux frontières et d’une immigration à risque –, ainsi que des « troubles » et des « violences » dans les pays où la population va tripler – Afghanistan, Liberia, Niger, République démocratique du Congo – ou doubler – Ethiopie, Nigeria, Yémen.

« LAISSEZ FAIRE VENUS, ELLE VOUS AMENERA MARS »

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Dès qu’on évoque la surpopulation, on ouvre la boîte de Pandore. Vieux démons racistes, angoisse du futur, fantasmes collectifs – peur de l’invasion, du pullulement – jaillissent pour se mêler à des peurs très concrètes. En 1932 déjà, quand la population humaine a atteint 2 milliards, le philosophe Henri Bergson écrivait : « Laissez faire Vénus, elle vous amènera Mars. » En 1948, Albert Einstein mettait solennellement en garde l’Abbé Pierre contre les « trois explosions » menaçant notre « monde mortel » : la bombe atomique, la bombe information, la bombe démographique. En 1971, dans la lignée du Club de Rome, l’écologiste Paul R. Ehrlich, spécialiste des populations d’insectes, publiait le best-seller La Bombe P (Fayard). Il y dénonçait « la prolifération humaine », qu’il assimile à un « cancer » : « Trop de voitures, trop d’usines, trop de détergents, trop de pesticides, […] trop d’oxyde de carbone. La cause en est toujours la même : trop de monde sur la Terre. » Il faut donc, non pas inventer des voitures électriques, des usines propres, des détergents et pesticides verts, proscrire les gaz à effet de serre, mais ramener la population humaine à 500 millions d’habitants. Pour cela, Paul Ehrlich évoque, sans les trouver choquantes, des solutions drastiques comme mettre des « stérilisants » dans l’eau de consommation ou gonfler d’hormones mâles l’alimentation pour rendre les femmes stériles. S’il les rejette, pour leurs difficultés techniques, il préconise des mesures fiscales fortes pour décourager la natalité (taxer les couches et les berceaux), et propose de sélectionner l’aide alimentaire aux pays pauvres - en laissant mourir les populations gagnées par la famine. Des conclusions radicales qui ne sont pas sans rappeler certains thèmes anti-humanistes de la « deep ecology » contemporaine.

Aujourd’hui, il suffit d’écouter les émissions « de société » à la télévision, de parcourir les sites écologiques ou les chats d’actualité des médias pour retrouver ces propos angoissés. On lisait par exemple dans les débats du monde.fr, après un article consacré au « jour du dépassement » : « Quand, dans trente ans, nous serons 1,5 milliard de plus sur Terre, je ne donne pas cher du concept d’acquis sociaux, de progression du pouvoir d’achat et autres balivernes du même tonneau. » (25 septembre 2008). Cette angoisse peut aussi être amplifiée par des mensonges modernes – comme l’extrême-droite nationaliste en est coutumière - sur l’invasion venue du Sud surpeuplé. Mais, contredisant cette démagogie, un rapport publié en 2004 par le département des affaires économiques et sociales de l’ONU (World Population to 2300) indique que les immigrés venus des pays pauvres contribueront pour 4 % à la croissance démographique des pays développés d’ici à 2050 – aujourd’hui pour 3 % –, ce qui rajeunira une Europe vieillissante. Toutes les études confirment que, dans leur immense majorité, les populations du Sud veulent continuer à vivre où elles sont nées. Même dans les situations de crise – guerre civile, sécheresse, inondations… –, les habitants émigrent à proximité ou dans un pays voisin, puis reviennent toujours. Ce ne sont pas des « envahisseurs ». Ils souhaitent vivre mieux, en paix, chez eux – comme le reste de l’humanité.
C’est patent, la question dite de la surpopulation remue des peurs irrationnelles. Prenons un autre exemple, moins politique. J’ai rencontré plusieurs Parisiennes de 30 ans, en couple ou célibataires, qui se disent bien décidées à ne pas avoir d’enfant. Sans prétendre ici donner une explication univoque – certaines veulent préserver leur « capacité de création », d’autres leur relation de couple, ou leur liberté, ou les trois –, force est de constater : la surpopulation est revenue à chaque fois dans nos entretiens, mêlée à des analyses inquiètes sur l’état de la planète. Tout comme dans le livre best-seller de Corinne Maier, « No Kid. Quarante raisons de ne pas avoir d’enfant »(Michalon, 2007), où une des raisons invoquées est : pourquoi ajouter un enfant à un monde surpeuplé ?

L’une de ces femmes, attachée de presse, explique qu’à force de vivre en ville, elle n’a plus l’impression de participer « aux processus naturels » – elle ne voit plus le renouvellement de la vie, l’arrivée du printemps, « à peine le ciel ». Elle ne se sent plus « une femme archaïque » : avec des enfants. La deuxième, ingénieur, n’espère plus rien de l’avenir de l’humanité. Elle garde en mémoire les massacres du xxe siècle, persuadée que le réchauffement, combiné à la surpopulation, va apporter de nouvelles guerres, des famines ou pire. Alors, faire des enfants… Une autre s’indigne : « Il existe déjà tant d’enfants pauvres autour du monde. Je préfère adopter. » Une quatrième, voyageuse, a vu les hindous et les musulmans s’affronter en Inde, les riches s’armer dans des ghettos protégés en Amérique latine. « C’est affreux, dit-elle, une autre guerre vient, la guerre de la surpopulation. La haine de l’autre devient une réaction de survie. Toutes les valeurs s’inversent. Espérer que les Africains meurent du sida, ou s’entre-tuent, tourne à la blague de bureau : “Comme ça, ils seront moins !” » Sombres visions. Alors, faut-il redevenir malthusiens ?

LA « BOMBE P » N’EXPLOSERA PAS

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« La démographie a toujours été associée à la fin du monde, à la disparition de l’Homme, au Jugement dernier,  s'exclame le démographe Hervé Le Bras, que j'ai interviewé. Procédant par projections, on l’interprète comme des prédictions, toujours catastrophistes. Au début du siècle, en Europe, on s’inquiétait surtout de la dépopulation ! Les Français devaient procréer, il ne fallait pas laisser les Allemands être plus nombreux que nous. Les économistes associaient natalité et prospérité. Dans les années 1970, tout a changé avec les écologistes comme René Dumont, qui prédisaient l’épuisement rapide des ressources. Certains démographes annonçaient alors une population de 12 milliards en 2100. Aujourd’hui, nous revoyons tous ces chiffres à la baisse. »
Hervé Le Bras, directeur d’études à l’Institut national d’études démographiques (INED), raconte avec humour comment toutes les prédictions à long terme, bien étayées, sur le peuplement humain – le démographe américain Joel Cohen en a relevé 68 – se sont révélées fausses. Soit, mais aujourd’hui ? Qu’en est-il des prévisions à court terme – à l’horizon 2030, 2050 ? De fait, en moins de 200 ans, l’humanité est passée de 1 milliard d’habitants (au début du xixe siècle) à 6 milliards (en 1999). Entre 1987 et 1999, soit en treize ans, de 5 à 6 milliards. Aujourd’hui, beaucoup des prévisions pour 2050 tournent autour de 8,4 à 9,5 milliards de Terriens – soit 3 milliards d’hommes en plus. Cet accroissement exponentiel qui effrayait tant Malthus s’arrêtera-t-il un jour ? Aurons-nous assez de ressources pour nous nourrir ? Oui et oui. Voilà la grande nouvelle des études récentes. Aujourd’hui, démentant les alarmistes, les démographes décrivent tous, partout autour du monde, une forte baisse de la fécondité des femmes – donc, à terme, de l’accroissement de la population. Selon eux, comme d’après l’ONU, la « bombe P » n’explosera pas. Que s’est-il passé ? Simplement, sur les cinq continents, les femmes font moins d’enfants.
« Personne n’avait anticipé la baisse rapide de la fécondité dans les pays en voie de développement, explique Hervé Le Bras. Prenez l’Iran. D’une fécondité de 6,5 enfants par femme en 1985, le pays est désormais à 2 enfants, comme en France ! En Chine, beaucoup pensaient qu’il allait être difficile d’imposer “l’enfant unique” à cause de la tradition de l’héritier mâle, de leur “civilisation”, etc. Mais cela a été relativement aisé, et rapide. On compte aujourd’hui 1,75 enfant par femme. Ainsi, 400 millions de Chinois annoncés par les courbes démographiques n’ont pas vu le jour. On peut penser que les Chinois étaient prêts à l’accepter. En Inde, cette politique de contrôle des naissances a été moins bien reçue. Dans le nord du pays, il y a encore 4,5 enfants par femme. Mais, en moyenne, l’Inde est passée au-dessous de 3 enfants par famille. »
Quelles qu’aient été les politiques menées, tous les effets d’annonce catastrophistes sur la spirale des naissances des pays pauvres, parfois teintés de racisme ou d’une conception agressive du « choc des civilisations », ont été démentis.
« Aujourd’hui, précise Hervé Le Bras, le taux de croissance démographique mondial ralentit. 1,21 % par an en 2006, 0,37 % attendu en 2050. Pourquoi ? Le nombre d’enfants par femme baisse sur les cinq continents. Au Mexique, au Brésil, on tourne autour de 2,2 à 2,3 enfants par famille, 2,4 en Indonésie. En Afrique, si les femmes du Rwanda et d’Ouganda font encore 7 à 8 enfants, au Kenya par exemple, de 8 enfants par femme dans les années 1970, elles sont passées à 4 aujourd’hui. Les renversements de tendance se font très vite. »

PARTOUT LES FEMMES FONT MOINS D’ENFANT

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Partout, les femmes enfantent moins. Le phénomène s’universalise. Souvent, pour que la natalité baisse, il faut selon les démographes un « élément déclencheur » qui transforme les mœurs. Par exemple, en Algérie, dans les années 1970, les femmes se mariaient très jeunes, enfantaient tôt et portaient en moyenne plus de 7 enfants au cours de leur vie. Aujourd’hui, toujours en moyenne, elles se marient à 29 ans et font 2,4 enfants. En Europe du Sud (Italie, Espagne, Grèce), on compte 1,4 enfant par femme – et cette tendance gagne toute la Méditerranée. Dans leur étude sur la démographie du monde musulman, "Le Rendez-vous des civilisations" (Seuil, 2007), Youssef Courbage et Emmanuel Todd montrent que la fécondité des femmes est passée de 6,8 enfants en 1975 à 3,7 aujourd’hui – 2,2 au Maroc, 2,1 en Tunisie. Cette baisse, remarquent-ils, suit partout l’alphabétisation des femmes. Cette prise de contrôle inaugure, nous disent les auteurs, un bouleversement des mentalités « qui irradie les rapports d’autorité, les structures familiales, les références idéologiques (et religieuses), le système politique ». Sur ces questions le « choc des civilisations » annoncé par les conservateurs américains n’aura pas lieu.
Si la « bombe P » des malthusiens n’explosera pas, c’est que dans toutes les cultures, sur tous les continents, contredisant nombre d’idées reçues sur l’islam, l’acceptation du modèle de la famille à deux enfants gagne rapidement. Aujourd’hui, si cette révolution des mœurs se poursuit, les démographes de l’ONU tablent sur une population humaine à 8,2 milliards en 2030, 9 milliards en 2050 – et une stabilisation à 10,5 milliards en 2100. La population humaine aura alors achevé sa « transition démographique » : le ralentissement de la fécondité prendra effet en dépit du vieillissement général. Certains chercheurs, comme Mike Davis, auteur d’une étude inquiétante sur la prolifération des bidonvilles (Le Pire des Mondes possibles, La Découverte, 2007), relativisent cependant cet enthousiasme. « Je m’étonne, écrit-il au Monde 2, que les prévisions des démographes de l’ONU pour le siècle varient de quelque 3,5 milliards d’habitants entre les évaluations basses et hautes : c’est-à-dire la population mondiale quand j’étais enfant… » En effet, il suffirait d’une variation de 0,25 % par rapport au scénario de 2,1 enfants par femme (2,35), pour se retrouver 30 milliards avant 2050. Mais, toutes les études le confirment : la baisse de la fécondité féminine autour de deux enfants est générale.

COMMENT NOURRIR 9 MILLIARDS D’HUMAINS ?

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La population mondiale n’est pas du bétail.
« L'écrivain et homme public anglais William Cobbett observait qu'on "entend souvent traiter les classes ouvrières de "population" comme on désigne les animaux d'une ferme par le terme "bétail"" écrivait dans Le Monde (28/10/98) le prix Nobel d’économie 1998, Amartya Sen. Il ajoutait : «  L'importance des droits politiques dans la compréhension des besoins économiques résulte, en définitive, du regard porté sur les êtres vus comme des individualités dotées de droits, non comme des unités de "bétail" ou de "population" existant passivement. » Pour lui, la pauvreté et les famines dépendent avant tout des gouvernements, des politiques, pas d’une population nombreuse. L’Inde par exemple a connu des famines jusqu’en 1947, date de son indépendance. Ensuite, le multipartisme, l’existence d’une opposition et d’une presse libre ont permis de prévenir et circonvenir les désastres. Cette analyse révèle combien il est peu pertinent d’attribuer tous les maux à un prétendu « surpeuplement ». De plus, parler de population « globale » comme d’un grand cheptel n’a pas grande signification. Comment comparer le mode de vie des habitants du Laos et la Finlande, à population égale ? De l’Algérie, terre d’émigration, et du Canada ? Aujourd’hui la natalité des pays les moins développés progresse six fois plus vite que celles des développés - qui vieillissent et se stabilisent. En 2050, 86% de la population mondiale habitera un pays pauvre ou émergent - la moitié en Chine et en Inde. Les répercussions d’un tel peuplement varieront fortement d’un pays à l’autre. Certains pays s’en sortiront bien – on ne souffre plus de faim en Inde et en Chine, où vivra la moitié de la population mondiale - d’autres pâtiront.
Aujourd’hui, 850 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde. La plupart vivent dans les pays du Sud qui ont été secoués par les émeutes du pain du printemps 2008. Est-ce parce qu’ils sont trop peuplés ? En juin, réagissant dans l’urgence, les responsables de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont tenu un sommet. Ses experts n’ont pas accusé la surpopulation, mais avant tout l’augmentation de 50 % du prix des céréales. Ils ont aussi dénoncé une production agricole mondiale insuffisante. Pas à cause de l’épuisement des terres, mais de leur mauvais usage.

Les agronomes rappellent combien, depuis un demi-siècle, sans se soucier des populations locales, les pays du Nord ont financé les cultures d’exportation des pays du Sud (notamment en Amérique latine) – le coton, l’herbage d’élevage – au détriment des cultures vivrières. A l’inverse de ce qui s’est passé en Inde, ces politiques néocoloniales ont ruiné l’agriculture de ces pays, avec l’aide de gouvernements autoritaires et corrompus. Résultat : l’Afrique subsaharienne, hier autosuffisante, se trouve contrainte d’importer ses produits de subsistance. Ici encore, comme l’analyse Amartya Sen, rien ne sert d’accuser la croissance démographique. Il faut s’en prendre aux politiques. Voilà pourquoi la FAO appelle maintenant à une gouvernance agricole mondiale, sous l’égide de l’OMC, aidée par la Banque mondiale, pour relancer les productions vivrières et de céréales – jusque dans les jachères d’Europe. Avec une politique agricole concertée, la planète pourrait tout à fait survenir aux besoins d’une population de 10 milliards d’habitants. Interrogé pour savoir si l’agriculture pouvait nourrir la population humaine, l’agronome Louis Malassis écrivait en 2006 : « Ils vous nourriront tous, les paysans du monde, si cessant d’être opprimés, ils deviennent des paysans libres, responsables et cultivés. » (INRA).

Le rapport 2008 de l’OCDE, Perspectives de l’environnement à l’horizon 2030, est aussi alarmiste que la FAO. Il nous promet, en l’absence d’une politique mondiale volontariste, un avenir très désagréable. Nous en connaissons le refrain. Un réchauffement de 1,7 oC à 2,4 oC en 2050 – prévision basse. Sécheresse, tempêtes, inondations, destruction des infrastructures. Un appauvrissement considérable des « précieux services des écosystèmes ». L’accroissement du « stress hydrique » pour 3 milliards d’humains – une eau mal répartie. Une pollution accrue de l’air. La croissance de la population humaine est-elle la cause première des fléaux annoncés ? Dans une lettre au Monde 2, des experts de l’OCDE répondent : « La population ne pose pas un problème en soi. Les pressions exercées sur les ressources naturelles et l’environnement ne proviennent pas du nombre d’habitants mais de leurs habitudes de consommation. »

POLITIQUES IRRESPONSABLE

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Notre malheur viendra des modes de vie dépensiers, des politiques industrielles, des égoïsmes nationaux – de comportements que nous pourrions changer. Quelques exemples frappent. Selon le rapport 2008 de l’Agence internationale de l’énergie (World Energy Outlook 2008), des millions de voitures rouleront encore au pétrole en 2030, émettant quantités de CO2. Pourquoi au pétrole ? Parce que les grands constructeurs automobiles résistent pour changer leurs chaînes de montage et fabriquer des voitures « vertes » – comme les y engagent les gouvernements qui les renflouent depuis la crise financière de 2008. Le rapport de la FAO, L’Etat de l’insécurité alimentaire dans le monde (novembre 2008), note qu’avec l’amélioration du niveau de vie des pays émergents, des millions de personnes mangeront plus de viande. Ce qui nécessitera un bétail plus nombreux, buvant quantité d’eau, paissant sur des terres dévolues aux herbages – donc perdues pour les cultures vivrières. Ici encore, n’y a-t-il rien à faire ? Ou faut-il mener campagne pour que les Occidentaux contiennent leur « boulimie de viande », comme le préconise l’économiste Jeremy Rifkin ?
Autre remarque des experts de l’OCDE au Monde 2. Nous savons parfaitement que, par leurs vertus régénératrices, les écosystèmes nous sauvent d’une pollution terrestre accélérée et d’un appauvrissement général. Mais gouvernements et industriels, aux Etats-Unis comme dans les pays émergents, poursuivent encore des politiques irresponsables : subventions à l’agriculture intensive, aux pétroliers pollueurs, laisser-faire à l’emploi de produits chimiques, à la pêche industrielle – sans oublier les émissions massives de CO2.
« Si aucune action nouvelle n’est entreprise, nous risquons de modifier de façon irréversible les conditions environnementales sur lesquelles repose le maintien de la prospérité économique » : les conclusions du rapport 2008 de l’OCDE sont encore plus inquiétantes que celles du rapport Stern (L’Economie du changement climatique, 2006), qui appelait à consacrer 1 % du PIB mondial à « décarboner » l’industrie. A nouveau, les politiques sont en cause. Pas le nombre d’habitants.

POUR ALLER PLUS LOIN
Les rendez-vous des civilisations. Youssef Courbage, Emmanuel Todd. La République des Idées (Seuil, 2007). 12, 5€.
Une étude à rebours de tous les clichés sur la démographie du monde musulman.
Nourrir l’humanité. Bruno Parmentier. (La Découverte. Prix Terra 2008). 22€. L’agriculture pourra-t-elle nourrir 9 milliards d’humains ?
L’enfermement planétaire. André Lebeau (Gallimard, 2008, Le Débat, 19€). Quand les besoins dépassent les ressources, comment gérer la survie sur Terre ?
Le crépuscule de Prométhée. François Flahault. (Mille et une nuits, 2008, 16€). Pourquoi l’homme doit oublier l’idéal prométhéen, qui lui fait perdre la raison.

Commentaires

  • Dans un autre article de votre quotidien sur les migrations, on nous précise que les immigrés ne cherchent plus à revenir chez eux ayant perdu tout espoir en leurs gouvernants.

    Vous maintenez le contraire. comme quoi nul n'est prophète...

    Je pense que le courant dominant est bien que notre population ne soit pas en cause, en tout cas à l'OMC et l'OCDE (vois sources). D'ailleurs on est jamais à l'abri de mauvaises surprises. La France est bien un pays sur-développé et voilà que ses femmes sont prises d'une envie soudaine d'enfants (pas celles que vous avez interrogés visiblement). Tout cela manque singulièrement de logique, de talent et au final d'interêt

  • La bombe P a déjà explosé

    N'en déplaise à Frédéric Joignot, la bombe P a déjà explosé. Pour le lui prouver, nul besoin d'exhiber les "sombres prédictions" des "austères" (néo)malthusiens ou les "propos angoissés" d'autres "inquiétants" personnages. Non, il suffit de renvoyer l'auteur à son texte et donc à ses propres recherches !

    Car Frédéric Joignot possède visiblement tous les éléments pour comprendre que ses conclusions sont fallacieuses et qu’il ne tire pas les conclusions imposées par sa propre argumentation. L'article débute en effet par la présentation de deux notions permettant de poser le problème et de le rendre accessible. La détermination du "jour du dépassement" et la pertinence du calcul de "l'empreinte écologique", admis dans l'article, placent le débat en terme de pression écologique de l'homme sur la planète. Car le problème est bien celui-ci : la terre est-elle capable, de manière durable, de produire les ressources que nous exigeons et d'assimiler les déchets que nous produisons ? Il ne s’agit pas seulement d’une question démographique mais de l’action conjuguée, le produit pour être exact, du nombre d’habitant et de l’impact écologique individuel moyen. Or, admettre l'existence d'un "jour du dépassement" ou reconnaître le fait que la terre ne puisse nous offrir que 1.73 hag alors que nous en réclamons 2.23 suffit à montrer que ce n'est pas le cas : l'humanité consomme et pollue plus vite que ce que la planète est en mesure de produire et d'assimiler. Cette simple déduction, quasi mathématique, aurait du pousser l'auteur à s'interroger sur la pertinence de son article. Malgré lui, il vient de montrer que depuis quelques décennies, l’homme dépasse de manière irréversible les capacités de la terre. Irréversibles, car il ne s’agit pas d’une dette que l’on pourra espérer rembourser dès lors que l’on aura su équilibrer nos modes de vies avec notre environnement. Il y a en effet peu de chance pour qu’on soit un jour capable de faire disparaître l’excès de CO2 émis ou même enrayer le processus de réchauffement engagé. De la même manière, nul ne saura jamais restaurer les écosystèmes atteints par notre mode de développement.
    L'auteur reconnaît aussi que la pression écologique, déjà inacceptable, croit. Et qu’elle croit de plus en plus vite. C'est exactement la signification du décalage régulier du "jour du dépassement". Cette déduction n'est pas immédiate et demande le peu de bon sens que l'on est en droit d'exiger d'un journaliste du Monde 2 : depuis la première occurrence du "jour du dépassement" l’homme dégrade son environnement de manière cumulative entre le "jour du dépassement " et le 31 décembre. La somme des dégradations infligées croit donc d’autant plus vite que le "jour du dépassement" intervient tôt dans l’année.
    C'est aussi ce qu'il faut comprendre lorsqu'on écrit (à quelques lignes d'intervalle !) que les besoins humains passeraient de 125% à 400% de la capacité planétaire si "l'ensemble de la population humaine adoptait aujourd'hui le au mode de vie des européens" d'une part, et que l'on reconnaît d'autre part que les "classes moyennes chinoises et indiennes ont commencé à vivre à l'occidentale". Il suffit d’aller au bout du syllogisme pour conclure que la pression environnementale, déjà au delà de l’acceptable, va en augmentant.
    Bref, malgré un ton désinvolte, Frédéric Joignot nous offre en introduction l’antithèse de son article : la bombe P a déjà explosé – nos actions d'aujourd'hui déterminent seulement l'importance des retombés et l'on s'écarte de plus en plus vite de la bonne trajectoire.

    A partir de là, la tâche de rassurer le lecteur devient pour le moins ardue et les arguments employés nécessairement superficiels. La suite de l'article, en forme de méthode Coué, s'enlise dans un argumentaire peu convainquant.
    S’appuyer sur le désaveu de Malthus, par exemple, n’est pas suffisant. La première raison est que le problème posé aujourd’hui est singulièrement plus sévère puisqu’à la finitude des ressources, qui inquiétait le pasteur, s’ajoute aujourd’hui la problématique environnementale au moins aussi menaçante. D’autre part, penser que "l’esprit aventureux et les progrès des techniques, le génie humain" ont permis de dépasser la crise annoncée par Malthus est réducteur. Qu’est-ce qui a permis le progrès et l’expression du génie humain ? C’est dommage que l’article ne nous en dise pas plus à ce sujet. Car s’il faut reproduire ce processus pour dépasser la crise annoncée par les néomalthusiens, il serait temps de s’intéresser à la recette. Il est beaucoup plus crédible d’associer les progrès techniques du XIX à la découverte du charbon puis du pétrole plutôt que de croire que l’intelligence seule en est la cause. L’énergie abondante et bon marché a permis, non seulement d’envisager des moyens de production toujours plus performants mais aussi de dégager du temps pour développer les connaissances et alimenter le progrès. Dans ces conditions, est-il raisonnable d’espérer un second ressaut salutaire permettant de résoudre à la fois le problème des ressources et celui de l’environnement ? D’ailleurs, comme le concède Frédéric Joignot, "nous savons aujourd’hui qu’il faut relativiser les succès du "progrès" et du rendement " : avons-nous réellement dépassé la problématique malthusienne au cours du XIX ou bien en avons-nous repoussé l’échéance au prix d’une seconde menace ?
    Écarter cette question en abordant simplement quelques aspects démographiques, c'est abuser le lecteur. Car le problème n'a pas été posé en terme de nombre d'habitant sur Terre mais bien en terme de pression écologique. En effet, s'il suffisait d'attendre une stabilisation de la population pour sortir de l'impasse, alors il n'était pas nécessaire de publier quatre pages dans Le Monde 2. Nul ne niera qu’il y a forcément une limite à la croissance de la population ne serait-ce que pour des raisons de place sur Terre. D'ailleurs, il n'y a rien de rassurant à affirmer que l'humanité va se stabiliser à 1.5 fois la population actuelle lorsqu'on vient de montrer que nous sommes déjà trop nombreux.
    N'étant pas compétent pour juger de la crédibilité de l'affirmation selon laquelle "avec une politique agricole concertée, la planète pourrait tout à fait survenir aux besoins d'une population de 10 milliards d'habitants", admettons-le. Cela importe peu, puisque la problématique se situe bien au-delà de la nourriture. Il s’agit de savoir définir le niveau de vie individuel moyen durable en terme d’environnement et de ressources alors que la population compte 10 milliards d’habitants. Comment pourrons nous manger, certes, mais aussi se loger, se déplacer, communiquer,… ? Il y peu de chances pour que les efforts consacrés à nourrir la planète laissent une place à la production en masse d'une hypothétique voiture verte.

    L’absence d’analyse et l’évidente contradiction de l’article ne laisse aucun doute quant au recul qu’a pris l’auteur vis-à-vis de ses convictions. Frédéric Joignot traite ses informations de manière ostensiblement partiale suivant qu’elles servent ou non son besoin de dénie face à la situation de l’humanité aujourd’hui. Ce texte à la déontologie douteuse (jusqu’au choix des champs lexicaux) n’aurait jamais du se retrouver dans les pages du Monde 2. Car si on comprend que l’urgence d’une actualité laisse parfois peu de temps à l’analyse et au vrai travail journalistique dans les colonnes d’un quotidien, cela n’est pas tolérable dans une revue comme Le Monde 2.

  • Assez d'accord sur le fond du commentaire précédent. Par contre moins critique vis à vis de Frédéric Joignot. En effet, cet article permet le débat et son imperfection même a plutôt tendance à renforcer la thèse d'une planète surpeuplée.
    C'est d'ailleurs à se demander si ce n'est pas ce que son auteur cherchait inconsciemment...

  • Je crois que tous les maux viennent de la surpopulation. Mais les méthodes humanistes de remédier à la situation impossible, et l'humanité dans l'impasse

  • Juste une question de bonne volonté!
    Si les personnes conscientes du problème se regroupent et "retroussent leurs manches" on a une chance d’y arriver.
    Il faudra convaincre nos concitoyens de la folie qu’il y a de continuer à laisser croître la démographie.
    Au Nord la simple prise de conscience peut suffire à stabiliser les populations (cas de la France ou des USA), au Sud il faudra de gros moyens financiers pour instruire les populations, émanciper les femmes et mettre en œuvre des programmes de planification familiale efficaces.
    Tout cela peut se faire de façon parfaitement humaniste.

  • Nous sommes trop nombreux et simplement poser la question revient a y repondre puisque c'est un ressenti universel. Poursuivre comme en France une politique nataliste est criminel. Ne pas tout mettre en oeuvre pour combattre la surnatalite tout specialement dans les pays a faible revenu est criminel. Poursuivre partout la 'croissance' qui debouche inevitablement sur un accroissement des populations est criminel. Le seul bon modele est la Russie. Mais il en est de ce sujet comme de tous ceux qui gouvernent notre quotidien : c'est politique et chez en politique le pire est toujours certain... Nous connaitrons l'apocalypse donc...

  • I really enjoyed reading this post. Keep up the good work

  • Quand on dit que la surpopulation n'était pas en cause dans les émeutes de la faim en 2008... C'est drôle on fait du yo-yo entre les périmètres observés.
    Ils disent que c'est à cause des exportations. C'est bien là le problème : les importations des pays riches, qui doivent nourrir et fournir (bois, bananes, biocarburants, etc..) un nombre trop important d'habitants (et donc de maisons, de transports, d'industries).
    Si par exemple on était moins nombreux en France, la France importerait moins, et donc la contribution française à la flambée des prix sénégalais serait moindre.

    Les pays moins développés pourraient donc consacrer une part plus importante de leurs ressources naturelles au bien-être de leurs populations, qui trouveront elles aussi leurs limites démographiques.

    Ca c'est logique. Et ça se généralise facilement aux autres pays.

  • les ressources de la Terre sont pour tout le monde à ce sujet, mais il ya une mauvaise répartition.

  • Ce message a été très intéressant, je vais certainement le favori ... Merci beaucoup.

  • http://www.demographie-responsable.org/

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